on reste dans la politique de palais/diplomatie pontificale
Le Forum Catholique
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Luc Perrin - 2011-07-23 11:04:05
on reste dans la politique de palais/diplomatie pontificale
y compris pour 1570.
L'alliance espagnole prévaut et il y a Marie Stuart comme souveraine alternative. La déposition est donc fulminée avec les 2 raisons.
Toutefois les papes de la même époque ne font pas la même chose avec le tsar russe, les autres souverains protestants ou le Grand Turc par exemple.
En 1834, Grégoire XVI va même jusqu'à dénier tout droit aux Polonais catholiques de se révolter contre le tsar schismatique qui les opprimait affreusement, y compris au plan de leur foi catholique !
En bref, le Magistère produit des textes généraux qui délégitiment tous les régimes ou presque d'une part, au plan théorique, et la diplomatie pontificale d'autre part recherche presque constamment des arrangements, des compromis, des aménagements avec tous les Pouvoirs (monarques hérétiques ou non chrétiens, États totalitaires ensuite, démocraties libérales et ultra-libérales d'aujourd'hui).
Toujours et partout, sauf des exceptions très circonstancielles comme 1570, le bon vieux dualisme de Mgr d'Orléans : la (les) thèse(s) pour les bibliothèques de théologie, l'hypothèse pour la vie quotidienne des catholiques. Et cela, votre question aide à le montrer, avant comme après Vatican II : rien de neuf sous le soleil romain (si on oublie un peu les néons des bibliothèques de théologie et de droit canonique).
Ce n'est pas un hasard si la Secrétairerie d'État, héritant des cardinaux-neveux, s'est peu à peu imposée comme le dicastère n°1 jusqu'à ce que la réforme de Paul VI le dise officiellement. C'est très irritant à plus d'un titre mais en même temps, cela montre aussi la dimension humaine, très humaine parfois, de l'Église quand elle sort de l'élaboration stricte des principes.
Je ne voudrais pas clore sur cette note douce-amère. Les principes sont périodiquement réactivés et le plus souvent, c'est à l'initiative des baptisés, éventuellement soutenus par des membres de la hiérarchie et du clergé. Je doute que Benoît XVI condamnerait une insurrection des Cubains et appellerait à la manière de Grégoire XVI à respecter le pouvoir dictatorial des frères Castro.
Une pièce à votre dossier qui me semble essentielle est l'ouvrage du Père Fessard sj de 1942 : Collaboration et Résistance au Pouvoir du Prince-Esclave.
Jean Chaunu, avec d'autres, a analysé cet ouvrage en son contexte qui confirme la ligne générale : désobéissance qui ne remet pas en cause le régime lui-même. Il y a donc un espace pour l'action des catholiques et la responsabilité première incombe aux laïcs ce qui, in fine, est assez logique avec ce que le Magistère dit du laïcat.
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