Effectivement....et complément

Le Forum Catholique

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Justin Petipeu -  2011-05-12 22:42:51

Effectivement....et complément

C'est gentil de me citer. Cela fait toujours plaisir. Merci, donc.

Néanmoins, il m'est apparu que mon argument n'était pas aussi décisif qu'il semblait l'être.


Jamais avant le XVIIIème siècle on pu imaginer des Etats, des pouvoirs, des chefs, laïcs, c'est-à-dire athées. Des Etrusques à l'Egypte en passant par les Aztèques, c'est la règle historique...



Et pourtant, il faut bien convenir que pour la première fois dans l'histoire de l'Humanité, nous avons devant nous un immense monde, non plus païen, ni infidèle, mais tout simplement athée. Vous reconnaîtrez avec moi que c'est nouveau. La règle historique n'est donc pas aussi constante que ça.

Pour en revenir au texte du Dr. Martin Rhonheimer, je note avec satisfaction qu'une des ses principales composantes est d'en finir avec ceux qui voulaient nous asséner la liberté religieuse selon Vatican II comme étant la Révélation divine, frappée à tous les coins de l'infaillibilité, ornée de toutes les plus grandes qualités et facultés du Magistère et à laquelle il fallait se soumettre sans condition sous peine d'être irrémédiablement considéré comme hérétique et schismatique. Ce brave Docteur nous fait donc le plaisir de renvoyer dans leurs buts les Dom Basile, de Margerie, père de Blignières, abbé Lucien et quelques autres fanatiques de la même espèce qui nous envoyaient à la figure Dignitatis Humanae d'une manière encore plus tranchante que le rasoir d'Ockham lui-même...

Non pas que j'ose un tant soi peu me comparer à cet auguste professeur mas cela fait toujours plaisir, vous en conviendrez, d'être ainsi confirmé.

Le reste du texte n'est pas inintéressant, loin s'en faut. La distinction entre le dogme de l'Eglise et sa doctrine sociale me paraît intéressante et toute la question est de savoir si la promotion de l'Etat catholique fait partie ou non du Magistère infaillible et donc non négociable de l'Eglise. Le docteur ne s'en tire pas mal, à mon humble avis et je répète que de tout ce qui a été écrit sur DH du côté conciliaire, celui-ci tranche par la qualité de ses arguments. Il y a certes à discuter et notamment sur cette affirmation, au sujet de la nécessité des Etats catholiques :


Cela dit, on ne peut toutefois affirmer qu’il s’agirait dans ce cas d’interprétations magistérielles du droit naturel ou de la loi morale naturelle susceptibles de faire l’objet de l’infaillibilité. Il s’agit là de réalisations et d’applications concrètes qui, à l’époque où elles sont entreprises, peuvent être contraignantes pour les fidèles catholiques, et exiger leur obéissance. Mais en aucun cas il ne s’agit d’enseignements qui ne pourraient être récusés par des décisions magistérielles postérieures.



Il me semble quant'à moi que de telles affirmations, répétées si constamment et souventes fois par nombre de papes finissent par obliger et font partie intégrantes de l'enseignement de l'Eglise mais je n'ai pas les capacités suffisantes pour le prouver. Vous m'en excuserez.

On notera aussi l'affirmation claire et précise qu'il y a bien contradiction sur ce point entre l'avant et l'après-concile. Notre docteur déplace le débat sur ce qui est contingent et ce qui ne l'est pas. C'est bien. je trouve cela intelligent. Peut-être ne suis-je pas dans la ligne du parti mais je trouve cela intelligent quand même. Ce n'est qu'une opinion.

Autre chose positive : en sortant du domaine de l'infaillibilité, le docteur exige tout de même l'assentiment, mais pas plus. Ce qui lui fait dire :



En effet, l’enseignement de Vatican II sur la liberté religieuse comme droit civil n’est sûrement pas de nature dogmatique. Cependant, il s’agit du Magistère solennel d’un concile œcuménique et, à ce titre, il doit être accepté par les fidèles avec une obéissance religieuse (pas moins, voire même plus que les condamnations de Pie IX en son temps). En tout cas, il ne peut constituer une raison de justification d’une division de l’Eglise




Pour ce qui me concerne, j'ai toujours été un défenseur acharné des sacres pour cause d'état de nécessité. La FSSPX défendait cette position, à l'époque. En changeant de cheval au milieu du gué et en employant les mêmes moyens pour deux attitudes qui n'ont rien à voir entre elles, la croisade doctrinale m'a paru douteuse dès le début, ne serait-ce qu'en raison des promesses divines faites à l'Eglise et à son Vicaire, par lequel le Seigneur Jésus gouverne l'Eglise lui-même. L'inerrance du pape sur la Foi et les moeurs, l'impossibilité pour l'Eglise de se tromper et de nous tromper, la pureté du siège apostolique sont objets de Foi ; il ne nous est pas demandé de le vérifier, ni de le constater, encore moins de le comprendre. Il nous est juste demandé de le croire.

je ne peux qu'abonder dans le sens du docteur. mais avant l'assentiment, il me smeble légitime de considérer qu'une controverse doctrinale peut exister à partir du moment où le sujet ne relève pas de l'infaillibilité. Elle peut exister à partir du moment où ceux qui la mènent se plient d'abord aux règles de l'Eglise. Il n'est pas besoin de chantage au retour ou de séparation sacramentelle pour ça.


Je persiste donc : cet article est non seulement nouveau dans son approche de DH mais en plus témoigne d'un esprit catholique dans ses conclusions.
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