Traduction d’un article d’Angeline Tan paru le 14 mai 2026 sur le site
The Remnant sous le titre : «
SSPX to Pope Leo XIV: “We Would Rather Die Than Renounce the Faith” »
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En réponse à l’avertissement du cardinal Víctor Manuel Fernández selon lequel les consécrations épiscopales prévues par la FSSPX le 1er juillet pourraient constituer un « acte schismatique », le supérieur général de la FSSPX, Don Davide Pagliarani, a publié une déclaration de foi catholique d’une grande portée, adressée directement au pape Léon XIV. Loin d’annoncer une rupture avec Rome, la FSSPX insiste sur le fait que sa mission est de préserver la messe traditionnelle, les sacrements, et la foi catholique pérenne face à ce qu’elle considère comme une crise profonde au sein de l’Église.
À la suite de la déclaration du cardinal Victor Manuel Fernández, le 13 mai, selon laquelle les consécrations épiscopales à venir par la FSSPX sans mandat papal constitueraient un acte schismatique et que l’adhésion formelle au schisme constitue une grave offense envers Dieu, la FSSPX a répondu par une déclaration publique réaffirmant son engagement et sa fidélité inébranlables à la foi catholique.
Cette profession de foi, rédigée par le supérieur général de la FSSPX, Don Davide Pagliarani, et intitulée
Déclaration de foi catholique adressée au pape Léon XIV-1-, réaffirme avec force et sans équivoque l’engagement de la fraternité sacerdotale à préserver et transmettre la doctrine catholique traditionnelle afin d’accomplir la mission de l’Église catholique : le salut des âmes.
S'adressant au Saint-Père, Don Pagliarani a exprimé la longue tradition de dévotion filiale de la FSSPX envers l'Église catholique. Un extrait de cette Déclaration se lit comme suit :
« Par le texte qui suit, la Fraternité Saint-Pie X est heureuse de Vous exprimer filialement et sincèrement, dans les circonstances présentes, son attachement à la foi catholique, sans rien cacher, ni à Votre Sainteté, ni à l’Église universelle. La Fraternité remet cette simple Déclaration de Foi entre Vos mains. Elle nous paraît correspondre au minimum indispensable pour pouvoir être en communion avec l’Église, nous dire véritablement catholiques et, par conséquent, Vos fils. Nous n’avons pas d’autre désir que celui de vivre et d’être confirmés dans la foi catholique romaine.
Fondant l’ensemble du texte sur l’enseignement catholique pérenne, la Déclaration fait référence aux vérités fondamentales et immuables du
Credo en proclamant tout d’abord Notre Seigneur Jésus-Christ seul comme « l’unique Rédempteur et Sauveur du monde par l’Incarnation et l’offrande volontaire du sacrifice de la Croix ».
Ensuite, la Déclaration réaffirme le rôle unique de la Vierge Marie dans le plan de salut de Dieu, déclarant que « par un décret divin, la très sainte Vierge Marie a été associée directement et intimement à toute l’œuvre de la Rédemption ».
Promulguant l’enseignement constant de l’Église, répété par les conciles et le Magistère au fil des siècles, la Déclaration affirmait en outre qu’« il n’existe qu’une seule foi et une seule Église par lesquelles nous puissions être sauvés », précisant qu’« hors de l’Église catholique romaine, et sans la profession de foi qu’elle a toujours enseignée, il n’y a ni salut ni rémission des péchés ».
Réaffirmant que l’Église catholique romaine incarne de manière unique les quatre marques distinctives de la véritable Église fondée par Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, à savoir « l’Unité, la Sainteté, la Catholicité et l’Apostolicité », par sa préservation et son enseignement constants de la vraie foi, la Déclaration stipule que la pleine unité est conditionnée par la fidélité et l’adhésion à toutes les doctrines catholiques, car le rejet d’un seul élément de la foi rompt la communion avec l’Église.
De façon frappante, la Déclaration affirme (dans un style rappelant les déclarations solennelles de doctrine publiées par de nombreux papes d'avant Vatican II, comme saint Pie X) :
« La négation d’une seule vérité de foi détruit la foi elle-même et rend radicalement impossible toute communion avec l’Église catholique. L’unique voie possible pour rétablir l’unité entre des chrétiens de confessions différentes consiste dans l’appel pressant et charitable adressé aux non-catholiques à professer l’unique vraie foi au sein de l’unique vraie Église. En aucune manière l’Église catholique ne peut être considérée ou traitée sur un pied d’égalité avec un faux culte ou une fausse Église. »
En particulier, Don Pagliarani souligne également dans la Déclaration que, bien que le Pape, en tant que Vicaire du Christ, détienne l'autorité suprême sur l'Église universelle et soit la seule source de juridiction pour sa hiérarchie, cette autorité ne s'étend pas à l'introduction de doctrines nouvelles contraires à celle de l'Église catholique, mais vise plutôt à préserver et à interpréter fidèlement les enseignements de l'Église transmis depuis l'époque des Apôtres.
« Le Saint Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître, sous sa révélation, une doctrine nouvelle, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi », a déclaré Don Pagliarani, faisant allusion à Pastor Aeternus-2-, la Constitution dogmatique du Concile Vatican I relative au ministère pontifical.
De plus, la Déclaration renforce la conception catholique de la Sainte Messe comme le renouvellement continu et non sanglant du sacrifice du Christ sur la Croix. Il s’ensuit que la Sainte Messe est essentielle au culte catholique authentique et à la sanctification des âmes.
