CHAPITRE XIX
NAISSANCE DU CHRÉTIEN, LE BAPTÊME.
L’eau est la matière du baptême. Pourquoi l’eau et non pas un autre élément ? L’incertitude cessera avec la réponse à cette question : Qu’est-ce que l’eau ? Parmi tant de loisirs perdus, nous est-il jamais arrivé d’en consacrer un seul, si court qu’il soit, à chercher quel est cet élément le plus ami de l’homme, cette belle et bienfaisante créature dont nous faisons un si fréquent usage ? Une fois du moins essayons cette étude.
En nous révélant la cause pour laquelle Dieu emploie l’eau dans la plus magnifique de ses œuvres, elle nous inspirera de nobles pensées et de nobles sentiments.
L’eau est la mère du monde et le sang de la nature. A la définir ainsi nous sommes autorisé, comme nous le verrons bientôt, par le plus savant des géologues, saint Pierre, le prince des apôtres. Ayant appris la géologie à l’école même du Créateur, nul mieux que lui ne connaît l’origine des choses.
L’eau est la mère du monde, si de son sein et de sa substance sont sortis la terre et les cieux. Or, voici ce que nous lisons en tête de la Genèse : « Dans le principe, Dieu créa le ciel et la terre ; et la terre était sans consistance et sans forme, et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme».
La matière primitive, lancée dans l’espace par le Verbe créateur, formait une masse informe à l’état liquide. La terre, qui en était une partie intégrante, subissait la condition commune. Eau non condensée, elle était, comme dit l’Écriture, sans consistance et sans forme déterminée.
« Cette matière informe, dit saint Augustin, que Dieu tira du néant, fut d’abord appelée ciel et terre. Et il est dit : Au commencement Dieu fit le ciel et la terre. Non que cela fût déjà, mais parce qu’il pouvait être : car il est écrit que le ciel fut fait.
C’est ainsi que, lorsque nous considérons la graine d’un arbre, nous disons que là sont les racines, le tronc, les branches, les feuilles et les fruits, non que déjà ces choses soient ; mais parce qu’elles doivent être. Dans le même sens il a été dit : Au commencement Dieu fit le ciel et la terre, bien que la matière du ciel et de la terre fût encore à l’état de chaos.
Mais, parce que de ce chaos devaient avec certitude sortir le ciel et la terre, déjà la matière elle-même était appelée le ciel et la terre» (De Gen. contr. Manich., lib. I, c. VII, opp. t. I, p. 1052, edit. noviss).
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde