Le Forum Catholique

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images/icones/coeur.gif  ( 995338 )Charité coceptuelle ou pratique ? par Quelconque (2026-01-25 13:19:18) 

Entendant le prédicateur faire un sermon sur la Charité, en en ayant que très peu lui-même, je me pose certaines questions: dans nos milieux, la Charité ne serait-elle qu'un enduit de façade, un plafonnage ? Ne serions-nous pas charitables qu'une heure par semaine ? La Charité n'existerait-elle que dans nos livres ou ne serait-elle qu'un concept ?
Je me pose vraiment des questions quand je considère le comportement de certains/beaucoup de chrétiens à la messe.Si je déteste le geste, artificiel, du "donnez-vous la Paix" du NOM, je m'interroge toutefois sur le comportement de mes coreligionnaires à la messe tradie.C'est souvent froid, conventionnel, plein de politesses mais artificiel.
Souvent entendu: "Je prie pour vous, je pense à vous, votre sacrifice est magnifique mais, sous-entendu, ne venez pas sonner à ma porte". Charité de façade ?
De même, "j'aime les belles églises, qui me font prier quand elles sont propres, vivantes et entretenues, mais ne me sortez pas de mon confort".
"La Foi sans les œuvres est une Foi morte", apprenions-nous au catéchisme.
Je rencontre souvent un climat de méfiance, de manque de spontanéité, de simplicité, de mise au service ... Dans nos milieux. Ce n'est peut-être que mon ressenti personnel.
Ne venez pas vous épancher ici, ça ne vaut peut-être pas la peine. Passez surtout un bon dimanche !
images/icones/1b.gif  ( 995339 )Correction par Quelconque (2026-01-25 13:25:32) 
[en réponse à 995338]

Ce n'est pas "coceptuelle, mais "conceptuelle", évidemment.
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 995344 )Lu il y a peu : ne jaugez pas la vertu de celui qui parle, écoutez le contenu ... par Glycéra (2026-01-25 14:42:23) 
[en réponse à 995338]

Est-ce dans le Traité de la Paix intérieure d'Ambroise de Lombez (XVIII°) ou dans des textes plus anciens des mystiques rhénans, je ne sais plus.

Je pioche et médite des extraits ici ou là.

Alors quid pour juger, jauger, peser les actes de Charité de celui qui sermonne ?

Si la paix intérieure en est troublée, c'est qu'il n'est pas bon pour nous d'y penser.

Règle sage de nos vieux curés de campagne d'il y a 70 ans !
Voir si ce qui est dit est juste, c'est tout, et l'applique à notre vie quotidienne.

Voir les bourdes ?
Parfois utile si le calme nous reste, parce exemple pour enseigner à des enfants à voir ce qui est : la différence entre "ce que je dis" et "ce que je fais" ...

Mais en dehors de cette rare nécessité enseignante,stop !
L'idée est : si quelque chose agace, c'est parce que Dieu me montre où j'ai, en moi, quelquechose à rectifier ...

Fais-je toujours ce que je dis ?
Sans grogne intérieure : ce poivre du Diable qui pourrit routes les bonnes oeuvres ?
Alors, si cela aide à corriger mes dérapages, c'est que le message vient du Saint-Esprit ...

Avec mes dominicales salutations
Glycéra
images/icones/coeurbrise.gif  ( 995384 )Pas étonnant par Signo (2026-01-27 08:55:30) 
[en réponse à 995338]


Et parce que l’iniquité abondera, la charité de beaucoup se refroidira.

Matthieu, 24, 12.



