Le Forum Catholique

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images/icones/flagD.gif  ( 999526 )le président de la conférence épiscopales allemande croit-il en Dieu ? par jejomau (2026-05-22 19:41:24) 

Monseigneur Heiner Wilmer, évêque de Münster et Président actuel de la Conférence épiscopale allemande (DBK), a reçu la Sainte Communion des mains d’une femme laïque lors d’une Sainte Messe

LIEN
images/icones/flagD.gif  ( 999536 )A propos de Mgr Wilmer par Jean-Paul PARFU (2026-05-22 20:57:13) 
[en réponse à 999526]

Le Père Heiner Wilmer est le second Allemand à avoir été élu à la tête des pères du Sacré-Cœur, congrégation fondée en 1878 par un Français.

Le 6 avril 2018, le pape François le nomme évêque de Hildesheim. Il considère Eugen Drewermann comme un prophète, alors que ce dernier a quitté l'Église catholique en 2005 pour ses positions contraires à la foi chrétienne. Il a voté pour le texte de la voie synodale allemande en faveur d'une réforme de l'enseignement sexuel catholique.

Le 24 février 2026, il succède à Georg Bätzing comme président de la Conférence épiscopale allemande. Le 26 mars 2026, il est nommé évêque de Münster.
images/icones/iphone.jpg  ( 999558 )Ce n’est pas l’information la plus grave par Signo (2026-05-23 08:00:01) 
[en réponse à 999526]

Je cite l’article :

Les images montrent également qu’immédiatement après monseigneur Wilmer, Anna-Nicole Heinrich, présidente du XIIIe Synode de l’Église évangélique en Allemagne (EKD), la principale organisation protestante du pays, reçoit également la communion.



En présence du président de la conférence épiscopale et d’une grande partie de l’épiscopat allemand…

Or on sait déjà que Rome ne dira rien.

Or le dicton populaire « qui ne dit mot consent », n’est pas simplement une vérité psychologique, c’est aussi un principe juridique qui crée un précédent. Une pratique illégale tolérée de manière répétée, jamais sanctionnée, cesse au bout d’un moment d’être illégale. L’absence de sanction fait que la règle tombe en désuétude. Le laxisme crée une jurisprudence.

Donc ce à quoi nous assistons en réalité, c’est à une normalisation de l’intercommunion avec les protestants dans l’Eglise catholique, ni plus ni moins.
images/icones/bravo.gif  ( 999560 )On ne saurait mieux dire par Pétrarque (2026-05-23 08:44:27) 
[en réponse à 999558]


Donc ce à quoi nous assistons en réalité, c’est à une normalisation de l’intercommunion avec les protestants dans l’Eglise catholique, ni plus ni moins.



C'est exactement pour cela que la nouvelle messe a été fabriquée.

Ils ont le mérite d'une pleine cohérence.

Ayons-le nous aussi !
images/icones/flagD.gif  ( 999566 )Comprendre la situation allemande par Jean-Paul PARFU (2026-05-23 09:50:04) 
[en réponse à 999526]

C'est l'univers culturel qui règne en Allemagne qui explique cet état d'esprit des évêques allemands ou de la plupart d'entre eux.


1) En Allemagne :

- un couple sur deux est un couple "mixte" protestant-catholique ;

- il n'y a pas une cérémonie publique, officielle, locale ou nationale, dans cet Etat confessionnel, sans présence des autorités religieuses, catholiques et protestantes, et donc bien souvent sans cérémonies œcuméniques. Les prêtres et les évêques rencontrent ainsi continuellement leurs homologues luthériens ;

- la CDU et la CSU, les partis chrétiens-démocrates et chrétiens-sociaux, sont composés de Catholiques et de Protestants, contrairement à l'ancien "Zentrum", de la période Bismarckienne, Wilhelminienne et de la République de Weimar, qui était le parti catholique allemand.

Dès lors, le clergé catholique allemand est très influencé par cette atmosphère "floue" et a du mal à comprendre la séparation catholique-protestant qui existe dans les pays qui n'ont pas cette histoire et cette culture.

Lors de l'affaire Williamson, qui a tourné à l'hystérie politico-médiatique en Allemagne en 2009, beaucoup d'évêques allemands en ont profité pour expliquer aux médias qu'ils se sentaient plus proches de l'Eglise évangélique en Allemagne (EKD) qui est l'Eglise luthérienne allemande, des Protestants allemands donc, que de la FSSPX !


2) On peut ajouter que l'Eglise catholique allemande est une Eglise :

- très embourgeoisée ;

- entièrement sous le contrôle de clercs Vatican II,

- le statut d'Eglise officielle dans le cadre d'un Etat confessionnel favorise l'acceptation de la modernité pour le meilleur et pour le pire.

