Le Forum Catholique
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( 999134 )
Sacres : dialogue rompu entre la FSSPX et Rome ? par Ptitlu (2026-05-14 15:00:35)
En réponse à la déclaration du cardinal Fernandez qualifiant de « schismatiques » les sacres prévus par la FSSPX le 1er juillet prochain et faisant encourir l’excommunication pour toute participation active, la FSSPX déclare sa Foi catholique au Pape Léon XIV dans un communiqué publié ce Jeudi de l’Ascension.
Cette déclaration est aussi un véritable réquisitoire contre les errements du modernisme, et notamment des textes romains récents – notamment du même cardinal Fernandez – qui semblent faire valider par l’Eglise le lobby LGBT ou la lutte contre la Tradition et la bioéthique catholiques.
(Riposte Catholique)
Déclaration de la FSSPX :
Clic
Je cite :
Depuis plus de cinquante ans, la Fraternité Saint-Pie X s’efforce d’exposer au Saint-Siège son cas de conscience face aux erreurs qui détruisent la foi et la morale catholiques. Malheureusement, toutes les discussions engagées sont demeurées sans résultat, et toutes les préoccupations exprimées n’ont reçu aucune réponse véritablement satisfaisante.
Depuis plus de cinquante ans, la seule solution réellement envisagée par le Saint-Siège semble être celle des sanctions canoniques. À notre grand regret, il nous semble que le droit canonique soit donc utilisé non pour confirmer dans la foi, mais pour en éloigner.
Par le texte qui suit, la Fraternité Saint-Pie X est heureuse de Vous exprimer filialement et sincèrement, dans les circonstances présentes, son attachement à la foi catholique, sans rien cacher, ni à Votre Sainteté, ni à l’Église universelle.
La Fraternité remet cette simple Déclaration de Foi entre Vos mains. Elle nous paraît correspondre au minimum indispensable pour pouvoir être en communion avec l’Église, nous dire véritablement catholiques et, par conséquent, Vos fils.
Dédicace au cardinal Fernandez et à Fiducia Supplicans vers la fin de la déclaration de Foi
Le péché impur contre-nature est d’une telle gravité qu’il crie toujours et en toute circonstance vengeance devant Dieu, et qu’il est radicalement incompatible avec toute forme d’amour authentique et chrétien. Dès lors, un tel « mode de vie » ne peut en aucune manière être reconnu comme un don de Dieu. Un couple pratiquant ce vice doit être aidé à s’en libérer, et ne peut en aucune manière être béni — formellement ou informellement — par les ministres de l’Église.
La soumission des institutions et des nations en tant que telles à l’autorité de Notre Seigneur Jésus-Christ découle directement de l’Incarnation et de la Rédemption. Dès lors, la laïcité des institutions et des nations constitue une négation implicite de la divinité et de la royauté universelle de Notre-Seigneur.
La chrétienté n’est pas un simple phénomène historique, mais le seul ordre voulu par Dieu entre les hommes.
Ce n’est pas à l’Église de se conformer au monde, mais au monde d’être transformé par l’Église.

( 999135 )
Très belle déclaration de la FSSPX ! par Jean-Paul PARFU (2026-05-14 15:14:56)
[en réponse à 999134]
Tout est dit et bien dit !

( 999137 )
Je ne sais si le dialogue est rompu... par Pétrarque (2026-05-14 15:42:55)
[en réponse à 999134]
...mais il paraît certain qu'une telle déclaration ne puisse faire l'objet d'aucune condamnation.
Elle n'est ni un défi, ni une atteinte à l'unité de l'Église, ni encore moins une offense au Saint Père.
Catholique en tous points, elle constitue de manière éclatante la réponse la plus adaptée qui soit aux accusations de schisme répétées ad nauseam à l'encontre de la FSSPX depuis l'annonce des sacres.
On mesure d'ailleurs, en lisant cette déclaration, combien la situation est infiniment plus grave qu'en 1988.
Prions pour que la réponse de Rome se situe à la même hauteur.
Que la volonté de Dieu soit faite.

( 999144 )
Absolument par Capucin (2026-05-14 19:30:39)
[en réponse à 999137]
C’est une profession de foi éclatante et et qui n’est en aucun point condamnable.
Bien au contraire. On aimerait que tant d’autres voix professent ouvertement cette même foi infaillible, hormis les quelques rares voix dans le désert.
Puisse le Saint-Père se saisir personnellement de cette question qui est dramatiquement dédaignée à Rome.

( 999147 )
Cette profession de foi est étonnamment polémiste par Jerailu (2026-05-14 20:19:27)
[en réponse à 999134]
je m'attendais à plus de politique et de mièvrerie que cela mais c'est très bien. Les seuls griefs que je ne fais pas ici miens sont ceux de la juridiction et les craintes sur la Vierge Marie, mais même là le texte est orthodoxe.
In Christo,
Jerailu.

( 999156 )
? Polémique ? Je pense que vous voulez dire par Luc Perrin (2026-05-14 22:55:28)
[en réponse à 999147]
l'inverse : irénique dans l'expression pas sur le fond bien sûr.
Je ne vois pas une recherche de polémiques, disputes âpres ici.
Il me semble aussi que depuis son élection en 2018, l'abbé Pagliarani évite le ton agressif et inutilement polémique.

( 999150 )
Une profession de foi ou un texte de démarcation ? par Réginald (2026-05-14 21:09:41)
[en réponse à 999134]
Réaction à chaud. Cette déclaration me donne l’impression d’une profession de foi rédigée moins comme une exposition sereine de la foi catholique que comme un texte de démarcation. Le problème n’est pas tant ce qu’elle affirme — une grande partie du contenu est parfaitement catholique — que certaines formulations qui semblent simplifier des questions sur lesquelles le magistère a apporté des distinctions importantes.
Deux exemples me frappent :
« Il n’existe qu’une seule foi et une seule Église par lesquelles nous puissions être sauvés. Hors de l’Église catholique romaine, et sans la profession de la foi qu’elle a toujours enseignée, il n’y a ni salut ni rémission des péchés. Par conséquent, tout homme doit être membre de l’Église catholique pour sauver son âme, et il n’existe qu’un seul baptême comme moyen d’y être incorporé.»
L’adage « Hors de l’Église point de salut » est évidemment catholique. Mais pourquoi les précisions apportées par le magistère sur l’appartenance in voto ou l’ignorance invincible sont-elles absentes ? En voulant exclure tout risque de relativisme œcuménique, cette formulation donne l’impression de revenir à une compréhension très restrictive que Pie XII avait précisément cherché à clarifier dans sa lettre à l’archevêque de Boston.
Et encore :
« La chrétienté n’est pas un simple phénomène historique, mais le seul ordre voulu par Dieu entre les hommes. »
Ici aussi une distinction semble disparaître : Dieu veut-il une fin , l’ordination des sociétés au Christ, ou une forme historique particulière ? Car identifier directement une configuration historique avec la volonté divine est une affirmation qui est loin d’aller de soi.
Une formulation du type :
« Les sociétés humaines sont appelées à reconnaître la royauté du Christ et à s’ordonner selon la loi morale naturelle et évangélique »
eût été plus heureuse.
Une profession de foi est censée clarifier la foi ; ici certaines formulations donnent plutôt l’impression d’une logique de démarcation où les distinctions théologiques deviennent secondaires. Une formulation plus forte n’est pas nécessairement une formulation plus exaxte : l’intensité d’une affirmation ne remplace pas la justesse de la précision.

( 999157 )
Oui démarcation est un terme adéquat par Luc Perrin (2026-05-14 23:09:41)
[en réponse à 999150]
Je tique sur l'exigence d'appartenance absolument via le baptême pour le salut. La Tradition et le Magistère ont reconnu la possibilité d'avoir des justes hors baptême... l'ignorance invincible etc. La thèse du Père Feeney a été rejetée par Pie XII.
La reprise de la Thèse en minorant l'hypothèse pour parler comme au XIXe siècle et Mgr Dupanloup ne me surprend pas, ce n'est pas en soi un problème.

