Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=996517
images/icones/union-jack.png  ( 996517 )Lettre de Msgr. Schneider (via Diana Montagna) par Mauwgan (2026-02-24 16:04:39) 

ici

"Très Saint-Père, si vous accordez le mandat apostolique pour les consécrations épiscopales de la FSSPX, l'Église de notre temps n'y perdra rien. Vous serez un véritable bâtisseur de ponts, et plus encore, un bâtisseur de ponts exemplaire, car vous êtes le Souverain Pontife, Summus Pontifex.
images/icones/carnet.gif  ( 996518 )La lettre en français de Mgr Schneider et en entier par Pétrarque (2026-02-24 16:12:24) 
[en réponse à 996517]


Appel fraternel au pape Léon XIV pour établir un pont avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X
par l'évêque Athanase Schneider


La situation actuelle concernant les consécrations épiscopales au sein de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) a soudainement suscité une vive émotion dans toute l'Église. Peu de temps après l'annonce, le 2 février, de la décision de la FSSPX de procéder à ces consécrations, un débat intense et souvent passionné a émergé dans de nombreux milieux catholiques. Les opinions exprimées dans ce débat vont de la compréhension, la bienveillance, l'observation neutre et le bon sens au rejet irrationnel, à la condamnation péremptoire, voire à la haine ouverte. Bien qu'il y ait des raisons d'espérer – et cet espoir n'est en rien irréaliste – que le pape Léon XIV puisse effectivement approuver ces consécrations épiscopales, des propositions de texte pour une bulle d'excommunication de la FSSPX circulent déjà en ligne.

Les réactions négatives, bien que souvent bien intentionnées, révèlent que le cœur du problème n'a pas encore été appréhendé avec suffisamment d'honnêteté et de clarté. On a tendance à rester en surface. Les priorités au sein de la vie de l'Église sont inversées, érigeant la dimension canonique et juridique – autrement dit, un certain positivisme juridique – en critère suprême. De plus, on constate parfois un manque de connaissance historique concernant la pratique de l'Église en matière d'ordinations épiscopales. La désobéissance est ainsi trop facilement assimilée au schisme. Les critères de communion épiscopale avec le Pape, et par conséquent la compréhension de ce qui constitue véritablement un schisme, sont envisagés de manière excessivement unilatérale par rapport à la pratique et à la conception que l'Église avait d'elle-même à l'époque patristique, au temps des Pères de l'Église.

Dans ce débat, de nouveaux quasi-dogmes, absents du Dépôt de la foi, sont établis . Ces quasi-dogmes affirment que le consentement du pape à la consécration d'un évêque est de droit divin et qu'une consécration effectuée sans ce consentement, voire contre une interdiction papale, constitue en soi un acte schismatique. Or, la pratique et la compréhension de l'Église, tant à l'époque des Pères de l'Église que pendant une longue période ultérieure, s'opposent à cette conception. De plus, il n'existe pas d'opinion unanime sur ce point parmi les théologiens reconnus de la tradition bicentenaire de l'Église. Des siècles de pratique ecclésiale, ainsi que le droit canonique traditionnel, s'opposent également à de telles affirmations absolutisantes. Selon le Code de droit canonique de 1917, une consécration épiscopale effectuée contre la volonté du pape n'était pas punie d'excommunication, mais seulement de suspension. Par là, l'Église a clairement manifesté qu'elle ne considérait pas un tel acte comme schismatique.

L'acceptation de la primauté papale comme vérité révélée est souvent confondue avec les formes concrètes – qui ont évolué au fil de l'histoire – par lesquelles un évêque exprime son unité hiérarchique avec le pape. Croire en la primauté papale, reconnaître le pape actuel, adhérer à l'enseignement infaillible et définitif de l'Église et observer la validité de la liturgie sacramentelle relèvent du droit divin. Cependant, une conception réductrice qui assimile la désobéissance à un ordre papal à un schisme – même en cas de consécration d'un évêque contre son gré – était étrangère aux Pères de l'Église et au droit canonique traditionnel. Par exemple, en 357, saint Athanase désobéit à l'ordre du pape Libère, qui lui enjoignait d'entrer en communion hiérarchique avec l'immense majorité de l'épiscopat, laquelle était en réalité arienne ou semi-arienne. Il fut alors excommunié. Dans ce cas précis, saint Athanase a désobéi par amour pour l'Église et pour l'honneur du Siège apostolique, cherchant précisément à préserver la pureté de la doctrine de tout soupçon d'ambiguïté.

Au cours du premier millénaire de l'histoire de l'Église, les consécrations épiscopales se faisaient généralement sans autorisation papale formelle, et les candidats n'étaient pas tenus d'obtenir l'approbation du pape. Le premier règlement canonique sur les consécrations épiscopales, édicté par un concile œcuménique, fut celui de Nicée en 325, qui exigeait qu'un nouvel évêque soit consacré avec le consentement de la majorité des évêques de la province. Peu avant sa mort, durant une période de confusion doctrinale, saint Athanase choisit et consacra personnellement son successeur, saint Pierre d'Alexandrie, afin de s'assurer qu'aucun candidat inapte ou faible n'accède à l'épiscopat. De même, en 1977, le Serviteur de Dieu, le cardinal Iosif Slipyj, consacra secrètement trois évêques à Rome sans l'approbation du pape Paul VI, pleinement conscient que ce dernier ne le permettrait pas en raison de l'Ostpolitik alors en vigueur au Vatican. Lorsque Rome eut connaissance de ces consécrations secrètes, la peine d'excommunication ne fut cependant pas appliquée.

Pour éviter tout malentendu, dans des circonstances normales — et lorsqu’il n’y a ni confusion doctrinale ni période de persécution extraordinaire —, il faut bien sûr faire tout son possible pour observer les normes canoniques de l’Église et obéir au Pape dans ses justes injonctions, afin de préserver l’unité ecclésiastique de manière à la fois plus efficace et plus visible.

