A Meneau, s'il existe un "libre arbitre", il est essentiellement politique.

Le Forum Catholique

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le torrentiel -  2011-06-30 03:54:59

A Meneau, s'il existe un "libre arbitre", il est essentiellement politique.

Cher Meneau,

Je vais essayer de vous répondre, non pas de manière exhaustive, mais au mieux de mes capacités.

1. Pour vous, "le péché n'est pas naturelle". Il a bouleversé la nature. La nature humaine, c'est le projet divin initial. Or le péché originel a déchu la nature humaine. Il me semble d'autre part que ce que l'on appelle "la nature", c'est ce qui s'oppose à la Grâce. Du moins c'est ce qui, du fait du péché originel, doit être suppléé par la grâce qui désormais se superpose à la nature. Le péché originel a privé l'homme des "dons préternaturels", lesquels ont été avantageusement remplacés par la grâce. Dans sa déchéance, la nature n'est plus le reflet impeccable de l'Image de dieu; autrement dit, la nature n'est plus un "ordre de droit"; elle est un chaos mêlé d'ordre, à la recherche d'une grâce qui lui fasse transcender le droit. Et, au risque de vous choquer, qui lui fasse transcender, y compris le droit naturel.

2. Vous ne comprenez pas le rapport que j'établis entre psychologie et "libre arbitre". Je suis parti de la distinction que vous-même aviez faite entre "la liberté psychique" et "la liberté morale". De là, j'en suis venu à constater que le psychisme est ce qui, dans l'homme, est le plus soumis aux impulsions contraires à sa volonté. Le psychisme est soumis aux impulsions, au point qu'on a pu parler d'inconscient qui le régirait. Le psychisme peut être soumis à l'impulsion jusqu'à la possession. Donc il est ce qui est le plus exempt de "libre arbitre". Ce qui fait croire le contraire, c'est qu'on attribue au psychisme, par fausse dérivation étymologique, d'exprimer les facultés ou capacités de l'âme. Or l'âme espirituelle et l'esprit est psychologique.

3. Vous écrivez enfin:
"une société, une cité, a certes la possibilité de se déterminer, mais cette "liberté" ne relève pas du libre arbitre." Ce qui vous fonde à penser ainsi est que vous estimez que "le libre arbitre" est personnel. Seulement, si vous convenez que "le libre arbitre" est détruit dans la personnalité par les blessures de la psychologie, il pourrait être, au plus haut point, le privilège du corps politique, parce que le "corps politique" est un corps plein de force. Vous le reconnaissez implicitement vous-même en admettant que seule, la liberté morale peut être transférée dans le corps politique. Les "passions politiques" existent certes dans ce corps: mais elles sont le fait de mauvais bergers qui détournent ce corps de sa force morale; tandis que, quand l'âme individuelle est détournée d'agir en vertu de son bien, elle l'est par des forces extérieures à elle-même. Le mauvais berger n'est jamais extérieur au corps politique. "Arbitrer librement", émettre un "choix réfléchi" et délibéré devrait être le propre de ce corps. Seul il en a la force, pourvu qu'il n'en soit pas déétourné en étant déformé ou, si vous préférez, désinformé. Le "libre arbitre" est donc plus efficient politiquement qu'en tant que fonction personnelle.
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