CHAPITRE XIX
NAISSANCE DU CHRÉTIEN, LE BAPTÊME.
Comme dans les œuvres de Dieu tout est fait pour l’instruction de l’homme, saint Ambroise traduit la leçon qui nous est donnée par l’étroite et indissoluble union de la terre et de l’eau. « Voyez, dit-il, quelle bonne mère est l’eau, elle nourrit ce qu’elle enfante et ne s’en sépare jamais.
Et toi, ô homme, tu as enseigné l’abandon des enfants par leurs parents, les séparations, les haines, les offenses, apprends de l’eau quels liens intimes doivent unir les parents et les enfants» (Hexæm., lib. V, c. IV).
Apprenons encore combien grands doivent être notre humilité et notre détachement des créatures. Qu’est-ce que notre corps ? De l’eau figée.
Que sont les animaux, les plantes, la terre, toutes les créatures matérielles ? De l’eau figée. Et pour un peu d’eau figée nous aurions de l’orgueil, et nous perdrions notre âme faite à l’image de Dieu !
L’eau n’est pas seulement la mère du monde, elle est encore le sang de la nature. Le sang est nécessaire à la vie du corps ; l’eau n’est pas moins nécessaire à la vie de l’univers. Dans le corps humain, le sang a ses réservoirs. Il en sort pour alimenter tous nos membres ; il y revient pour se rafraîchir, il en repart pour continuer avec succès ses indispensables fonctions.
Même chose dans le grand corps de la nature. Les mers sans fond, les vastes cavités des montagnes sont les réservoirs de son sang. Par un mouvement non interrompu de départ et de retour, l’eau sans cesse rafraîchie, remplie de toutes ses qualités natives, continue de faire épanouir la vie de la nature en mille productions variées, dont la succession régulière n’est pas le caractère le moins admirable.
C’est la sagesse infinie qui fait sortir le sang de ses réservoirs, qui le divise, qui le dirige par cent canaux, de différentes grandeurs, suivant les besoins de chaque organe. Dans la nature, la même sagesse préside à la distribution des eaux.
Au temps voulu, elle en ouvre les grands réservoirs ; elle en divise la masse, lui montre les canaux par où elle doit couler pour arroser, rafraîchir, entretenir partout la beauté et la vie.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vus bénisse
ami de la Miséricorde