La situation actuelle de l'Église peut être illustrée par la parabole suivante : un incendie se déclare dans une grande maison. Le chef des pompiers n'autorise que l'utilisation de nouveaux équipements, bien qu'il soit prouvé qu'ils sont moins efficaces que les anciens, qui ont fait leurs preuves. Un groupe de pompiers désobéit et continue d'utiliser les équipements éprouvés ; et, de fait, le feu est circonscrit en de nombreux endroits. Pourtant, ces pompiers sont qualifiés de désobéissants et de schismatiques, et ils sont punis.

Pour filer la métaphore : le chef des pompiers n’autorise que les pompiers qui reconnaissent le nouvel équipement, respectent les nouvelles règles de lutte contre les incendies et se conforment au nouveau règlement de la caserne. Mais face à l’ampleur manifeste de l’incendie, à la lutte acharnée qu’il suscite et à l’insuffisance de l’équipe officielle, d’autres volontaires – malgré l’interdiction du chef – interviennent avec dévouement, compétence, savoir-faire et bonne volonté, contribuant ainsi au succès de l’opération menée par le chef des pompiers.

Face à un comportement aussi rigide et incompréhensible, deux explications possibles se présentent : soit le chef des pompiers nie la gravité de l’incendie, un peu comme dans la comédie française Tout va très bien, Madame la Marquise ! ; soit, en réalité, le chef des pompiers souhaite que de larges parties de la maison brûlent, afin qu’elle puisse être reconstruite ultérieurement selon un nouveau plan.

La crise actuelle liée aux consécrations épiscopales annoncées – mais non encore approuvées – au sein de la FSSPX expose, aux yeux de toute l’Église, une plaie qui couve depuis plus de soixante ans. Cette plaie peut être comparée à un cancer ecclésial, plus précisément au cancer ecclésial des ambiguïtés doctrinales et liturgiques.

Récemment, un excellent article a paru sur le blog Rorate Caeli, d'une rare clarté théologique et d'une grande honnêteté intellectuelle, sous le titre : « La longue ombre de Vatican II : l'ambiguïté comme cancer ecclésial » ( Canon de Shaftesbury : Rorate Caeli, 10 février 2026 ). Le problème fondamental de certaines déclarations ambiguës du Concile Vatican II réside dans le fait que ce dernier a privilégié un ton pastoral à la précision doctrinale. On ne peut qu'approuver l'auteur lorsqu'il affirme :

« Le problème n’est pas que Vatican II ait été hérétique. Le problème, c’est son ambiguïté. Et c’est dans cette ambiguïté que nous avons vu germer les germes de la confusion, qui ont donné naissance à certains des développements théologiques les plus troublants de l’histoire moderne de l’Église. Lorsque l’Église s’exprime en termes vagues, même involontairement, ce sont des âmes qui sont en jeu. »

L'auteur poursuit :

« Lorsqu’un « développement » doctrinal semble contredire ce qui a précédé, ou lorsqu’il nécessite des décennies de gymnastique théologique pour se réconcilier avec l’enseignement magistériel antérieur, nous devons nous demander : s’agit-il d’un développement, ou d’une rupture déguisée en développement ? » (Chanoine de Shaftesbury : Rorate Caeli, 10 février 2026).

On peut raisonnablement supposer que la FSSPX ne désire rien de plus que d'aider l'Église à sortir de cette ambiguïté doctrinale et liturgique et à retrouver sa clarté salvatrice et éternelle, tout comme le Magistère de l'Église, sous la conduite des Papes, l'a fait sans équivoque tout au long de l'histoire après chaque crise marquée par la confusion et l'ambiguïté doctrinales.

En réalité, le Saint-Siège devrait être reconnaissant envers la FSSPX, car elle est actuellement quasiment la seule entité ecclésiastique majeure à dénoncer ouvertement et publiquement l'existence d'éléments ambigus et trompeurs dans certaines déclarations du Concile et du Novus Ordo Missae . Dans cette démarche, la FSSPX est guidée par un amour sincère pour l'Église : si elle n'aimait pas l'Église, le Pape et les âmes, elle n'entreprendrait pas cette œuvre, ni ne dialoguerait avec les autorités romaines – et sa vie serait sans aucun doute plus facile.

Les paroles suivantes de l'archevêque Marcel Lefebvre sont profondément émouvantes et reflètent l'attitude de la direction actuelle et de la plupart des membres de la FSSPX :

« Nous croyons en Pierre, nous croyons au Successeur de Pierre ! Mais comme le dit si bien le pape Pie IX dans sa constitution dogmatique, le pape a reçu le Saint-Esprit non pour créer de nouvelles vérités, mais pour nous maintenir dans la foi de tous les temps. Telle est la définition du pape donnée par Pie IX lors du premier concile Vatican I. C’est pourquoi nous sommes persuadés qu’en conservant ces traditions, nous manifestons notre amour, notre docilité, notre obéissance au Successeur de Pierre. Nous ne pouvons rester indifférents face à la dégradation de la foi, des mœurs et de la liturgie. C’est hors de question ! Nous ne voulons pas nous séparer de l’Église ; au contraire, nous voulons qu’elle continue ! »

Si quelqu'un considère ses difficultés avec le Pape comme l'une de ses plus grandes souffrances spirituelles, cela prouve sans équivoque l'absence d'intentions schismatiques. Les véritables schismatiques se vantent même de leur séparation du Siège apostolique. Jamais ils n'imploreraient humblement le Pape de reconnaître leurs évêques.

En quoi les paroles suivantes de l'archevêque Marcel Lefebvre sont-elles véritablement catholiques ?

« Nous le regrettons infiniment, c’est une immense douleur pour nous, de penser que nous sommes en difficulté avec Rome à cause de notre foi ! Comment est-ce possible ? C’est quelque chose qui dépasse l’entendement, que nous n’aurions jamais dû pouvoir imaginer, que nous n’aurions jamais dû pouvoir croire, surtout dans notre enfance – alors que tout était uniforme, que toute l’Église croyait en son unité générale et professait la même foi, les mêmes sacrements, le même sacrifice de la messe, le même catéchisme. »

Il nous faut examiner avec honnêteté les ambiguïtés manifestes concernant la liberté religieuse, l’œcuménisme et la collégialité, ainsi que les imprécisions doctrinales du Novus Ordo Missae . À cet égard, il convient de lire l’ ouvrage récemment paru de l’archimandrite Boniface Luykx, consultant conciliaire et éminent liturgiste, intitulé avec éloquence « Une vision plus large de Vatican II. Souvenirs et analyse d’un consulteur conciliaire ».