( 999151 )
Peu de reproches à faire à cette déclaration par Candidus (2026-05-14 21:20:31)
[en réponse à 999134]
Néanmoins, je regrette que le passage sur la nécessité de l'appartenance à l'Eglise ne mentionne pas qu'il existe un type d'appartenance implicite à celle-ci. Le préciser aurait coupé l'herbe sous le pied de ceux qui vont s'empresser d'utiliser cette omission pour jeter le bébé avec l'eau du bain.
Je regrette aussi le contre-sens si souvent dénoncé, sur le passage extrait du chapitre 4 de Pastor Aeternus : cela a été dit et redit ad nauseam, interpréter ce passage comme une limitation des pouvoirs du pape est un contre-sens absolu. Ce passage ne nous dit pas ce qu'il est défendu au pape de faire, mais décrit ce que le pape fait nécessairement dans l'exercice de son magistère suprême ; ni plus ni moins. Cela a été souligné maintes fois par les sédévacantistes qui sur ce point ont parfaitement raison.

( 999158 )
On ne les condamne pas pour ça par Aliocha (2026-05-15 05:49:32)
[en réponse à 999151]
mais parce qu’ils consacrent des évêques sans mandat du pape. Il y a un et même plusieurs maillons manquants dans le raisonnement (depuis 50ans on nous condamne alors que nous sommes catholiques) pour que le missile qu’il veut être, et qu’il pourrait être, touche sa cible.

( 999162 )
Les pouvoirs du Pape sont illimités ? par Jean-Paul PARFU (2026-05-15 09:35:54)
[en réponse à 999151]
Cher Candidus, je crois que vous vous égarez, de surcroît en donnant raison aux Sédévacantistes sur ce point.
Le point numéro 4 de "Pastor Aeternus" (concile Vatican 1, 1870), c'est, je vous le rappelle, la proclamation du dogme de l'infaillibilité pontificale.
En réalité, je vous le rappelle aussi, c'est même le dogme de l'infaillibilité de l'Eglise, car c'est l'énumération des conditions qui permettent au Pape d'être la voix de l'Eglise infaillible lorsqu'il proclame un dogme.
Or, ce texte pose des conditions limitatives et cumulatives.
La constitution "Pastor Aeternus", dans son chapitre 4, définit, en effet, l'infaillibilité pontificale comme suit :
1) "Le Pontife romain,
2) lorsqu'il parle ex cathedra, (c'est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens),
3) il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique,
4) qu'une doctrine, sur la foi ou les mœurs, doit être tenue par toute l'Église,
jouit, par l'assistance divine à lui promise en la personne de saint Pierre, de cette infaillibilité ...".
Encore une fois :
Les Sédévacantistes auxquels vous vous ralliez sur ce point confondent à dessein le Magistère extraordinaire (celui défini par "Pastor Aeternus" donc), avec le Magistère Ordinaire Universel qui peut être défini comme "ce qui a toujours été cru dans l'Eglise, partout et par tous" (St Vincent de Lérins, Commonitorium, rédigé vers 434).
Ainsi, lorsque le Pape Jean-Paul II affirme, dans "Ordinatio sacerdotalis" du 22 mai 1994, que les femmes ne peuvent accéder au sacerdoce, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi (CDF), a précisé, le 29 octobre 1995, que le caractère infaillible de cette déclaration repose sur le Magistère universel ordinaire de l’Eglise !
Le Pape n'a pas tout pouvoir. Le Pape est soumis à l'ordre naturel (l'ordre de la Création : lois mathématiques, physiques, chimiques, biologiques, loi morale naturelle ...) et à l'ordre surnaturel (l'ordre de la Rédemption : Ecriture, Tradition, rites liturgiques apostoliques ...).
"L'Église est le Corps mystique du Christ, elle n'est pas le corps mystique du Pape".
"Le Pape est le vicaire du Christ, il n'est pas son successeur".
(Cardinal Journet)
La conséquence de "l'infaillibilisme", est le sédévacantisme quand le pape n'est pas à la hauteur ;
Ou, selon Roberto de Mattei, une « papolatrie », qui voit dans le pape non le Vicaire du Christ sur Terre, dont le devoir est de transmettre la doctrine qu’il a reçue intègre et pure, mais un successeur du Christ qui perfectionne la doctrine de ses prédécesseurs, en l’adaptant aux changements du monde. La doctrine de l’Evangile est en perpétuelle évolution, parce qu’elle coïncide avec le magistère du Pontife régnant.
On substitue alors au magistère pérenne le magistère « vivant », exprimé par un enseignement pastoral, qui chaque jour se transforme et dont la "regula fidei" réside dans le sujet de l’autorité et non plus dans l’objet de la vérité transmise...".
On a expliqué tout cela sur le Forum à de nombreuses reprises.

