Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 994291 )Pédocriminalité : l'Eglise n'est plus la seule sur le banc des accusés par Polydamas (2025-12-15 13:38:51) 

5 ans après la CIASE, le pouvoir politique, après avoir humilié l'Eglise, envisage de regarder ce qu'ils ont fait de leur côté concernant la pédocriminalité. Et ça n'a pas l'air d'être brillant non plus.

Une publication récente de Konbini affirme qu'il y aurait "À Paris, 60 enquêtes en cours portant sur des cas de violences sexuelles dans les écoles, la plupart du temps sur le temps périscolaire. Selon le magazine Elle qui cite la mairie de Paris, 32 animateurs ont été suspendus dont 18 pour soupçons de violences sexuelles."
Difficile de faire les ratios ainsi, sans chiffres complémentaires, mais vu ainsi, les ratios seraient largement supérieurs à ceux de l'Eglise.
Mais, pour une fois, l'extrême-gauche peut être très utile...

Je précise qu'il est évident que la manière de gérer de la part de l'Eglise était coupable, mais à l'image de la société de l'époque, qui a toujours traité ces affaires par le silence, quelle que soit les institutions. Le problème n'est pas que la CIASE ait eu lieu, mais que l'Eglise a été la seule à comparaître, alors qu'on sait qu'à l'Education Nationale ou dans le sport, les choses sont loin d'être parfaites.

Article du Parisien :



« Faire comme pour l’affaire Bétharram » : Sophia Chikirou veut créer une commission d’enquête sur le périscolaire

INFO LE PARISIEN. La députée LFI de Paris, candidate aux municipales dans la capitale, va déposer une proposition de résolution à l’Assemblée nationale dans l’espoir de créer une commission d’enquête sur les violences dans le périscolaire.
Par Pierre Maurer
Le 15 décembre 2025 à 05h45
Candidate à la mairie de Paris, Sophia Chikirou, ici en octobre, travaille particulièrement sur le sujet de l’enfance dans le cadre de sa campagne municipale. LP/Frédéric Dugit

La France insoumise veut s’attaquer aux dysfonctionnements dans le périscolaire. Selon nos informations, la députée LFI de Paris, Sophia Chikirou, s’apprête à déposer une proposition de résolution à l’Assemblée nationale dont le but est la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les violences dans ce milieu.

Depuis des semaines, les signalements pour agressions sexuelles sur mineurs se multiplient, notamment dans les écoles (en particulier dans les XIe et XIIe arrondissements) et centre de loisirs parisiens comme l’a révélé Le Parisien-Aujourd’hui en France.

Concrètement, il faudra d’abord que le président de la commission des affaires culturelles du Palais-Bourbon, le député LR Alexandre Portier s’en saisisse et que sa commission vote la résolution à la majorité pour qu’une telle commission soit créée. Mais d’autres groupes politiques peuvent embrayer tant le sujet est inflammable. Pour la commission Bétharram, les députés Paul Vannier (LFI) et Violette Spillebout (EPR) avaient d’ailleurs travaillé ensemble.
Faire la lumière sur les « responsabilités et les manquements »

Candidate à la mairie de Paris, Sophia Chikirou, qui travaille particulièrement sur le sujet de l’enfance dans le cadre de sa campagne municipale, voudrait faire la lumière sur les « responsabilités politiques et les manquements » dans les cas de violences dans le milieu périscolaire.

« À Paris, il y a eu peu de réactions du pouvoir politique d’Hidalgo face aux alertes des parents d’élèves. On souhaite identifier les responsabilités sur le manque d’entente des alertes, comprendre le lien entre les villes et le national dans la gestion de ces cas de maltraitance, parce que tout le monde se renvoie la balle », détaille un proche de l’insoumise.

Dans son programme de campagne, Sophia Chikirou propose par exemple de créer une vraie filière du périscolaire pour mieux recruter et former le personnel. Les manques de moyens sont aussi pointés du doigt. « Le but, c’est d’étudier qui sont les responsables, pourquoi il y a des flous sur ce sujet, et réfléchir à des solutions », poursuit cet Insoumis.

« L’idée c’est de faire un peu comme ce qui a été fait sur Bétharram », explicite le même, en référence à la commission d’enquête qui avait entendu le Premier ministre d’alors, François Bayrou. Et l’insoumise, qui veut faire tomber les socialistes à Paris, compte bien s’appuyer sur la mobilisation populaire et la colère née chez les parents parisiens au lendemain de ces révélations.