Comme l'a dit G.K. Chesterton : « En entrant dans l'Église, on nous demande d'ôter notre chapeau, non notre tête. » Ce serait une tragédie si la FSSPX était complètement exclue, et la responsabilité d'une telle division incomberait avant tout au Saint-Siège. Le Saint-Siège devrait accueillir la FSSPX, en lui offrant au moins un minimum d'intégration ecclésiale, puis poursuivre le dialogue doctrinal. Le Saint-Siège a fait preuve d'une générosité remarquable envers le Parti communiste chinois, en lui permettant de choisir des candidats à l'épiscopat ; pourtant, ses propres enfants, les milliers de fidèles de la FSSPX, sont traités comme des citoyens de seconde zone.

La FSSPX devrait être autorisée à apporter une contribution théologique afin de clarifier, compléter et, le cas échéant, corriger les passages des textes du Concile Vatican II qui soulèvent des doutes et des difficultés doctrinales. Il convient également de tenir compte du fait que, dans ces textes, le Magistère de l’Église n’a pas entendu se prononcer par des définitions dogmatiques empreintes d’infaillibilité (cf. Paul VI, Audience générale , 12 janvier 1966 ).

La FSSPX prononce exactement la même Professio fidei que celle des Pères du Concile Vatican II, connue sous le nom de Professio fidei tridentino-vaticane . Si, selon les paroles explicites du pape Paul VI, le Concile Vatican II n'a présenté aucune doctrine définitive, ni n'a eu l'intention de le faire, et si la foi de l'Église demeure la même avant, pendant et après le Concile, pourquoi la profession de foi valable dans l'Église jusqu'en 1967 ne serait-elle plus considérée comme une marque de la véritable foi catholique ?

Pourtant, la profession de foi tridentine-vaticane est jugée insuffisante par le Saint-Siège pour la FSSPX. Cette profession de foi ne constituerait-elle pas, en réalité, le minimum requis pour la communion ecclésiale ? Si tel n’est pas le cas, qu’est-ce qui, honnêtement, pourrait constituer un minimum ? La FSSPX est tenue, comme condition sine qua non , de prononcer une profession de foi par laquelle elle accepte les enseignements pastoraux, et non définitifs, du dernier concile et du magistère subséquent. Si telle est véritablement cette prétendue « exigence minimale », alors le cardinal Victor Fernández semble jouer avec les mots !

Le pape Léon XIV a déclaré, lors des vêpres œcuméniques du 25 janvier 2026, à la clôture de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, qu’une unité existe déjà entre catholiques et chrétiens non catholiques, car ils partagent le minimum de la foi chrétienne : « Nous partageons la même foi en un seul Dieu, le Père de tous les hommes ; nous confessons ensemble un seul Seigneur et vrai Fils de Dieu, Jésus-Christ, et un seul Esprit Saint, qui nous inspire et nous pousse à la pleine unité et au témoignage commun de l’Évangile » ( Lettre apostolique In Unitate Fidei , 23 novembre 2025, p. 12). Il a ajouté : « Nous sommes un ! Nous le sommes déjà ! Reconnaissons-le, vivons-le et rendons-le visible ! »

Comment cette déclaration peut-elle être conciliée avec l'affirmation faite par des représentants du Saint-Siège et certains hauts dignitaires du clergé selon laquelle la FSSPX n'est pas doctrinalement unie à l'Église, étant donné que la FSSPX professe la Professio fidei des Pères du Concile Vatican II — la Professio fidei tridentine-vaticane ?

L’octroi de nouvelles mesures pastorales provisoires à la FSSPX pour le bien spirituel de tant de fidèles catholiques exemplaires témoignerait profondément de la charité pastorale du Successeur de Pierre. Ce faisant, le pape Léon XIV ouvrirait son cœur paternel à ces catholiques qui, d’une certaine manière, vivent en marge de l’Église, leur permettant de ressentir que le Siège apostolique est véritablement une Mère, y compris pour la FSSPX.

Les paroles du pape Benoît XVI devraient éveiller la conscience de ceux qui, au Vatican, décideront d'autoriser les consécrations épiscopales pour la FSSPX. Il nous rappelle :

« En repensant au passé, aux divisions qui, au cours des siècles, ont déchiré le Corps du Christ, on a constamment l’impression qu’aux moments critiques où ces divisions se manifestaient, les responsables de l’Église n’ont pas fait assez pour maintenir ou retrouver la réconciliation et l’unité. On a l’impression que les omissions de l’Église ont porté une part de responsabilité dans le durcissement de ces divisions. Ce regard sur le passé nous impose aujourd’hui une obligation : celle de tout mettre en œuvre pour que tous ceux qui désirent véritablement l’unité puissent y demeurer ou la retrouver. » ( Lettre aux évêques à l’occasion de la publication de la Lettre apostolique « motu proprio data » Summorum Pontificum sur l’usage de la liturgie romaine avant la réforme de 1970 , 7 juillet 2007)

« Peut-on rester totalement indifférent à une communauté qui compte 491 prêtres, 215 séminaristes, 6 séminaires, 88 écoles, 2 instituts universitaires, 117 frères religieux, 164 sœurs religieuses et des milliers de fidèles laïcs ? Devons-nous les laisser s’éloigner de plus en plus de l’Église ? Et la grande Église ne devrait-elle pas, elle aussi, se montrer généreuse, consciente de son immense étendue, consciente de la promesse qui lui a été faite ? » ( Lettre aux évêques de l’Église catholique concernant la levée de l’excommunication des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre , 10 mars 2009). [1]

Des mesures pastorales provisoires et minimales pour la FSSPX, entreprises pour le bien spirituel de ses milliers de fidèles à travers le monde – y compris un mandat pontifical pour les consécrations épiscopales – permettraient de créer les conditions nécessaires pour dissiper sereinement les malentendus, les questions et les doutes d’ordre doctrinal suscités par certaines déclarations des documents du Concile Vatican II et du Magistère pontifical subséquent. Parallèlement, ces mesures offriraient à la FSSPX l’opportunité de contribuer de manière constructive au bien de toute l’Église, tout en maintenant une distinction claire entre ce qui relève de la foi divinement révélée et de la doctrine définitivement proposée par le Magistère, et ce qui, ayant un caractère essentiellement pastoral dans des circonstances historiques particulières, est donc ouvert à une étude théologique approfondie, comme cela a toujours été la pratique au sein de l’Église.

