quelques réponses autant que je sache
Le Forum Catholique
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Luc Perrin - 2026-07-14 00:16:20
quelques réponses autant que je sache
- de grandes qualités et d'abominables crimes c'est une formulation plus proche des faits. Les atrocités des anarchistes et des socialistes espagnols (particulièrement les Catalans) sont équivalentes mais un crime n'excuse pas un autre crime.
- la Catalogne était une terre républicaine, socialiste et beaucoup anarchiste : hyper anticléricale. Gaudi catholique fervent a conçu son édifice comme un sanctuaire expiatoire.
- à l'inverse le Pays basque était hyper catholique, l'Église y a été protégée ; l'idée du nationalisme basque est comme le flamand, le breton, l'alsacien, le corse ... très liée au clergé catholique d'où cette relative symbiose pendant la Seconde République à rebours de tout le reste des Espagnes.
- Franco qui est un catholique conservateur sans plus a usé du catholicisme pour tenter d'unifier une Espagne cassée en deux depuis les années 1890 et la cuisante défaite face aux USA (déjà eux). La Seconde République est violemment anticléricale, sauf chez les Basques, si bien que logiquement Franco s'appuie sur l'Église et Pie XI assez vite appuie le mouvement malgré les évêques catalans et basques.
Pie XI assimile, à tort, l'Espagne républicaine au Mexique et y voit la main de Moscou (Union soviétique de Staline) alors que les moteurs sont les socialistes et les anarchistes bien plus que les communistes locaux.
- le centralisme poussé de Franco est une réponse aux tendances fédéralistes déjà visibles lors de la Première république espagnole de courte durée. Il use aussi complexité du personnage de la Phalange mouvement de type fasciste italien dont il fait après l'assassinat du chef, le parti unique officiel plus ou moins. Les phalangistes sont eux étrangers au catholicisme conservateur bon teint.
Maurras connais peu en Espagne, pas d'influence réelle à ma connaissance mais il faudrait lire les actes du colloque qu'avaient organisé en 2009 Olivier Dard et alii sur Maurras et l'étranger : le Québec, le Brésil, un peu la Belgique et la Suisse semblent être plus concernés. A vérifier. L'Espagne est évoquée.
La question de l'unité des Espagnes est enracinée dans l'histoire : Franco a tenté, sans succès in fine, une approche jacobine ou bonapartiste pour la résoudre. Il ne pouvait pas aller dans la direction des provinces et du fédéralisme, très teinté de républicanisme en Espagne.
- beaucoup d'évêques espagnols ont fait partie et voté avec la Minorité à Vatican II. Ils ont notamment obtenu une mention des concordats dans le schéma sur la Liberté religieuse.
Les tensions entre le gouvernement franquiste et Paul VI après Vatican II sont notoires. Il y a eu volonté de freiner oui. Mais c'est le clergé espagnol qui a changé et poussé vers le libéralisme au même moment. Les mouvements d'Action catholique par milieu, tardifs en Espagne à cause des événements, émergent dans les années 1950 et se radicalisent plus tôt qu'en France.
Bref le franquisme qui a de fait intégré des ministres venus de l'Opus Dei dans les années 60, surtout pour une ouverture économique (tourisme, modernisation) restait fondé sur la propriété terrienne et des solidarités locales classiques : le clergé pour Franco plus fervent que Bonaparte certes est à comprendre comme pour le Premier empire. Il doit pacifier les esprits grâce à l'école où on lui donne une grande influence et les institutions charitables.
- il faut bien distinguer le Portugal salazariste de l'Estado Novo de l'Espagne unitaire franquiste : le premier est nettement d'inspiration catholique intégrale, la seconde est plus opportuniste et au plan idéologique plus complexe.
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