Après deux semaines de grève en novembre pour défendre leurs conditions de travail, les agents parisiens jugent ainsi insuffisantes les réponses apportées par la Ville et se réuniront le 16 décembre, mardi prochain, lors du Conseil de Paris.

images/icones/iphone.jpg  ( 994309 )Effectivement par Signo (2025-12-16 02:07:13) 
[en réponse à 994291]

France 3 Grand Est en a fait un reportage, à visionner ici.

Il est toujours intéressant d’analyser les causes des abus et des défaillances de la hiérarchie, pour en tirer des leçons et éviter que de tels drames se reproduisent.

J’en profite pour constater que ces faits confirment le caractère systémique des abus, que ce soit dans l’Eglise ou dans les institutions civiles: c’est toujours, en définitive, un certain système de pouvoir qui permet l’omerta et donc l’impunité des prédateurs. Un système qui n’est donc pas lié à la tradition de l’Eglise dans ce qu’elle a de spécifique mais qui peut se développer dans toute institution composée d’hommes.
 ( 994313 )L Église est sainte par Roger (2025-12-16 12:18:27) 
[en réponse à 994309]

Je ne crois pas que l’école publique ou l’armée française aient revendiqué d’être le corps du Christ !
Ni que les fonctionnaires aient fait promesse de célibat (et donc de s’abstenir de relations sexuelles).
Ni que ces institutions aient particulièrement promu la chasteté et la fidélité conjugale !


Ce qui est scandaleux dans les abus (quand ils sont vraiment des abus) c’est qu’il s’agit d’un contre témoignage particulièrement scandaleux par l’atteinte portée à un faible qu’il faut protéger et par l’acte contraire aux vertus et obligations promues par la morale catholique.

Savoir que d’autres milieux sont touchés n’est qu’à demi rassurant car l’essentiel ne me semble pas être là .

On pourrait aussi s’interroger sur la mollesse des évêques dans l’exercice de leurs responsabilités !
images/icones/1g.gif  ( 994335 )Non... par Polydamas (2025-12-17 11:50:25) 
[en réponse à 994313]

Ce qui est scandaleux dans un abus, c'est l'abus, pas que l'Eglise soit touchée ou pas, ne renversons pas les choses et les priorités...
images/icones/fleche2.gif  ( 994348 )nous appartenons tous au Corps du Christ par jejomau (2025-12-17 16:25:28) 
[en réponse à 994313]

Je ne vois pas pourquoi les abus perpétrés par un clerc serait un contre témoignage plus particulièrement scandaleux que ceux perpétrés par un éducateur, un professeur, un parent, etc...

Nous sommes tous a titre individuel le Temple de la Sainte Trinité. A égalité sur ce plan

Non, ce qui diffère radicalement à mon humble avis c'est que le prêtre s'est consacré, corps et âme, à titre particulier et ce, pour l'éternité au Créateur. Dit autrement ici : c'est un autre Christ.

C'est surtout celà qui est scandaleux : pas un contre témoignage qui me semble-t'il est exactement semblable à tout autre adulte en qui un enfant met sa confiance, mais surtout l'épouvantable sacrilège qu'il a réalisé en souillant d'une telle manière sa propre personne consacré si spécifiquement à Dieu
images/icones/bravo.gif  ( 994382 )Merci beaucoup par Ptitlu (2025-12-19 00:27:20) 
[en réponse à 994313]

l'Eglise a charge d'âmes, les mêmes évêques ou prêtres qui ont couvert ou commis des abus disent le bien et le mal, brocardent le refus de la chasteté ou l'homosexualité alors qu'ils ont concubines, ou vont dans des saunas gays.