Soucieux de l’unité de l’Église et du bien spirituel de tant d’âmes, je lance un appel empreint de respect et de charité fraternelle à notre Saint-Père le pape Léon XIV :

Très Saint-Père, accordez le mandat apostolique pour les consécrations épiscopales de la FSSPX. Vous êtes aussi le père de vos nombreux fils et filles – deux générations de fidèles qui, jusqu'à présent, ont été pris en charge par la FSSPX, qui aiment le Pape et qui aspirent à être de véritables fils et filles de l'Église romaine. Aussi, tenez-vous à l'écart des partis pris et, avec un grand esprit paternel et un esprit véritablement augustinien, montrez que vous bâtissez des ponts, comme vous l'avez promis devant le monde entier lors de votre première bénédiction après votre élection. Ne laissez pas l'histoire de l'Église vous marquer comme celui qui a échoué à construire ce pont – un pont qui aurait pu être bâti en ce moment véritablement providentiel, avec une volonté généreuse – et qui, au contraire, a permis une division supplémentaire, inutile et douloureuse, au sein de l'Église, alors même que se déroulaient des processus synodaux se targuant d'une ampleur pastorale et d'une inclusivité ecclésiale maximales. Comme Votre Sainteté l’a récemment souligné : « Engageons-nous à développer davantage les pratiques synodales œcuméniques et à partager entre nous qui nous sommes, ce que nous faisons et ce que nous enseignons (cf. François, Pour une Église synodale, 24 novembre 2024) » ( Homélie du pape Léon XIV , Vêpres œcuméniques pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens , 25 janvier 2026).

Très Saint-Père, si vous accordez le mandat apostolique pour les consécrations épiscopales de la FSSPX, l'Église de notre temps n'y perdra rien. Vous serez un véritable bâtisseur de ponts, et plus encore, un bâtisseur de ponts exemplaire, car vous êtes le Souverain Pontife, Summus Pontifex .

+ Athanasius Schneider, évêque auxiliaire de l'archidiocèse de Sainte-Marie d'Astana

24 février 2026

images/icones/carnet.gif  ( 996538 )correction de détail par sylvquin (2026-02-25 06:27:59) 
[en réponse à 996518]

Dans le troisième paragraphe de la lettre de Mgr Schneider, au troisième paragraphe, l'expression "the Church’s two-thousand-year tradition" est traduite "la tradition bicentenaire de l'Église".

Évidemment, la bonne traduction est "la tradition bimillénaire de l'Église"
images/icones/bravo.gif  ( 996545 )Très belle lettre ! par Jean-Paul PARFU (2026-02-25 15:18:10) 
[en réponse à 996518]

Tout est dit et bien dit !
images/icones/carnet.gif  ( 996674 )Sacres sans mandat du pape par Franciscus (2026-03-02 16:15:05) 
[en réponse à 996518]

On peut lire que le cardinal Slipyj s'est conformé au canon gréco-catholique pour sacrer des évêques sans le mandat de Paul VI.
1) Pourquoi Paul VI n'aurait-il pas donné de mandat : est-ce en raison de l'ostpolitik d'alors?
2) le canon gréco-catholique permet-il cela ?
3) la cause en béatification de ce cardinal est ouverte.
Merci d'avance pour les explications.
images/icones/hein.gif  ( 996766 )Je n'ai toujours rien trouvé sur cette question des sacres sans mandat pontifical par Franciscus (2026-03-06 08:23:37) 
[en réponse à 996674]

par le cardinal Slipyi.
images/icones/carnet.gif  ( 996528 )Bravo par JFB33 (2026-02-24 20:10:35) 
[en réponse à 996517]

On aurait préféré que d'autres évêques ou cardinaux raisonnent aussi de cette manière envers Rome, comme Sarah.
Pour le moment rien ne le laisse y croire, ça semble même être l'inverse.
Cependant pour avoir écouté certaines de ces prêches, je ne suis pas vraiment étonné. Il a un côté libéral amoindri mais il a un côté libéral quand même.
Dommage.
En UDP pour l'unité de l'Eglise
images/icones/1n.gif  ( 996566 )Trop violent JFB par gguivarch (2026-02-25 22:49:07) 
[en réponse à 996528]

Là si ce n'est pas un jugement c'est au moins une condamnation...


Il a un côté libéral amoindri mais il a un côté libéral quand même.



Libéral, le terme est fort non ? Que vous n'approuviez pas tout je peux l'entendre, mais ressortir ce slogan de "libéral" me paraît au mieux inapproprié...
images/icones/iphone.jpg  ( 996531 )Impressionnant ! par Capucin (2026-02-24 21:02:18) 
[en réponse à 996517]

Merci Mgr Schneider !
Et bon Carême à tous.
images/icones/colombe2.png  ( 996532 )un vibrant appel à la paix par Luc Perrin (2026-02-24 21:38:46) 
[en réponse à 996531]

il y a encore en Occident et dans l'Église des hommes et des évêques épris de paix et de réelle fraternité.

Merci Monseigneur Schneider.

Et les autres parmi les évêques, les cardinaux, les prêtres, les religieux et religieuses, les laïcs ...
images/icones/carnet.gif  ( 996533 )Sur les minima nécessaires à la pleine communion par Gaudium (2026-02-24 21:41:49) 
[en réponse à 996517]

Il n'est pas inutile de rappeler ce qu'écrivait Benoît XVI en 2009 dans sa lettre aux évêques au sujet de la levée des excommunications : "on ne peut geler l’autorité magistérielle de l’Église à l’année 1962 – ceci doit être bien clair pour la Fraternité".
images/icones/iphone.jpg  ( 996535 )La pleine communion par Signo (2026-02-24 22:21:24) 
[en réponse à 996533]

…repose sur la confession de la foi catholique orthodoxe, c’est à dire le Christ vrai Dieu et vrai homme, le Credo, les articles de foi, sur les sacrements et dans le lien hiérarchique qui peut être très lâche et n’est pas exclusif de désaccords sur certains points secondaires.

Saint Cyprien de Carthage s’opposait à la doctrine du pape Étienne sur la validité du baptême des hérétiques. Et pourtant cela ne l’empêchait nullement d’être en communion avec Rome, d’être un des plus grands saints et Pères de l’Eglise antique. Mentionné au canon de la Messe…

L’Eglise n’est pas une caserne. Comme le disait le magistère infaillible de notre regretté pape François: «Si l’Église place un douanier à la porte, ce n’est plus l’Église du Christ».

Donc oui les clercs et fidèles de la FSSPX sont catholiques et leur place est à l’intérieur de l’Eglise. Je me retrouve totalement dans la position défendue par Mgr Schneider.
images/icones/idee.gif  ( 996539 )bien sûr Gaudium mais Mgr Fellay n'a-t-il pas déclaré par Luc Perrin (2026-02-25 10:17:52) 
[en réponse à 996533]

vers 2000, sauf erreur ou 2001, que la FSSPX acceptait ... "95% de Vatican II", ce qui est énormément plus que bien des évêques et cardinaux en pleine communion, une masse de prêtres en Occident et une pléthore de fidèles en Occident de même.

La position a pu changer depuis mais il n'y a pas eu rejet automatique jusqu'à présent du moins du Magistère post 1962, à ma connaissance.

Le voeu de paix de Mgr Schneider est en tout point évangélique et pleinement catholique.
images/icones/hein.gif  ( 996550 )Que reste-t-il aujourd'hui des 95% ? par DumVolviturOrbis (2026-02-25 18:42:16) 
[en réponse à 996539]

Dans les dernières communications de la FSSPX transparait de plus en plus un rejet massif de Vatican II et de tout ce qui suit. On touche certainement ici le point de non-retour qui est en train de s'opérer.

J'en veux pour preuve ce texte qui a beaucoup circulé ces derniers temps : Ordre et juridiction : inanité de l’accusation de schisme.

Sans en être certain, il me semble que ce texte a été écrit par l'abbé Gleize. Peu importe. Mais toujours est-il que la personne qui l'a rédigé essaye de faire la démonstration suivante : selon Lumen Gentium, Christus Dominus et le Code de Droit Canon de 1983, :

une consécration épiscopale accomplie contre la volonté du Pape serait nécessairement un acte schismatique.



L'auteur du document ajoute ensuite :

Cette argumentation, qui voudrait conclure que seraient schismatiques les consécrations épiscopales à venir au sein de la Fraternité, repose tout entière sur le postulat du Concile Vatican II selon lequel la consécration épiscopale donne à la fois le pouvoir d’ordre et celui de juridiction.



Donc, cette idée venant de Vatican II, il faut tout rejeter en bloc.

Mon propos ici n'est pas de commenter ce texte. Cela a déjà été fait ailleurs. Et le Père de Blignières a tout dit à sujet.
Mais le rejet en bloc, de manière de plus en plus fanatique, de Vatican II et des textes de l'"Eglise conciliaire" commence vraiment à devenir problématique et pousse la FSSPX à aller droit vers les sacres...
images/icones/iphone.jpg  ( 996552 )Vous ne vous arrêtez donc jamais ? par Capucin (2026-02-25 19:21:04) 
[en réponse à 996550]

Même pendant le carême ?

Il faudrait peut-être mettre un peu le frein sur vos interventions anti-FSSPX.

Cela va finir par vous faire physiquement du mal. Quand on a une cible comme vous le faites, c’est surtout vous qui finirez par en pâtir. Redescendez un instant. Vous devriez mettre un peu d’humilité dans vos assertions sûres d’elles-mêmes.

Le fanatisme je le vois surtout chez vous. Pourtant je ne vous connais pas mais c’est l’image qui transparaît de vos écrits.

Il n’en demeure pas moins que je vous souhaite un saint et bon carême.
images/icones/carnet.gif  ( 996556 )« To see what is in front of one’s nose needs a constant struggle. » Orwell par DumVolviturOrbis (2026-02-25 20:11:29) 
[en réponse à 996552]

Il me semble que ce Forum n'est pas un groupe de discussion exclusif de la FSSPX.
Nous sommes nombreux ici à considérer que le 1er juillet marquera un tournant dans l'histoire de la Tradition. Merci de tolérer ceux qui considèrent que la position actuelle de la FSSPX est préoccupante.

Si vous ne supportez pas ce que j'écris rien ne vous oblige de le lire. En revanche la bienséance voudrait que chacun respecte les opinions qui peuvent s'exprimer ici. Sans esprit sectaire.

Mais je ne vous en veux pas. Tout cela me fait rire, bien que je sois très préoccupé par l'absence totale de prise de recul d'une grande part des fidèles de la FSSPX sur ce sujet.

Bon Carême à vous !
 ( 996557 )Mais en fait .. par Jean-Gab (2026-02-25 20:19:00) 
[en réponse à 996556]

.. on n’a pas l’impression que ça vous affecte tellement.
Je vous verrai bien dans un film où vous jouez un pharisien, attendant avec 230 de tension que Jesus dise qu’il est le Fils de Dieu et déchirer vos vêtements en hurlant au blasphème.

Vous avez eu ces derniers jours des arguments, des exemples, venant même de prelats ou prêtres qui n’ont rien à voir avec la FSSPX.
Ceux ci démontrent qu’il n’y aura ni péché ni schisme mais vous déchirez quand même vos vêtements en hurlant à l’excommunication ..

Du calme ..
Union de prières
images/icones/1d.gif  ( 996569 )Non mais vous rigolez ? par Pétrarque (2026-02-26 06:56:56) 
[en réponse à 996556]


Mais je ne vous en veux pas. Tout cela me fait rire, bien que je sois très préoccupé par l'absence totale de prise de recul d'une grande part des fidèles de la FSSPX sur ce sujet.



