Dont acte pour les orthodoxes russes
Le Forum Catholique
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le torrentiel - 2011-08-23 18:43:19
Dont acte pour les orthodoxes russes
Quant à la proskynèse, ne peut-on pas présumer que la codification de sa pratique ancienne était suffisamment précise pour que les musulmans aient pu l'avoir apprise, qu'ils l'aient vue ou ne l'aient pas vue faire? Car où commence et où finit le judaïsme antique ?
Cette pratique dela prosternation me porte à renouveler ce que j'écrivais ici, il n'y a guère, savoir que l'agenouillement est un invariant anthropologico-religieux parce que l'homme a le sens dela Transcendance.
Mais le christianisme est-il une religion comme les autres ? Ou par essence, serait-il la religion de la Transcendance et si oui, pourquoi ?
Ne croyez pas qu'il ne me soit jamais arrivé de me prostrer, la face contre terre, pour adorer Dieu. Mais ceci n'a pas été un indice de la valeur, de la validité ou de la sacralité de ma prière, ce n'a été que l'expression de l'intensité de ma dévotion à un moment donné.
Là où jevous rejoins à mon tour, c'est que ce qui est sympa n'est pas gentil. Ce qui est sympa est convivial et rapidement qualifié de fraternel. J'aurais tendance à dire que ce qui est gentil se rapproche davantage du Mystère de la charité. Pour plagier Péguy, je dirai que la gentillesse est un "porche du Mystère de la charité".
J'aime bien ce passage d'une chanson de Laurent Voulzy :
"Car le monde ne tient que par le fil
des filles
gentilles..."
Je vous accorde que ça n'enfait pas des vierges et des martyres.
Mais pour redevenir sérieux deux minutes, si ce qui est sympa ne paraît pas sérieux, je crois que le milieu traditionaliste tombe trop souvent dans la caricature en décrivant les messes célébrées selon le Nouvel Ordo (je répugne à écrire NOM) comme des cérémonies sympas. A vrai dire, elles ne le sont pas tant que ça !
Prenez un cas concret : l'accueil des nouveaux paroissiens ou simplement de celui qui entre dans une église pour la première fois. Aucun visage ne setourne vers lui, si ce n'est pour le dévisager et pour se préparer à demander à son voisin s'il connaît l'intrus. Et quand l'intrus sort dela messe, il en sort aussi seul que devant.
A la fin de la messe, le curé propose rarement aux nouveaux venus de prendre un moment avec eux s'ils le désirent, et les paroissiens ne se pressent pas pour essayer de faire connaissance avec eux.
Donc sympas, les messes d'après la Réforme de Paul VI ? Pas plus que ça ! Mais je trouve tout aussi faux de dire qu'elles ne sont pas recueillies. De même qu'il serait tout à fait caricatural, une fois encore, d'estimer que les messes célébrées selon la forme ancienne du rite romain ont toujours été, avant qu'on ne les déclareillégitimement illégitimes, pleines de cette consomption prosternée qui les rend, aux yeux de ceux qui font leursalut en y allant, les seules certainement valides,licites et célébrées avec intention. Qu'auraient dit les mêmes lorsque, dans les églises, il n'y avait en effet pas de chaises et que les paysans y parlaient tout à loisir, cependant que le curé qui leur tournait le dos proférait des paroles à voix basse, comme veut la légende qu'elles aient été célébrées au Moyen Age ? Mais même plus près de nous, jusque dans les années 50, dans les campagnes, il n'était pas rare que, "pendant le sermon, les hommes ne sortent boire un coup" (souvenir qui m'a été rapporté par un ancien curé). Et j'avais un ami organiste qui entendait religieusement l'intégralité de la premières messe qu'il jouait et qui, pendant le sermon des suivantes, lisait des "San Antonio".
En un mot, les choses ne sont pas si simples. Elles ne correspondent pas à leurs caricatures idéologiques d'aujourd'hui, largement entretenues par une longue répétition des mêmes griefs de part et d'autre.
Une chose me semble pouvoir nous mettre d'accord : à celui qui préférera "la messe du silence" pour goûter la Transcendance de Dieu, la messe extraordinaire sera plus recommandée ; pour celui qui aura davantage besoin d'une expression humanisée ou incarnée dela Chaleur de l'amour d'un Dieu Proche, la messe majoritairement célébrée selon le Nouvel Ordo sera plus indiquée.
Le sacré n'est pas le centre et le noeud du problème. Le christianisme est une religion de profane et de sacré mêlée où la Transcendance s'est faite Immanence pour que l'immanent (à la glèbe) devienne transcendant comme le ciel.
Mais oui, cet échange est agréable. "Je dirai même plus", il est sympa ! Et pourtant, il est sérieux...
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