Et puis en matière d'abus l'Eglise n'a jamais été seule sur le banc des accusés. 60% ont lieu dans les familles, ces dernières années ont aussi révélé ceux qui ont lieu dans des clubs de sport. J'ai eu affaire à des abus aux Francas, à la F. O. L ou dans des patronages laïcs. Il y a le périscolaire (et pas seulement à Paris) et les crèches (métiers tendus donc on prend n'importe qui).
images/icones/hum2.gif  ( 994334 )Si par "système"... par Polydamas (2025-12-17 11:49:20) 
[en réponse à 994309]

... vous voulez dire que chaque adulte, à l'endroit où il est, utilise sa position d'autorité pour en abuser, oui, et nul besoin de l'Eglise ou même d'une institution pour cela. Gérard Miller a abondamment abusé de patientes dans le silence de son cabinet en utilisant sa position d'autorité de psy, il n'y avait aucun système, là. Ses copines féministes qui déclamaient leur catéchisme sur le même plateau que lui ("On a tout essayé") ne voyaient aucun inconvénient à ce qu'il fasse son marché dans le public, et n'ont strictement rien dit à ce sujet. Où est le système là dedans ?

Sur le système de pouvoir, c'est douteux, il faudrait des enquêtes approfondies sur le sujet (et pas à charge comme pour la CIASE), mais ce que vous expliquez par "un système" pourrait très bien être les effets d'une inertie bureaucratique forte, de doutes légitimes, d'absence d'éléments ou d'enquête, d'une mauvaise transmission des infos, toutes choses qu'on peut trouver dans absolument toutes les institutions. Cependant, oui, on pourrait trouver des éléments allant dans le sens d'un "système" si l'institution cherche à volontairement planquer, étouffer les témoins, déplacer les mis en cause, protéger sa réputation. Même si c'est certainement arrivé, il est douteux que ce soit le cas à chaque affaire.

La notion de "systèmique" est une notion provenant du monde de la psychothérapie abusivement utilisée hors de ce domaine et qui est désormais appliquée de manière assez désordonnée à tout type de situations.
images/icones/info2.gif  ( 994337 )plus sociologique que liée à la psychothérapie par Luc Perrin (2025-12-17 12:33:02) 
[en réponse à 994334]

Il est vrai que la sociologie religieuse m'est familière tandis que la psychothérapie m'est lointaine pour ne pas dire étrangère sauf ce que la culture commune en retient.

La recherche de "système" est quasiment la base de la sociologie, faire apparaître des trames dans des faits qui paraissent isolés.

Signo a hélas raison quant à l'aspect systémique et je ne crois pas que la CIASE ait été "biaisée" ou très marginalement. Hélas à nouveau.

"Cependant, oui, on pourrait trouver des éléments allant dans le sens d'un "système" si l'institution cherche à volontairement planquer, étouffer les témoins, déplacer les mis en cause, protéger sa réputation. Même si c'est certainement arrivé, il est douteux que ce soit le cas à chaque affaire." (Polydamas)

Ceci est, toujours hélas, amplement démontré et pas comme vous le suggérez implicitement de manière ponctuelle, isolée.
Il n'est pas besoin que 100% des cas soient inclus dans une trame pour que cette trame, système, n'existe pas. Allons un peu de bon sens ...
Les sociétés humaines, institutions, ne marchent pas au 100%. Heureusement il y a des exceptions, des itinéraires singuliers partout et toujours.

Ces exceptions, je renverse votre formule, n'invalident pas le "système" quand l'immense majorité le vérifie.

Il y avait eu une émission entièrement consacrée à ce que vous décrivez par Élise Lucet pour les congrégations religieuses : avec de nombreux exemples qui illustraient bien le système de "planquer, étouffer, déplacer" justement et sur tous les continents.

A l'occasion de mes recherches dans les archives religieuses, je suis tombé sur plusieurs cas rien que pour l'ordre franciscain à 50 ans de distance et sur deux continents distincts : planquer, étouffer, déplacer. Dans le premier cas, le frère avait été expulsé de l'ordre après plusieurs années et c'était avant 1914.
Pour ma thèse sur les paroisses parisiennes, j'étais tombé sur le cas de paroisses où des prêtres en difficulté par rapport à ces questions de continence/chasteté étaient placés. Il y avait un clerc délégué épiscopal pour suivre ces dossiers.
Sauf erreur, il a existé des établissements de repos etc. destinés aux clercs fautifs. En visite au Burkina Faso en 2018, on m'a raconté un cas touchant un religieux occidental et c'était pourtant dans un endroit assez isolé en zone sahélienne. Le système s'y est appliqué aussi bien qu'en Europe ou aux Amériques.
Faut-il rappeler que le Pontife défunt, quand il était à Buenos Aires, avait défendu bec et ongles un prêtre très médiatique pédophile et maquereau in fine, impliquant même la Conférence épiscopale et faisant financer la défense par les deniers des fidèles ? L'individu avait été condamné en première instance et en appel à de la prison ferme.