Et vous osez parler de tolérance ?

Vous n'avez pas peur qu'il vous tombe un oeil ?

Vous êtes le premier à faire gicler les hyperboles et les superlatifs excommuniants sur ce forum depuis 3 semaines, et vous venez nous causer tolérance ?

Attendez le 1er juillet tranquillement, il est encore bien tôt pour sonner le tocsin.
images/icones/carnet.gif  ( 996553 )95% par JFB33 (2026-02-25 19:45:48) 
[en réponse à 996539]

Où avez-vous trouvé ce chiffre de 95% ?
C'est bien la première fois que j'entends çà
images/icones/iphone.jpg  ( 996554 )Source des 95% par Signo (2026-02-25 19:50:25) 
[en réponse à 996553]

Clic
images/icones/carnet.gif  ( 996558 )À remettre dans le contexte du texte par JFB33 (2026-02-25 20:22:14) 
[en réponse à 996554]

Merci.
C'est toutefois à remettre dans le contexte du texte ici :


Remise en question que vous continuez de souhaiter ?
– Cela donne l’impression que nous rejetons tout de Vatican II. Or, nous en gardons 95%. C’est plus à un esprit que nous nous opposons, à une attitude devant le changement porté comme postulat : tout change dans le monde, donc l’Eglise doit changer. Il y a là un sujet de discussion, car il est indéniable que l’Eglise a perdu ce dernier demi-siècle une influence formidable. Elle a encore une influence, mais en tant qu’institution ; l’influence réelle, celle des évêques par exemple, est très faible. L’Eglise en prend conscience, mais elle fait comme si elle n’avait plus la solution. Sa parole n’est plus claire. Regardez la réaction au moment de Dominus Jesus !

C’était une « parole claire », pourtant, non ?
– Non. Il y a dans le texte des choses claires, et c’est contre elles que les « progressistes » ont réagi. Mais les formulations extrêmement fortes, auxquelles on n’était plus habitué et qui m’ont fait plaisir, sont modérées presque à chaque phrase par des apports du concile.

Ces formulations sont-elles pour vous un signe que Rome se rapproche progressivement de vos positions ?
– Je n’en suis pas sûr, précisément à cause du mélange. On a vraiment l’impression que Rome, pour maintenir l’unité dans l’Eglise, est obligée de ménager la chèvre et le chou.



Mais on comprend mieux pourquoi avec de tels propos il ne faisait pas vraiment l'unanimité à l'époque.
images/icones/carnet.gif  ( 996559 )La position de Mgr Lefebvre par JFB33 (2026-02-25 20:47:12) 
[en réponse à 996554]

Est quand même assez différente.
Certes il ne parle pas directement des textes mais çà donne une idée

Dans une réponse à un journaliste en 1991, Monseigneur Lefebvre discute avec quelqu’un qu’il connaît depuis le concile et lui demande si l’on peut réellement trouver des résultats positifs issus de Vatican II et des réformes qui en découlent.
Il dit notamment :

« Regarde les résultats du Concile. Peux-tu me montrer quoi que ce soit qui soit bon, qui soit positif ? Dans quel domaine, et de quelle manière, le Concile et les réformes qu’il a produits ont-ils apporté un renouveau extraordinaire dans l’Église" (...) « Il n’y a rien. Tout est négatif. »
images/icones/rose.gif  ( 996568 )on peut lire les propos de Mgr Lefebvre de mille façons par Luc Perrin (2026-02-26 00:47:48) 
[en réponse à 996559]

JFB33 celui qui signe le protocole de mai 1988, celui qui écrit à Rome pour dire que le décret Presbyterorum ordinis est la colonne vertébrale du séminaire d'Écône ... celui qui au Concile, comme Père, a voté contre un nombre très réduit de textes au total et les a tous contresignés pour la promulgation finale par Paul VI.

L'appréciation de Mgr Fellay a certes été rejetée par feu Mgr Williamson, si c'est votre référence...

Les déclarations officielles de la FSSPX et de son fondateur me semblent plus importantes que les propos de table, interviews officieuses et pour vous citer à remettre en contexte. Il meurt le 25 mars 1991, donc ces propos dateraient (quelle source un journaliste ? Quel journal ? d'où vient la citation mystère ?) des derniers moments de sa vie quand les relations avec Rome sont au plus bas.

Contexte et source JFB33 n'est-ce pas.
 ( 996572 )Mgr Lefebvre face au magistère (1988) par Roger (2026-02-26 08:59:40) 
[en réponse à 996568]

Merci cher professeur

Je suggère à tous de relire le texte signé par Mgr Lefebvre en 1988. Certes il s’est rapidement rétracté mais cette rétractation serait due à un différend disciplinaire (le sacre d’un évêque). Elle ne portait pas sur le volet doctrinal qui donc peut encore être pris en considération



Moi, Marcel Lefebvre, archevêque-évêque émérite de Tulle, ainsi que les membres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X par moi fondée :
1) Nous promettons d’être toujours fidèles à l’Église catholique et au Pontife romain, son Pasteur Suprême, Vicaire du Christ, Successeur du Bienheureux Pierre dans sa primauté et Chef du corps des évêques.
2) Nous déclarons accepter la doctrine contenue dans le n. 25 de la Constitution dogmatique « Lumen Gentium » du concile Vatican II sur le Magistère ecclésiastique et l’adhésion qui lui est due.
3) A propos de certains points enseignés par le concile Vatican II ou concernant les réformes postérieures de la liturgie et du droit, et qui nous paraissent difficilement conciliables avec la Tradition, nous nous engageons à avoir une attitude positive d’étude et de communication avec le Siège apostolique, en évitant toute polémique.
4) Nous déclarons en outre reconnaître la validité du Sacrifice de la messe et des sacrements célébrés avec l’intention de faire ce que fait l’Église et selon les rites indiqués dans les éditions typiques du missel romain et des rituels des sacrements promulgués par les papes Paul VI et Jean-Paul II.
5) Enfin nous promettons de respecter la discipline commune de l’Église et les lois ecclésiastiques, spécialement celles contenues dans le Code de Droit canonique promulgué par le pape Jean-Paul II, restant sauve la discipline spéciale concédée à la Fraternité par une loi particulière.
images/icones/iphone.jpg  ( 996575 )Voilà un texte par Signo (2026-02-26 10:58:36) 
[en réponse à 996572]

