sur cette note 45 et le témoignage succinct de Mme Doyer très postérieur (2022)
Le Forum Catholique
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Luc Perrin - 2026-06-26 09:34:28
sur cette note 45 et le témoignage succinct de Mme Doyer très postérieur (2022)
Il importe de bien lire un texte pour pouvoir le commenter avec justesse et surtout peser le document original (le documentaire qui relève de l'archive audiovisuelle et qui n'est pas "tronqué" du tout dans l'échange qui est retenu) et un témoignage quel qu'il soit.
Spécialiste d'histoire contemporaine, j'ai pratiqué l'enquête auprès des témoins toute ma vie, j'ai enseigné la méthodologie de l'enquête aux étudiants de maîtrise/master/doctorat.
En histoire, comme pour la justice humaine, le témoignage est à la fois important et sujet à précaution. Police et justice retiennent l'empreinte digitale, l'enregistrement d'une conversation, une vidéo, une trace ADN plus qu'un témoignage humain énoncé ...longtemps après : onze ans après l'interview !
J'ai moi-même interrogé des curés de paroisse et leur mémoire était très flottante sur les faits à longue distance ; plusieurs m'ont dit si vous me dîtes que j'ai fait changer l'autel en 1966 ce doit être vrai, je me souviens uniquement que l'autel a été changé pendant mon temps comme curé. J'avais moi le document d'archives ou de presse qui donnait l'information exacte, datée, avec photos.
Au demeurant, Mme Doyer limite elle-même très étroitement la valeur de son témoignage qui est un avis en fait comme celui de Rémi Fontaine :
- et, pour moi, il n'a jamais changé.
- Le documentaire reprenait, à mon sens,.
Nous avons une opinion personnelle, délibérément personnelle, donnée onze ans après les faits (entretien de 2011). En bon français, "pour moi" et "à mon sens" impliquent que B. Doyer n'était pas présente lors de l'entretien et qu'elle ne "témoigne" pas directement de ce qu'elle a entendu en 2011 mais que J. Madiran n'aurait pas évolué, sauf pour cette interview. Selon elle. Elle n'apporte pas de preuve pour contredire le document d'archive mais donne son sentiment personnel comme tout un chacun.
Il se trouve que j'ai été comme Jean Madiran, peut-être plus longuement que lui, interrogé pour ce documentaire. Une très longue interview qui a été évidemment coupée pour n'en retenir que quelques segments, c'est la règle dans un documentaire ce que J-R. du Cray explique très bien dans la vidéo.
Je puis attester ici et pour la postérité que le documentaire ne donne pas une version fausse des mes propos et que les extraits retenus correspondent rigoureusement à ce que j'ai dit, évidemment il y a la preuve audiovisuelle, mais que je ne dis pas autre chose qui soit contraire dans le reste de l'entretien qui n'a pas été choisi.
J'atteste pour ce qui me concerne de la rigueur de l'interviewer Jacques-Régis du Cray publiquement.
J'ai trouvé pour ma part blessante à l'égard de Jacques-Régis du Cray cette polémique artificielle fondée sur des suppositions malveillantes face à une document d'archive indiscutable. A moins que Mme Doyer et R. Fontaine aient assisté à l'entretien et aient pu fournir ces fameuses phrases manquantes où Madiran reviendrait sur ses dires devant caméra.
Au demeurant, la position de Madiran en 2011 est subtile : il se borne à dire qu'en 1988 il suspendait son jugement mais que des développements ultérieurs positifs se sont produits. Il ne dit pas devant caméra formellement qu'il approuve en 2011 les sacres de 1988 dont il redit que c'était "l'acte le plus grave". Il insiste sur le bon fruit qui en est issu.
Le contexte de 2011 est aussi, il le rappelle, celui de la levée des excommunications en 2009 par Benoît XVI.
Bref ces phrases manquantes qui seraient contraires à celles enregistrées, Mme Doyer ne les produit pas ni Rémi Fontaine ni vous-même.
En dehors de cette note 45, la réflexion est solide ... au plan théorique celui auquel son fort savant auteur se place en bon thomiste.
J'ai longuement exposé que la vie de l'Église ne procède pas uniquement, tant s'en faut, de la théorie. "L'huile", les considérations politiques diverses, le salut des âmes jugé prioritaire suivant les circonstances ou pas, tout cela pèse parfois davantage comme le démontre la "solution chinoise" et une myriade d'autres exemples. L'historien que je suis est plus porté à observer ces méandres et contorsions de la vie ecclésiale que la seule rectitude des lignes, si importante soit-elle.
Mgr Doré, théologien, archevêque émérite de Strasbourg se plaisait à rappeler ce proverbe : Dieu écrit droit avec des lignes courbes.
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