"Le Saint-Siège légitime le panenthéisme : une hérésie contre le Créateur"
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Vistemboir2 - 2026-09-06 16:13:02
"Le Saint-Siège légitime le panenthéisme : une hérésie contre le Créateur"
Traduction de l’article de Gaetano Masciullo paru le 5 septembre 2026 sur The Remnant sous le titre : « The Holy See Legitimizes Panentheism: A Heresy Against the Creator »
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Un nouveau document du Vatican fait l’éloge du panenthéisme, une hérésie qui brouille la distinction essentielle entre le Créateur et la création. Ce glissement théologique, en apparence subtil, s’attaque en réalité aux fondements mêmes de la Création, du péché originel, de la Rédemption et de la nécessité de la Croix du Christ.
Le panenthéisme : quand Dieu et la Création ne sont plus distincts
Le 21 août, la Commission théologique internationale a publié un document [en italien seulement] intitulé Prendre soin de notre maison commune : une réponse responsable et fraternelle au Dieu trinitaire.
Ce document expose le contexte dans lequel des textes théologiques ont été élaborés, du moins au cours des derniers mois. Il présente toutefois de nombreux aspects extrêmement problématiques. L'aspect le plus problématique réside certainement dans l'ouverture à l'acceptation du panthéisme sous sa forme atténuée, à savoir le panenthéisme.
Avant de nous attarder sur ce problème spécifique, toutefois, énumérons brièvement les autres points problématiques du document.
Un document très dangereux
Tout d'abord, le document propose une structuration théologique de la catégorie du « péché contre la Création et contre le Créateur », le définissant comme une désobéissance au mandat divin de prendre soin de la terre.
En réalité, la morale catholique classique considère déjà la cruauté gratuite envers le monde non humain (plantes, animaux) comme un péché grave pouvant revêtir diverses formes et impliquer différents types de péchés : par exemple, si un incendiaire met le feu à une forêt, il commet une série de péchés mortels contre la tempérance et la justice : impiété envers Dieu Créateur (cf. Somme théologique II-II, q. 64-66), atteinte à la propriété privée d'autrui, scandale par mépris de la loi. Et peut-être plus encore.
Par conséquent, la proposition d'un nouveau péché doit être comprise différemment, dans le cadre de ce vaste projet initié par Bergoglio visant à politiser et à séculariser la morale catholique, en déplaçant le centre de gravité du péché personnel et du salut éternel vers des questions de plus en plus sociopolitiques.
En effet, la réflexion de la Commission sur ce « nouveau » péché s'accompagne de références constantes aux données scientifiques sur le climat, à la pollution par les microplastiques et — surtout — aux objectifs écologiques de l'ONU.
Deuxièmement, au paragraphe 107, nous lisons : « L'être humain offre la création à Dieu dans le Christ et, en retour, implore la bénédiction de Dieu dans le Christ pour toutes choses. Le Christ est ainsi l'axe de la maturation du monde. » Dans la note 184, à la fin de ce texte, le document révèle la clé d'interprétation de ces mots. Il y est écrit : « Dans cette perspective, la contribution du Père Teilhard de Chardin doit être accueillie. »
À savoir, la contribution de l'un des hérésiarques néo‑modernistes les plus constants du siècle dernier. L'idée teilhardienne de la maturation et de la récapitulation du monde dans le Christ est précisément l'une des thèses les plus hérétiques de ce théologien jésuite.
Teilhard de Chardin (1881‑1955) a tenté de concilier la doctrine catholique avec la science moderne, estimant que l'écart entre les deux était alors devenu irréconciliable. Les auteurs du rapport de la Commission sont, en fait, du même avis : « Ces découvertes ont radicalement redéfini les notions de matière, d’énergie, de particules et d’antimatière. Elles remettent en question bon nombre des postulats sur lesquels reposaient aussi bien la conception religieuse que la conception matérialiste de l’univers » (p. 46).
Teilhard de Chardin a reformulé (et nié) des dogmes fondamentaux tels que la création ex nihilo, le monogénisme, la perfection originelle des premiers parents et l'historicité du péché originel. Il a proposé, à la place, une cosmologie immanentiste et panthéiste dans laquelle Dieu s'identifie à l'Univers en évolution, orienté vers une unité totale, collective et consciente de soi de tout ce qui existe. Cette unité est appelée par le penseur jésuite le « Point Oméga ».
Le retour du Christ est donc interprété par Teilhard de Chardin comme l'accession à cette conscience collective suprême qui transformera l'homme en un être « ultra‑humain ».
