Le Forum Catholique

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images/icones/1y.gif  ( 997994 )Le Pape aux cardinaux : c'est très savant... par Aliocha (2026-04-15 11:54:53) 

Lettre du Pape Léon XIV aux cardinaux en prévision du consistoire de juin

(Le secrétaire rédacteur a dû suivre des cours de haut niveau pour arriver à parler comme ça : "Elle [l'exhortation Evangelii Gaudium]a été reconnue comme un *véritable « souffle de nouveauté »,* capable d’initier des processus de conversion pastorale et missionnaire, plutôt que de produire des réformes structurelles immédiates, guidant ainsi profondément le cheminement de l’Église. Vous avez souligné combien *cette perspective interpellait l’Église à tous les niveaux* . Etc."
On comprend tout de même clairement que l'évangélisation doit se garder de tout prosélytisme).


Éminence,
En ce temps pascal, je tiens à vous adresser mes vœux les plus chaleureux et fraternels, afin que la paix du Seigneur ressuscité soutienne et renouvelle notre monde souffrant. Je saisis avec joie cette occasion pour vous renouveler ma gratitude pour votre participation au Consistoire de janvier dernier.

J’ai particulièrement apprécié le travail accompli au sein des groupes, qui a permis un échange libre, concret et spirituellement fécond, ainsi que la qualité des interventions à l’assemblée. Les contributions recueillies constituent un précieux héritage que je souhaite continuer à préserver et à développer dans le discernement ecclésial. Dans mon discours de clôture lors de cette réunion, j’ai déjà rappelé certains éléments qui ont émergé des groupes consacrés à la synodalité.

Je voudrais maintenant m’attarder plus particulièrement sur les développements réalisés au sein des groupes *concernant Evangelii Gaudium, notamment en ce qui concerne la mission et la transmission de la foi.* Vos contributions démontrent clairement combien *cette Exhortation demeure un point de repère essentiel* : elle ne se contente pas d’introduire de nouveaux contenus, mais *recentre tout sur le kérygme, cœur de l’identité chrétienne et ecclésiale.* Elle a été reconnue comme un *véritable « souffle de nouveauté »,* capable d’initier des processus de conversion pastorale et missionnaire, plutôt que de produire des réformes structurelles immédiates, guidant ainsi profondément le cheminement de l’Église. Vous avez souligné combien *cette perspective interpellait l’Église à tous les niveaux* . Sur le plan personnel, elle appelle chaque baptisé à renouveler sa rencontre avec le Christ, passant d’une foi simplement reçue à une foi pleinement vécue et expérimentée. Ce cheminement touche aussi à la qualité même de la vie spirituelle, dans la primauté de la prière, dans le témoignage qui précède les paroles et dans la cohérence entre la foi et la vie. Au niveau communautaire, il appelle à *passer d'un ministère pastoral de conservation à un ministère missionnaire* , où les communautés sont des acteurs vivants du message : des communautés accueillantes, capables de comprendre le langage, attentives à la qualité des relations et aptes à offrir des espaces d'écoute, d'accompagnement et de réconfort. Au niveau diocésain, la responsabilité des pasteurs de soutenir résolument cette audace missionnaire apparaît clairement, en veillant à ce qu'elle ne soit ni alourdie ni étouffée par des excès organisationnels, et en encourageant un discernement permettant de reconnaître l'essentiel.
De tout cela émerge une conception profondément unifiée de la mission : une mission christocentrique et kérygmatique, née d’une rencontre transformatrice avec le Christ et *se propageant par l’attraction plutôt que par la conquête* . C’est une mission globale, alliant proclamation explicite, témoignage, engagement et dialogue, *sans céder à la tentation du prosélytisme* ni à une logique de simple préservation ou expansion institutionnelle. Même lorsqu’elle se reconnaît comme minoritaire, l’Église est appelée à vivre sans complexes, comme un petit troupeau porteur d’espérance pour tous, se souvenant que le but de la mission n’est pas sa propre survie, mais la communication de l’amour dont Dieu aime le monde. Parmi les suggestions concrètes qui ont émergé, certaines méritent d’être accueillies et approfondies : la nécessité de relancer Evangelii Gaudium afin d’évaluer honnêtement ce qui, après toutes ces années, a véritablement été reçu et ce qui demeure inconnu et inachevé ; en particulier, il convient de porter une attention particulière à la réforme nécessaire des parcours d’initiation chrétienne ; l’importance de valoriser les visites apostoliques et pastorales comme autant d’occasions authentiques de partage et d’approfondissement des relations. ainsi que la nécessité de repenser l’efficacité de la communication ecclésiale, y compris au niveau du Saint-Siège, dans une perspective plus résolument missionnaire. Avec gratitude, je renouvelle mes remerciements pour votre service et votre contribution à la vie de l’Église. En vue du prochain consistoire, qui se tiendra les 26 et 27 juin, une communication plus détaillée suivra afin d’en accompagner dignement la préparation. Dans le Seigneur ressuscité, source de notre espérance, je vous adresse mes plus chaleureux vœux pascaux. Avec toute mon estime fraternelle, dans le Christ,

