Ce n'est pas une justification a posteriori et vous savez...
Le Forum Catholique
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lumineux - 2026-05-31 08:51:24
Ce n'est pas une justification a posteriori et vous savez...
Vous avez raison de souligner que la moralité d'un acte ne se juge pas uniquement à ses effets. Le conséquentialisme est une erreur morale condamnée : la moralité d'un acte dépend de son objet, de sa fin et de ses circonstances.
Cependant, il faut distinguer les effets constatés après coup des conséquences raisonnablement prévisibles au moment où la décision est prise. Or les effets négatifs de l'absence de sacres apparaissaient, à vue humaine, comme largement prévisibles : extinction de la FSSPX, impossibilité de créer la FSSP, plus grande facilité pour les autorités romaines d'en finir avec la Tradition, voire mise en œuvre de mesures encore plus restrictives à l'égard de la liturgie traditionnelle.
Une vision trop humaine ? Non, simplement l'exercice de la prudence. Dieu a toujours suscité des instruments pour maintenir la foi et préserver son Église dans les périodes de crise.
Dieu agit ordinairement par des causes secondes. On peut citer sainte Jeanne d'Arc, saint Pie X, mais aussi les exemples que vous avez mentionnés. Comme l'enseigne saint Thomas d'Aquin, « Dieu pourvoit à tout, mais il le fait par le moyen des créatures ». Dès lors, croire que Dieu maintiendra la foi sans que les hommes posent les actes nécessaires pour protéger le dépôt sacré risquerait de relever d'une forme de quiétisme ou de présomption.
La prudence exige précisément de prendre en compte les circonstances concrètes et les conséquences prévisibles des décisions. Si l'extinction de la Tradition et du sacerdoce traditionnel apparaissait comme une conséquence probable, il pouvait alors sembler conforme à ce devoir de prudence de prendre les mesures jugées nécessaires pour en assurer la pérennité.
Autrement dit, l'argument n'est pas que les sacres étaient moralement justifiés parce qu'ils ont produit de bons effets, mais que la préservation de la Tradition et du sacerdoce apparaissait, au moment de la décision, comme un bien grave à protéger face à un risque sérieux et prévisible. La question morale porte donc sur l'appréciation prudentielle des circonstances telles qu'elles se présentaient alors, et non sur la seule constatation des résultats obtenus par la suite.
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