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Il m’a été naguère conté qu’un médecin des environs et sa famille se livrent au jeûne de pénitence et d’intercession lorsqu’ils apprennent qu’une femme envisage de tuer l’enfant qu’elle porte en elle.
C’est assurément œuvre bonne, agréable à Dieu et grandement utile au prochain, qu’une telle pratique : secourir cette mère dans une effroyable tentation, secourir un innocent dans un tel péril, voilà qui est besogne de charité et de miséricorde.
La vie humaine est un don de Dieu, dont il demeure le maître absolu. Il est donc très grave d’usurper son domaine souverain, et c’est ravir au prochain un bien très précieux et irremplaçable que d’attenter à sa vie. Le catéchisme nous apprend que l’homicide volontaire est un des quatre péchés qui crient vengeance devant Dieu, et une excommunication tombe ipso facto sur tous ceux qui pratiquent un avortement ou y coopèrent. Honneur donc à cette famille, dont la charité est grande !
Mais comment oublier que Notre-Seigneur nous avertit : « Je vous dis donc à vous, qui êtes mes amis : Ne craignez point ceux qui tuent le corps, et qui, après cela, ne peuvent rien faire de plus. Mais je vous montrerai qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne. Oui, je vous le dis, celui-là, craignez-le » [Luc. xii, 4-5] ?
Et pour cette raison, il est légitime de se demander : Y a-t-il personne qui jeûne quand une famille décide de scolariser un enfant dans un établissement public ? Car alors, ce n’est plus le corps qui est tué et dépecé, c’est l’âme ; ce n’est plus la vie terrestre qui est supprimée, c’est la vie.