N'existe-t-il que des pratiques, et non des personnes, homosexuelles ?

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2011-06-11 19:58:57

N'existe-t-il que des pratiques, et non des personnes, homosexuelles ?

Bonjour et merci à Jean Kinzler,

1. Peut-on dire

- qu'il n'existe que des pratiques homosexuelles, c'est-à-dire des pratiques sexuelles entre personnes du même sexe, pratiques qui ne sont peut-être pas toutes exclusivement entre personnes du même sexe ?

- qu'il n'existe pas de personnes homosexuelles, c'est-à-dire de personnes, pour ainsi dire,

a) configurées, définitivement ou provisoirement, par leurs neurones, par leurs hormones, par leur psychisme, par leur histoire, par leurs tendances, pour être et pour aimer en tant qu'homosexuelles ?

b) pour lesquelles l'hétérosexualité est contre nature, car elles n'accomplissent pleinement leur identité sexuelle qu'en vivant dans l'homosexualité, qu'en vivant leur homosexualité ?

2. Il y a déjà quelques années, j'ai entendu un matin, à la radio, en semaine, sur France Culture, une psychanalyste, je suis presque sûr que c'est Elisabeth ROUDINESCO, expliquer, le plus sérieusement du monde, et, je le crois, sincèrement, qu'il lui arrivait de recevoir, parmi ses patients,

- des personnes mariées et ayant des enfants, qui s'étaient longtemps cru hétérosexuelles, qui avaient découvert leur homosexualité sur le tard, qui en avaient, évidemment, été tout à fait perturbées, mais qui s'étaient pleinement accomplies en laissant s'exprimer leur véritable identité sexuelle, et qui du coup, dans le meilleur des cas, avaient été confrontées à un repositionnement quelque peu compliqué, délicat, avec leur conjoint et avec leurs enfants ;

- d'autres personnes, célibataires sans enfants, qui s'étaient longtemps cru homosexuelles, qui avaient vécu leur homosexualité personnelle dans la plus grande homosexualité culturelle et sociale possible, avant de découvrir, là aussi, tardivement, qu'en fait, elles étaient devenues hétérosexuelles, pratiquantes, qui plus est, pour leur plus grande satisfaction, et pour la plus plus grande satisfaction de leur nouveau ou nouvelle partenaire ;

- des adeptes "d'allers-retours" plus "subis" que "choisis", dans le cadre de leur identité - orientation sexuelle :

- des hétéros devenus, d'abord, homos, redevenus, ensuite, hétéros ;

- des homos devenus, d'abord, hétéros, redevenus, ensuite, homos...

3. Il se trouve que cette psychanalyste s'exprimait devant un représentant ou responsable de la cause homosexuelle, une personne militant en faveur de la cause homosexuelle ; cette personne, c'était un homme, a très mal pris, je dis bien très mal pris, le fait que cette psychanalyste fasse part de cette expérience là, de ce témoignage là.

Pour lui, de toute évidence, LE véritable cheminement sexuel épanouissant, libérateur, le seul qui soit vraiment authentique, c'est le cheminement qui ne peut être qu'un "aller simple" (sans "retour")

- en provenance d'une hétérosexualité subie, aliénante, asservissante,

- à destination d'une homosexualité choisie, longtemps refoulée, même inconsciemment, puis soudainement ou tardivement libérée, affichée et assumée.

4. Imaginons un seul instant que ce soit "çà", le motif et le ressort du militantisme homosexuel : l'idée selon laquelle

- l'hétérosexualité est purement "culturelle", donc équivoque, insincère, hypocrite,

- l'homosexualité est à la fois parfaitement "authentique" et "créative", car totalement "naturelle" et "historique", mais dans l'acception relativiste et subjectiviste de chacun de ces deux termes : elle se refoule, puis se révèle, le devenir de l'homosexuel n'étant autre que le devenir de son homosexualité en lui ; donc, plus il refoule son homosexualité, plus il refoule sa nature personnelle, son histoire personnelle, jusqu'au jour où il succombe, non à une tendance, ni à une tentation, mais à son être profond, avec lequel, en succombant, il se réconcilie...

5. En fait, je crois que nous sommes en présence d'une praxis privée, domestique, qui est en passe de devenir une doxa publique, politique ; cette lame de fond ne rend pas l'hétérosexualité moins naturelle, ni l'homosexualité plus naturelle, mais tend à le faire croire de plus en plus.

Je termine donc ce message en reposant ma question, et en remerciant tout spécialiste de la question qui viendrait à la lire de bien vouloir y répondre, dans la mesure du possible : "N'existe-t'il que des pratiques, et non des personnes, homosexuelles ?"

6. Et que penser de cette phrase, attribuée à Françoise DOLTO : "Si l'homosexuel est ce qu'il est, c'est la faute des parents. A vouloir soigner l'homosexuel, on oublie de prendre le mal à sa source. L'homosexualité est toujours le résultat d'une évolution psychique entravée par des difficultés familiales : mère phallique autoritaire, père trop sensible, trop sentimental à l'égard de l'enfant. Les parents doivent aider l'enfant à déterminer son rôle futur, à se diriger vers une option génitale réceptrice pour la fille, émettrice pour le garçon" ?

Merci beaucoup pour toute réponse, et bon début de soirée.

Scrutator.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=598304