Du Vatican, le 12 avril 2026

Sala Stampa
images/icones/idee.gif  ( 997995 )rien que de très banal si la traduction est juste par Luc Perrin (2026-04-15 12:34:38) 
[en réponse à 997994]

On pourrait lire à peu près la même chose sous la plume de Paul VI (Evangelii nuntiandi), Jean Paul II (Redemptoris missio) et Benoît XVI si ces termes sont bien ceux employés.

L'évangélisation par le témoignage, c'était déjà proposé par Charles de Foucauld, Madeleine Delbrêl, les Petites soeurs de Jésus etc.

Ce passage, le plus net, est d'un total classicisme :

"*se propageant par l’attraction plutôt que par la conquête* . C’est une mission globale, alliant proclamation explicite, témoignage, engagement et dialogue, *sans céder à la tentation du prosélytisme* ni à une logique de simple préservation ou expansion institutionnelle. Même lorsqu’elle se reconnaît comme minoritaire, l’Église est appelée à vivre sans complexes, comme un petit troupeau porteur d’espérance pour tous, se souvenant que le but de la mission n’est pas sa propre survie, mais la communication de l’amour dont Dieu aime le monde."

Dans Evangelii gaudium, si on recentre non sur le "yop la boum" du "gaudium" mais sur l'essentiel Evangelii, les éléments soulignés par le pape Léon XIV ramènent à la nécessité et à l'urgence d'évangéliser. J'y lis pour ma part un désaveu heureux de la thèse ahurissante du cardinal d'Alger, Mgr Vesco, qui préconise d'abandonner toute évangélisation. On aurait de ce fait, si le prochain consistoire, poursuit dans la voie indiquée par le Saint-Père une indispensable correction de trajectoire par rapport à François qui a créé cardinal tardivement l'archevêque d'Alger.
images/icones/2b.gif  ( 997996 )Bla bla abscons par ptk (2026-04-15 12:57:32) 
[en réponse à 997994]

typique d'une église technocratique éloignée de ses valeurs traditionnelles.
images/icones/iphone.jpg  ( 997997 )Ah ? par Adso (2026-04-15 13:46:18) 
[en réponse à 997996]

C’est vrai que du temps de Grégoire XVI ( par exemple) tout était rédigé dans un langage clair et limpide …

C’est une habitude très romaine de produire des textes abscons… le modernisme a certainement aggravé la chose, mais dans le fond ce n’est pas nouveau…
images/icones/vatican.gif  ( 998005 )Grégoire XVI par ptk (2026-04-15 16:48:14) 
[en réponse à 997997]

n'était-il vraiment pas plus clair ?


Mirari Vos VF

Mirari vos VL
images/icones/idee.gif  ( 998006 )je ne vois rien d'abscons sur l'essentiel par Luc Perrin (2026-04-15 16:51:30) 
[en réponse à 997997]

cf. mon commentaire avec citations.

Quand on a suivi le débat sur la mission/évangélisation depuis les années 1940-1950, c'est dans tous les bons livres, on comprend bien.

Certaines tournures sont alambiquées certes mais ce ne sont pas les plus significatives. La "langue de buis" n'est pas d'hier et, dans l'ensemble, Léon XIV ne la pratique guère.

Grégoire XVI était compréhensible et compris par les élites libérales qu'il pourfendait mais son langage était emphatique, ampoulé, à l'image du langage politique de son temps.

Comme je ne cessais de le répéter à mes étudiants en Alsace, l'Église a toujours été "de son temps". Pour le meilleur et le moins bon.