( 999163 )
Là n'est pas la question par Candidus (2026-05-15 10:06:37)
[en réponse à 999162]
Je me limitais à regretter qu'on utilise une fois de plus ce passage de Pastor Aeternus en lui attribuant un sens qu'il n'a pas : limitatif. Pie IX n'établit pas ici des limites aux pouvoirs du pape, il décrit et proclame sur le mode affirmatif les caractéristiques de l'enseignement du pape lorsqu'il fait usage de son magistère suprême.
Ce contre-sens a été signalé à de multiples reprises, notamment par les sédévacantistes, et pourtant on continue d'utiliser ce passage à mauvais escient.
Vous n'allez pas nous faire une forme de reductio ad Hitlerum en substituant les sédévacs à Hitler tout de même ? Parce que ceux-ci souligneraient avec raison ce contre-sens, il s'en trouverait justifié ?

( 999165 )
Précisément non ! par Jean-Paul PARFU (2026-05-15 10:57:22)
[en réponse à 999163]
I) Je vous explique que les conditions sont limitatives et même cumulatives et vous me répondez que ce n'est pas la question.
Pourquoi ? Parce que selon vous "Pastor Aeternus" ne donnerait, en quelque sorte, que des exemples de possibilités de mises en oeuvre de l'infaillibilité pontificale et que donc ... les conditions ne seraient pas limitatives ... !
II) Contrairement à ce que vous dites, on peut même affirmer que le n°4 de "Pastor Aeternus", en définissant précisément les conditions de l'infaillibilité pontificale relevant donc du magistère extraordinaire, nous permettent, dans l'époque troublée qui est la nôtre, de bien comprendre ce qui relève de l'infaillibilité extraordinaire et ce qui n'en relève pas.
A ce jour, le Pape n'a engagé l'infaillibilité pontificale, telle que définie par "Pastor Aeternus", que lorsqu'il a proclamé, le 1er novembre 1950, le dogme de l'Assomption de la Très Sainte Vierge !
Si le Pape affirme aujourd'hui que Jésus-Christ est "vrai Dieu, vrai homme", il ne proclame pas un dogme selon "Pastor Aeternus" ; il rappelle simplement les affirmations dogmatiques du Credo et de la Sainte Ecriture (St Paul, Hébreux 4 : 15), conformément donc au Magistère Ordinaire Universel !
III) Enfin, "last but not least" (enfin et surtout) :
En dehors de son enseignement "ex cathedra" et en dehors de son enseignement ordinaire, le Pape quand il cesse de répéter ce que la tradition unanime tient pour révélé, et donc quand il parle comme théologien privé, peut tomber dans l’hérésie.
Cette possibilité – sans laquelle il serait comme Dieu – est depuis toujours connue et professée par l’Église. Un canon du Décret de Gratien en fait mention explicite. Si le Décret est une compilation de formules canoniques datée de 1119, ce canon remonte à une beaucoup plus haute antiquité ; il sera sans cesse confirmé par un usage constant dans la suite des temps. Chose curieuse, il est toujours amputé de ses derniers mots, qui en limitent la portée et en changent précisément tout le sens :
« Que nul mortel n’ait l’audace de faire remontrance au Pape pour ses fautes ; car il ne peut être jugé par personne celui qui doit juger tous les hommes, EXCEPTÉ S’IL EST REPRIS POUR AVOIR DÉVIÉ DE LA FOI. » (...)
Or l’affirmation claire que le Pape peut être repris par quiconque dans ce seul et unique cas, à savoir quand il est suspecté d’hérésie, quand il paraît dévier de la vraie foi, cette affirmation est corroborée par Innocent III, Innocent IV, Grégoire IX, Adrien VI, Paul IV, etc...
Conclusion :
Je crois, Candidus, que vous êtes un peu "psychorigide". Je l'ai expérimenté et finalement constaté par votre obstination concernant notamment l'invalidité des sacres et ordinations anglicanes, vos propos sur le "Bref Examen Critique du Nouvel Ordo Missae", les signatures de Mgr Lefebvre au bas des textes conciliaires ou sa participation à des concélébrations.

