Le Forum Catholique
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( 994292 )
Doute, foi et historicité : questions sur Jésus, la résurrection et l’universalité du christianisme par Guillaumeeeeeeee (2025-12-15 13:51:35)
Bonjour à tous,
Merci sincèrement pour le temps que vous avez pris pour répondre à mes premières questions. Vos éclairages sont riches, denses, et méritent d’être pleinement assimilés. J’essaie de les comprendre dans leur globalité avant de vous répondre de manière approfondie.
Par ailleurs, j’ai bien noté les lectures qui m’ont été conseillées par certains d’entre vous, que je prévois de commencer prochainement afin d’approfondir ma réflexion.
Dans cette continuité, et toujours dans une démarche sincère de compréhension — à la fois historique, rationnelle et spirituelle — je me permets de vous soumettre deux nouvelles questions, qui prolongent mon cheminement personnel.
Question 1 – Jésus, doute et historicité
Comment comprendre que Jésus, présenté par la foi chrétienne comme de nature divine, n’ait pas suscité de consensus de son vivant, y compris parmi le peuple juif qui attendait particulièrement dans cette période un Messie ? Comment est-il possible de douter d'un être divin et être autant contesté en même temps ? Paradoxalement, il semble y avoir moins de doute aujourd'hui parmi ceux qui ne l'ont jamais vu plutôt que ses contemporains qui ont pu le côtoyer.
D’un point de vue historique, cela me paraît à la fois fascinant et déroutant : s’il est le Fils de Dieu, comment expliquer que tant de personnes aient douté, hésité ou rejeté le message d'un être divin en le côtoyant ?
N’est-il pas possible de le considérer comme un homme exceptionnel (profondément bon, très charismatique, prédicateur d’un message moral fort, à l’image de figures comme Socrate ou d'autres figures historiques) et exclure l’hypothèse que l’histoire / la Tradition orale ait progressivement magnifié un homme hors du commun, tel un téléphone arabe amplifié par une transmission orale sur plusieurs décennies et étalé sur plusieurs générations, à la manière dont certaines civilisations ont élevé des héros en figures quasi divines ? (Exemples des civilisations grecs : qui ont érigés des héros en semi dieu dans des batailles mythiques, ou dans la civilisation égyptienne : des pharaons étant considéré comme des divinités, ou même en France : le Roi Soleil, ou Mahomet pour les musulmans etc)
Dans un contexte fortement messianique au temps de Jésus, certains ont peut-être vu en lui la réponse tant attendue (biais de confirmation ?), là où d’autres sont restés sceptiques. Quand on lit la période de Jésus avec un regard historique, il est parfois difficile de comprendre pourquoi une large partie du peuple juif n’a pas reconnu en lui le Messie annoncé.
Je comprends alors que la foi chrétienne repose de manière centrale sur la résurrection du Christ. Sans quoi, tout le reste s'effondre. Or, les éléments historiques disponibles semblent relativement limités me semble-t-il :
– un tombeau vide (qui peut, au moins en théorie, recevoir d’autres explications ?),
– des témoignages affirmant avoir vu Jésus ressuscité.
Pour un événement aussi extraordinaire, comment comprendre que les preuves historiques soient si peu nombreuses ? Comment distinguer, d’un point de vue rationnel, la foi, la tradition transmise sur plusieurs décennies, et ce que l’on peut réellement établir historiquement ?
Question 2 – Foi chrétienne et hasard de la naissance
Parmi les milliers de courants religieux ayant existé dans l’histoire de l’humanité, répartis selon les époques et les zones géographiques, le fait d’être chrétien ou de croire dans une autre religion ne relève-t-il pas plus du hasard de naissance sur le globe terrestre qu'une démarche spirituelle sincère ?
Même avec toute la sincérité, la bonne foi et l’honnêteté possibles dans une démarche spirituelle, chaque religion possède sa propre cohérence interne, ses textes sacrés, ses figures fondatrices ou messianiques.
Si j’étais né en Afghanistan, j’aurais très probablement été musulman ; en Inde, hindou ; au Tibet, bouddhiste, dans un peuple indigène, animiste etc. Comment, dans ce cadre, comprendre l’universalité revendiquée du christianisme sans nier le poids déterminant de la culture et de l’environnement dans la construction de la foi ?
