Précisions sur la juste modération

Le Forum Catholique

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Meneau -  2011-06-09 13:23:12

Précisions sur la juste modération

Je suis d'accord avec ce que vous écrivez, Ion (une fois n'est pas coutume ). Toutefois, le plaisir est quand même soumis à la fonction génératrice.

J'ajoute que la juste modération dans les limites de laquelle les époux doivent se tenir est bien décrite par Pie XII dans la suite de son allocution aux sages femmes, où il rappelle bien cet ordre des fins :


Actuellement, en effet, on s’habitue à soutenir, par la parole et par les écrits (même de la part de certains catholiques), l’autonomie nécessaire, la fin propre et la valeur propre de la sexualité et de son exercice, indépendamment du but de la procréation d’une nouvelle vie. On voudrait soumettre à un nouvel examen et à une nouvelle loi l’ordre même établi par Dieu. On ne voudrait admettre d’autre frein, dans la façon de satisfaire l’instinct, que celui de respecter l’essentiel de l’acte instinctif. Ainsi, à l’obligation morale de la domination des passions, on substituerait la licence d’obéir aveuglement et sans frein aux caprices et aux impulsions de la nature ;
ce qui ne pourra que tourner, tôt ou tard, au détriment de la morale, de la conscience et de la dignité humaine.

Si la nature avait eu en vue exclusivement, ou du moins en premier lieu, un don et une possession réciproques des époux dans la joie et le plaisir, et si elle avait réglé cet acte uniquement dans le but de porter leur expérience personnelle au degré le plus élevé de la félicité, et non dans le but de les stimuler au service de la vie, alors le Créateur aurait adopté un autre plan dans la formation et la constitution de l’acte naturel. Au contraire, cet acte est, en somme, tout entier subordonné et ordonné à cette unique grande loi de la génération et de l’éducation de l’enfant, generatio et educatio prolis, c’est-à-dire à l’accomplissement de la fin première du mariage comme origine et source de la vie.

Hélas ! des vagues incessantes d’hédonisme envahissent le monde et menacent de submerger dans la marée croissante des pensées, des désirs et des actes toute la vie conjugale, non sans créer de sérieux dangers et un grave dommage pour la fonction première des époux.

Cet hédonisme antichrétien, trop souvent on ne rougit pas de l’ériger en doctrine, en inculquant le désir de rendre toujours plus intense la jouissance dans la préparation et la réalisation de l’union conjugale ; comme si, dans les rapports conjugaux, toute la loi morale se réduisait à l’accomplissement régulier de cet acte, et comme si tout le reste, de quelque façon qu’on le fasse, se trouvait justifié par l’effusion de l’amour mutuel, sanctifié par le sacrement de mariage, digne de louange et de récompense devant Dieu et la conscience. De la dignité de l’homme et de la dignité du chrétien, qui mettent un frein aux excès de la sensualité, on n’a nul souci.

Eh bien ! non. La gravité et la sainteté de la loi morale chrétienne n’admettent pas une satisfaction effrénée de l’instinct sexuel ni cette tendance exclusive au plaisir et à la jouissance : cette loi ne permet pas à l’homme raisonnable de se laisser dominer jusqu’à un tel point, ni en ce qui regarde la substance ni en ce qui concerne les circonstances de l’acte.

Certains voudraient soutenir que la félicité dans le mariage est en raison directe de la jouissance réciproque dans les rapports conjugaux. Non ; le bonheur dans le mariage est, au contraire, en raison directe du respect mutuel entre les époux, même dans leurs relations intimes ; non pas qu’ils jugent immoral et repoussent ce qu’offre la nature et ce qu’a donné le Créateur, mais parce que ce respect et l’estime mutuelle qu’il engendre, sont un des éléments les plus solides d’un amour pur et, à cause de cela même, d’autant plus tendre



Cordialement
Meneau
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