Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=996170
images/icones/colombe2.png  ( 996170 )L'Eglise vit-elle de la Foi des individus, ou par collégialité ? par Glycéra (2026-02-13 16:31:57) 



Le 7 mars 1968 paraît dans l’hebdomadaire Rivarol un article de Mgr Lefebvre intitulé : « Un peu de lumière sur la crise actuelle de l’Eglise ».


Mgr Lefebvre rappelle comment le Christ a demandé à des personnes, les Apôtres, de paître son troupeau et non à une collectivité. Le magistère ne saurait être soumis à des majorités. Sur le plan de l’enseignement comme du gouvernement, la collégialité paralyse l’autorité et affadit le sel de l’Evangile : « Il a fallu arriver à notre temps pour entendre parler de l’Eglise en état de Concile permanent, de l’Eglise en continuelle collégialité. Les résultats ne se sont pas fait attendre longtemps. Tout est sens dessus-dessous : la foi, les mœurs, la discipline ». Les effets se font déjà sentir : « La puissance de résistance de l’Eglise au communisme, à l’hérésie, à l’immoralité a considérablement diminué ».



En effet, c'est la Foi qui est en un individu qui compte pour Dieu.
La Communauté chrétienne permet le renforcement entre frères.
La COmunauté est une société, donc une chose.
L'Etat n'est pa une personne.

L'Eglise est le rassembelemnt des chrétiens, qui chacun sont un avec le Pontife Jésus, et c'est ainsi qu'elle est Le Corps (mystique) du Christ.
L'Eglise se fourvoie quand elle copie les sturctures impériales ou étatiques, et elle en est malade !
Lire l'excellente analyse de Jacques Ellul : La subversion du christianisme.

L'Eglise est malade des mauvais comportements de ses membres.
Elle est Sainte, et martyre par ses membres ... Douloureux !



C'est cet article paru dans Rivarol, étiquetté "pouah", qui valu à Mgr Lefèvre, l'ostracisme des Spiritains, qui l'ont poussé à démissioner de sa charge de Supérieur où il avait été élu six ans plus tôt.

Ecouter ce que racontent certains spiritains maintenant est à pleurer. Pauvre Père Liberman !
Pauvre NOtre-Dame !

Voyons où est la déviation, et soyons patients dans nos tribulations.
Déjà 60 ans que cela est visiblement publiquement étalé.
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 996206 )La Foi et l'Eglise ... qui prime ? l'individu ou l'Eglise ? par Glycéra (2026-02-14 14:31:47) 
[en réponse à 996170]


D'après Romano Guardini, dernier chapitre de "Vie de la Foi"




La Foi (d’un individu) et l’Église (qui a la Foi)

La foi d’un individu est reliée à celle des autres proches : il la reçoit de l’Église (au baptême), il l’instruit par son entourage, il la nourrit par la pratique sacramentelle.

Même foi pour l’Église elle-même, et pour l’individu en elle. Elle est une somme d’individus qui croient. Le fidèle croit, et par elle l’Église croit.

L’individu et la société sont une seule et même substance vivante : l’Église n’est pas seulement devant l’individu, elle est en lui.

Pas besoin de grand nombre : « là ou deux ou trois sont réunis pour mon Nom, Je suis avec eux. »

St Paul associe Foi et baptême. Baptême qui n’est pas seulement admission dans la communauté, mais implantation d’un germe divin dans l’âme. Qui porte fruit comme un greffon sur un vieil arbre, et par le Christ cela prend racine en l’homme baptisé.

L’homme régénéré n’est pas un individu isolé, mais membre d’un Tout, l’Église. L’humanité, communauté des hommes a pris naissance à la Pentecôte de la même manière, instaurant l’histoire chrétienne. C’est renouvelé à chaque acte cultuel d’une vie de paroisse, car le « tout » est en chacun, et chaque individu est ce « tout » s’il oriente son existence vers ce tout qu’est l’Eglise.
Chacun se meut dans la Foi, non isolé des autres : il les entraînent, il entraîne le « tout », même s’il ne s’en rend pas compte. Salut par la communion de saints.

L’individu porte l’Église, mais … elle est aussi sa pesanteur. Elle le porte et l’alourdit. Sa vie le nourrit, et son vide l’exténue. Son étendue élargit son horizon, sa sagesse donne une règle de vie, son formalisme l’ensable, sa froideur le durcit. Toutes les bassesses, duretés, égoïsmes, violences de l’Église pèse sur la foi de l’individu : il a parfois l’impression d’être chargé de porter la cause de Dieu à travers les ténèbres de l’Église en sus de celles du monde.

Les plus aimants et les plus fidèles des croyants ont toujours été ceux qui connaissaient le plus profondément la douloureuse identité de l’enracinement de leur colloque intime avec Dieu.
« Seigneur qu’adviendra-t-il des pécheurs ?» donnait à pleurer à St Dominique.

St Jean noue étroitement Foi et Eucharistie.
Un repas c’est manger ensemble. Jésus parle d’abord de sa Parole, vrai pain. Croire, c’est manger spirituellement. Puis le mot change de signification : Jésus se fait pain ; le pain est une unité de pâte d’une multitude de grains. Manger n’est pas seulement croire, c’est l’accomplissement du Sacrement dans la Foi. Le même Christ qui nourrit chaque individu est aussi la Vie de l’Église. Par lui, l’humanité prise comme un tout peut devenir chrétienne. Dès qu’un homme mange la nourriture sacrée, l’Église se met à vivre en lui, en son voisin, et ainsi de suite.

C’est le vaste ensemble de l’Eglise qui saisit l’individu et l’entraîne sur le Chemin vers Dieu.

Croire n’engage pas seulement un acte, un comportement, mais engage le tréfonds de l’être.
L’être créé peut se mettre en marche vers Dieu. Processus qui vient de Dieu, saisit l’homme, donne à naître de nouveau. Dans ce mystère , il n’y a pas d’existence singulière : Dieu saisit le tout pour atteindre l’individu à travers l’Église, et saisir l’individu pour que l’Église soit.

La foi est vertu théo-logale (Theos + Logos). C’est une vertu, une force de Dieu. Il l’exerce à travers les hommes, il la leur donne, leur infuse, et ils croient.

Mystère de la communauté sur terre, c’est la Foi.
Un jour, dans la Lumoière éternelle, ce mystère se nommera Vision.
Daigne le Seigneur nous y faire participer maintenant et dans les siècles.
images/icones/1b.gif  ( 996207 )Alors, peut-on-"gérer l'Eglise" à la manière des politiques calculateurs ? par Glycéra (2026-02-14 14:39:03) 
[en réponse à 996170]



Question lancinante.

Moi, je dis non !
Cela la détruit.

Comme Judas a fait éclater ce que Jésus a commencé : Judas ne faisait-il pas partie des Zélotes, ces groupuscules extrèmes, qui titillaient les Romains, provoquant des représailles parmi les Hébreux ?
Judas ne poussait-il pas à organiser une restauration d'un royaume Juif ? Répartissant presque les ministères entre les douze apôtres ?

Judas n'était-il pas cet activiste agacé par l'apparente inertie indécise de Jésus ?

Cela se dit : "Si je provoque son arrestation, cela va enfin bouger, Il va manifester sa peuissance et nosu serons enfin rétablis dans le royaume de Juda..."

Raté !
Parce qu'il n'avait rien compris, rien écouté à l'intérieur de lui, bavardant sans cesse à faire des combines et des plans.

Les excitations actuelle autour des demandes de sacres me fait (un peu, beaucoup, le même effet).
N'avons-nous pas vu où cela mène ?
Marie et les soutiens vrais de Jésus se sont tus.
C'est leur silence qui a sauvé l'Eglise à naître.


J'espère avoir partagé des réflexions justes et utiles.
Avec mes espoirs et salutations

Glycéra