En d’autres termes : comment concilier la conviction que le christianisme porte une vérité universelle avec le fait que l’adhésion religieuse semble, dans la majorité des cas, liée au lieu et au contexte de naissance ?
Je suis sincèrement désolé pour ces questions pouvant paraître provocante. Je vous serais reconnaissant de comprendre ma démarche.
Et je vous remercie pour vos éclairages,
Chaleureusement,
Guillaume

( 994305 )
On a déjà répondu par Jean-Paul PARFU (2025-12-15 20:56:08)
[en réponse à 994292]
A la plupart de vos questions et notamment en portant à votre connaissance cet extrait des "Pensées" de Pascal
ici

( 994306 )
Et bien non ! si la question se détaille, c'est que la réponse n'était pas ciblée ... par Glycéra (2025-12-15 21:31:22)
[en réponse à 994305]
Quand j'étais petite, je posais une question pour comprendre plus, parce que ce que j'entendais ne répondait pas à tout en moi, ou bien pare que ce qui était dit ouvrait d'autres portes, d'autres perspectives, et souvent d'autres demandes.
Si la "grande personne" répondait à côté de ma vraie demande, je me disais qu'il fallait que j'apprenne à mieux trouver les mots pour dire ma pensée précise.
Ou bien aussi, je me disais que cette "grande personne" là n'était aps la bonne, et que j'allais en trouver une autre. Un jour, je saurais ...
"Quaerite et invenietis !"
Demandez et vous recevrez ...
Parfois j'ai attendu des décennies ...
Et exercé une vertu qui me manquait : la patience, l'acceptation du temps et des dates de Dieu !
J'aime quand quelqu'un revient, cherche, explore, fouille, affine une question ...
Cela affine aussi mon écoute,
c'est cela imiter Jésus, le super patient de nous tous !
Donc, lire les questions, les relire et sentir les variatiosn dans les mots, cela aide à percevoir la vraie question !
Glycéra
grand'mère contente de tout ce qu'elle a appris en cherchant ainsi !

( 994314 )
[réponse] par Guillaumeeeeeeee (2025-12-16 15:47:47)
[en réponse à 994305]
Bonjour Jean-Paul,
Je te remercie pour ta réponse et le lien sur les pensées de Pascal, que je trouve intellectuellement riche et sincère. Après essayé d'avoir digéré ces mots, j’essaie à mon tour de reformuler ce que je comprends du raisonnement inspiré de Pascal, puis d’exprimer mes interrogations, non pas dans un esprit de provocation, mais de dialogue et de recherche honnête.
I. Ce que je comprends du raisonnement de Pascal
Si je te comprends bien, le raisonnement est le suivant :
Dieu aurait volontairement choisi de rester partiellement caché, afin que :
• ceux qui désirent croire puissent le faire librement,
• ceux qui ne veulent pas croire puissent également refuser, le tout sans contrainte intellectuelle.
Dans cette perspective, le fait que Jésus ne s’impose pas de manière évidente comme Dieu — ni par des preuves irréfutables, ni par une manifestation éclatante — serait intentionnel.
Selon cette logique :
• une preuve absolument décisive forcerait l’adhésion,
• or Dieu ne chercherait pas à contraindre l’intelligence, mais à éprouver la liberté, la volonté et le cœur.
Je pense avoir compris cette cohérence interne, et je reconnais qu’elle est philosophiquement élégante.
II. Une difficulté : un raisonnement qui semble fermé
Ma première difficulté est que ce raisonnement me paraît difficilement réfutable, au sens où tout contre-argument semble déjà intégré :
• si je doute, cela confirme que Dieu a voulu rester caché,
• si je ne crois pas, cela peut être interprété comme un problème de disposition intérieure.
Cela donne le sentiment d’un système intellectuellement fermé, où le doute ou le refus ne peuvent jamais constituer des objections recevables, mais seulement des signes d’un cœur insuffisamment disposé.
Je dis cela sans accusation, mais comme une interrogation sincère sur la place réelle laissée au désaccord rationnel.
III. Un possible glissement moral
Une autre difficulté, plus délicate encore, concerne le langage employé :
• les croyants seraient « éclairés »,
• les non-croyants seraient « aveuglés ».