Le signalement aux autorités civiles n'est devenu systématique qu'au XXIe siècle. Il y a de nombreuses étapes dans le démantèlement du système "planquer, étouffer, déplacer" qui ont fait l'objet depuis la fin du règne de Jean Paul II jusqu'à François de différents textes romains et de chartes/guides adoptés par les Conférences épiscopales.
Il suffit de les parcourir un peu pour voir qu'il y a bien eu un "système" auparavant, système qui n'a pas encore totalement disparu en dépit de ces textes : leur empilement étant un signe.
Là encore c'est un indice sociologique bien connu.

Léon XIV a adressé une assez belle lettre à la Commission de protection des mineurs le 17 novembre 2025 ici de larges extraits.


images/icones/fleche2.gif  ( 994370 )Merci de ces exemples, mais... par Polydamas (2025-12-18 16:59:49) 
[en réponse à 994337]

... je dis essentiellement deux choses :
- Ne pas imputer à la malveillance ce qui relève de la bêtise, de l’inertie administrative, du manque d’organisation et de coordination, exactement ce que dit la Mairie de Paris, au passage, dans le premier message de ce fil ;
- Que le phénomène pédocriminel et les réactions de l’institution doivent être analysées à leur juste proportion, micro et macro.

Sur le premier point, je suis désolé, mais « l’empilement des textes » que vous citez comme « indice sociologique bien connu » ne démontre pas forcément que la structure a une mauvaise volonté particulière, même si c’est envisageable, mais simplement qu’elle est une énorme structure très difficile à réformer. Quand on voit l’inefficacité organisationnelle de moults institutions, administrations publiques ou privées, il est parfois un peu péremptoire d’attribuer à la malveillance ce qui ne relève que de la bêtise ou de la lenteur administrative qui leur associée (cf les ouvrages de Christian Morel sur les Décisions Absurdes, justement réalisées sur des collectivités). Vous êtes sociologue, vous connaissez toute la littérature sociologique sur la bureaucratie (Michel Crozier en tête).

Dans la même idée, sur le silence des victimes ou des responsables, les autres cas, où aucune organisation n’est impliquée, montrent que ce phénomène est à relativiser dans le sens où on observe là aussi du silence autour du criminel, du fait de l’incertitude. Certes, dans une organisation, il y a une hiérarchie et des liens de subordination, mais pour agir, il faut que des responsables aient plus que des rumeurs et de réels mains courantes/signalements/dépôts de plainte. Le silence existe aussi dans les organisations et il n'y a pas forcément de mauvaise volonté derrière (même si oui, ça existe aussi), juste de l’inertie.

Je précise que les défenses du Pape François d'un criminel démontré sont injustifiables et condamnables, évidemment. Ce n'est pas mon sujet ici.


Ceci est, toujours hélas, amplement démontré et pas comme vous le suggérez implicitement de manière ponctuelle, isolée.


Le problème est que le mot « systémique » en sociologie renvoie à une signification différente que les mots « généralisé », « systématique », avec lesquels il est souvent confondu par le grand public. Or, 4 000 pédocriminels sur une population de 150 000 prêtres, en 70 ans, dont une part importante est des pédocriminels ponctuels (le nombre de pédocriminels grandement récidivistes étant faiblissime) d'après la CIASE elle-même n’est pas un phénomène généralisé.
D’autant que les sociologues, qui ne manquent pas de faire des commentaires politiques abondants par ailleurs, ne se privent pas d’utiliser le terme systémique à toute les sauces, justement pour entretenir cette confusion, notamment au sujet d’un certain « racisme ». Donc oui, il est important de remettre les proportions véritables au centre du débat.
Le « caractère systémique » ne peut pas qualifier le phénomène pédocriminel, ce que certains ne se privent pourtant pas de faire, il ne peut que qualifier le caractère automatique du « planquer, étouffer, déplacer » sur la partie concernée des milliers de pédocriminels. « Systémique » pourrait être synonyme « d’organisationnel ». C’est systémique dans le sens où le « planquer, étouffer, déplacer » est la solution privilégiée par l'organisation pour répondre à ce problème, mais ça ne l’est pas, dans le sens où toute la structure est loin d’être concernée par le phénomène pédocriminel, et heureusement. Voilà pour le plan micro.


