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Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2011-06-18 12:20:04

Votre message mérite une analyse ligne par ligne.

Bonjour John L,

Voici :

"L’idée qu’une ‘abysse’ existe entre la position doctrinale de la FSSPX (dans quel domaine ?) et le magistère romain (lequel ? celui d'avant ou celui d'après la mort de Pie XII ?) est invraisemblable".

"La FSSPX peut s’appuyer sur au moins une encyclique pour chacun de ses positions doctrinales" : mais alors, qu'est-ce qui l'empêche de s'appuyer sur les moins novatrices et les plus orthodoxes des encycliques chronologiquement post-conciliaires, pour préciser ou rappeler au Saint-Siège qu'elle n'a un positionnement contra-positionnel que sur les points qui, précisément, posent des problèmes, et qui n'ont à être "dogmatisés", ni en positif, ni en négatif ?

"Pour qu’une telle abysse se creuse, il faudrait que les positions de ces encycliques (que l'on suppose, dans le contexte et dans l'esprit de votre texte, antérieures à la mort de Pie XII) soient explicitement démenties par le pape dans des actes officielles plus autoritatives que les encycliques en question."

"Mais la politique du Saint Siège durant et depuis le concile Vatican II est de refuser de poser de tels actes, et d’utiliser les textes ambigus et les moyens administratifs pour supprimer l’adhésion aux doctrines chères à la FSSPX." : chères à la (seule ?) FSSPX, ou chères, hier, à l'Eglise d'avant Jean XXIII, en général, et chères, aujoourd'hui, à la FSSPX, en particulier ?

"C’est en effet la seule politique pratique, puisque l’acte de supprimer explicitement tant d’encycliques antérieures détruirait toute autorité papale." : ils n'ont pas à être supprimés explicitement ; si j'ai bien compris l'intention qui préside à la stratégie globale qui est à l'oeuvre, il faut et il suffit de "prendre acte", d'une manière parfois objective, souvent orientée, de la caducité relative, ou de la péremption absolue, de ces textes, pour des raisons historiques, théoriques, culturelles ou doctrinales.

"Il n’y a donc que deux possibilités pour ces discussions :"

1- "ou bien le Saint Siège admet qu’il est permis pour les catholiques d’accepter ces doctrines" : précisément : lesquelles ?, puisque,

- si, par hypothèse, il n'y a pas d'éléments de renouveau dans le Magistère pré-conciliaire,

- en revanche, par constatation, il y a des éléments de Tradition dans le Magistère post-conciliaire ?

2- "ou bien on continue avec la politique antérieure, et on demande de la FSSPX une soumission à des formules ambigues sur la ‘tradition vivante’ qui permettraient d’exiger la silence sur les doctrines controversées" : puisqu'il n'y a pas que des éléments de Renouveau dans le Magistère post-conciliaire, au sens large, et puisque les discussions doctrinales, ont peut le supposer, ont reposé sur de la bienveillance et de la vigilance des deux côtés, l'Eglise n'a pas plus à demander à la FSSPX de se soumettre que la FSSPX n'a à demander à l'Eglise de se renier.

Comme je l'ai déjà écrit, un constat d'accord, rédigé, si j'ose dire, en commun, par les deux parties, et dressant la liste officielle des points de désaccord, aurait été (ou pourrait être) un moyen, non équivoque ni hypocrite, d'éviter l'échec final des discussion doctrinales.

Ni les catholiques traditionalistes, ni les catholiques humanitaristes, n'ont vocation à placer, les uns pour les critiquer, les autres pour les encenser, les novations conciliaires que nous trouvons, notamment et surtout, dans DV, UR, NA, DH : les douze articles du Credo, me semble-t-il, ont vocation à être pensés et vécus, dans l'enseignement et l'activité ad intra et ad extra de chacune "des deux parties en présence", au-dessus de ces novations, et c'est cela, je le crois, qui a été perdu de vue, depuis quasiment cinq décennies.

Le catholique rénovateur n'a pas à croire avant tout en une Eglise qui ne serait plus une, sainte, catholique et apostolique, mais qui serait désormais collégialiste, dialogante, libérale, oecuméniste.

Et le catholique traditionnel n'a pas à croire avant tout en une Eglise qui ne sera pleinement à nouveau une, sainte, catholique et apostolique qu'en reniant, en quelque sorte, d'une manière aussi médiatisée qu'Assise 1986, l'angélisme, l'irénisme, l'utopisme conciliaires.

Sinon, il n'y aura jamais de perspective de retour au bercail des uns, ni de perspective de retour au réel des autres.

Bonne journée et merci beaucoup pour votre message.

Scrutator.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=599226