Merci beaucoup - Quelques précisions.

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2011-08-24 12:57:32

Merci beaucoup - Quelques précisions.

Bonjour et merci à Meneau,

Je connais, mais seulement en surface, le document auquel vous faites allusion, mais je me suis efforcé de mettre en forme, en vue de les partager, quelques questions découlant d'une réflexion personnelle, qui a sûrement ses limites, d'autant plus, diront certains, qu'elle est indépendante, notamment, de toute référence au Magistère chronologiquement antérieur au début des années 1960, alors que les Dubia renvoient sans cesse à ce Magistère.

Je plaide candidement pour que la liberté religieuse soit présentée comme devant et pouvant marcher et tenir sur ses deux jambes, à savoir

- le droit civil de chercher la vérité, sans contrainte, par exemple carcérale, étatique, ni emprise, par exemple culturelle, médiatique,

et

- le devoir moral de la chercher pour la trouver (là où elle est vraiment : en Jésus-Christ) et de la trouver pour la suivre.

Mais ma vision de la liberté religieuse, j'en ai bien "peur", n'est pas du tout celle que l'on a voulu mettre en avant au Concile.

Certes, il n'est plus possible de reprocher à l'Eglise de demander la liberté pour elle seule, là où elle est minoritaire, et de la refuser aux autres confessions, religions ou traditions, là où elle est majoritaire.

Mais j'espère qu'il est possible de regretter que l'Eglise ait adopté une déclaration conciliaire aussi hémiplégique, dans la mesure où elle marche davantage au moyen de sa jambe gauche (le droit civil à) qu'au moyen de sa jambe droite (le droit moral de), au point que l'on se demande fréquemment, à la lecture de DH, si le pied gauche n'a pas tendance à écraser le pied droit.

Par ailleurs, et pour être tout à fait complet, je demeure persuadé (mais là, pour le coup, je sors de l'herméneutique analytique, et j'entre dans l'herméneutique synthétisante) que l'élévation de la liberté religieuse au rang de droit naturel ne peut être perçue que comme la reconnaissance par l'Eglise d'un "droit" à l'indifférentisme individualiste en matière de religion.

Imaginons un seul instant que l'on puisse raisonner ici en termes de "prestation plafond" et de "prestation plancher" : la "prestation plafond", ce serait la liberté religieuse dans la vérité religieuse, révélée par Jésus-Christ ; mais l'exercice de la liberté religieuse qui aboutit à l'absence de recherche et d'adhésion à quelque religion que ce soit, ce n'est pas la "prestation plancher", mais c'est une absence de prestation, et non l'exercice, au demeurant paradoxal, d'un droit naturel qui serait peut-être, au surplus, s'il était vraiment élevable à ce niveau, en contradiction avec la loi naturelle.

Contrairement à ce que l'on croit, quand on s'imagine que la majorité des incroyants absolus le sont pour des raisons d'ordre intellectuel, philosophique, l'incroyance absolue, provient, en partie, de l'apostasie des philosophes du soupçon, de leurs continuateurs et de leurs épigones, mais se traduit aujourd'hui par l'idolâtrie, fréquemment vécue, rarement pensée, par nos contemporains : elle n'est pas anodine, ni innocente, sous l'angle "pneumatico-religieux".

C'est à cela que je fais allusion, quand je parle de l'emprise médiatico-symbolique, qui était pourtant perceptible dès le début des années 1960, et qui constitue à mon sens un risque ou une source de répression, non concrètement contraignante, non étatique, car ni judiciaire, ni policière, mais néanmoins effective, par imprégnation des esprits, contre l'aptitude et l'aspiration à penser et à vivre ensemble l'exercice du droit à la liberté religieuse ET celui du devoir de chercher et de suivre la vérité religieuse.

Je tiens vraiment à vous remercier, car je crois que vous m'avez compris ; j'essaie, à travers ce type de messages, non pas de "consensualiser" mais de "dépolémiser" toute cette problématique.

Je vous souhaite une bonne journée.

Scrutator.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=605508