CHAPITRE V
PROCESSION DU SAINT-ESPRIT
«C’est la doctrine des saints ; c’est la tradition constante de l’Église catholique. C’est la matière de notre foi : nous le croyons. C’est le sujet de notre espérance nous le verrons. C’est l’objet de notre amour ; car aimer Dieu, c’est aimer en unité le Père et le Fils et le Saint-Esprit ; aimer leur égalité et leur ordre, aimer et ne point confondre leurs opérations, leurs éternelles communications, leurs rapports mutuels et tout ce qui Les fait un, en les faisant trois : parce que le Père, qui est un, et principe immuable d’unité, Se répand, Se communique sans Se diviser.
Et cette union nous est donnée comme le modèle de la nôtre : O Père, qu’ils soient un en nous, comme Vous, Père, êtes en Moi et Moi en Vous, ainsi qu’ils soient un en Nous» (Jean., XVII 21, Médit. sur l’évangile, 25°jour). Trois personnes en un seul Dieu, égales entre elles, mais distinctes par leur rapport d’origine : le Père ne procédant de personne ; le Fils procédant du Père par voie d’entendement, comme la parole procède de la pensée ; le Saint-Esprit procédant du Père et du Fils, par voie de volonté ou d’amour mutuel :
tel est, sur le premier et le plus profond de nos mystères, le dogme catholique dans sa plus simple expression.
Pour défendre sa foi contre les novateurs, l’Église, assemblée successivement à Nicée et à Constantinople, avait ajouté quelques explications au Symbole des apôtres. Excepté les hérétiques, à qui ces explications ne permettaient plus de tromper les fidèles, l’Orient et l’Occident avaient applaudi à cette sage conduite.
Pour tous il était évident que l’Église n’avait rien changé à la doctrine, rien innové ; mais usé du droit de conservation et de légitime défense. Ce qu’elle fit alors, elle l’a toujours fait, elle le fera toujours, lorsque ses dogmes seront attaqués. Tel n’est pas seulement son droit, mais son devoir ; car tel est l’ordre formel de son divin fondateur
La doctrine de l’Église n’est pas sa doctrine : Mea doctrina non est mea. Elle n’en est pas propriétaire, mais dépositaire . Il lui a été dit : « Conservez ce qui vous a été confié et n’a pas été inventé par vous ; ce que vous avez reçu et non imaginé.
Ce n’est pas une chose de génie, mais de doctrine ; ce n’est pas une usurpation de la raison privée, mais une tradition publique. Elle est venue à vous, elle ne vient pas de vous : comme vous n’en êtes pas l’auteur, vous n’avez à son égard que le devoir de gardien «Aussi, gardienne attentive et prudente des dogmes dont le dépôt lui a été confié, elle n’y change jamais rien, elle n’ôte rien, elle n’ajoute rien. Ce qui est nécessaire, elle ne le retranche pas ; ce qui est superflu, elle ne l’admet pas.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde