Le Forum Catholique

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 ( 998764 )Une ouverture liturgique chez les Bénédictins ? par Roger (2026-05-06 07:29:26) 

Yves Daoudal a publié la traduction d’une très intéressante interview de l’abbé primat de l’ordre de Saint Benoît qui évoque la parfaite harmonie entre les deux formes liturgiques !

« Observe-t-on une tendance au retour à l’ancienne liturgie dans les monastères bénédictins ? Y a-t-il un conflit entre les traditionalistes et les modernes ?

— Je ne vois pas de conflit à ce sujet. Chez nous, les bénédictins, la liturgie traditionnelle et la liturgie actuelle coexistent en parfaite harmonie. Dans l’ensemble de l’ordre, nous avons une dizaine d’abbayes qui célèbrent selon l’ancien rite, la plupart en France. Celles-ci appartiennent pour la plupart à la Congrégation de Solesmes, où la majorité des monastères a toutefois adopté le nouveau missel. À partir de l’abbaye de Fontgombault, un groupe de monastères célébrant selon l’ancien rite s’est toutefois constitué. Ceux-ci sont pleinement intégrés à leur congrégation. Puis nous avons aussi le monastère du Barroux avec ses fondations filiales, qui était au départ d’orientation lefebvristes. Après les ordinations épiscopales illicites de 1988, l’abbaye est revenue en pleine communion avec Rome et dépend directement de moi en tant qu’abbé primat. Et puis il y a encore la communauté de Norcia. Nous nous traitons tous avec respect, et en tant qu’abbé-primat, je suis également l’abbé-primat de ces communautés, bien que je ne puisse moi-même célébrer la messe qu’avec le nouveau missel. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait lorsque j’ai été invité à Fontgombault pour célébrer l’office conventuel, et cela a bien sûr été accepté.

— Les bénédictins peuvent-ils ainsi servir de modèle à toute l’Église ?

— D’une certaine manière, oui, car nous pratiquons déjà cette coexistence pacifique. Je suis très curieux de voir comment le pape Léon abordera le problème. Maintenant que le pape Benoît a ouvert des portes dans ce domaine, on ne pourra plus tout à fait mettre dehors l’ancienne forme. Nous avons des confrères et aussi des sœurs qui ont fondé leur vie religieuse sur cette forme de prière et de célébration de la messe. Cela a désormais aussi sa place dans l’Église et devrait être autorisé, au moins dans certaines zones.« 
images/icones/1a.gif  ( 998766 )en fait les Bénédictins pratiquent par jejomau (2026-05-06 09:41:32) 
[en réponse à 998764]

ce qui s'appelle la Charité. C'est une notion abandonnée aujourd'hui dans l'Eglise : ll y a toujours un Card. Roche quelque part un peu trop amer et vindicatif ou un jésuite qui veut devenir calife à la place du calife...
On n' entend pas parler des bénédictins, ils célébrent et disent l'office comme ils l'entendent du moment que tout est parfaitement accepté par Rome.
Ceci dit, si les cardinaux et évêques foutaient la paix aux laïcs, on retrouverait cette même paix, chacun allant bien prier dans la paroisse où il aime prier. Mais non, il y en a toujours qui viennent semer la zizanie, comme avec ce foutu Traditionnis Custodes ..
images/icones/rose.gif  ( 998768 )un éloge de Benoît XVI de la part d'un Allemand par Luc Perrin (2026-05-06 11:27:31) 
[en réponse à 998764]

L'abbé-primat élu en 2024 est un Allemand, Jérémias Schröder, de la congrégation de Sankt Ottilien.

Il rejette nettement, sans le nommer, le principe qui a mené à T.C. :

" Maintenant que le pape Benoît a ouvert des portes dans ce domaine, on ne pourra plus tout à fait mettre dehors l’ancienne forme. Nous avons des confrères et aussi des sœurs qui ont fondé leur vie religieuse sur cette forme de prière et de célébration de la messe. Cela a désormais aussi sa place dans l’Église et devrait être autorisé, au moins dans certaines zones. "

Le dernier élément de phrase est important et introduit une restriction par rapport à S.P. L'abbé-primat qui était président de sa congrégation en 2015 avait opiné en faveur d'une sorte de décentralisation pour les questions disputées au Synode de cette année. Il est clairement un "moderne" dans son parcours mais un moderne habile*, l'antithèse de l'Éminence Arthur cardinal Roche et de Mgr Viola son adjoint.

Il oublie cependant l'abbaye de Clear Creek dans l'Oklahoma (USA) et les bénédictins de l'Immaculée installés en Italie.

Est-ce une manière de suggérer une sorte de nouvel indult Agatha Christie avec des pays autorisés (la seule France ? Cf. la lettre Parolin) et T.C. restant en vigueur pour le monde, continuant à étouffer la liturgie traditionnelle urbi et orbi à de rares exceptions près ?
Par la suite, il suffira de mettre un terme à cet "indult"...

Je m'interroge sur cet in cauda venenum potentiel tout en saluant le propos globalement bienveillant de l'abbé-primat qui fait écho, avec une autre formule, à la supplique de l'abbé de Solesmes. Il va assez loin pour une figure bénédictine de premier plan et rien ne lui imposait de le faire.

* la différenciation géographique a été suggérée à plusieurs reprises déjà sous Jean Paul II avec l'idée de synodes continentaux ; elle refait surface périodiquement. Il s'agit évidemment d'un emprunt à la Désunion anglicane-épiscopalienne qui pratique cela depuis les années 1980-1990 pour gérer les tensions internes entre Occidentaux et ... tous les autres, même en Grande-Bretagne entre diocèses et avec des paroisses d'options différentes dans un diocèse.