Fléau de Dieu plutôt...

Le Forum Catholique

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Vianney -  2011-05-05 08:12:34

Fléau de Dieu plutôt...


A la réflexion, Clément XIV n'avait-il pas été prophète en 1773 ?


Prophète inconscient comme l’anesse de Balaam, peut-être... Très prosaïquement, le pauvre Clément XIV a cédé à sa frousse des puissants du jour, eux-mêmes manipulés par la franc-maçonnerie, ce qui lui a valu les éloges des ennemis de l’Église.

Il n’empêche qu’on peut aussi voir dans la suppression de l’ordre des jésuites, tout comme dans les persécutions de la Révolution française et celles de la prétendue “réforme” protestante, un juste châtiment divin pour le relâchement de trop d’hommes d’Église. Dans son Traité sur les Psaumes, saint Augustin commente ainsi le psaume 54 :

Ne pensez pas que les méchants soient en ce monde pour rien, et que Dieu ne tire d’eux aucun bien. Tout méchant vit pour se corriger ou pour exercer la vertu des bons.


Comme en écho, le R.P. de Clorivière, lui-même contemporain et victime de ces événements, faisait à leur sujet des réflexions qui valent plus encore pour notre temps (si l’on songe par exemple aux malversations de l’I.O.R. sous Paul VI et Jean-Paul II) :

Si, avant la révolution, les règlements du Saint Concile de Trente excluant le luxe mondain de la vie du clergé avaient été mieux observés, l’Église ne se serait pas vue dans une si grande désolation... Les richesses qui de temps immémorial avaient été données à l’Église se trouvaient trop inégalement partagées en ce qui concernait ses ministres, et nombre de ceux qui étaient abondamment pourvus, croyaient devoir, par un abus de la coutume, soutenir leur rang par des dépenses fastueuses. Ce que Dieu dans le passé avait disposé pour le plus grand bien, était ainsi devenu par une suite de la faiblesse du cœur humain, une pierre d’achoppement.

Il a donc plu à Dieu de réduire l’Église à sa pauvreté primitive, et dans ses desseins impénétrables, il s’est servi pour cela des efforts de l’impiété. Il a permis que tout fût renversé, détruit, saccagé, que tout fût réduit à la plus étrange confusion, et c’est afin de faire tout rentrer dans l’ordre.

Source : Pierre de Clorivière contemporain et juge de la Révolution, 1926, p. 177-178.


Logique avec lui-même, l’auteur, qui fut désigné ultérieurement par Pie VII pour présider à la restauration de l’ordre des Jésuites, suggérait que l’Église ne demande pas à l’État la restitution des biens que la Révolution lui avait volés. On peut penser qu’il y aurait eu là une leçon à retenir au moment de conclure les accords du Latran avec Mussolini. Nul ne peut servir deux maîtres...

V.
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