L'Eglise catholique allemande a subi différents traumatismes depuis la Réforme jusqu'à la crise actuelle, en passant par la Guerre de Trente ans, la Révolution française et l'Empire, le Kulturkampf de Bismarck, Hitler et le communisme en RDA.

Cependant, le catholicisme allemand n'a pas subi le traumatisme qui a fait d'une partie du catholicisme français un catholicisme contre-révolutionnaire de résistance.

Pourquoi ? Essentiellement parce qu'en Allemagne, la résistance à la Révolution fut une résistance patriotique, et non d'abord religieuse, résistance qui fera naître le nationalisme allemand et l'unité allemande sous la direction de la Prusse, militariste, protestante et agnostique !

Devenue une grosse Prusse, l'Allemagne est aujourd'hui une grosse suisse.

A l'Ouest, pour ceux qui continuent à fréquenter l'Eglise, la religion consiste à "militer" contre la faim dans le monde, pour le droit de ceci ou le droit de cela.

La spiritualité est comprise comme un accord avec la nature et l'acquisition de méthodes censées vous aider à bien vous sentir dans votre peau.

On est là très proche d'une sorte de catho-bouddhisme, d'où le succès extraordinaire des livres et des conférences d'un moine bénédictin nommé Anselm Grün qui, ouvrages après ouvrages, explique en gros que le Yoga et Jésus-Christ, c'est la même chose !

A l'Est, le Luthérano-prussianio-nazisme et le communisme ont tout détruit ! Les gens ne croient plus !


Conclusion :

Lorsqu'ils pensent à l'Allemagne, les catholiques français, surtout les Traditionalistes, pensent qu'il s'agit d'un pays protestant où la chrétienté a disparu depuis longtemps.

En réalité, l'Eglise catholique est (était jusqu'à peu), dans ce grand pays voisin, mais que nous considérons comme lointain, très riche et puissante, mais puissante socialement.

Dans ce pays, l'Eglise catholique bénéficie d'un statut institutionnel très avantageux. Et elle demeure, plus ou moins, l'inspiratrice de traditions locales, très vivaces, qui remontent, de manière presqu'ininterrompue, à la chrétienté médiévale et forgent l'identité de ce pays.

Mais, le danger pour ce catholicisme institutionnel, très lié à la société, qui n'a pas connu le traumatisme de la Révolution française et du laïcisme agressif, et qui n'est donc pas vacciné contre eux, c'est qu'il épouse trop les modes idéologiques et les politiques du pays où il se situe et est très influencé par le Protestantisme avec lequel il cohabite, luthérien surtout, (calviniste en Suisse). Dans ce contexte, Vatican II a, bien entendu, été déterminant pour lui donner son visage actuel.

A l'instar du Protestantisme, le discours de l'Eglise catholique, dans ce pays, se limite désormais à défendre des causes sociétales et à des considérations sur l'écologie, les migrants, et, de manière générale, à reprendre à son compte la moraline "politiquement correcte" de nos sociétés occidentales et à la présenter comme "évangélique".
 ( 999569 )Excellente synthèse par Roger (2026-05-23 10:31:40) 
[en réponse à 999566]

Je propose d’ajouter à votre exposé simplement deux éléments
- le protestantisme attache une grande importance à la soumission des fidèles au gouvernement (royal, impérial, nazi ou démocratique… ça change mais la résistance est très rare et mal vue) et les catholiques suivent avec un temps de retard
- il y a bien eu un gros traumatisme en Allemagne : c’est la défaite et le déshonneur en 1945 qui conduit la totalité des institutions à s’exprimer constamment en faveur des valeurs progressistes (ce fut longtemps différent en Autriche et en Bavière où les traditions culturelles sont ou étaient vus comme anti nazi)

Regardez le pèlerinage de Chartres : les Autrichiens marchent en ordre et en costume folklorique quand les Allemands ressemblent aux Américains
images/icones/1n.gif  ( 999571 )en France par jejomau (2026-05-23 10:38:53) 
[en réponse à 999566]

Qu'est-ce que ça va être quand on aura une majorité de couples catho-islamiques..?

J'imagine déjà
images/icones/bravo.gif  ( 999576 )en gros d'accord avec quelques ajouts par Luc Perrin (2026-05-23 13:02:12) 
[en réponse à 999566]

- la RFA a été et reste malgré l'AfD montante (et le BSW à "gauche") le coeur de l'euro-mondialisme : A. Merkel vient d'être décorée d'un ordre du mérite européen, Scholz-Baerbock and maintenant BlackRock Merz sont mentalement ancrés dans l'européisme atlantiste.

