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« Celui qui a voulu donner aux hommes le trésor de Son Corps et de Son Sang aurait-il pu manquer en même temps de leur donner la mission et la force de le défendre ? N’en doutez pas : le destin de la messe catholique est aujourd’hui entre nos mains. » (Abbé Raymond Dulac, Le Droit de la messe romaine)
« Comme la sainteté et le mérite de nos actions dépendent du motif qui les anime et de l’esprit dans lequel elles sont accomplies, la pratique de cette très sainte dévotion au Sacré-Cœur ne portera pas ses fruits si elle n’est pas animée par le motif essentiel à cette dévotion. Ce motif, comme nous l’avons déjà expliqué, est de réparer, autant que faire est en notre pouvoir, par notre amour, notre adoration et par toute forme d’hommage, toutes les indignités et tous les outrages que Jésus-Christ a subis au cours des siècles et qu’Il subit encore quotidiennement de la main des hommes pervers dans la Sainte Eucharistie. C’est avec cet esprit et ces sentiments que nous devons accomplir les pratiques qui sont ici proposées. »
« Après avoir tout fait pour nous et tout donné pour nous montrer combien Il nous aimait, Il nous a donné Son Corps et Son Sang, Il s'est donné Lui-même, tout entier, dans le Saint-Sacrement de l'autel. S'Il avait eu quelque chose de meilleur ou de plus précieux, Il nous l'aurait donné aussi. Il n'est aucun lieu qui Lui répugne, aucun homme, si misérable soit-il, qui Le dégoûte, aucun temps qui L'oblige à différer Son don. Pourtant, cette merveilleuse indulgence, ce don prodigieux, cet amour stupéfiant qui a émerveillé le Ciel et la terre, n'ont pu Le protéger de l'ingratitude et des outrages des hommes. La première distribution de la Sainte Communion lors de la Cène fut déshonorée par le plus horrible des sacrilèges, et cet horrible sacrilège a été suivi, à travers les âges, par tous les outrages et les profanations que l'Enfer pourrait inventer. »
« Lors de la première session du concile Vatican II, pendant le débat sur la Constitution sur la sainte liturgie, le cardinal Alfredo Ottaviani demanda : « Ces Pères préparent-ils une révolution ? » Le cardinal était âgé et partiellement aveugle. Il parla avec conviction d'un sujet qui le touchait profondément : « Cherchons-nous à susciter l'étonnement, voire le scandale, parmi les chrétiens en introduisant des changements dans un rite si vénérable, approuvé depuis tant de siècles et aujourd'hui si familier ? Le rite de la Sainte Messe ne doit pas être traité comme un morceau d'étoffe que l'on remodèle au gré des générations. »
« Le cardinal âgé était si préoccupé par le potentiel révolutionnaire de la Constitution, et n’ayant aucun texte préparé en raison de sa très mauvaise vue, il dépassa les dix minutes de temps de parole imparties. Sur un signal du cardinal Alfrink, qui présidait la séance, un technicien coupa le micro, et le cardinal Ottaviani regagna son siège, humilié. Les Pères conciliaires applaudirent avec joie… »
« J'ai eu honte pour les évêques qui se sont comportés de manière si déplorable envers l'un des plus éminents d'entre eux. De tels agissements sont comme une malédiction. Ils sont certainement à l'origine de l'aveuglement qui frappe tant d'évêques aujourd'hui. Comment peut-on croire en la présence du Saint-Esprit dans de telles conditions ? » (Vatican Encounter, p. 63)
« Tant de nouveautés apparaissent dans le Novus Ordo Missæ, et, en revanche, tant de choses de toujours s’y trouvent reléguées à une place mineure ou à une autre place – si même elles y trouvent encore une place – que pourrait se trouver renforcé et changé en certitude le doute – qui malheureusement s’insinue dans de nombreux milieux – selon lequel des vérités toujours crues par le monde chrétien pourraient changer ou être passées sous silence sans qu’il y ait infidélité au dépôt sacré de la doctrine auquel la foi catholique est liée pour l’éternité. Les récentes réformes ont suffisamment démontré que de nouveaux changements dans la liturgie ne pourront pas se faire sans conduire au désaccord le plus total des fidèles qui déjà manifestent qu’ils leur sont insupportables et diminuent incontestablement leur foi. Dans la meilleure part du clergé cela se marque par une crise de conscience torturante dont nous avons des témoignages innombrables et quotidiens. »
Premièrement : « J’ai sous les yeux des photos publiées par des journaux catholiques et représentant la messe telle qu’elle est dite assez souvent. Sur la première j’ai peine à comprendre de quel moment du Saint Sacrifice il s’agit. Derrière une table ordinaire en bois, qui n’a pas l’air très propre et que ne recouvre aucune nappe, deux personnages en complet veston et cravate élèvent ou présentent l’un un calice, l’autre un ciboire. La légende m’apprend que ce sont des prêtres, dont un aumônier fédéral d’Action catholique. Du même côté de la table, près du premier célébrant, deux jeunes filles en pantalon ; près du second, deux garçons en chandail. Une guitare est posée contre un tabouret. »
