Le Forum Catholique
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( 999604 )
Magnifica humanitas par Réginald (2026-05-25 11:56:25)
"La magnifique humanité créée par Dieu se trouve aujourd’hui face à un choix décisif : ériger une nouvelle tour de Babel ou bâtir la cité où Dieu et l’humanité habitent ensemble." (§ 1)
En effet " Saint Augustin décrit l’histoire humaine comme le théâtre d’une lutte entre deux amours, qui ont construit deux façons d’habiter le monde et de vivre ensemble, deux “cités” : d’un côté, l’amour de Dieu et du prochain ; de l’autre, l’amour uniquement de soi. « Deux amours ont fait deux cités : l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, la cité terrestre, l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi, la cité céleste ». Comme dans toute l’histoire humaine, aujourd’hui encore ces deux amours se disputent la suprématie dans notre cœur. L’ère de l’IA n’échappe pas à cette règle : la construction de Babel ou celle de Jérusalem commence en chacun de nous." (§ 130)
La suite
ici

( 999643 )
et pour les 20.000 pélerins de Chartres par Bénigne (2026-05-25 20:01:06)
[en réponse à 999604]
... pas un mot cette année?

( 999651 )
résumé par Attente ac devote (2026-05-26 10:00:33)
[en réponse à 999604]
Bonjour,
Vous chercherez en vain dans ce long texte les termes « péché originel », « grâce sanctifiante », ou « Rédemption ».
Par contre vous verrez comment la « Magnifique Humanité » créée par Dieu (avant ou après la Chute ?) peut cheminer vers un « développement humain intégral » (n°50) appuyés sur la « valeur suprême des droits de l’homme » (n° 54 à 58), par le biais de la maîtrise des outils comme l’IA (c’est le sujet du texte quand même).
Bonne lecture.

( 999652 )
Visiblement, par Réginald (2026-05-26 10:16:44)
[en réponse à 999651]
certains lisent les encycliques comme un logiciel de détection de mots-clé. C’est pratique : cela permet de justifier une position ecclésiale déjà fixée d’avance et surtout d’éviter de réfléchir au fond du texte.
P.S. : dans le passage sur les droits de l’homme figure notamment le droit à la vie, avec une réitération explicite de la condamnation de l’avortement et de l’euthanasie jugés gravement illicites. (§ 55)

( 999654 )
droits de l'homme ou droits divins ? par jejomau (2026-05-26 10:37:18)
[en réponse à 999652]
Parceque les tenants des "Droits de l'homme" arguent de ceux-ci pour justifier l'euthanasie et l'avortement
Je ne comprends donc pas que Léon XIV ne se référe pas aux Droits de Dieu pour justifier les droits a la vie de la conception humaine jusqu'à sa mort
Pourquoi dénier à Dieu ses prérogatives ? Pourquoi le gommer comme si on avait honte de parler de lui ?

( 999656 )
[réponse] par Réginald (2026-05-26 10:47:09)
[en réponse à 999654]
Dès 1941, Pie XII rappelait Pour le 50e anniversaire de « Rerum novarum » : « Sauvegarder le domaine intangible des droits de la personne humaine et lui faciliter l’accomplissement de ses devoirs doit être le rôle essentiel de tout pouvoir public. »
Le Magistère, y compris sous Léon XIV, ne « gomme » donc pas Dieu : il rappelle aux autorités civiles que leur premier devoir est de protéger la créature humaine. Mais peut-être Pie XII était-il déjà “moderniste”…

( 999660 )
Le problème… par Signo (2026-05-26 13:08:02)
[en réponse à 999656]
… n’est pas dans la promotion des droits humains, ce qui peut se défendre du point de vue de l’anthropologie chrétienne, le problème est de les considérer comme la valeur « suprême ».
Dans la perspective chrétienne, ce qui est suprême c’est Dieu, qui en créant l’homme à son image lui confère une dignité suréminente qui s’accomplit pleinement dans la déification par la grâce.
Dans la perspective de l’humanisme maçonnique, c’est bien l’homme en lui-même et détaché de toute origine et de toute vocation divine qui est la valeur suprême.
Il est fortement regrettable que au moins certaines expressions du magistère post conciliaire donnent l’impression de relever davantage de la seconde conception que de la première.

