Le Forum Catholique
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( 997550 )
Catholicisme religion d'Etat à Monaco par Jean-Paul PARFU (2026-03-30 16:15:00)
Nous avons pu constater, ce week-end, en regardant, notamment sur Cnews, la visite du Pape à Monaco, les avantages d'un Catholicisme religion d'Etat.
Dans un Etat de ce type, le Christ est honoré, l'identité nationale et la loi morale naturelle sont respectées.
J'espère que les Libéraux du Forum en ont pris bonne note ?!

( 997553 )
Vraisemblablement la raison... par von Loustique (2026-03-30 17:03:45)
[en réponse à 997550]
... pour laquelle le Saint Père a choisi cette destination, à la plus grande surprise des médias.
Mais pas un n'a semblé avoir fait le lien de cause à effet.

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Sans doute parce que... par Vistemboir2 (2026-03-30 17:05:14)
[en réponse à 997550]
la franc-maçonnerie n'y règne heureusement pas ...

( 997592 )
fil amusant et quelques observations plus une homélie puissante par Luc Perrin (2026-03-31 12:21:14)
[en réponse à 997554]
juste pour rappel par rapport aux étrangetés que j'ai lues.
Le prince Albert le premier du nom (1889-1922), grand féru de sciences et pas que l'océanographie, était un maçon notoire, ami des personnalités les plus laïques de France. Ceci ne retire rien à son oeuvre considérable pour la transformation de la principauté. Il était connu pour son engagement pacifiste très concret en une période de vives tensions (guerres balkaniques puis premier conflit mondial).
Petit détail piquant, l'encore abbé Alfred Loisy avait été mis dans la terna par le Prince souverain pour le siège de Monaco en vertu du privilège princier de proposition.
Rainier III y renonce en 1981 via une convention entre Saint-Siège et Monaco, le siège devient alors un archevêché et le mode de désignation est celui de la France laïque "de l'intérieur" : simple consultation préalable.
C'est ainsi que le président de la République française est le dernier chef d'État à avoir droit de nommer des évêques, pour les deux sièges concordataires de Metz et Strasbourg (résidentiels et leurs éventuels auxiliaires).
Lire que Me Parfu est désormais presque d'accord avec Mgr Doré - "la séparation c'est bien, le Concordat c'est mieux" (2001) - et Mgr Elchinger sur le fait que Vatican II n'a rien changé au statut de l'Alsace m'a réjoui bien évidemment.
Pour mémoire, Louis XVIII en 1814 donne au catholicisme le statut de "religion d'État" purement symbolique puisque les dispositions pluralistes et laïques du système concordataire de 1801-1802 (1807) demeurent inchangées. Le titre tombe dans la Charte révisée de 1830.
Les symboles ont leur valeur même sans aucun effet pratique, j'en conviens volontiers.
Il semble que François avait souhaité se rendre à Monaco ; il avait fait un voyage éclair à Strasbourg en tant que capitale "européenne" sans aller à la rencontre des catholiques français pour autant, en dépit du fait que Strasbourg est bien en France.
Plus intéressant sont les 3 derniers § de l'homélie du Saint-Père qui mériteraient un commentaire approfondi :
"C’est pourquoi, chers frères et sœurs, face aux nombreuses injustices qui blessent les peuples, et face à la guerre qui déchire les nations, la voix du prophète Jérémie s’élève sans cesse, proclamée aujourd’hui dans le psaume : « Je change leur deuil en joie, les réjouis, les console après leur peine » (Jr 31, 13). La purification de l’idolâtrie, qui rend les hommes esclaves d’autres hommes, s’accomplit par une sanctification, un don de grâce faisant des hommes des enfants de Dieu, des frères et des sœurs. Ce don éclaire notre présent car les guerres qui l’ensanglantent sont le fruit de l’idolâtrie du pouvoir et de l’argent. Chaque vie brisée est une blessure infligée au Corps du Christ. Ne nous habituons pas au fracas des armes, aux images de guerre ! La paix n’est pas un simple équilibre des forces, elle est l’œuvre de cœurs purifiés, l’œuvre de ceux qui voient dans l’autre un frère à protéger, et non un ennemi à abattre.
L’Église à Monaco est appelée à témoigner en vivant dans la paix et la bénédiction de Dieu : alors, bien-aimés, rendez heureux beaucoup de personnes par votre foi en manifestant la joie authentique, celle qui ne se gagne pas par un pari, mais qui se partage par la charité. La source de cette joie est l’amour de Dieu : amour pour la vie naissante et indigente, à accueillir et à soigner sans cesse ; amour pour la vie jeune et âgée, à encourager dans les épreuves de chaque âge ; amour pour la vie, en bonne santé comme malade, parfois solitaire, qui a toujours besoin d’être accompagnée avec attention. Que la Vierge Marie, votre patronne, vous aide à être un lieu d’accueil, de dignité pour les petits et les pauvres, de développement intégral et inclusif.
Au cours de ce long Carême du monde, alors même que le mal fait rage et que l’idolâtrie rend les cœurs indifférents, le Seigneur prépare sa Pâque. Le signe de cet événement, c’est l’homme : c’est Lazare, appelé hors du tombeau ; c’est nous, pécheurs pardonnés ; c’est le Crucifié ressuscité, auteur du salut. Il est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6) qui soutient notre pèlerinage et la mission de l’Église dans le monde : donner la vie de Dieu. Une tâche sublime et impossible sans donner notre vie au prochain. Une tâche passionnante et féconde, lorsque l’Évangile éclaire nos pas." (homélie au stade Louis-II, 28 mars 2026).