( 999167 )
je confirme que les conditions sont bien limitatives au plan historique par Luc Perrin (2026-05-15 12:42:46)
[en réponse à 999165]
et les sédévacantistes sont les héritiers sur ce point de la petite minorité ultra-infaillibiliste au concile Vatican I, petite minorité au sein de la Majorité infaillibiliste qui a été désavouée.
Tous les historiens de Vatican I insistent comme les textes des relations lors des débats conciliaires sur le caractère limitatif des conditions.
Ignorer la "mens" des Pères conciliaires, ignorer l'intention explicite du législateur pour en déduire la thèse anti-traditionnelle papiste/papolâtre ou "papimane" comme disait Rabelais est une mauvaise méthode et c'est malhonnête intellectuellement.
Tous les théologiens, sauf ceux appartenant au sédévacantisme ou au sédéprivationisme, soit l'immense majorité voire la quasi totalité ont interprété et interprètent ce texte de façon limitative.
Ce qui n'est pas limité et pose à l'occasion des problèmes, c'est l'intervention urbi et orbi du Pontife romain dans toutes les affaires ordinaires de l'Église : ainsi quand Pie X a renvoyé deux évêques français, Jean Paul II pour l'évêque d'Évreux et quand il a désigné de son autorité un supérieur général à la FSSP, François régissant l'ordre "souverain" de Malte etc. De fait Pastor aeternus permet au pape Léon XIV, sauf limitation via un concordat local, de désigner un curé de paroisse si Sa Sainteté en a la fantaisie.
Il pourrait par ce pouvoir ordinaire, immédiat et universel désigner un ou plusieurs évêques au service de la FSSPX lui-même avant le 1er juillet ...
Mais sûrement pas d'ériger un hoquet en dogme infaillible par le fait même que le hoquet est pontifical.
En revanche et l'erreur de Candidus vient peut-être de là, Pie IX a imposé que le pape ne soit pas lié par un consensus préalable exigé canoniquement pour proclamer un dogme. La thèse conciliariste était ainsi rejetée une nouvelle fois depuis le XVe siècle.
Me Parfu a bien exposé le consensus des théologiens et des historiens sur cet article de la constitution conciliaire (Vatican I) de 1870 Pastor aeternus.
Je souligne que le texte est conciliaire, dogmatique de propos délibéré et affiché et non pastoral, et simplement promulgué par le Bhx Pie IX.
De facto, Pie IX avait pourtant consulté le Collège épiscopal et les Facultés de Théologie catholique avant de proclamer le dogme de l'Immaculée Conception de Marie, de même Pie XII a amplement consulté les mêmes avant de promulguer celui de l'Assomption en 1950.
Ces consultations - évidentes dans la pratique - ne sont pas requises en droit.

