CHAPITRE XV
TROISIÈME CRÉATION DU SAINT-ESPRIT, L’ÉGLISE.
Ce cénacle était dans la maison de Marie, mère de Jean, surnommé Marc, et cousin de saint Barnabé (Baron., an. 34). Suivant deux illustres Pères de l’Église orientale, saint Hésychius, patriarche de Jérusalem, et saint Proclus, patriarche de Constantinople, le Saint-Esprit descendit au moment même où saint Pierre célébrait, au milieu des disciples, l’auguste sacrifice de la messe.
Aussitôt qu’Il a vu le corps de Jésus et senti l’ineffable parfum de cette chair immaculée, l’aigle divin se précipite du ciel. Admirable contraste ! L’Esprit de Dieu s’était séparé de l’homme, parce que la chair l’avait entraîné dans ses honteuses convoitises (Gen., VI, 3) et le démon s’était emparé de l’humanité. Mais voilà que la chair très pure de Jésus se présente devant Dieu. Aussitôt l’Esprit descend, attiré par toutes Ses pures beautés, fasciné par toutes Ses amabilités, et avec elle Il demeure à jamais : et cette chair divine, multipliée à l’infini, étend à tous les lieux et à tous les siècles l’union du Saint-Esprit avec l’humanité.
«Et factus est repente de cœlo sonus : et il se fit tout à coup du ciel un bruit». Chacune de ces divines paroles renferme un trésor de vérité. Il se fit tout à coup , sans que les apôtres s’y attendissent et sans aucune participation de leur part. Ainsi, nous apprenons que le Saint-Esprit répandait l’abondance de Ses dons intérieurs et extérieurs par Sa pure libéralité. Nous voyons encore la promptitude et la force de Sa grâce, qui en un clin d’œil change les hommes terrestres en hommes célestes : Pierre en héros, Madeleine en sainte.
O l’admirable ouvrier que le Saint-Esprit ! A Son école point de délai pour apprendre, Il touche l’âme et Il l’enseigne : l’avoir touchée, c’est l’avoir enseignée. (S. Greg., Hom. XXI, in Evang) :
Du ciel : pour montrer que là est le séjour du Saint-Esprit, qu’Il est Dieu et qu’Il vient élever au ciel les apôtres et par eux le monde entier. Puissant levier ! « Aujourd’hui, s’écrie le grand Chrysostome, la terre pour nous devient le ciel, non par la descente des étoiles sur la terre, mais par l’ascension des apôtres dans le ciel. De l’univers, l’abondante effusion du Saint-Esprit fait un ciel unique, non en changeant la nature des êtres, mais en divinisant les volontés.
Il trouve des païens, et Il en fait des chrétiens ; des adorateurs du démon, des adorateurs du vrai Dieu ; des voleurs, des détachés ; des persécuteurs, des apôtres ; des femmes publiques, Il les égale aux vierges. Il met en fuite la méchanceté et la remplace par la bonté ; la loi de haine universelle, par la loi d’amour universel ; l’esclavage, par la liberté.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde