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Cet évêque anti-avortement fait sonner la « cloche des enfants non nés » tous les soirs et crée la polémique
Le tintement quotidien d’une « cloche des enfants non nés » à Sanremo, visant à dénoncer l’avortement, suscite une vive polémique en Italie
20 Minutes
Publié le 06/01/2026
Chaque soir depuis le 28 décembre, les habitants de Sanremo, en Italie, entendent résonner la « cloche des enfants non nés ». Cette initiative, portée par Antonio Suetta, évêque de Vintimille et Sanremo, vise, selon son initiateur, à « commémorer les fœtus avortés », rapporte le Corriere della Sera.
Sur le site du diocèse, le prélat en précise le sens : « Cette cloche naît du désir de donner une voix à ceux qui n’ont pas pu en avoir, de conserver dans le cœur de l’Église le souvenir des enfants non nés en raison de l’avortement. »
Une initiative vivement contestée
À travers ce geste, l’évêque réaffirme ses positions contre la loi 194, adoptée en 1978 et légalisant l’interruption volontaire de grossesse en Italie. « La cloche de la vie sert à rappeler que l’avortement n’est pas un droit mais un crime », a-t-il réaffirmé, ajoutant que les fidèles avaient accueilli favorablement cette initiative.
Mais cette démarche est loin de faire l’unanimité. Si la municipalité de Sanremo n’a pas officiellement réagi, les critiques n’ont pas tardé à émerger sur le plan politique. Le premier à s’exprimer a été Edoardo Verda, conseiller municipal d’Imperia (Parti démocrate), qui a qualifié la cloche des non nés de « choix qui ne parle ni de soin ni d’écoute, mais de culpabilité, et qui transforme la douleur en symbole et le symbole en accusation ». « La santé n’est pas et ne peut pas être un champ de bataille idéologique », a conclu l’élu, médecin de profession.
Une polémique qui dépasse l’échelle locale
Dans le même esprit, Enrico Ioculano, ancien maire de Vintimille et aujourd’hui conseiller régional démocrate, a dénoncé une initiative contraire à la neutralité de l’espace public : « Sanremo n’est pas un État religieux : les cloches doivent à nouveau exprimer le respect et ne pas interférer avec les consciences ». La polémique a rapidement pris une dimension nationale. Cristina Carelli, présidente du réseau national des centres antiviolence D.i.Re (Femmes en réseau contre la violence), a dénoncé une initiative « comparable à la réaction violente de nombreux hommes qui refusent l’affirmation de la liberté des femmes ». Et d’ajouter : « Le fait que cela se produise à l’initiative d’une institution comme l’Église confirme le caractère structurel du phénomène. »
Même ton du côté de Filippo Blengino, secrétaire national des Radicaux italiens, qui a fustigé une offensive idéologique contre les droits des femmes : « Aucun tintement n’effacera une loi conquise par le vote, les luttes et la souffrance de générations de femmes. » Face à la vague de réactions, Antonio Suetta ne fait toutefois aucun pas en arrière. La cloche continuera de sonner chaque soir à 20 heures.
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