Principe de plaisir + Culture de mort = pulsion de mort.
Le Forum Catholique
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Scrutator Sapientiæ - 2011-06-13 09:10:55
Principe de plaisir + Culture de mort = pulsion de mort.
Bonjour hugues76,
1. Vraiment merci beaucoup pour votre message, et d'abord pour cette considération, pour ainsi dire, sur l'influence des structures mentales sur les formules verbales, qui permet en effet de comprendre dans quelle mesure Jean-Paul II est souvent difficile à comprendre, pour les Européens occidentaux.
Je me suis déjà fait la même réflexion en lisant Soljenitsyne, l'autre "géant slave" de la deuxième moitié du XX° siècle : il y a souvent, chez l'un et l'autre, une manière de formuler, de faire progresser la réflexion ou la narration, qui est à la fois circulaire et linéaire, "spiralée".
2. J'ai toujours pensé, à mon modeste niveau, qu'il y a quelque chose de réducteur dans la notion de culture de mort ; si l'occasion m'était donnée, mais je la saisis sur le FC, je parlerais plus volontiers de culture de prise de plaisir ET de mise à mort, non pour "corriger" l'expression de Jean-Paul II, mais parce que je crois que le monde actuel court à sa perte en recourant à ces deux jambes : Eros et Thanatos : l'idéalisation de la prise du plaisir et la réalisation de la mise à mort.
3. L'économiste Bernard MARIS a publié, il y a quelques années, un ouvrage intitulé : "Capitalisme et pulsion de mort", dans lequel il explique assez bien, en prenant appui sur Freud et sur Keynes, dans quelle mesure le capitalisme financiarisé est dynamisé par ce que l'on peut appeler la conjonction du principe de plaisir et de la culture de mort, ce qui fait qu'il n'est pas seulement dynamisé, mais qu'il est aussi dynamiteur, d'où cette notion de pulsion de mort.
4. La considération selon laquelle la notion de culture de mort est difficile compréhensible, notamment pour un Allemand, dans la mesure où la culture est une notion positive, et je le suppose, dans cet ordre d'idées, vivifiante, me plaît également beaucoup.
Observons un instant les rites et sites "culturels" d'embrigadement et d'endoctrinement "émancipateurs" mais fragilisateurs de nos contemporains, et nous y verrons se déployer la conception selon laquelle c'est l'inculture, la culture non enrichissante ni épanouissante pour la liberté intérieure, non nourrissante ni structurante pour l'esprit humain, celle qui ne rend pas exigeant, mais négligent, c'est l'inculture qui a une "valeur" positive, qui est une "vertu" vivifiante.
Encore merci pour votre message et bonne journée.
Scrutator.
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