Sur le plan macro, je ne conteste pas que le "planquer, étouffer, déplacer" soit arrivé, je conteste aussi que le « planquer, étouffer, déplacer » soit une pratique catholique que les autres institutions ne partageaient pas. Le problème n'est pas seulement que ce soit arrivé, c'est que toutes les institutions ont fait la même chose, tout simplement parce que c'était la manière institutionnelle classique d'évacuer les problèmes, visiblement surtout après Mai 68 (mais ce dernier point reste à démontrer solidement, le John Jay Report montre la recrudescence énorme de cas dans les années 70). Un travail sur l’Education Nationale et la gestion par les autorités publiques est à faire, mon hypothèse est que l’Eglise paie pour la société de son temps où tout le monde faisait pareil.


Sur le caractère biaisé de la CIASE, si on met de côté sa composition (que vient faire là un représentant de l’islam de France ou des associations laïques ?), et son omission de l'enjeu de l’orientation sexuelle des clercs (jamais évoquée par la commission, alors que les abus sur garçons sont archi-dominants) je m'appuie essentiellement sur son estimation de 330 000 victimes en France sur 70 ans qu'il est possible de contester très facilement :
- le vaste sondage à la base de cette estimation n’est pas redressé, notamment par les dépôts de plainte, auxquels pourtant la CIASE avait accès ;
- en projetant différemment les estimations de celui-ci (par catégorie d'âge notamment, et non sur la population totale), on arrive à moitié moins de victimes ;
- les estimations de l'EPHE, à partir de cas réels, arrivent à un chiffre de 30 000 victimes alors que l'INSERM arrive à 330 000, soit 11 fois plus, les explications de la CIASE de cet écart ne sont pas satisfaisantes ;
- le nombre de victimes connues malgré la publication du rapport, et le grand déballage (très utile, évidemment) depuis est environ de 12 000 (en 2021, ce chiffre était de 9 000). On est encore extrêmement loin des 330 000 et il faut des hypothèses complètement farfelues pour justifier ce gouffre entre le constaté et l’estimé.
Or ce chiffre des 330 000, malgré ses faiblesses, a été celui qui résumait tout de la CIASE.

Bref, même si évidemment l'Eglise de France a bien des choses à se reprocher, ce que je ne conteste à aucun moment, la charge de la barque est un peu trop visible pour ne pas être remarquée.
images/icones/carnet.gif  ( 994372 )Je ne réponds qu'à un point par Amis de Sainte-Cécile (2025-12-18 17:14:36) 
[en réponse à 994370]

Or ce chiffre des 330 000, malgré ses faiblesses, a été celui qui résumait tout de la CIASE.

Un de mes amis, une personne retraitée de haut rang dans la société civile, catholique traditionaliste convaincu, père de famille nombreuse etc. et à qui la Commission de Evêques de France a confié une enquête en même temps que la CIASE, qui a eu accès à toutes les archives qu'il a voulu consulter, qui a rencontré énormément de victimes, m'a dit que le chiffre annoncé par la CIASE était bien en deça de la réalité.

Sans polémique aucune.

C'était suite à une discussion avec lui où je me montrais très affecté, après avoir rencontré M. Sauvé lui-même.

C'est sans doute la personne qui connaît le mieux le dossier dans le sein de l'Eglise catholique. Soyons donc prudents.
images/icones/fleche3.gif  ( 994374 )Peut-être... par Polydamas (2025-12-18 17:31:45) 
[en réponse à 994372]

... mais comme toujours en statistiques, il est extrêmement difficile de se faire une idée générale à partir d'un point de vue particulier. Il est très dur, dans une foule de 400 000 personnes, de savoir si cette foule a 80 000, 200 000, 500 000 ou 800 000 personnes.

En outre, les témoignages individuels comme le sien ont largement tendance à confondre et mettre dans le même panier les abus sur mineurs et les défauts de chasteté des clercs, les premiers étant des crimes, les seconds des problèmes de discipline internes à l'Eglise. La CIASE ne traite que du premier point, pas du second.

Le sondage de la CIASE était vaste et peu contestable, c'est son traitement et son raccordement aux données du terrain qui l'est.

Le rapport de l'EPHE qui analyse toutes les données connues de la pédocriminalité est extrêmement instructif et très bien fait, et cependant, ne va pas dans le sens des ordres de grandeur que votre ami évoque.