Face à cette vérité immuable, la Déclaration réfute les interprétations protestantes qui réduisent la messe catholique à une commémoration symbolique, un repas communautaire ou une assemblée, affirmant au contraire que son essence même inclut le sacrifice, l’expiation des péchés (propitiation) et l’accomplissement de la justice divine.
De toute évidence, la Déclaration de Don Pagliarani et ses communiqués antérieurs (particulièrement ces derniers mois) ont clairement démontré que la FSSPX, de concert avec d’autres prélats et laïcs catholiques fidèles, est confrontée à une grave crise de foi et de morale qui affecte aujourd’hui l’Église catholique et le monde.
Selon la direction de la FSSPX, les voies de dialogue habituelles avec les autorités vaticanes n’ont pas abouti en raison de divergences doctrinales quant à leur interprétation du concile Vatican II.
Parallèlement, des critiques, parmi lesquels des membres respectés du clergé (comme les cardinaux Robert Sarah et Gerhard Ludwig Müller), s’opposent à la décision de la FSSPX de consacrer des évêques sans mandat papal.
« Plutôt mourir que de renoncer » — le vœu solennel de la FSSPX pour préserver la Foi et les Sacrements
Don Pagliarani présente la demande d'évêques de la FSSPX non comme un acte d'ambition ou un désir de créer une « Église parallèle », mais comme une nécessité pastorale. La FSSPX affirme qu'un plus grand nombre d'évêques est nécessaire pour garantir la validité du ministère sacramentel et la succession apostolique aux fidèles catholiques attachés à la messe traditionnelle en latin, aux rites traditionnels (dans les sacrements) et à l'enseignement catholique pérenne. En d'autres termes, du point de vue de la FSSPX, les consécrations épiscopales prévues le 1er juillet prochain seraient un moyen de préserver les formes traditionnelles des sacrements et de transmettre l'enseignement catholique authentique, plutôt que de commettre un acte de rébellion délibéré qui constituerait en soi un schisme. Pour les fidèles catholiques troublés par les titres alarmistes laissant entendre que la FSSPX créerait sa « petite église » ou une Église parallèle, la déclaration de la FSSPX explicite que sa motivation est la transmission fidèle de la vérité catholique, et non la création d'une Église rivale ou une opposition au Pape.
La FSSPX qualifie notamment toute menace de sanctions canoniques de la part du Vatican concernant les consécrations prévues le 1er juillet d'abus flagrant du droit canonique, en particulier à une époque où les certitudes doctrinales et morales sont plus que jamais en jeu au sein de l'Église et dans le monde. La FSSPX a toujours soutenu (et notamment dans sa Déclaration du 14 mai) que le droit canonique ne doit pas devenir un instrument de restriction de la fidélité doctrinale, à un moment où l'accès des fidèles aux sacrements traditionnels et à la tradition liturgique ininterrompue est limité, voire compromis (rappelons-nous les confinements liés à la COVID-19 et la fermeture des églises diocésaines : de nombreuses églises à travers le monde, à l'exception des chapelles et prieurés de la FSSPX, sont restées fermées).
Pour les catholiques fidèles qui chérissent la messe traditionnelle et l'enseignement moral de l'Église, la Déclaration de la FSSPX est un appel vibrant à chérir les sacrements, à sauvegarder la vraie foi et à œuvrer avant tout pour le salut des âmes. En effet, la Vérité catholique et la vie sacramentelle sont ordonnées au salut de chaque âme, c’est-à-dire à la vie éternelle auprès de Dieu. Dans la Déclaration du 14 mai, la FSSPX affirme que ses prêtres « préféreraient mourir plutôt que de renoncer » à ces principes, employant un langage solennel qui souligne la gravité morale et spirituelle de la situation.
Pourtant, malgré ce ton inflexible, la Déclaration s’adresse au Pape avec piété filiale, plaçant la FSSPX en position de solliciteuse. Elle implore l’instruction et la confirmation de la foi auprès des plus hautes instances de l’Église, plutôt que de rompre définitivement avec la hiérarchie ecclésiastique.
« Non pas une rébellion, mais une fidélité » : la FSSPX insiste sur le fait que les consécrations du 1er juillet sont une nécessité pastorale, et non une église parallèle.
Une telle position laisse entrevoir une marge de réconciliation, certes réduite mais significative, car la fidélité à la doctrine catholique n'exclut pas définitivement une réunification canonique avec Rome si le Pape propose une solution faisant autorité pour répondre aux préoccupations doctrinales et pastorales soulevées par la FSSPX au fil des ans.
Certes, la crise sous-jacente au différend entre le Vatican et la FSSPX n'est pas seulement politique, mais aussi spirituelle, surtout lorsque les autorités vaticanes semblent faire, ces dernières années, des compromis avec des principes essentiels de la foi catholique. Par conséquent, la Déclaration du 14 mai de la FSSPX, lue et interprétée selon les intentions de son auteur, invite les catholiques fidèles à soutenir et à prier pour des prêtres catholiques saints et bien formés qui souhaitent administrer les sacrements et célébrer le Saint Sacrifice de la Messe.
Les catholiques fidèles qui croient véritablement, comme l'affirme la Déclaration, qu'il y a « une seule Foi et une seule Église » et que la Messe est le véritable Sacrifice qui sauve les âmes, adopteraient à tout le moins une attitude compréhensive envers ceux qui, attachés à la messe traditionnelle, considèrent les consécrations épiscopales imminentes de la FSSPX comme un effort difficile, mais consciencieux, pour préserver l'ancienne et vénérable Foi catholique.
Marie, Mère de l'Église, priez pour nous.