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Vous avez affirmé :l'Etat n'ayant pas vocation à décréter quelle est la vraie religion et quelles sont les fausses religions, hormis la limite du risque à l'ordre public, ne peut pas de manière spécifique laisser la liberté religieuse aux adeptes d'une fausse religion. (Ion)
Je vous ai répondu que l’Église ne demandait pas à l’État de décréter, mais de reconnaître la vraie religion. Que, suivant les circonstances, il soit plus ou moins facile aux détenteurs du pouvoir de distinguer la vraie religion des fausses, c’est un autre problème : Dieu peut très bien les guider dans ce choix, comme il l’a fait pour Constantin ou pour Clovis.
Mais quoi qu’il en soit, l’Église enseigne infailliblement par la voix de Pie IX – dans le passage de Quanta Cura que je viens de citer – que la meilleure condition de la société n’est pas celle où l’on ne reconnaît pas à l’État le droit de s’opposer aux violateurs de la religion catholique. Or, comment l’État pourrait-il intervenir à bon escient dans une telle société si, comme vous le prétendez, sa vocation était de toute façon autre ? Votre affirmation me paraît donc inconciliable avec la doctrine catholique.De même sur l'affirmation du Sel de La Terre, affirmation que je qualifie de déformation dans la mesure où cette publication résume un enseignement à une des conséquences qui y sont contenues. (Ion)
Sur ce point, N.M. vient de vous répondre : “Bonum ex integra causa, malum ex quocumque defectu”. Si qui que ce soit – le Sel de la terre par exemple – peut logiquement tirer des principes défendus par Dignitatis Humanæ une seule conséquence contraire à l’enseignement irréformable de l’Église, c’est encore une de trop...
V.