Par cette référence directe au jésuite néo‑moderniste, les auteurs de la Commission théologique internationale ont clairement cherché à légitimer deux concepts précis. Premièrement, à soutenir l'idée que l'homme, en agissant sur le monde matériel par le travail et la technologie, le transforme en « quelque chose qui dépasse son état naturel, le perfectionnant en poursuivant l'œuvre créatrice de Dieu ». Le travail humain est ainsi élevé au rang de prolongement immanent de l'évolution cosmique.
Deuxièmement, en invoquant Teilhard, le document décrit la création comme un processus évolutif ouvert sur l'avenir. Cela sert à justifier une « ontologie relationnelle » où « tout est lié » et où l'univers est conçu comme un « entrelacement de relations » immanent et comme une « Eucharistie », c'est-à-dire un grand acte d'action de grâce. Cette normalisation de la théologie de Teilhard vise manifestement à soutenir une « conversion écologique » de toute l'Église, une conversion entièrement horizontale et politisée.
Panthéisme ou panenthéisme ?
Le point culminant du document est toutefois atteint lorsqu'il valide ouvertement le panthéisme, sous une version particulière connue sous le nom de panenthéisme.
La différence entre ces deux visions de Dieu peut s'énoncer simplement. Selon le panthéisme, Dieu et l'univers coïncident. Selon le panenthéisme, l'univers fait partie de Dieu, mais Dieu ne se réduit pas à l'univers. Par conséquent, panthéistes et panenthéistes affirment tous deux que l'univers possède une nature divine ou, si l'on préfère, que Dieu n'est pas pur esprit — et donc pas pur acte, comme le soutient la théologie classique. Selon les auteurs du document, le panenthéisme « offre un cadre interprétatif pour comprendre comment Dieu peut être intimement présent dans chaque aspect de la réalité sans la déterminer de manière coercitive » (p. 52). Qui plus est, le document lui-même reconnaît explicitement que cette approche s'inscrit « en contraste avec le théisme classique, qui souligne souvent la distinction entre Dieu et la création ».
Une stratégie pour normaliser l'hérésie
Le premier concile du Vatican a condamné de manière infaillible le panthéisme et ses formes dérivées. Dans la constitution dogmatique Dei Filius, il est enseigné que Dieu est « éternel (…) infini en intelligence et en volonté et en toute perfection (…) substance spirituelle unique, absolument simple et immuable (…) réellement et par essence distinct du monde (…) indiciblement élevé au-dessus de tout ce qui est et peut se concevoir en dehors de Lui (…) [et qu'Il] a créé de rien, dès le commencement des temps, l'une et l'autre créature, la spirituelle et la corporelle, c'est-à-dire l'angélique et celle qui appartient au monde ».
Dans les canons doctrinaux annexés à la constitution susmentionnée, on peut lire : « Si quelqu'un dit qu’il n’y a qu’une seule et même substance ou essence de Dieu et de toutes choses : qu'il soit anathème » ; et encore : « Si quelqu'un dit que (…) la divine essence par la manifestation et l’évolution d’elle-même devient toutes choses (…) : qu'il soit anathème » ; et encore : « Si quelqu'un dit que (…) Dieu est l’Être universel et indéfini qui, en se déterminant lui-même, constitue l'universalité des choses réparties en genres, espèces et individus : qu’il soit anathème. ».
La légitimation du panenthéisme par le Saint-Siège vise à dissoudre la Rédemption dans le panthéisme gnostique et la Grâce dans l’autosuffisance pélagienne.
Par conséquent, tant le panthéisme que ses variantes, telles que le panenthéisme, sont condamnés comme des formes de pensée erronées. Pour la théologie catholique, le théisme classique constitue le seul modèle théologique admissible. Présenter le panenthéisme sous un jour favorable, comme une alternative valable susceptible de corriger ou de compléter les limites du théisme classique, revient à une véritable capitulation doctrinale.
Il convient toutefois, à ce stade, de s'interroger sur la stratégie adoptée par les néo‑modernistes. La distinction entre panthéisme et panenthéisme est une construction artificielle, logiquement fallacieuse en soi, conçue pour rendre acceptable ce que la doctrine catholique a déjà condamné.
On soutient que le panthéisme identifie Dieu au monde, tandis que le panenthéisme inclut ce dernier sans s'y épuiser. Or, cette différence n'est que terminologique : sur le plan ontologique, les deux visions nient la transcendance absolue de Dieu et dissolvent la création ex nihilo dans un processus évolutif immanent. En réalité, le panenthéisme ne corrige pas le panthéisme, il le raffine.
