"Un prêtre diocésain explique l'état de nécessité invoqué par la FSSPX et l'occasion manquée par le pape Léon XIV"

Le Forum Catholique

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Vistemboir2 -  2026-07-05 11:34:26

"Un prêtre diocésain explique l'état de nécessité invoqué par la FSSPX et l'occasion manquée par le pape Léon XIV"

Traduction de l’article de l’abbé Joseph Wilson paru le 4 juillet 2026 sur The Remnant sous le titre : « Diocesan Priest Explains SSPX State of Necessity and Pope Leo’s Missed Opportunity »
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Un prêtre diocésain examine l'argument de l'« état de nécessité » invoqué par la FSSPX, réfléchit à la crise plus large que traverse l'Église et imagine le discours pastoral que le pape Léon XIV aurait pu prononcer pour unir les catholiques au lieu d'accentuer la division...

Cher Père, la situation au sein de l'Église est devenue encore plus confuse depuis la consécration des quatre évêques par la FSSPX. Les quatre nouveaux évêques ainsi que ceux qui les ont consacrés ont été déclarés excommuniés ; il semble que les prêtres de la FSSPX aient été déclarés schismatiques et menacés d'excommunication, et même les laïcs qui « adhèrent » au schisme de la FSSPX sont menacés d'excommunication. Les réactions des commentateurs ont été extrêmement disparates — y compris de la part de ceux en qui j'ai généralement confiance pour leur orthodoxie et leur conservatisme. Que se passe-t-il donc ?

Cher lecteur
: C'est stupéfiant, n'est-ce pas ? Je ne vois pas d'autre situation qui ait été aussi mal gérée, voire gérée de manière aussi désastreuse, à l'exception peut-être du schisme entre l'Orient et l'Occident en 1054.

La FSSPX soutient que l'Église traverse une crise extraordinaire et qu'elle se sent poussée, par devoir de fidélité envers Dieu, à agir comme elle l'a fait. Le Saint-Siège semble nier cet « état de crise extraordinaire ». Je trouve ce déni intéressant. Tout récemment, alors que j'écris ces lignes, j'ai lu le récit d'une messe publique célébrée dans une église de Londres — une église catholique — à l'occasion du cinquantième anniversaire d'un couple. Deux évêques étaient présents et concélébraient, le célébrant principal était un prêtre ami du couple, l'homélie a été prononcée par un cardinal de la Sainte Église romaine (le cardinal dominicain Timothy Radcliffe, créé cardinal par le pape François), et l'assemblée était composée de personnes venues de divers horizons, y compris d'invités internationaux. Il s'agissait de la célébration des noces d'or d'un couple homosexuel.

Le Saint-Siège a beau émettre des normes et des protocoles à n'en plus finir, il ne s'agissait en aucun cas d'une « bénédiction non liturgique », spontanée et informelle. Je n'ai entendu parler d'aucune réaction face à ce scandale.

Le cardinal Robert McElroy, archevêque de Washington, a célébré la messe à l'université de Georgetown le 20 juin pour les 500 participants à la « conférence Outreach » des « catholiques LGBTQ+  ». Il a cité, comme un grand signe d'espoir, l'affirmation du pape François — lors de son voyage en Afrique — selon laquelle « l'unité ou la division au sein de l'Église ne doit pas s'articuler autour des questions de sexualité ». Il a également évoqué le rapport controversé du groupe d'étude n° 9 du Synode de 2024 qui, selon lui, proposait un « nouveau paradigme » (semblant s'éloigner d'une focalisation sur les principes de la loi naturelle pour privilégier « l'expérience vécue » des croyants).

Mais non, nous ne sommes pas dans une situation de crise extraordinaire. Il n’y a rien à voir ici. Et ne regardez pas non plus du côté de l’Allemagne…

Franchement, je pense que nous assistons à l’émergence d’une occasion tragiquement manquée. Au lieu de conversations interminables sur le fait de « marcher ensemble dans la synodalité », sur la théorie de la « guerre juste » et sur la nécessité d’être bienveillants envers les migrants, je souhaiterais que le Saint‑Père s’adresse à l’Église tout entière — évêques, prêtres, religieux et laïcs — avec son cœur de pasteur, pour dire :

« À la lumière des événements récents dans la vie de l’Église, je suggère qu’il est temps de s’arrêter, de prendre une grande respiration, d’invoquer l’assistance infaillible du Saint‑Esprit et d’entamer, en tant qu’Église, une conversation vaste, profonde et honnête sur les "signes des temps", comme y invitaient les Pères du concile Vatican II. Vous vous souvenez sans doute que deux de mes prédécesseurs, saint Jean‑Paul II et Benoît XVI, avaient souligné la nécessité d’un examen et d’une interprétation continus des documents du Concile à la lumière de la Tradition tout entière, et en particulier de l’enseignement des conciles et des papes précédents. Cette nécessité n’a fait que s’accentuer avec le temps. Des divisions sont apparues parmi nous ; elles sont d’autant plus douloureuses qu’elles opposent, pour la plupart, des croyants de bonne foi. Je tiens à présenter mes excuses à ceux qui ont été blessés ou scandalisés par la persistance de cette situation. Aujourd’hui, conscient de mon obligation d’"affermir mes frères", j’appelle l’Église tout entière — clergé et fidèles — à réfléchir dans la prière à la crise que traverse l’Église, crise provoquée par des enseignements ambigus, voire erronés, et par une volonté manifeste, en bien des endroits, de promouvoir le changement tout en négligeant le respect de la Sainte Tradition, qui doit toujours caractériser les catholiques fidèles.

Je m’adresserai prochainement au Collège des cardinaux ainsi qu’aux présidents des différentes conférences épiscopales nationales pour recueillir leurs réflexions sur l’état de l’Église. Je solliciterai également les supérieurs des communautés religieuses contemplatives, en leur demandant instamment d’accompagner cette démarche de leurs prières ferventes. Enfin, je prendrai contact avec les responsables de divers groupes et associations de fidèles afin de connaître leur point de vue sur ces questions. Une fois reçues et mûries les réflexions des cardinaux, des présidents de conférences épiscopales et des groupes de laïcs, j'annoncerai les modalités du processus visant à examiner et à clarifier la nécessité de parvenir à une « herméneutique de la continuité » cohérente — pour reprendre la célèbre expression du pape Benoît XVI — et de la renforcer.

Entre-temps, je rappelle une autre phrase du pape Benoît XVI, tirée de sa Lettre aux évêques-1- du 7 juillet 2007 accompagnant le motu proprio Summorum Pontificum : "L’histoire de la liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit, voire considéré comme néfaste." Il est tragique que la question de la sainte liturgie soit devenue une source de division parmi nous. La situation dans l'Église diffère manifestement de celle qui prévalait lors de la promulgation, le 16 juillet 2021, du motu proprio Traditiones Custodes par mon prédécesseur, le pape François, de bienheureuse mémoire. Par conséquent, dans le souci de préserver les droits des fidèles, je déclare abrogé
le motu proprio Traditiones Custodes — ainsi que la Lettre aux évêques qui l'accompagnait — et je rétablis dans leur pleine vigueur le motu proprio Summorum Pontificum de Benoît XVI ainsi que la Lettre aux évêques qui l'accompagnait. Puisse chacun de nous se souvenir de la maxime si souvent attribuée à saint Augustin : "Dans les choses essentielles, l'unité ; dans les choses non essentielles, la liberté ; en toutes choses, la charité." »


Si le Saint-Père agissait ainsi, je dirais qu'il deviendrait enfin possible de répondre, avec honnêteté et franchise, à un besoin crucial et de longue date de l'Église.
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