Où va l'école de la République ?
Le Forum Catholique
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bbdg - 2011-04-09 18:45:44
Où va l'école de la République ?
Les syndics de faillite de l'Éducation nationale (FSU et consorts), coresponsables avec les ministres UMPS de la situation catastrophique dans laquelle se trouve notre instruction publique, viennent de publier un communiqué commun pour mettre en garde l'opinion contre la menace fasciste qui planerait au dessus de l'école.
En regard d'une menace aussi imminente, d'autres problèmes relèveraient presque de l'anecdote :
• L'autorité bafouée des professeurs, dans un climat de dissolution morale et culturelle généralisée.
• La transformation des établissements scolaires en vastes garderies au sein desquelles une armée d'animateurs sociaux, se substituant à l'ancien clergé, dispensent le catéchisme "citoyen" de la nouvelle société totalitaire.
• La gestion aberrante des effectifs dans le seul but de faire artificiellement baisser la masse salariale de l'État : recours de plus en plus massif à l'emploi précaire (notamment dans le secteur essentiel de la "Vie scolaire", c'est-à-dire de l'encadrement des élèves) et "territorialisation" rampante de la fonction publique nationale.
• La course à la dévaluation des diplômes pour dissimuler l'effondrement du niveau.
• La violence extrême qui régit les relations entre les individus, jusque dans les cours de récréation.
• Le découragement des élèves maintenus de force dans le moule du collège unique, non par respect de l'idéal républicain d'égalité mais parce qu'il y a de moins en moins de débouchés réels pour ceux d'entre eux qui souhaitent une entrée rapide dans le monde du travail.
• L'abandon pur et simple de ce même idéal républicain d'égalité par l'abdication de notre système éducatif devant les injonctions de l'ultra-libéralisme le plus échevelé. Ainsi, depuis cette année, les professeurs doivent conformer leur enseignement à un "socle commun", inspiré par des directives européennes de nature technocratique et mondialiste. Ce-dernier ramène tous les aspects de la culture humaine à de vulgaires "compétences" que les jeunes doivent "valider" afin de garantir leur adaptation au marché de l'emploi hyper-concurrentiel que nous vaut la mondialisation. Il est bien loin le temps où les enfants d'ouvrier rentraient à Polytechnique ou à "Normale sup" parce que l'école n'avait pas encore renoncé à soumettre toutes les catégories sociales au même niveau d'exigence. De nos jours, seuls les élèves bénéficiant d'un environnement plus ou moins favorisé parviennent à surnager du désastre...
Comment pouvait-on s'alarmer de pareilles broutilles ? Sans doute, le "mammouth" se porterait-il comme un charme si le virus de l'extrême-droite (0,15% des voix aux dernières élections, selon le ministère de l'Intérieur) ne menaçait pas d'enrayer son éternel retour vers le futur...
Comme professeur de l'Éducation Nationale, j'espère que les Français ne seront pas dupes de cette grossière manœuvre de diversion.
Surtout, à l'heure où tout le monde s'accorde à déplorer le désordre qui règne dans nos établissements scolaires, je trouve piquant que les syndicats n'aient rien de plus urgent à faire que de sortir de leur neutralité politique et de se livrer à une tentative d'intimidation contre le seul mouvement capable de proposer aux Français une alternative crédible et sérieuse.
Benoît Girard (FN 08)
Professeur d'histoire-géographie au collège de Bogny/Meuse
www.benoitgirard.fr
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=592394