Il en conserve la racine : l'idée que l'univers possède une substance divine. L'ajout d'une « transcendance » formelle ne sauve pas la doctrine, tout simplement parce qu'une transcendance authentique est incompatible avec une immanence substantielle.
La stratégie à l'œuvre est la même que celle utilisée par Bergoglio et ses collaborateurs pour normaliser le socialisme au sein de la doctrine sociale de l'Église, après la condamnation de la théologie de la libération. Au lieu d'en autoriser ouvertement l'acceptation, ils ont décidé d'adopter la « théologie du peuple », cette variante de la théologie de la libération qui en préserve la racine idéologique tout en rejetant ses conséquences politiques extrêmes.
Ainsi, le panenthéisme conserve le postulat panthéiste — la divinité du cosmos — et y adjoint un langage relationnel créant l'illusion de préserver la distinction entre le Créateur et la créature. Dans les deux cas, l'erreur n'est pas corrigée : elle est absorbée et reformulée afin de la rendre compatible avec les sensibilités contemporaines.
Le lien cohérent entre pan(en)théisme, socialisme et écologisme
Le panthéisme est le postulat théologique le plus cohérent avec l'écologisme et le socialisme défendus par la nouvelle doctrine sociale de l'Église telle qu'elle a été façonnée par Bergoglio. À leur tour, le panthéisme et le socialisme constituent deux pierres angulaires de la pensée gnostique dominante dans la modernité. En effet, la gnose repose sur l'affirmation selon laquelle l'homme peut se sauver lui-même par la connaissance, en rejetant les « limites » de sa propre nature ainsi que la Révélation.
Ne croyant ni au péché originel ni à la transcendance absolue de Dieu, l'homme gnostique réduit la connaissance à la finalité ultime de l'existence et finit par identifier la divinité au cosmos lui-même, basculant inévitablement dans le panthéisme. L'univers tout entier se trouve ainsi divinisé et conçu comme un vaste organisme en évolution, où la matière elle-même participe à la substance divine et où toute distinction réelle entre le Créateur et la créature se dissout.
Le socialisme représente la traduction politique directe de cette vision théologique. Si l'univers constitue un « Tout » divin et indifférencié, alors l'individu perd toute centralité et toute dignité ontologique, étant sacrifié au profit de la primauté absolue du collectif.
L'État s'élève au rang de divinité terrestre et d'unique source de moralité, imposant d'en haut une égalité forcée qui vise à affaiblir ou à détruire les trois grands obstacles naturels à sa réalisation : la propriété privée, la famille naturelle et l'Église catholique, lesquelles ont historiquement été les gardiennes de la liberté et de la dignité véritable des êtres humains.
Enfin, l’écologisme contemporain couronne ce système immanentiste en divinisant, de fait, la nature matérielle dans sa totalité — en tant que système (plus précisément : écosystème) — et en la présentant comme un absolu auquel l’être humain doit se soumettre entièrement. Le texte de la Commission propose en effet de considérer « la personne humaine comme (…) la servante de la Création », renversant ainsi la vision traditionnelle selon laquelle l’homme est le sommet et le maître de l’univers créé.
Par ailleurs, le texte qualifie d’« exagérée et déformée » l’interprétation traditionnelle du mandat énoncé dans la Genèse (1, 26-28), affirmant de manière purement idéologique qu’une telle interprétation aurait « conduit les gens à croire que les êtres humains avaient reçu une domination despotique et illimitée sur toute la Création. Nous ne pouvons ignorer, avec honte et repentir, le poids qu’a eu cette déformation du sens profond du texte biblique dans l’exploitation et la maltraitance de la Création. »
Le lien cohérent entre pan(en)théisme et pélagianisme
Selon le document de la Commission, le panenthéisme explique que « le monde existe en Dieu, tandis que Dieu, simultanément, le transcende ». Il convient d’être attentif aux mots. Pour ces théologiens, l’expression « en Dieu » ne revêt donc plus le sens qu’elle a dans la théologie classique. Pour cette dernière, en effet, cette expression désigne une relation de dépendance et de participation.
Lorsque saint Paul déclare : « C’est en lui en effet que nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Actes 17, 28), il ne dit pas que l’humanité possède une substance divine, mais que Dieu maintient continuellement chaque créature dans l’existence. La vie humaine dépend de cet acte permanent de conservation divine, et pourtant la créature demeure ontologiquement distincte du Créateur. Dans ce verset, l’Apôtre affirme la dépendance de toutes choses à l’égard de Dieu tout en rejetant l’idée panthéiste — courante dans certaines philosophies grecques — selon laquelle le monde et Dieu ne feraient qu’un.
Toutefois, comme le montre clairement ce document de la Commission, lorsque ces théologiens au pouvoir utilisent l’expression « en Dieu », ils ne visent pas le sens classique de l’expression, mais son sens panthéiste. Il est intéressant de noter que, dès le début de l’encyclique Magnifica Humanitas de Léon XIV, figure une affirmation théologiquement très erronée : « En Jésus‑Christ, cette humanité dans sa grandeur devient le Chemin, la Vérité et la Vie, ouvrant à chacun de nous la voie pour grandir vers la plénitude. »
Abstraction faite du problème majeur selon lequel l’humanité — entendue comme collectif humain, et non comme nature humaine, ni a fortiori comme nature humaine du Christ — ne saurait être la Voie, la Vérité et la Vie pour chacun d’entre nous, il est manifeste que l’expression « en Jésus‑Christ » est également employée dans un sens panthéiste. Le document de la Commission a désormais clairement établi qu’il s’agissait là de l’interprétation authentique.
En effet, nulle part dans l’encyclique n’est abordée la réalité du péché originel (qui devrait pourtant être centrale compte tenu du sujet) ni la nécessité de la grâce pour le salut.
La grâce est présentée, au contraire, comme une aide extérieure que Dieu nous envoie pour nous améliorer, exactement comme l’enseignait Pélage : « Lorsque nous accueillons la possibilité de nous dépasser avec l’aide de la grâce de Dieu, nous ne renions pas notre nature et nous ne devenons pas moins humains » (p. 128) ; et plus loin, nous lisons : « La mémoire des saints, des justes et de ces artisans de paix trop souvent oubliés nous montre que la grâce n’élimine pas magiquement les conflits, mais qu’elle inspire une résistance active au mal ainsi qu’une créativité étonnante dans l’accomplissement du bien » (p. 211).
Il était inévitable que le Saint‑Siège finisse, tôt ou tard, par légitimer théologiquement le panthéisme, mais je ne pensais pas qu'il le ferait de manière aussi explicite. Cela confirme malheureusement de façon définitive ce que j'avançais à l'époque concernant la matrice néo‑pélagienne de Magnifica Humanitas qui, entre autres, défend explicitement (et de manière cohérente) une vision radicale de l'étatisme.
S'il existe un lien direct entre gnose, panthéisme, écologisme et socialisme, il existe aussi un lien logique profond — bien qu'indirect — entre panthéisme et pélagianisme. Il ne s'agit évidemment pas de la même chose, mais ils partagent une matrice anthropologique et théologique qui les rend compatibles et souvent convergents au sein des dérives doctrinales contemporaines.
Si l'univers est, en fait, ontologiquement divin, alors il est déjà saint et ne nécessite aucune sanctification supplémentaire. Ainsi disparaît la doctrine du péché originel : l'homme n'a plus besoin de rédemption et le Christ est réduit au rang de maître de morale, de modèle par excellence. Dès lors, la finalité de l'Église doit elle aussi être repensée, puisqu'il n'y a plus rien à sauver, tout étant déjà sanctifié par nature. Tout cela s'inscrit également dans le projet culturel poursuivi par certains secteurs du Vatican, visant à « démythologiser » le récit biblique du péché originel.
Il faut donc que les choses soient claires : la légitimation du panenthéisme par le Saint‑Siège ne constitue pas une simple mise à jour pastorale anodine, mais bien l'aboutissement cohérent de cette dérive moderniste séculaire qui vise à dissoudre la Rédemption dans un panthéisme gnostique et la Grâce dans l'autosuffisance pélagienne.
Si le cosmos est déclaré intrinsèquement divin et que l'humanité se rachète elle-même à travers le devenir de l'évolution collective, la Croix perd sa tragique nécessité et l'Église est réduite au rang de courtisane de l'histoire, une agence de services sociaux inutile, vouée aux agendas du monde.
Face à cette subtile parodie gnostique de la foi — qui déifie la matière uniquement pour occulter la blessure du péché originel et amoindrir la Majesté divine —, les catholiques sont appelés, aujourd'hui plus que jamais, au devoir de résistance.
Il est nécessaire de s'instruire et de réaffirmer avec fermeté la transcendance absolue du Créateur, la réalité dramatique de la Chute et l’adéquation parfaite du Sacrifice du Christ. Ainsi, chaque fidèle peut contribuer à surmonter la grave crise de l'autorité pétrinienne que traverse l'Église aujourd'hui, avec la certitude inébranlable que, malgré les trahisons passagères de sa hiérarchie, les portes de l'Enfer ne prévaudront pas.
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