Deuxièmement : « Autre photo : la scène se passe dans le coin d’une pièce qui pourrait être la salle d’un foyer de jeunes. Le prêtre est debout, en aube de Taizé, devant un tabouret de vacher qui sert d’autel ; on voit un grand bol en grès et un petit godet de la même matière, ainsi que deux lumignons allumés. Cinq jeunes sont assis en tailleur sur le sol, l’un d’eux gratte la guitare. »
Troisièmement : « Troisième photo, se rapportant à un événement qui a eu lieu il y a quelques années : la croisière de quelques écologistes voulant empêcher les expériences atomiques françaises sur l’îlot de Mururoa. Il y a parmi eux un prêtre, qui célèbre la messe sur le pont du voilier, en compagnie de deux autres hommes. Tous trois sont en short, l’un se présentant au surplus torse nu. L’abbé élève l’hostie, sans doute pour l’élévation. Il n’est ni debout ni à genoux, mais assis ou plutôt affalé contre une superstructure du bateau. »
« Un trait commun se dégage de ces vues scandaleuses : l’Eucharistie est ravalée au rang d’un acte quotidien, dans la vulgarité du décor, des instruments utilisés, des attitudes, des vêtements. Or les revues dites catholiques, vendues sur les présentoirs des églises, n’offrent pas ces photos pour critiquer de telles manières de faire, mais au contraire pour les recommander. La Vie estime même que ce n’est pas suffisant. Utilisant à son habitude des extraits de lettres de lecteurs pour dire ce qu’elle pense sans s’engager, elle écrit : "La réforme liturgique devrait aller plus loin… Les redites, les formules toujours répétées, toute cette ordonnance freine une véritable créativité." »
« Rome a adopté la tactique consistant à mettre fin aux innovations illicites en les rendant licites et officielles. La communion était donnée illicitement dans la main — qu’elle soit donc donnée officiellement dans la main ! La communion était distribuée illicitement par des laïcs — alors nommons des laïcs ministres extraordinaires de la Sainte Communion… La communion était donnée sous les deux espèces lors de la messe dominicale au mépris de la législation vaticane — cette pratique a été légalisée, et on ne pouvait donc plus prétendre que la loi concernant la communion sous les deux espèces était enfreinte. Le droit liturgique était enfreint en autorisant les acolytes féminines à entrer dans le sanctuaire. Les acolytes féminines ont été légalisées, de sorte que la loi n’autorisant que les acolytes masculins n’était plus enfreinte — la discipline liturgique avait été rétablie ! » (p. 57).
« Si nous revenons pour la cinquième fois sur la messe que Paul VI a substituée, un beau jour d’avril de cette année, à une messe vieille de quinze siècles, c’est d’abord en raison du bien en jeu, mais aussi parce que l’événement, considéré en lui-même, dans sa seule structure, est une révélation. C’est comme pouvoir voir le cœur même de l’autodestruction de l’Église. Les procédés utilisés ces quatre dernières années pour préparer imperceptiblement les fidèles à cette messe à double sens sont désormais visibles partout : dans la réforme des séminaires, des universités, des ordres religieux, des manuels de théologie et de catéchisme, et de la hiérarchie. Quidquid latet apparebit… » (p. 159)
« Avec une hâte difficile à expliquer, les démolisseurs jetèrent cette fois le masque, comme s'ils étaient désormais certains de la parfaite malléabilité des fidèles qu'ils avaient égarés par leur succession ininterrompue de déclarations contradictoires, de promesses fallacieuses, d' « expériences », de sondages et de statistiques, le tout couronné par les inévitables références à « Vatican II ». Mais ce concile ambigu n'avait jamais imaginé un tel bouleversement de la liturgie. » (p. 159-160)
« La soi-disant révolution post-conciliaire commence ici. Ce n'est pas nous qui l'affirmons, mais l'un des conspirateurs, Mgr Dwyer, archevêque de Birmingham, l'infatigable orateur du symposium « européen ». « La réforme liturgique est, au sens le plus profond, la clé de l'aggiornamento. N'en doutez pas, c'est le point de départ de la révolution. » (Propos tenus par Mgr Dwyer à Rome à la fin du synode de 1967 et rapportés dans La Croix du 25 octobre 1967). » (p. 160).
« Oui, la Providence a voulu que nous vivions à une époque où ces vérités pourtant si communes peuvent être perverties. Mais existe-t-il un seul bien spirituel que le Père du Mensonge n'ait pas sans cesse cherché à détourner ? Devons-nous nous laisser prendre à ce piège ? Devons-nous transiger avec la vérité pour obéir à une autorité qui ne conserve son pouvoir de commander que si elle-même, au départ, obéit à la Foi ? » (p. 161)
« En temps normal, l'esprit d'enfance reçu au baptême conduit le catholique à se soumettre aveuglément à ses responsables. Ce faisant, il suit la doctrine de saint Paul : "Obéissez à ceux qui vous conduisent, et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte" (Heb 13,17). Certes, en temps normal ! Mais qu'en est-il d'une époque où celui qui est censé être le roc visible de l'Église se contente de verser des larmes sur ce qu'il appelle son « autorisation » ? D'une époque où l'on voit des prélats dormir au lieu de veiller, suivre le troupeau au lieu de le précéder et abandonner les brebis au lieu de donner leur vie pour les défendre ? » (p. 161).