( 997606 )
Où avez-vous lu par Jean-Paul PARFU (2026-03-31 16:41:38)
[en réponse à 997592]
Que je suis "désormais presque d'accord avec Mgr Doré - "la séparation c'est bien, le Concordat c'est mieux" (2001) - et Mgr Elchinger sur le fait que Vatican II n'a rien changé au statut de l'Alsace" ?
Vraiment étrange !
En outre, vous semblez avoir lu les différentes interventions avec un regard de professeur qui noterait les échanges de ce fil et renverrait finalement les élèves à leurs médiocres copies, alors que, si on y regarde de plus près, votre post, outre les propos qui me sont prêtés et que je n'ai pas tenus, n'apporte en réalité aucune plus-value véritable à la discussion sur le sujet.

( 997619 )
merci de votre "aimable" post qui pour le coup est vide par Luc Perrin (2026-03-31 19:40:55)
[en réponse à 997606]
Où ai-je vu que vous faîtes l'éloge d'un état concordataire, Monaco, qui offre la liberté religieuse, liberté de culte et de conscience, mais sous la plume de Me Parfu.
Plus haut dans le fil, c'est peut-être un autre Me Parfu qui a écrit le post dont j'ai été, agréablement, surpris. En dehors des jeux lexicaux emberlificotés où vous essayez de faire passer un état nominalement catholique mais laïque* selon la définition admise en histoire et sociologie pour un état presque conforme au Syllabus, vous êtes bien en accord avec Mgr Doré et moi-même.
Ne soyez pas si aigre de ce constat, c'est bon signe plutôt.
Si je ne vous ai rien appris, tant mieux, cela confirme la profondeur de votre savoir : pas besoin là encore d'en être si marri. D'autres, peut-être, en auront tiré profit : un Forum ce n'est pas une ou deux personnes.
* relire mon passage sur la Charte de 1814 et d'un coup vous comprendrez le lien qui vous a échappé, une lecture trop rapide sans doute.

( 997556 )
Etat confessionnel et liberté religieuse. par Rémi (2026-03-30 18:50:41)
[en réponse à 997550]
Le bon équilibre, trouvez-vous ?
La religion catholique, apostolique et romaine est religion d'État.
La liberté des cultes, celle de leur exercice public, ainsi que la liberté de manifester ses opinions en toutes matières sont garanties, sauf la répression des délits commis à l'occasion de l'usage de ces libertés.
Nul ne peut être contraint de concourir aux actes et aux cérémonies d'un culte ni d'en observer les jours de repos.
Articles 9 et 23 de la Constitution

( 997561 )
La Principauté de Monaco par Jean-Paul PARFU (2026-03-30 19:57:52)
[en réponse à 997556]
N'est pas un Etat confessionnel ; elle est un Etat catholique !
Un Etat confessionnel est un Etat dans lequel il n'y a pas de séparation des églises et de l'Etat, mais où l'Etat n'adopte pas une religion officielle. C'est, par exemple, le cas de la République fédérale d'Allemagne.
La République française est, quant à elle, un Etat laïc, qui ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte. Elle pratique la séparation des églises et de l'Etat.
Dans un Etat catholique ou un Etat confessionnel, s'il n'y a pas séparation, il y a distinction du pouvoir temporel et du pouvoir spirituel, en tout cas dans les Etats de culture chrétienne.
Par ailleurs, il ne faut pas confondre :
- la liberté de ne pas être obligé de croire ;
- avec le principe de la liberté religieuse selon "Dignitatis Humanae" (1965) ; c'est-à-dire le principe de la liberté dans l'espace public de toutes les religions, comme principe de droit naturel et divin reposant sur la dignité humaine.
Enfin, la Constitution monégasque encadre le principe de la liberté religieuse par la conservation de l'ordre public. C'est un minimum jugé autrefois non suffisant pour les Papes, ceux-ci rappelant simplement que l'erreur n'a pas de droits ! Ce n'est sans doute plus recevable aujourd'hui, sachant toutefois qu'à Monaco les menaces à l'ordre public, ou désordres qui risqueraient d'être causés par la liberté de tous les cultes, sont objectivement très très limités.
En tout état de cause, il serait bon que "Rome" redécouvre à travers la visite du Pape à Monaco les bienfaits de l'Etat catholique ! L'Etat catholique ou chrétien était, je le rappelle, la norme autrefois en Chrétienté.

