CHAPITRE XVI.
(SUITE DU PRECEDENT).
Même enseignement pour les gentils. Tant de miracles, fruits de la passion du Christ et gages de Ses promesses, étaient pour eux la preuve palpable de Sa divinité et de Son triomphe dans le ciel. Le spectacle qu’ils avaient vu si souvent dans les choses humaines, ils le voyaient dans l’ordre divin.
Lorsque les rois et les empereurs prennent possession de leur royaume, ou qu’ils reviennent victorieux de leurs ennemis, ils ont coutume de répandre l’or et l’argent dans le peuple, en signe de joie et de congratulation.
Ainsi le Fils de Dieu, prenant possession du ciel Son royaume, et vainqueur du démon, répand sur l’Église une immense effusion de grâces merveilleuses. Saint Pierre a soin de dire : « C’est Jésus qui a été ressuscité et élevé à la droite de Dieu, qui a répandu cet Esprit que maintenant vous voyez et entendez» (Act., II, 32, 33).
Or, cette génération de Juifs et de gentils, témoin oculaire des miracles de la Pentecôte, s’est perpétuée, s’est étendue sur le globe. Des deux peuples, fondus en un, elle forme l’Église catholique, l’élite de l’humanité, race indestructible dont l’opiniâtreté à croire aux prodiges de son berceau émousse, depuis dix-huit siècles, la hache de tous les bourreaux et déjoue les ruses de tous les sophistes.
Par les dons incomparables de la Pentecôte, la divinité du Saint-Esprit n’est pas prouvée avec moins d’évidence que la divinité du Sauveur. Il est Dieu, celui qu’un Dieu donne pour un autre Lui-même. Or, avant de les quitter, le Fils de Dieu avait dit à Ses apôtres :
« Je prierai Mon Père, et Il vous donnera un autre consolateur, l’Esprit de vérité, qui demeurera toujours avec vous : Il me rendra témoignage et vous-mêmes rendrez témoignage de Moi» (Joan, XVII, 17, etc.).
Sur quoi saint Augustin s’exprime ainsi : « Un autre, non pas inférieur à Moi, mais semblable à Moi, en gloire, en nature, en substance, quoique autre en personne. Il parlait de la sorte afin que la foi des apôtres, préparée par cette infaillible promesse, reconnût pour vrai Dieu celui qui leur était promis à la place d’un Dieu.
Voyez avec quelle précision cette promesse exprime le mystère de la Trinité ! Elle nomme le Père, qui doit être prié ; le Fils, qui doit prier ; le Saint-Esprit, qui doit être envoyé. (Homil. VIII in Miss. Spir. sanct.).
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde