Imprimer le Fil Complet
« - une erreur de thérapie : c'est l'erreur la plus grave ; le bon médecin, constatant que le diagnostic établi aboutit à la rédaction d'une prescription dont la prise en compte provoque un résultat fréquemment opposé à celui espéré, revoit aussitôt son diagnostic, fait refaire des analyses, en examine soigneusement les résultats, afin et avant de modifier, d'une manière appropriée et proportionnée, non seulement son diagnostic, désormais plus réaliste, mais aussi sa prescription, désormais plus opérante. » (Scrutator)
Ce désastre est tel qu’il ne peut être imputé au seul aveuglement. L’aveugle le plus aveugle aurait du moins trébuché sur les ruines qu’il n’aurait pu voir, se serait aperçu qu’il démolissait croyant construire, se serait depuis longtemps arrêté de démolir. Le désastre, l’« immense désastre spirituel », a donc été causé sciemment, délibérément, par des clairvoyants qui se proposaient de le perpétrer, qui se proposent de le consommer. Il est IMPOSSIBLE que les vrais meneurs soient aveugles, parce qu’il est IMPOSSIBLE de s’abuser à ce degré. Si, disant qu’on veut remplir les séminaires, on emploie des moyens qui les vident, sans changer de moyens quand on constate qu’on les vide, c’est qu’en effet on veut les vider, et qu’on ment en disant qu’on veut les remplir. Si, disant que l’on veut tremper des chrétiens héroïques, on emploie des moyens qui les affadissent, sans changer de moyens quand on s’aperçoit qu’on les affadit, c’est qu’en effet on veut les affadir et qu’on ment en disant qu’on veut les tremper. Ainsi de tout.
Il y a des aveugles, oui, et des sourds, et des médiocres, et des couards. Mais ni cécité, ni surdité, ni médiocrité, ni couardise ne fournissent l’explication adéquate et exhaustive de ce que nous voyons. Il faut qu’il y ait « autre chose », et cet « autre chose » ne peut être que la persistance du modernisme au sens de « Pascendi », la persistance de la société secrète des modernistes. Votre livre sur « L’intégrisme » s’achève sur la question de savoir si cette société sécrète existe encore, et le lecteur entend assez que la réponse est oui. Mais quel secret bien gardé ! Quelles apparences savamment maintenues ! Quel art à faire passer pour remèdes les poisons les plus mortels ! Ou les mauvais anges n’existent pas, ou ils sont à l’oeuvre en tout ceci, déguisés en anges de lumière, et le déguisement est à s’y méprendre.