Jean Paul II, simple star médiatique?

Le Forum Catholique

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Sénéchal -  2011-04-29 12:58:01

Jean Paul II, simple star médiatique?

. Il y a en ce moment une déferlante de n’importe quoi sur Jean Paul II.
La scie la plus répandue, c’est : « Jean Paul II était une star médiatique ; il fascinait par sa personnalité ; c’était un homme de théâtre ; il privilégiait la forme sur le fond ; » etc…
On entendait cela en boucle hier sur Radio Courtoisie, dans la bouche de personnalités pourtant a priori recommandables, tels l’abbé de Tanoüarn ou Vincent Trémolet de Villers.
Ce matin encore dans le quotidien du catholique Vincent Bolloré, Direct Matin, on citait la journaliste Caroline Pigozzi : « On béatifie le pape de la mondialisation, qui a été un chef d’orchestre de l’Eglise catholique. Tous les catholiques ne croient pas aux miracles, c’est surtout l’image du pape que l’on célèbre. Jean Paul II aimait plaire. Il avait fait du théâtre, voulait être dans la lumière. Il avait compris l’importance de l’image et a réussi à médiatiser la fonction en créant des événements. Il aimait l’information, la communication. Benoît XVI est un pape plus intellectuel. Il n’a pas le goût de la séduction. »
Outre que cette « spécialiste du catholicisme » prouve qu’elle ne connaît rien à son sujet (un catholique qui ne croit pas aux miracles ne croit donc pas à la Résurrection, c'est-à-dire qu’il n’est pas catholique), elle oublie, avec l’abbé de Tanoüarn et Vincent Trémolet de Villers, que Jean Paul II était d’abord, un homme de prière (un « bloc de prière » a même dit le Professeur Lejeune), un intellectuel et un universitaire. C’est même par leurs activités théologiques, philosophiques et universitaires que Karol Wojtyla et Joseph Ratzinger se sont connus et appréciés.
Etudiant dès l’âge de 18 ans à l’université Jagellon, séminariste clandestin en 1942-44, Karol Wojtyla décortique le traité de Métaphysique de Kazimierz Wais. Docteur en théologie et en philosophie, aumônier des étudiants de Cracovie, il mène une brillante carrière universitaire – parfois clandestine au gré des décisions du pouvoir communiste (professeur de théologie morale aux universités Jagellon de Cracovie et Catholique de Lublin). Il élabore une théorie critique du communisme sur la base de la théologie morale. Comme évêque auxiliaire de Cracovie, il anime la pastorale des étudiants tout en continuant d’enseigner la théologie morale à l’Université, où il aborde notamment Saint Thomas, Scheler, Husserl et Heidegger. Il publie pendant cette période une somme d’articles de philosophie, dont une approche critique de la phénoménologie. Son goût prononcé pour la discussion intellectuelle (déjà présent lorsqu’il était aumônier des étudiants dans les années 40 avec le groupe de discussion Rodzinka) l’amène à diriger un réseau clandestin d’intellectuels (Odrozenie).
Sa pensée et sa réflexion sur la morale sexuelle et conjugale (qu’il développera puissamment au cours de son pontificat) en fait l’un des principaux contributeurs de l’encyclique Humanae vitae de Paul VI. Il participe à des congrès comme celui de phénoménologie de 1974, et donne des conférences à Harvard en 1976. La même année il prêche à Rome les exercices spirituels de Carême.
Au cours de son pontificat il a prononcé 20.351 discours. Ses écrits remplissent 55 volumes, soit 80.000 pages, sans compter ses écrits privés.
Tout cela fait quand même beaucoup pour un simple batteur d’estrade.
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