( 999661 )
Léon XIV évite cet écueil par Bibracte (2026-05-26 13:50:21)
[en réponse à 999660]
...me semble-t-il, dès les premiers mots de son encyclique :
«La magnifique humanité créée par Dieu...»
Et au fil du texte :
« C’est précisément cette imbrication d’institutions justes, de témoignages crédibles et de fidélités quotidiennes qui entretient l’espérance et indique une direction : faire progresser la technique sans faire régresser le cœur. C’est pourquoi l’humanité – magnifique et blessée – ne doit être ni remplacée ni dépassée : elle peut accueillir les progrès de la technique pour soulager les souffrances et ouvrir de nouvelles possibilités, à condition de ne pas renier ce qui fait d’elle ce qu’elle est, c’est-à-dire la capacité de relation et d’amour. À ce stade, une question décisive s’impose : s’il existe un authentique “plus qu’humain”, où se trouve-t-il ? La foi chrétienne y répond en indiquant un accomplissement qui ne découle pas d’une divinisation technologique, mais de l’opération de la grâce de Dieu reçue dans le Christ.
Le véritable “plus qu’humain” : grâce et humanisme chrétien
L’expression “plus qu’humain” n’appartient pas seulement au langage des promesses techniques. Depuis des siècles, la tradition chrétienne affirme que l’être humain n’est pas enfermé dans les limites de sa propre nature, mais qu’il est appelé à se transcender : non pas pour fuir la réalité ou par mépris des limites, mais pour s’épanouir dans l’amour. La foi connaît un “au-delà” qui naît du don de Dieu. Cette transformation est l’œuvre de l’Esprit Saint. Comme l’enseignait saint Thomas d’Aquin, ce processus d’élévation et de transformation « dépasse les facultés naturelles », car il existe une distance infinie entre notre nature et la vie de Dieu. Cependant, il est possible de nous insérer au sein de cette vie inépuisable, tandis que nous marchons dans les limites de ce monde. Et celui qui rend ce chemin possible ne peut être que l’Infini qui se donne : c’est Dieu lui-même qui surmonte la disproportion “infinie”. C’est ainsi qu’a lieu la re-création de l’humain : « Si donc quelqu’un est dans le Christ, c’est une création nouvelle : l’être ancien a disparu, un être nouveau est là » ( 2 Co 5, 17).»
Magnifica Humanitas, §126-127.
On est loin de "l’homme en lui-même et détaché de toute origine et de toute vocation divine".

( 999663 )
Justement sur ce point par Meneau (2026-05-26 13:55:03)
[en réponse à 999660]
je trouvais cette encyclique meilleure. Les droits humains sont replacés dans une perspective christologique, et sous le regard du Magnificat.
Par ailleurs, le pape met le doigt sur le danger majeur et le définit bien : réduire l'humain à sa signature numérique, ses faiblesses à des statistiques.
En général c'est assez bien vu sur les dangers de l'IA. Quant aux remèdes proposés je crains que beaucoup ne restent des vœux pieux, mais c'est une autre histoire
Cordialement
Meneau

( 999664 )
il me semble surtout par jejomau (2026-05-26 14:22:24)
[en réponse à 999663]
en découvrant l'intéressant passage proposé ci-dessus que l'attaque du Saint-Père porte non sur l'IA mais sur le transhumanisme, c-à-d ici plus précisément tout ce que l'IA pourrait faire pour "augmenter" l'homme .
Ainsi, derrière l'IA se pose surtout la question : qui manipule celle-ci et qui l'a contrôle ?

( 999665 )
[réponse] par Meneau (2026-05-26 14:24:16)
[en réponse à 999664]
Le problème de qui est derrière et qui l'a contrôle est aussi largement évoqué dans l'encyclique
Cordialement
Meneau

( 999947 )
L'analyse de Mgr Strickland par Meneau (2026-05-29 18:51:12)
[en réponse à 999604]
Dans une lettre consacrée à l’encyclique Magnifica Humanitas du pape Léon XIV, Mgr Joseph Strickland, tout en reconnaissant plusieurs aspects positifs du texte — notamment sa critique du transhumanisme et de la technocratie — constate que l’encyclique place l’homme au centre au détriment de la primauté de Dieu, de la réalité du péché, de la Rédemption et du salut des âmes.
Chers frères et sœurs dans le Christ,
En tant que successeur des Apôtres, j’ai le devoir solennel non seulement de prêcher l’Évangile, mais aussi d’aider les fidèles à discerner les esprits de notre temps à la lumière de la vérité immuable confiée à l’Église par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Saint Paul exhortait Timothée à « prêcher la parole, intervenir à temps et à contretemps, reprendre, supplier, corriger avec une entière patience et une doctrine sûre » (2 Timothée 4, 2). Ce devoir appartient à tout évêque chargé de garder le dépôt de la foi.
C’est pourquoi je crois important d’aborder les préoccupations suscitées par la récente encyclique Magnifica Humanitas du Saint-Père Léon XIV. Certains y ont trouvé des passages éclairants et convaincants. D’autres ont éprouvé un profond malaise à sa lecture — la crainte que, sous de nombreuses affirmations vraies, le document ne reflète un déplacement théologique plus large risquant de placer l’homme au centre d’une manière qui obscurcit la primauté de Dieu.
...
La suite
ICI
Cordialement
Meneau

( 999953 )
Au fond par Réginald (2026-05-29 19:54:33)
[en réponse à 999947]
Mgr Strickland ne reproche pas à l'encyclique de taire l'Incarnation, la grâce ou l'Eucharistie puisqu'il reconnaît lui-même qu'elles y sont présentes. Il lui reproche surtout de ne pas en parler comme lui souhaiterait qu'on en parle.

( 999992 )
L'analyse de Jeanne Smits par Meneau (2026-05-30 15:43:19)
[en réponse à 999604]
qui se dit "déçue, très déçue" (ce qui ne m'étonne pas compte-tenu de ses articles très critiques sur l'IA par le passé).
A lire
ICI.
Cordiaement
Meneau

( 999999 )
Magnifica humanitas : une réflexion pour « désarmer » l’IA par Réginald (2026-05-30 19:20:49)
[en réponse à 999992]
L'éditorial de Christophe Geffroy, qui présente les principaux axes de l'encyclique et met en lumière met en lumière la dimension programmatique et la clarté conceptuelle de ce texte.
ICI