( 997565 )
Et dans le reste de l'Europe par JFB33 (2026-03-30 20:08:31)
[en réponse à 997561]
Existe-t-il des Etats catholiques similaires ?
Juste une question

( 997568 )
Les autres Etats catholiques par Jean-Paul PARFU (2026-03-30 20:36:49)
[en réponse à 997565]
Sont :
- le Vatican,
- Malte,
- Et les cas un peu mitigés du Liechtenstein (religion nationale), d'Andorre (co-dirigée par l'évêque d'Urgell en Espagne) et de San Marin.
Par ailleurs, Chypre, le Danemark, la Finlande, la Grèce et le Royaume-Uni ont une religion d'Etat, orthodoxe ou protestante (Anglicanisme ou Luthéranisme).

( 997566 )
Merci pour ces précisions. par Rémi (2026-03-30 20:09:06)
[en réponse à 997561]
Mais vous ne dites pas si vous jugez satisfaisant cette sorte d'équilibre entre Etat catholique (donc) et liberté des cultes, de leur exercice public, poussé jusqu'au droit constitutionnel au travail le Dimanche (bien que strictement encadré par la loi) , et aussi liberté de manifester ses opinions en toutes matières (sauf à commettre un délit) .
Dois-je vous dire que j'en serais surpris ?

( 997570 )
Les relations entre l'Eglise et l'autorité civile par Jean-Paul PARFU (2026-03-30 21:32:56)
[en réponse à 997566]
N'ont jamais été simples, même en Chrétienté.
Le concordat, par exemple, n'est pas un idéal de Chrétienté. Des concordats ont été signés entre l'Eglise et des Etats pour régler ou mettre un terme à des difficultés.
Cependant, il y a les principes (philosophiques et théologiques) qui doivent nous guider et il y a la réalité, les rapports de force dans la société, qui induisent une plus ou moins grande tolérance en matière religieuse. Pour un Etat chrétien, (et c'est d'ailleurs la même chose en économie), il s'agit de savoir d'où l'on part. Vous ne pouvez passer sans transition d'une société dont l'économie est étatisée à une économie purement libérale. C'est un peu la même chose en matière religieuse.
Je suis contre le travail constitutionnalisé le dimanche, sachant qu'on admet, il me semble, que la Police, l'Armée, les pompiers, le personnel des hôpitaux, travaillent le dimanche et les jours fériés religieux, et que les boulangeries ou les restaurants soient ouverts le dimanche.
En tout état de cause, le débat général est un peu biaisé, en ce sens qu'une société ne peut vivre sans, a minima, une sorte de cadre culturel, un cadre de valeurs de référence plus ou moins officiel.
Si ce cadre n'est plus fixé par le Christianisme, voire le Catholicisme, il sera fixé, (sans même parler, par définition, des régimes totalitaires, type communistes ou fascistes), par une forme de religion civile. Cette religion, nous l'avons en France avec "la République", les cérémonies au Panthéon, le culte des droits de l'homme et la secte maçonnique, notamment à l'origine des lois sur l'avortement et l'euthanasie.

( 997577 )
Comment analysez-vous ce voyage? par Le Cap (2026-03-31 10:04:14)
[en réponse à 997550]
Hormis les arguments ou analyses tout à fait recevables développées pour expliquer ce voyage papal, n'est-t-il pas possible d'y voir "un pied de nez" (excusez ce terme à propos d'un acte de SS le souverain pontife) à la France qui grave le droit à l'avortement dans le marbre constitutionnel et s'apprête à tuer officiellement à plein régime? Ne serait-ce pas une façon de dire "je vais en France mais pas pas totalement, dans la France géographique mais pas dans la France politique" ?
On a assez entendu parler à bas bruit des relations tendues entre le Vatican et la république depuis plus d'une décennie. Je vois dans le choix de Monaco une façon de le montrer aux républicains français, frères ou pas. Peut-être même aux évêques…

( 997602 )
Vous avez sans doute raison par Jean-Paul PARFU (2026-03-31 16:06:44)
[en réponse à 997577]
Un petit pied de nez à la France. C'était la position des intervenants sur Cnews.