Caractères dominants et caractères récessifs.

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2011-08-27 09:56:46

Caractères dominants et caractères récessifs.

Bonjour et merci à Aigle,

Très rapidement, voici comment je vois les choses.

Nous sommes en présence, depuis cinquante ans,

- de deux caractères "dominants" :

- la dimension historico-salvifique : "l'évolution" du salut, non seulement dans l'Eglise, mais aussi dans le monde ;

- la dimension pneumatico-salvifique : "l'inspiration" du salut, non seulement dans l'Eglise catholique, mais aussi dans les confessions chrétiennes non catholiques et dans les religions non chrétiennes ;

- de deux caractères "récessifs" :

- la dimension déontico-salvifique : "l'économie" du salut, dans la mesure où les commandements et les vertus nous engagent et nous obligent ;

- la dimension théorico-salvifique : la "connaissance" et la "contemplation" du salut, en tant que connaissance doctrinale et contemplation spirituelle de la SEULE Vérité, incarnée en Jésus-Christ, qui éclaire, qui libère, qui sauve.

Je viens d'essayer de décrire l'ADN du Concile...Si l'on ne veut pas continuer, en direction d'une mutation génétique, je ne vois qu'une solution : arrêter de survaloriser les caractères actuellement dominants, et (re)commencer à (re)valoriser les caractères actuellement récessifs ; à mon avis, ce double mouvement est déjà commencé, mais sera très long, s'il est trop lent, et sera peut-être sanctionné par un "trop peu, trop tard", au regard de l'histoire, compte tenu de certains enjeux brûlants : le relativisme et les subjectivisme, la crise des vocations, le rapport aux sacrements, la confrontation à l'hédonisme et à l'islam-isme, etc.

J'allais oublier "le cinquième élément" : la dimension liturgico-salvifique : la liturgie a, à nouveau, vocation surnaturelle et théologale à être ouvertement pensée et vécue, transmise et reçue, comme contribuant et propice, avant tout, au salut personnel de chacun des membres de l'Eglise, et non avant tout au bien-agir et au bien-être des "communautés".

Je crois que "presque" tout le reste, la religion dialectique, dynamique ou hégélienne des uns, la religion scolastique, statique ou thomiste des autres, s'inscrit à l'intérieur de cette étoile à cinq branches, ou de ce pentagone, que je viens d'essayer de décrire.

Mon "obsession" est peut-être candide, compte tenu du fait que certains clivages sont durables et profonds, et que certaines fractures seront extrêmement difficiles à réduire ; mon obsession est de préciser ou de rappeler que le christianisme catholique a vocation à cheminer sur ses deux jambes, la jambe droite, le sens du fondement, et la jambe gauche, le sens de l'horizon ; c'est une question d'équilibre.

Or, j'en suis vraiment désolé, mais enfin c'est ainsi : depuis un demi-siècle, l'Eglise fait l'expérience du Renouveau ; je ne vois pas pourquoi, compte tenu des résultats obtenus, seule cette expérience serait légitime, et je ne vois pas pourquoi l'on ne devrait pas, l'on ne pourrait pas, donner davantage de chance et de place, au sein même de l'Eglise, à l'expérience de la Tradition, laquelle consistera probablement, non dès le départ, mais à l'arrivée, à transformer les caractères dominants en caractères récessifs, et réciproquement, ce qui explique assez bien pourquoi il n'est pas (encore) question de lui donner davantage de chance et de place.

Je vous remercie vivement pour votre message, et je vous souhaite une bonne journée.

Scrutator.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=605794