le qualitatif peut être quantifié intuitivement

Le Forum Catholique

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le torrentiel -  2011-08-26 10:20:25

le qualitatif peut être quantifié intuitivement

Cher Scrutator,

La réponse que je vous fais ici à une question qui ne s'adressait pas à moi est plutôt d'ordre instinctif. Mais instinctif rime avec intuitif.


Si je mesure sur moi, j'aime beaucoup raisonner en statistiques, aussi bien pour quantifier mes états d'âme (je suis à 70 % content) que pour évaluer ce que je ressens de l'état de l'opinion de quelqu'un (je crois qu'il pense à 70 % qu'il veut rester dans son travail, mais qu'il voudrait à 30 % en changer).


Peut-être une contamination des sondages et des statistiques sur la mesure de l'invérifiable !


Si nous restons dans notre sujet, je crois que la plupart des catholiques qui s'examinent peuvent avoir des doutes sur 2, 3, 5 % des articles du "credo", ou néanmoins sur leur formulation, même si l'on trouverait malséant de dire :
"Je crois à 97 %.
On dirait déjà pllus facilement :
"Je doute sur 2 ou 3 % des articles de Foi, mais à la vérité, on préciserait plutôt quels sont les articles de Foi sur lesquels portent nos doutes.


Cela fait-il partie des "dubia" ? Pas précisément, d'autant plus que ces "dubia" ne portent pas sur des "dubiis".


Mais la réception d'un texte magistériel ne comporte pas,à mon avis, le même degré de réception qu'un texte engageant la Foi. Car on peut très bien ne pas adhérer à une formulation plutôt qu'à une idée. Dans le cas du concile, la formulation est plutôt traditionnelle, mêmesi elle ne comporte plus d'anathèmes explicites età l'exception d'un ou deux textes, ce sont les idées qui peuvent l'être moins. Mais sont-elles tant que ça peu traditionnelles ? N'en a-t-on pas beaucoup fait des gorges chaudes ? A cause du sentiment de levéed'une chape de plomb qu'on a appelée "esprit du concile" et qui a tendu à faire un "concile permanent des fidèles" dont se font l'écho les synodes, organisés en permanence dans les diocèses de France ?


De plus, il faut préciser sur quoi porte le doute : est-ce un fait de nature intellectuelle, de nature esthétique ?


Paradoxalement, je crois que John L. a raison. Les évêques de la FSSPX reçoivent peut-être beaucoup plus le concile en termes littéraux et textuels que ne le font des évêques pourtant restés dans la pleine communion avec Rome qui, selon la critique de "gollias" de la position de M. L'abbé Laguérie qui nous a été soumise et qui a trop rapidement et par réflexe été trouvée indigente, le reçoivent plutôt comme un mouvement ou comme une "émergence".


Dans tous les cas (mais ici, je crains que nous ne soyons pas d'accord), le problème de la réception est en fait un problème de soumission. J'ai bien conscience en écrivant cela que ceci est une réponse du modernisme à un problème de conscience ; seulement, il ne s'agit pas d'une réponse hypocrite, comme allait un peu vite en besogne à le déclarer le regretté Saint Pie X.


En gros, il s'agit de soumettre ses doutes intellectuels ou esthétiques à la Foi qui surplombe notre sensibilité, notre sens intellectuel ou esthétiques, nos objections trouvant leur place et devant être défendues dans le cadre de "la lutte avec l'ange", mais n'ayant que leur place au sein de l'humilité dont nous faisons preuve envers Dieu.


Si Dieu réclamait de nous une soumission qui ne bronche pas, je ne vois pas en quoi nous nous distinguerions de l'islam, au sens d'ailleurs fallacieux où nous faisons dériver l'islam de la soumission, alors qu'au minimum, nous aussi, nous nous voulons soumis à Dieu (Saint-Paul parle même de nous faire "les esclaves de Dieu", mais surtout où "islam" dérive du terme "salim" qui signifie à la fois "sain" et "qui ne fait pas obstacle", qui ne fait pas tomber ses frères et qui ne se fait pas volontairement et systématiquement un mauvais filtre au passage de la parole coranique en lui préparant toujours de nouvelles embûches dans sa conscience, pour ne pas la recevoir.
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