Qui pourrait servir de base à une régularisation de la Fraternité, avant même l’ouverture de discussions doctrinales plus approfondies.
images/icones/carnet.gif  ( 996578 )Accord minimaliste qui serait bienvenu par Gaudium (2026-02-26 12:19:40) 
[en réponse à 996575]

Effectivement, un texte de ce type, à dessein minimaliste, qui n'entre pas dans le détail des controverses mais garantit temporairement l'essentiel (l'acceptation du magistère selon ses divers degrés d'autorité, sans plus de précision, associée à une critique possible du concile qui soit sérieuse et constructive, sans esprit de polémique ; la reconnaissance de la validité des rites réformés, sans aborder la question de la légitimité de certains aspects de la réforme liturgique), pourrait, s'il était proposé par Rome et accepté (et même suggéré !) par la FSSPX, servir de base à l'octroi d'un mandat pontifical concernant la consécration par exemple d'un évêque, ou deux... en attendant que les discussions doctrinales avancent dans la confiance réciproque et aboutissent sur un accord global et définif.

La politique des petits pas. Chaque partie doit surmonter la méfiance qu'inspire l'autre partie et faire le maximum pour éviter une rupture définitive de la communion ecclésiale.
images/icones/carnet.gif  ( 996577 )texte proposé par Mgr Fellay par Réginald (2026-02-26 12:06:40) 
[en réponse à 996572]

Voici le texte qu'avait envoyé Mgr Fellay
I

Nous promettons d’être toujours fidèles à l’Eglise catholique et au Pontife romain, son Pasteur suprême, Vicaire du Christ, successeur de Pierre et chef du Corps des évêques.
II

Nous déclarons accepter les enseignements du Magistère de l’Eglise en matière de foi et de morale, en donnant à chaque affirmation doctrinale le degré d’adhésion requis, selon la doctrine contenue dans le nº 25 de la Constitution dogmatique Lumen Gentium du Concile Vatican II [1].
III – En particulier :

1 – Nous déclarons accepter la doctrine sur le Pontife romain et sur le Collège des évêques, avec son chef, le Pape, enseignée par la Constitution dogmatique Pastor æternus du Concile Vatican I et par la Constitution dogmatique Lumen Gentium du Concile Vatican II, chapitre 3 (De constitutione hierarchica Ecclesiæ et in specie de episcopatu), expliquée et interprétée par la Nota explicativa prævia à ce même chapitre.

2 – Nous reconnaissons l’autorité du Magistère auquel seul est confié la tâche d’interpréter authentiquement la Parole de Dieu écrite ou transmise [2] dans la fidélité à la Tradition, se souvenant que « le Saint Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître, sous sa révélation, une nouvelle doctrine, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et expriment fidèlement la révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le dépôt de la foi » [3].

3 – La Tradition est la transmission vivante de la Révélation « usque ad nos » [4] et l’Eglise dans sa doctrine, dans sa vie et dans son culte, perpétue et transmet à toutes les générations ce qu’elle est et tout ce qu’elle croit. La Tradition progresse dans l’Eglise avec l’assistance du Saint Esprit [5], non comme une nouveauté contraire [6] mais par une meilleure compréhension du depositum fidei [7].

4 – L’entière Tradition de la foi catholique doit être le critère et le guide de la compréhension des enseignements du Concile Vatican II, lequel à son tour éclaire – c’est-à-dire approfondit et explicite ultérieurement – certains aspects de la vie et de la doctrine de l’Eglise, implicitement présents en elle ou non encore formulés conceptuellement [8].

5 – Les affirmations du Concile Vatican II et du Magistère pontifical postérieur relatives à la relation entre l’Eglise catholique et les confessions chrétiennes non-catholiques, ainsi qu’au devoir social de religion et au droit à la liberté religieuse, dont la formulation est difficilement conciliable avec les affirmations doctrinales précédentes du Magistère, doivent être comprises à la lumière de la Tradition entière et ininterrompue, de manière cohérente avec les vérités précédemment enseignées par le Magistère de l’Eglise, sans accepter aucune interprétation de ces affirmations qui puisse porter à exposer la doctrine catholique en opposition ou en rupture avec la Tradition et avec ce Magistère.

6 – C’est pourquoi il est légitime de promouvoir par une légitime discussion l’étude et l’explication théologique d’expressions et de formulations du Concile Vatican II et du Magistère qui a suivi, dans le cas où elles ne paraissent pas conciliables avec le Magistère antérieur de l’Eglise [9].

7 – Nous déclarons reconnaître la validité du sacrifice de la Messe et des Sacrements célébrés avec l’intention de faire ce que fait l’Eglise selon les rites indiqués dans les éditions typiques du Missel romain et des Rituels des Sacrements légitimement promulgués par les papes Paul VI et Jean-Paul II.

8 – En suivant les critères énoncés ci-dessus (III, 5), ainsi que le canon 21 du Code, nous promettons de respecter la discipline commune de l’Eglise et les lois ecclésiastiques, spécialement celles qui sont contenues dans le Code de droit canonique promulgué par le pape Jean-Paul II (1983) et dans le code de droit canon des Eglises orientales promulgué par le même Pontife (1990), restant sauve la discipline à concéder à la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X par une loi particulière.

