Quentin, le jeune étudiant nationaliste grièvement blessé lors d’une agression à Lyon, est mort
Par Victor Mérat et Paul Sugy
Il y a 22 heures
Le jeune homme a été frappé, jeudi, en marge d’un rassemblement du collectif identitaire Némésis qui protestait contre la venue de Rima Hassan à Sciences Po. La famille dénonce «un meurtre, visiblement en bande organisée», déclare son avocat.
Quentin, l’étudiant nationaliste âgé de 23 ans grièvement blessé jeudi lors d'une agression à Lyon, est mort, a annoncé le parquet de Lyon à l’AFP ce samedi 14 février. «L’enquête se poursuit, elle est conduite dorénavant du chef de coups mortels aggravés, en plus des violences aggravées par trois circonstances», a précisé le parquet dans un communiqué.
Jeudi soir vers 19h40, Quentin D., un jeune militant nationaliste lyonnais de 23 ans, a été pris en charge par les services d’urgence alors qu’il gisait inconscient près du Quai Fulchiron, sur les bords de la Saône dans le Vieux-Lyon. Un ami légèrement blessé lui aussi a prévenu les secours, et fait état d’une agression violente survenue quelques instants plus tôt dans le centre-ville. Pris en charge à l’hôpital Édouard Herriot, Quentin se trouvait depuis en état de «mort cérébrale». Une enquête pour «violences aggravées» avait immédiatement été ouverte par le parquet de Lyon et permettra d’éclaircir davantage les faits.
La famille appelle «au calme et à la retenue»
«Appelant au calme et à la retenue, la famille de Quentin fait confiance aux enquêteurs et à la Justice afin que les responsables de sa mort soient rapidement interpelés et qu’ils aient à en répondre», déclare dans un communiqué de presse ce samedi l’avocat de la famille de Quentin, Me Fabien Rajon. «La famille souhaite dénoncer, en conscience, non seulement des violences volontaires aggravées mais un meurtre, visiblement en bande organisée», ajoute-t-il.
«En effet, un guet-apens, méthodiquement préparé, semblerait bien avoir été tendu à Quentin par des individus organisés et entraînés, en très large surnombre et armés, pour certains le visage masqué, ayant effectué des repérages préalables et disposant a priori de complicités. Ces faits, s’ils sont confirmés par l’enquête, seraient donc éloignés du scénario d’une simple rixe qui aurait mal tourné et ils constituent un crime. Quentin aurait d’ailleurs reçu des coups à la tête et ce alors même qu’il gisait au sol inanimé, les individus s’acharnant sur lui agissant avec une volonté de tuer difficilement discutable, qu’il conviendra néanmoins d’approfondir durant les investigations», poursuit Maître Rajon.
De très nombreuses réactions politiques
Le drame a déclenché de très nombreuses réactions politiques. «En République, aucune cause, aucune idéologie ne justifieront jamais que l’on tue», a réagi sur X Emmanuel Macron. «Poursuivre, traduire devant la justice et condamner les auteurs de cette ignominie est indispensable. La haine qui assassine n’a pas sa place chez nous. J’appelle au calme, à la retenue et au respect.»
«C’est avec énormément d’émotions et de douleur que j’ai appris le décès de Quentin, militant nationaliste exemplaire qui avait assuré la sécurité de nos militantes de Lyon, a réagi sur X la directrice du collectif identitaire Némésis Alice Cordier. Les mots me manquent, je réalise et prends la responsabilité de cette issue.»
«Un jeune Français, tabassé, massacré, lynché, par les milices d’extrême gauche, dans le quasi-silence médiatique. Terrible reflet d’une époque devenue barbare», a écrit sur le même réseau social le président de l’UDR Éric Ciotti.
LFI pour sa part a condamné «avec la plus grande fermeté toute violence physique», avait déclaré son coordinateur Manuel Bompard. Raphaël Arnault, député LFI, a exprimé «horreur et dégoût» après l’annonce de la mort de Quentin, et dit souhaiter que «toute la lumière soit faite».
Converti au catholicisme
Quentin avait été sollicité, en compagnie d’une quinzaine d’autres militants, pour assurer un service d’ordre informel à proximité de l’IEP de Lyon où l’eurodéputée LFI Rima Hassan donnait une conférence, à laquelle Némésis s’est opposée en déployant une banderole. Plusieurs dizaines de militants antifas ont alors pris à partie violemment les jeunes filles, puis ont poursuivi les militants nationalistes postés non loin, jusqu’à rattraper Quentin et son camarade et les rouer de coups.
Dans un communiqué transmis vendredi soir, Me Fabien Rajon, précisait que «le jeune Quentin n’était ni agent de sécurité, ni membre d’un quelconque service d’ordre et qu’il n’avait aucun antécédent judiciaire», précisant ce dernier point en ces termes : «Quentin n’a jamais été mis en cause dans la moindre affaire et encore moins pour violence par le passé, son casier judiciaire est vierge.»
Engagements religieux plus que politiques
L’avocat de la famille dresse le portrait d’un jeune homme studieux, «étudiant en mathématique de 23 ans, pratiquant le tennis et la philosophie» et assure que «Quentin a toujours défendu ses convictions de manière non-violente». Quentin était originaire de Vienne, dans l’Isère. Il défendait des idées politiques et participait depuis plusieurs années aux activités de groupes nationalistes lyonnais, encore que des témoignages reçus par Le Figaro assurent qu’il en était moins proche ces derniers temps, privilégiant des engagements religieux plutôt que politiques.
Un ami proche de Quentin, Vincent, qui fréquente comme lui la paroisse traditionaliste de la Fraternité Saint-Pierre à la Collégiale Saint-Just de Lyon, décrit au Figaro son ami comme un jeune n’ayant pas reçu d’éducation chrétienne mais s’étant converti au catholicisme il y a quelques années, «sous l’impulsion d’une recherche intellectuelle et spirituelle». Il se rendait souvent à la messe en compagnie de son ami, qui a par ailleurs reçu vendredi matin les derniers sacrements de l’Église par l’abbé Mathieu Grenier, un prêtre de la communauté des Missionnaires de la Miséricorde divine. Quentin avait par ailleurs entraîné sa famille, notamment ses parents, à sa suite sur son chemin de foi, et eux-mêmes se sont convertis au catholicisme. Ses proches indiquent qu’il était «investi dans la vie pastorale, et en particulier au sein de la chorale».
Selon Victor Aubert, président d’Academia Christiana, une organisation catholique et identitaire créée dans le sillage de la Manif Pour Tous, Quentin fréquentait régulièrement les événements d’Academia Christiana, sans être à proprement parler un membre de l’organisation. Ceux qui l’ont croisé dans ce cadre décrivent au Figaro un jeune «en recherche», et en tout cas «non-violent».
https://www.lefigaro.fr/faits-divers/quentin-le-jeune-etudiant-nationaliste-grievement-blesse-lors-d-une-agression-a-lyon-est-mort-20260214