Effectivement...

Le Forum Catholique

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PEB -  2011-07-09 21:49:07

Effectivement...

Je comprend votre rancoeur.

J'ai eu l'heur de naître vers la fin du règne de Paul VI. Je n'ai connu que le monde d'après Vatican II qui fait, pour moi, partie intégrante de la Tradition comme Vatican I, Trente, Latran IV, Nicée et Jérusalem.

Le Gaullo-pompidolisme, ce n'est pas que cela, c'est aussi la formidable industrialisation et modernisation du pays. Bonaparte permit le rétablissement heureux de la paix civile en permettant la restauration de la Religion. (Chose amusante: ici, je passe pour le gauchiste de service alors que dans mon milieu professionnel et politique, je passe pour une sorte de vieux réac!)

Des évêques non consacrés pour régner même in partibus infidelium, c'est vraiment très curieux. Je pensais que tout évêque devait avoir un peuple et une ville, même enfouie sous le sable chaud de l'Afrique, comme à Partenia par exemple. Comment peut-on être évêque sans terre? Cela souligne la question de l'autorité pastorale de la fraternité.

A propos de la Gueuse comme vous dîtes si bien, j'ai lu un bouquin où l'auteur québéquois eut la révélation lors de la sainte messe de Noël que la République modela ses institutions sur celles de notre Sainte Mère.

Par rapport à juin 1988 et à avant: oui, je sais qu'il y a eu des suspensions a divinis. On pouvait aussi arguer que, désormais privé de charge pastorale effective depuis son départ de Tulle, il n'avait pas de raison d'ordonner des prêtres sauf, par exemple, à la demande expresse d'abbayes. Ce n'est pas la raison principale des censures qu'il a subies. Le risque systémique était cependant d'avoir des prêtres séculiers qui ne fussent pas réellement diocésains.

Mais les ordinations de cette année ont été un coup de tonerre. Ils ont constitué la consommation d'un schisme latae setentiae que Rome n'a pu que constater. Par cet acte grave, Mgr Macel Lefebvre a mis en branle un mécanisme dangereux. En effet, le risque systémique est beaucoup plus élevé. Les évêques disposent de la plénitude du sacerdoce d'un point de vue sacramentel et de la pleine autorité (Lumen Gentium §18-27). Le risque est donc grand de voir apparaître une Eglise parallèle, de type Vieux-Catholique mais à l'envers.

Dans la situation actuelle, je soutiens que, malgré les folles rumeurs sur un accord prochain, les bulles Ecclesia Dei afflicta et Summorum Pontificum cura ont eu l'effet de rendre acceptable les fraternités qui ont fait machine arrière dès 1988. Leur simple existence fournit un prétexte en or pour fermer les sanctuaires officiels à la seule fraternité Saint-Pie-X. Je ne raisonnais pas en terme de part de marché mais de légitimité: "FSPX? Connais pas. Adressez-vous plutôt à la FSP, à l'IBP ou à l'ICRSP." Le chancelier de l'évêque ne dis pas autre chose!

De fait, reconnaissant les beaux fruits de la fraternité, il est chaque jour plus urgent de préparer sa réintégration selon un modus vivendi normalisé dans un esprit de reconnaissance mutuelle des charismes des uns et des autres. Je ne suis pas de ceux qui passent par pertes et profits les efforts spirituels des prêtres de la fraternité pour maintenir les fidèles dans la Foi face aux incertitudes du monde. C'est pourquoi, et je le redis, il est nécessaire de donner à cet institut une place légitime dans l'Eglise. Qu'ils deviennent parfaitement idoine et légitime.

Sur ce, bon dimanche!
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=601414