CHAPITRE IV
(SUITE DU PRÉCÉDENT)
Il résulte de cette lettre que les évêques d’Occident étaient assemblés à Rome, avec le pape Damase, pour détruire l’hérésie de Macédonius, en même temps que les évêques d’Orient l’anathématisaient à Constantinople. Jamais accord plus parfait, jamais unanimité plus grande, jamais condamnation plus solennelle et plus irrévocable.
Frappé de ce coup de foudre, Satan fut de longs siècles sans oser relever la tête et attaquer directement la divinité du Saint-Esprit . Enfin, le retour de son règne arriva.
Avec la Renaissance, on voit reparaître toutes les erreurs et toutes les hérésies qu’on croyait à jamais éteintes ; elles reparaissent même plus subtiles, plus audacieuses et plus complètes que dans l’antiquité.
Ainsi, les sociniens renouvellent, en la développant, l’hérésie de Macédonius. Les auteurs de cette secte furent les deux Socin, oncle et neveu.
Le premier naquit à Sienne en 1525. Malgré les anathèmes du concile de Latran, le rationalisme, alimenté par l’étude fanatique des auteurs païens, envahissait l’Europe. Socin fut nourri dans cette atmosphère empoisonnée.
A peine sorti du collège, il assista, en 1546, au fameux conciliabule de Vicence, où la destruction d u christianisme fut résolue Fidèle aux engagements qu’il y contracta et aux principes de son éducation, le jeune libre penseur employa toute sa vie à renouveler l’arianisme et le macédonianisme, afin de saper le christianisme par sa base.
Né à Sienne, en 1539, le second hérita de l’esprit anticatholique de son oncle et fut un des plus ardents promoteurs de ses hérésies. Il avait moins de vingt ans, que déjà la crainte de l’inquisition lui fit quitter l’Italie.
Il passa en France, de là en Suisse, où il publia ses impiétés. Bientôt l’inquiétude de son esprit, jointe au désir de dogmatiser partout, le conduisit en Pologne. Les lettrés l’accueillirent avec faveur ; un grand nombre se déclarèrent ses partisans.
C’est au milieu de cette troupe d’athées qu’il mourut, en 1604. Dignes de leur maître, ses disciples voulurent tirer les conséquences pratiques de ses doctrines.
De grands excès furent commis ; le peuple indigné les chassa. En haine de l’hérésie, de l’hérésiarque et de sa suite, les cendres de Socin furent déterrées, menées sur les frontières de la Petite Tartarie et mises dans un canon qui les envoya au pays des infidèles.
Nous avons dit que dans leurs impiétés contre le Saint-Esprit, les sociniens avaient dépassé les macédoniens. Suivant saint Augustin, ces derniers ne niaient pas l’existence personnelle du Saint-Esprit, mais sa divinité. Ils étaient d’ailleurs orthodoxes sur les deux autres personnes de la sainte Trinité (Lib. de haeresib., c. LII).
Pour les sociniens, le Saint-Esprit n’est pas même une créature : c’est un souffle, une force, une simple influence de Dieu sur l’homme et sur le monde .
La Trinité elle-même, un assemblage de mots sans idées ; le péché originel, la grâce, les sacrements, le christianisme tout entier, autant de chimères. C’est la négation païenne, la négation de Sextus Empiricus, élevée à sa dernière formule et continuée par nos rationalistes modernes.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde