pourquoi un divorcé-remarié ne peut accéder aux sacrements
Le Forum Catholique
Imprimer le Fil Complet
jejomau - 2011-07-17 08:51:00
pourquoi un divorcé-remarié ne peut accéder aux sacrements
C'est une question récurrente chez de nombreux catholiques : "pourquoi, ayant divorcé et m'étant remarié avec quelqu'un que j'aime et qui m'aime, ne puis-je enfin pas accéder à la communion eucharistique ? "
C'est méconnaître totalement la réalité du sacrement. Nous avons retrouvé un très beau texte écrit par un Frère Dominicain de Chéméré écrit en 1995. Très concis, il rappelle l'essentiel.
L'accès des divorcés-remariés aux sacrements
"Il est bien connu que certain divorcés-remariés et certains ecclésiastiques voudraient pouvoir respectivement recevoir et donner les sacrements de réconciliation de l'eucharistie sans exiger des premiers la renonciation a l'usage du second mariage, seulement civil.
Tous ceux qui, plus ou moins profondément, partage ce désir ont éprouvé une profonde déception devant la Lettre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, en date du 14 septembre 1994, aux évêques catholiques, car car ils y ont perçu le refus de leur pétition.
La source de cette déception semble facile à comprendre : ces personnes croyaient que l'église refuse ainsi ce quelle pourrait accorder ; elles pensaient qu'il s'agit d'un problème surtout disciplinaire, sans grandes implications doctrinale.
Nous voudrions montrer ici brièvement le sens doctrinal profond de cette lettre. Elle signifie que, comme à propos de l'ordination des femmes, l’Église ne se juge pas capable de donner utilement, fructueusement, validement l'absolution et l'eucharistie à ceux ou celle qui veulent - subjectivement - persévérer dans une situation objective d'adultère.
Autrement dit, l’Église pourrait pouvoir leur donner, non pas d'une manière fictive ou mensongère, mais toute en réalité, par les sacrements qu'ils demandent. L'Eglise est mené à constater – douloureusement – à la lumière de la révélation divine comme la Tradition apostolique et les déclarations passés et solennelle de son Magistère, qu'une pareille concession dépasse son pouvoir et violerait les désirs profond des intéressé, comme leur mission dans la société humaine.
Voici en effet ce qui résulte et de l’Évangile et de la doctrine catholique sur le mariage, le sacrement de réconciliation et l'eucharistie.
En premier lieu , « le mariage conclut et consommé entre baptisés ne peut jamais être dissous (…). Le lien matrimonial (…) est une réalité désormais irrévocables (…). Il n'est pas au pouvoir de l’Église de se prononcer contre cette disposition de la sagesse divine. Car l’Église affirme, par fidélité à la parole de Jésus-Christ, qu'elle ne peut reconnaître comme valide une nouvelle union, si le premier mariage l'était. Soulignons et précisons la raison: « par fidélité à la parole de Jésus-Christ "; les deux documents, la lettre comme le catéchisme de l'église catholique, citent explicitement Mc 10, 11-12 : "Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère à l'égare de la première ; et, si une femme répudie son mari et en épouse un autre, elle commet un adultère."
Admettre les divorcés-remariés aux sacrements de pénitence et d'eucharistie serait donc admettre à ces sacrements des baptisés voulant vivre dans la polygamie ou l'adultère. Pareille admission dépasse évidemment le pouvoir de l’Église.
Sans doute, nombre de divorcés-remariés n'ont pas une conscience claire de ce qui vient être dit ; mais cela ne change pas la réalité objective. Surtout leur désir le plus profond et permanent est d'être en paix avec leur conscience, l’Église et Dieu : un mariage invalide et non sacramentel, avec violation de leur engagement antérieur, ne pourrait leur donner cette paix.
Cela constituerait une grave complicité avec la violation d'un droit fondamental de la promesse humaine et chrétienne ; à savoir le droit du conjoint innocent ou du moins non remarié civilement à la permanente fidélité de son conjoint légitime.
Les fidèles et ecclésiastiques qui jugeront possible pour un divorcé-remarié impénitent d’accéder à la communion eucharistiques seraient en opposition patente avec la doctrine de l’église sur les sacrements. Il ne s'agit donc pas d'un problème purement disciplinaire. La non-admission des divorcés-remariés aux sacrements est une pratique et une coutume constante et universelle de l’Église, fondé sur l’Écriture. Elle constitue par suite une partie intégrante du dépôt de révélation et de la foi. La négation obstiné de cet enseignement de l’église s’apparenterait à une hérésie. L’église juge ne pas avoir mission ni droit de leur conférer les sacrements.
Comme le dit magnifiquement la lettre en sa conclusion, nous, pasteurs et fidèles, souffrons avec tous les divorcés-remariés. Nous voulons les aimer en vérité, en les aidant à reconnaitre, au sein de leur épreuve, que le Seigneur et son Eglise y prennent part, et à rendre ainsi leur fardeau doux et léger, car les séparations que Dieu commande n'ont rien d'impossible, puisqu'il nous aide par sa grâce à les acomplir, en nous inspirant le désir pour obtenir la force. C'est ce que nous rappellent Saint Augustin et le Concile de trente (Concile de Trente : "Car Dieu ne commande pas de choses impossibles, mais en commandant il t'invite à faire ce que tu peux et à demander ce que tu ne peux pas ", et il t'aide pour que tu le puisses; ses commandements ne sont pas pesants (1Jn 5,3)son joug est doux et son fardeau léger(Mt 11,30) En effet, ceux qui sont enfants de Dieu aiment le Christ; ceux qui l'aiment (comme il en témoigne lui-même) gardent ses paroles (Jn 14,23) ce qui leur est toujours possible avec l'aide de Dieu)."
Bertrand de Margerie - SJ -
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=602001