Cf. aussi la nouvelle formule de la Profession de foi et du Serment de fidélité pour assumer une charge exercée au nom de l’Eglise, 1989 ; cf. CIC cann 749 ; 750, 1et 2 ; 752 ; CCEO cann. 597 ; 598, 1 et 2 ; 599.[↩]
Cf. Pie XII, encyclique Humani Generis.[↩]
Vatican I, Constitution dogmatique, Pastor aeternus, Dz. 3070.[↩]
Concile de Trente, Dz. 1501 : « Toute vérité salutaire et toute règle morale (Mt. XVI, 15) sont contenues dans les livres écrits et dans les traditions non écrites qui, reçues par les Apôtres de la bouche du Christ lui-même ou transmises comme de la main à la main par les Apôtres sous la dictée de l’Esprit Saint, sont parvenues jusqu’à nous. »[↩]
Cf. Concile Vatican II, Constitution dogmatique Dei Verbum, 8 et 9, Denz.4209–4210.[↩]
Vatican I, Constitution dogmatique Dei Filius, Dz. 3020 : « Aussi doit-on toujours retenir le sens des dogmes sacrés que la sainte Mère l’Eglise a déterminé une fois pour toutes, et ne jamais s’en écarter sous le prétexte et au nom d’une intelligence supérieure de ces dogmes. Croissent donc et se multiplient abondamment, dans chacun comme dans tous, chez tous les hommes aussi bien que dans toute l’Eglise, durant le cours des âges et des siècles, l’intelligence, la science et la sagesse ; mais seulement dans le rang qui leur convient, c’est-à-dire dans l’unité du dogme, de sens et de manière de voir (St. Vincent de Lérins, Commonitorium, 28). »[↩]
Vatican I, Constitution dogmatique Dei Filius, Dz. 3011 ; Serment antimoderniste, nº 4 ; Pie XII, Lettre encyclique Humani Generis, Dz 3886 ; Concile Vatican II, Constitution dogmatique Dei Verbum, 10, Dz. 4213.[↩]
Comme par exemple l’enseignement de la sacramentalité de l’épiscopat in Lumen Gentium, nº 21.[↩]
On trouve un parallèle dans l’histoire avec le Décret des Arméniens du Concile de Florence, où la porrection des instruments était indiquée comme matière du sacrement de l’Ordre. Néanmoins les théologiens discutèrent légitimement, même après ce décret, sur l’exactitude d’une telle assertion ; finalement la question fut résolue d’une autre façon par le pape Pie XII.[↩]
images/icones/1h.gif  ( 996580 )Vous oubliez un détail... par Pétrarque (2026-02-26 12:55:09) 
[en réponse à 996572]


Certes il s’est rapidement rétracté mais cette rétractation serait due à un différend disciplinaire (le sacre d’un évêque). Elle ne portait pas sur le volet doctrinal qui donc peut encore être pris en considération



...c'est l'invitation faite par le cardinal Ratzinger à Mgr Lefebvre juste après la signature du protocole d'accord d'accepter la célébration de la nouvelle messe à Saint-Nicolas-du-Chardonnet...

Ce qui, en matière de réveil pénible, a dû représenter le pompon de la pomponnette.


 ( 996616 )Quel argument ! par Roger (2026-02-28 14:51:15) 
[en réponse à 996580]

Un texte a été discuté rédigé et signé… aucune demande reconventionnelle n’était plus admissible
Il n’y avait là aucune raison de dénoncer l’accord ! Il suffisait de respecter ce qui était convenu et de refuser toute demande supplémentaire !


Et dailleurs saint Nic ou pas , une telle demande (si elle a vraiment existé - en avons nous une preuve ?) n’invalide en rien la première partie (doctrinale) de l’accord de 1988)!
images/icones/4a.gif  ( 996619 )Vous ne cessez de rejeter la faute par Jean-Paul PARFU (2026-02-28 16:43:20) 
[en réponse à 996616]

sur Mgr Lefebvre, alors même que l'on vous a moultes fois expliqué que Rome ne donnait pas de réponses claires sur la date et sur les candidats choisis pour être sacrés évêques.

Si le Vatican était prêt à autoriser les sacres d'évêques dans le rite et pour le rite traditionnel, que ne l'a-t-il fait depuis le 5 mai 1988 ?

Cessez un peu ce petit jeu vraiment énervant !
 ( 996641 )Si je vous suis bien cher maître par Roger (2026-03-01 14:18:33) 
[en réponse à 996619]

Le problème rencontré en 1988 portait uniquement sur la date du sacre d’un évêque . Auriez-vous la gentillesse de le confirmer ?

Mais absolument pas sur la partie doctrinale du texte qui ne posait quant à elle aucune difficulté ?

Pourriez vous nous préciser la date à laquelle Mgr Lefebvre a renoncé à appliquer le protocole du 5 mai 1988?
images/icones/fsspx.gif  ( 996642 )La chronologie par Jean-Paul PARFU (2026-03-01 15:05:47) 
[en réponse à 996641]

A partir du 5 mai 1988 est la suivante ici
images/icones/fsspx.gif  ( 996669 )Merci pour cette chronologie par Capucin (2026-03-02 11:34:49) 
[en réponse à 996642]

Qui plus est, on oublie souvent ce point, mais Mgr Lefebvre se savait atteint d'un cancer et cela devait possiblement se savoir à Rome.

On sait bien aujourd'hui - alors que dire de ces années-là - que l'on peut passer rapidement de vie à trépas.

De ce fait, l'indécision de Rome sur les dates et profils des candidats au sacre de l'évêque pressenti a aussi joué dans la balance comme cela est mentionné dans le très beau reportage "un évêque dans la tempête".

https://www.youtube.com/watch?v=TbdGO6UMyUU (quatrième partie ici)

images/icones/fleche3.gif  ( 996951 )"J'accuse le Concile" par JFB33 (2026-03-12 20:25:17) 
[en réponse à 996554]

Il suffit de relire ce livre de Mgr Lefebvre pour comprendre qu'on est très loin des 95%. Le nombre de paragraphes qu'il reprends dans les différents textes du schéma du Concile.
En conclusion des schémas du Concile Mgr Lefebvre s'exprime ainsi :

"Cette constitution pastorale n'est ni pastorale, ni émanée de l'Eglise catholique : elle ne plaît pas les hommes et les chrétiens de la vérité évangélique et apostolique et, d'autre part, jamais l'Eglise n'a parlé ainsi. Cette voix, nous ne pouvons l'écouter, parce qu'elle n'est pas la voix de l'Epouse du Christ. La voix du Christ, notre Berger, nous la connaissons. Celle-ci, nous l'ignorons. Le vêtement est celui des brebis ; la voix n'est pas celle du Berger, mais peut-être celle du loup."