( 999168 )
En effet ! par Jean-Paul PARFU (2026-05-15 13:28:21)
[en réponse à 999167]
Et merci Luc.
Je crois que le malentendu ou l'erreur vient d'abord d'une confusion peut-être volontaire des Sedevacantises à l'appui de leur thèse entre Magistère extraordinaire et Magistère ordinaire universel d'un côté et le fait qu'il n'est pas forcément nécessaire que les conditions de l'infaillibilité soient réunies d'une manière ou d'une autre, pour que nous écoutions le Pape avec un a priori favorable de l'autre.
Mais personne n'a jamais dit le contraire.

( 999171 )
Le « car » de Pastor Aeternus : finalité théologique ou limitation juridique ? par Candidus (2026-05-15 14:12:50)
[en réponse à 999167]
Je crois qu’il y a ici un malentendu sur le point précis que je contestais.
Je n’ai jamais nié que les conditions définies par Pastor Aeternus pour l’exercice de l’infaillibilité ex cathedra soient limitatives. Je n’ai jamais soutenu non plus l’absurdité consistant à prétendre que le pape pourrait « ériger un hoquet en dogme ».
Mon objection porte sur un point beaucoup plus précis : l’usage qui est fait de ce passage de Pastor Aeternus :
« Le Saint-Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre… »
pour en faire une limitation juridique des pouvoirs du pape.
Or ce n’est pas ce que dit le texte. Et cela apparaît immédiatement lorsqu’on lit la phrase dans sa continuité, sans omettre le mot qui l’introduit : « car ».
Ce « car » introduit une justification théologique de la finalité du charisme d’infaillibilité ; il n’introduit pas une restriction juridique supplémentaire. Pie IX explique ici positivement en quoi consiste l’infaillibilité pontificale : garder et exposer fidèlement le dépôt révélé.
Vous pouvez invoquer la mens des Pères conciliaires autant que vous voulez ; encore faut-il commencer par respecter la syntaxe et la logique immédiate du texte lui-même.
Je ne défends ni une théorie « papolâtre », ni une infaillibilité illimitée, ni l’idée que toute parole pontificale serait infaillible. Je dis simplement qu’il est herméneutiquement faux d’utiliser ce passage précis comme s’il formulait une limitation extérieure des pouvoirs du pape, alors qu’il décrit la nature et la finalité du charisme dans son exercice.

( 999172 )
Certes Candidus par Jean-Paul PARFU (2026-05-15 15:53:40)
[en réponse à 999171]
Mais votre interprétation de ce paragraphe de "Pastor Aeternus" :
"...Car le Saint Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître, sous sa révélation, une nouvelle doctrine, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi...",
-est influencée par l'interprétation des Sédévacantistes, comme vous l'avouez vous-même.
En effet, si ce "car", comme vous le dites, introduit bien une justification théologique de la finalité du charisme d’infaillibilité", il introduit bien aussi, et parallèlement, non pas une restriction juridique supplémentaire, mais un cadre théologique précis.
Pourquoi ? Parce que certains, dont les Sédévacantistes, confondent pour le moins les grâces d'état dont bénéficie le Pape et cette assistance spéciale qu'évoque "Pastor Aeternus".
De fait, pour les Sédévacantistes, le Pape est choisi par l'Esprit-Saint ; il exerce continuellement ses fonctions, inspiré par le Saint-Esprit. Pour eux (ils n'osent l'affirmer clairement), c'est comme si le Pape, dans ses fonctions, vivait en permanence sous "la nuée" (dans la Bible, la nuée accompagne les manifestations de la présence de Dieu) et remplissait constamment les conditions de l'infaillibilité.