L'UE est un habillage de la domination germanique et celle-ci est vassale docile de l'empire américain. Ursula von der Leyen était au départ destinée à succéder à Mme Merkel qui ne l'aimait pas mais un scandale (déjà) l'avait écartée.

Le libéralisme à visage totalitaire qui progresse partout en Europe, GB comprise, est très lié à l'Allemagne.

Roger a relevé le côté américanisé - version Obama-Hillary Clinton-Biden - de la société allemande en général.

- l'embourgeoisement souligné par Me Parfu pour les clergés catholiques et protestants est poussé à l'extrême et on peut assimiler cela à la profonde décadence de l'anglicanisme-épiscopalisme. A cet égard, les engagements purement sociétaux découplés de toute annonce évangélique qu'on retrouve partout en Allemagne et à Rome trop souvent, en Suisse et Autriche etc. sont la manifestation pratique de cette adhésion au libéralisme de plus en plus totalitaire.

- le bergoglianisme - excepté la politique de relations internationales du Saint-Siège en délicatesse avec l'empire américain et son sionisme militant (la RFA reste hors AfD en partie alignée sur cela) - est allé à la rencontre des désirs de cette Église oecuméniste, interreligieuse, qui n'a plus de chrétien que les formes extérieures - y compris le col romain et une paramentique riche en Germanie l'habit ne fait pas forcément le moine -, sans plus guère de sève évangélique-biblique (cela vaut pour l'EKD autant).
On a vu le rôle du cardinal Kasper, un inspirateur de François comme le nouveau pape l'avait proclamé dès les premiers instants. Le Chemin synodal germanique est le laboratoire du "synodalisme" bergoglien et avec un peu de retenue prevostien.

- le poids de la théologie allemande avant Vatican II, pendant le Concile et après a été et reste considérable, autant que l'apport financier - avec les USA - pour le Saint-Siège et plusieurs ONG catholiques. On se souvient des Rahner sj. Aujourd'hui le théologien néo-jésuite germano-français, Christophe Theobald, exprime bien l'herméneutique profondément "en rupture" qui a triomphé depuis 2013 en cour de Rome. On peut le lire en français d'où l'intérêt de celui qui fait couler les eaux du Rhin dans la Seine.

Or ce catholicisme germanique - RFA, Autriche, Suisse - est en décomposition par vieillissement comme le nouveau Reich de M. Merz. Sa sénilité va-t-elle se communiquer à la catholicité entière, c'est un enjeu majeur.
A cet égard le Tradiland en général représente un pôle de résistance détesté par le synodalisme néo-libéral germanique et on le voit la tentation de faire disparaître les "gêneurs" qui continuent à proclamer l'Évangile, à garder la liturgie traditionnelle, à promouvoir la morale biblique en usant de la "force" (relative pour le Saint-Siège) prédomine. De T.C. aux monitions du cardinal Fernandez de 2026, au discours néo-liturgique d'Arthur cardinal Roche, c'est un même esprit.
 ( 999578 )Un point sur les années 45-70 par Roger (2026-05-23 13:59:43) 
[en réponse à 999576]

Une idée supplémentaire

Jusqu’aux années 1970, il était généralement admis que les forces sociales conservatrices (Eglise catholique, noblesse voire le corps des officiers) n’avaient pas succombé aux sirènes du régime hitlerien - le cardinal von Galen ou le chancelier Adenauer étant les figures symboliques de cette opposition au IIIe Reich.

L’état d’esprit a changé à partir des années 68 sous l’influence des milieux gauchistes (sans doute appuyés par la RDA) qui ont poussé l’idée que les classes conservatrices étaient en fait liées au régime hitlerien .
images/icones/heho.gif  ( 999577 )tu m'étonnes ! par jejomau (2026-05-23 13:53:00) 
[en réponse à 999526]

Seul 28% des Allemands croient qu'il est le Fils de Dieu !!!
images/icones/carnet.gif  ( 999586 )Qui paie le plus pour l Europe par Germanicus (2026-05-24 16:54:59) 
[en réponse à 999577]

Les????...Allemands.

Qui reçoit le plus?les pays du sud et de l est.
Le ras le bol monte.. relativement brutal et bien freiné politiquement par les Europeistes de l ouest.

Religieusement ,c est une catastrophe.

Le nazisme a pénétré toutes les classes de la société.
Il ne faut pas l.oublier et penser que seule les ouvriers auraient voté pour.

La denazification a été un lavage de cerveau sur toutes les vaymoeales classique.Le nazisme ne fut que le prétexte.

L Histoire ne se refait pas.