Et le R.P. Eugène de Villeurbanne faisait en 1982 le même constat sur le prétendu "traditionalisme":

De tous côtés s’installe la division, se manifestent les colères, de l’orgueil, de l’injustice. Des « traditionalistes » un temps d’accord sur les vérités claires et essentielles de la foi mettent leur honneur à soulever des « problèmes », à raison avoir sur des questions d’importance lointaine pour la vie quotidienne des fidèles. Les intelligences s’estiment traditionalistes mais les cœurs ne le sont plus si jamais ils l’ont été. La charité fraternelle est, elle aussi, une richesse de la Tradition.
« Le danger est grand de se confiner dans un traditionalisme de combat, de concevoir les vérités de la foi comme une occasion de lutte, de coups et de victoire, de considérer la théologie dogmatique comme un arsenal de guerre ou même trop exclusivement comme le moyen de l’illumination de l’intelligence dans l’oubli des yeux du cœur assoiffé d’espérance, avide de goûter les trésors de gloire que renferme l’héritage de Jésus-Christ. Grand est le risque d’accommoder les vérités de Jésus-Christ et les membres de Jésus-Christ à ses propres goûts ; saint Paul nous a appris où cela pouvait conduire.
« La présence des fidèles à notre messe traditionnelle n’est pas une finalité, la foi aux vérités dogmatiques ne l’est pas non plus ; ce qui compte c’est la foi qui opère par la charité et conduit à la charité pour Dieu et à la charité fraternelle. Les institutions chrétiennes, la catéchèse, la théologie ne doivent pas seulement conduire les âmes aux portes d’entrée de l’amour surnaturel ; elles doivent faire progresser dans le domaine illimité des ascensions dans les profondeurs et les altitudes de l’amour de Dieu, dans le dulcor charitatis. Nul ne saurait s’y enfoncer s’il est en désaccord avec ses frères. « Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit ne saurait aimer Dieu qu’il ne voit pas ». Entendons saint Paul nous dire « Du moment qu’il y a parmi vous jalousie et discorde, n’êtes-vous pas charnels et votre conduite n’est-elle pas tout humaine ». Un « traditionalisme » qui a perdu la charité est-il encore traditionnel ? »

Cité par le Combat de la Foi
et par Lecture et Tradition, N° 98,
novembre-décembre 1982, pp. 7-8.



Source
images/icones/interdit.gif  ( 995389 )Comme si... par Pétrarque (2026-01-27 10:32:55) 
[en réponse à 995384]

le défaut de charité était l'apanage des tradis.

J'ai assez navigué dans le marigot conciliaire pour savoir qu'il est aussi pourri de tartufferie que les autres.

Un certain nombre de tradis développent certes une propension au zèle amer et au jugement téméraire, mais de nombreux conciliaires les valent amplement, en particulier dans le registre de la condamnation condescendante, d'un entre-soi pétri de bonne conscience et d'un insupportable conformisme d'espèce.

Exactement les mêmes d'ailleurs que leurs devanciers, qui, au temps où le Père Eugène écrivait ces lignes frappées au coin du bon sens, l'auraient méprisé - voire enfoncé - au nom de la communion ecclésiale et de l'obéissance.

En gros, balle au centre.
images/icones/fleur.gif  ( 995401 )Merci Signo ! par Quelconque (2026-01-27 21:38:34) 
[en réponse à 995384]

J'épingle ce passage très éclairant: « Le danger est grand de se confiner dans un traditionalisme de combat, de concevoir les vérités de la foi comme une occasion de lutte, de coups et de victoire, de considérer la théologie dogmatique comme un arsenal de guerre ou même trop exclusivement comme le moyen de l’illumination de l’intelligence dans l’oubli des yeux du cœur assoiffé d’espérance, avide de goûter les trésors de gloire que renferme l’héritage de Jésus-Christ."

Je ne suis pas victime d'un manque de charité, je constate simplement la carence et le décalage entre les beaux sermons et la réalité.
images/icones/neutre.gif  ( 995386 )La pratique de la liturgie traditionnelle... par Bibracte (2026-01-27 09:59:42) 
[en réponse à 995338]

...résulte dans la grande majorité des cas d'un choix personnel assez fort, en contradiction avec la pratique catholique "classique" ou "par défaut" d'aujourd'hui.

Je juge évidemment que ce choix est bon, mais il comporte un risque pour l'âme : celui de nous laisser croire que nous sommes meilleurs que les autres, de nous pousser à juger la catholicité (ou non) de notre prochain... Sans parler des petites querelles internes au milieu tradi (voire à chaque sous-milieu).