( 999170 )
Quand l’omission du mot « CAR » change le sens de Pastor Aeternus par Candidus (2026-05-15 14:04:29)
[en réponse à 999165]
Vous continuez à répondre à une objection que je n’ai pas formulée.
Je ne conteste pas que les conditions de l’enseignement ex cathedra définies par Pastor Aeternus soient cumulatives et limitatives. Je ne dis pas non plus que toutes les paroles du pape relèvent de l’infaillibilité pontificale, et je ne confonds pas magistère extraordinaire et magistère ordinaire universel.
Mon propos est beaucoup plus précis : je regrette qu’on utilise une fois de plus le passage :
« Le Saint-Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre… »
en lui faisant dire ce qu’il ne dit pas.
Car, et c’est précisément le mot omis par l’abbé Pagliarini, ce passage n’est pas formulé comme une limitation juridique des pouvoirs du pape. Le « car » introduit une explication théologique de la finalité du charisme d’infaillibilité.
Pie IX ne pose pas ici des limites à l’enseignement du pape ; il explique positivement en quoi consiste l’infaillibilité pontificale : garder et exposer fidèlement le dépôt révélé. Il suffit de relire la Constitution avec le mot « car » et ce qui le précède pour que cela apparaisse clairement.
Autrement dit, le texte décrit ce qu’est l’infaillibilité pontificale dans son exercice ; il n’établit pas un principe permettant ensuite de relativiser l’autorité doctrinale du pape au nom d’un critère reconstruit par des particuliers.
Quant à la question du pape parlant comme théologien privé ou de la possibilité théorique d’une déviation personnelle dans la foi, elle est distincte du point que je soulevais et ne change rien au contre-sens herméneutique que je signalais sur ce passage précis de Pastor Aeternus.

( 999173 )
J'ai placé par Jean-Paul PARFU (2026-05-15 15:57:12)
[en réponse à 999170]
Ma réponse sous votre réponse à Luc Perrin.

( 999177 )
dès lors tout le monde est d'accord par Luc Perrin (2026-05-15 16:20:56)
[en réponse à 999170]
l'objection soulevée par Candidus autour du § de la constitution conciliaire à laquelle se réfère l'abbé Pagliarani est inexistante.
Tout le monde conçoit bien ce § comme une finalité théologique basique qui exclut justement de définir le hoquet, j'usais de cette image volontairement absurde.
Etant entendu que, à ma connaissance, le chapitre 4 de Pastor aeternus n'est pas en cause dans la question des sacres et que je n'ai pas entendu Sa Sainteté Léon XIV annoncer un nouveau dogme prochainement (ni depuis son élection).
Much ado for nothing aurait dit l'ami Shakespeare.
Revenons plutôt à la manière pacifique dont le Saint-Père pourrait user du chapitre 3 pour guérir la blessure causée par T.C. (2021) et mieux peut-être que les présidents américains (Biden puis Trump) et chinois (Xi JinPing) entamer un vrai dialogue entre Rome et Menzingen.
La manière administrativo-canonique à coup de monitions et d'excommunications (ou de suspens a divinis) n'a pas été concluante ni en 1976 ni en 1988, moins encore l'abus d'autorité que constitue T.C.

( 999161 )
Ces paroles fortes trouvent un écho chez Mgr Schneider par Pétrarque (2026-05-15 09:29:53)
[en réponse à 999134]
...dans le fil ouvert par Lumineux.
L'état de l'Église nécessite à l'évidence des moyens extraordinaires pour maintenir la Foi. Le nier était déjà difficile en 1988, cela le devient encore bien plus aujourd'hui.
Nous sommes passés d'Assise et du faux oecuménisme à la subversion assumée du message chrétien, en convergence de plus en plus objective avec les pires ennemis de l'Église.
Il ne s'agit pas de défier Rome avec des rodomontades et du triomphalisme en prétendant être l'Église à nous seuls, il s'agit simplement de prendre acte avec tristesse d'une situation d'empêchement des autorités à admettre qu'elles ne défendent plus la Foi, et qu'une partie croissante de la hiérarchie s'incline devant les idoles du temps et renie objectivement Notre Seigneur Jésus Christ.
Le peuple de Dieu a le droit de conserver la Foi, et le droit canonique ne saurait être la réponse à une pareille situation.
Mgr Schneider l'a parfaitement compris, et il est probablement loin d'être le seul.
Mais tout comme Mgr Lefebvre fut seul en son temps, la voix de Mgr Schneider semble aujourd'hui bien isolée parmi l'épiscopat encore catholique pour en tirer des conséquences cohérentes avec les principes.
Prions pour que Rome se réveille.
Prions. Prions. Prions !!!