Même si je comprends que ce vocabulaire est biblique et spirituel, il peut facilement être perçu comme une disqualification morale implicite : non plus une différence de conviction, mais une différence de qualité intérieure.
Cela me gêne, car je connais des personnes profondément honnêtes, humbles et tournées vers le bien, qui ne croient pas — et inversement, des croyants sincères mais imparfaits, comme tout être humain.
IV. Une question sur la méthode de discernement
À partir de là, une question me semble inévitable :
Si l’on accepte que la vérité religieuse se reconnaît avant tout par une disposition du cœur, comment distinguer une foi juste d’une croyance erronée ?
Autrement dit :
• qu’est-ce qui différencie, sur le plan du discernement, un chrétien convaincu
• d’une personne engagée dans une secte, mais animée d’une éthique sincère et d’un sentiment intérieur de vérité ?
Sans critères rationnels minimaux, comment éviter de croire de bonne foi en des choses fausses ?
V. La question essentielle : la bonté et le salut
Une autre interrogation me paraît centrale, et elle touche directement au message même de Jésus.
Est-il réellement nécessaire de croire à l’ensemble des affirmations surnaturelles (résurrection, conception virginale, nature divine du Christ, etc.) pour :
• être une bonne personne,
• vivre une vie spirituelle authentique,
• et, selon le christianisme, être accueilli par Dieu ?
Car le message moral de Jésus me semble profondément juste et universel :
• l’importance de l’intention du cœur plutôt que de l’apparence religieuse,
• l’amour du prochain,
• le service plutôt que la domination,
• le pardon sans limite,
• le refus de la vengeance.
Ces enseignements me parlent profondément, indépendamment de toute croyance surnaturelle. Nous pouvons sentir et éprouver beaucoup d'amour pour la nature, notre monde, notre entourage, Jésus et être transcendé par cet amour.
Selon le christianisme, pourrait-on être accueilli par Dieu, au paradis, si nous sommes profondément bon mais n'ayant pas cru en la divinité de Jesus Christ ?
VI. Ma position personnelle (exprimée avec humilité)
Je reconnais en Jésus une figure morale et spirituelle exceptionnelle. Son message me paraît d’une profondeur, d’une exigence et d’une beauté rares.
En revanche, j’ai du mal, en conscience, à adhérer à certains éléments surnaturels — tels que la résurrection ou l’immaculée conception. Non par rejet, mais parce que les éléments dont nous disposons me semblent insuffisants pour y adhérer sans réserve, et que, sans un discernement rigoureux, il devient difficile de distinguer une croyance fondée d’une croyance erronée.
Cela ne m’empêche ni d’aimer profondément la personne de Jésus, ni de chercher à vivre selon l’esprit de son enseignement, ni d'aimer les valeurs et le patrimoine du Christianisme.
Ce qui semble d'ailleurs une position assez commune parmi les personnes qui se définissent comme catholiques "non pratiquants" (même si cela peut paraitre paradoxale pour des pratiquants)
Je n’ai pas besoin de croire à la résurrection pour être convaincu que l’amour universel constitue l’un des fondements du bien. Je n’ai pas besoin de la peur de l’enfer pour chercher sincèrement à faire le bien. Je n'ai pas besoin de croire en la divinité de Jesus pour être convaincu de sa figure morale et spirituelle exceptionnelle.
VII. Une question ouverte
Ma question, au fond, est simple et posée sans esprit de polémique :
Peut-on croire en Dieu, adhérer profondément au message moral de Jésus, aimer l’héritage spirituel et culturel du christianisme, sans pour autant adhérer à l’ensemble de ses affirmations surnaturelles ?
Et si la réponse est non, comment concilier cela avec l’insistance même de Jésus sur la primauté du cœur, de l’amour et de la miséricorde ?
Je pose ces questions non pour attaquer la foi, mais parce que je cherche à comprendre comment articuler honnêteté intellectuelle, exigence morale et quête spirituelle.
Merci par avance pour l’échange.

( 994315 )
Quand je vous lis par Jean-Paul PARFU (2025-12-16 17:39:53)
[en réponse à 994314]
Eloge de la raison, de la sincérité, relativisme, humanisme, fraternité universelle, Jésus comme simple figure morale et spirituelle exceptionnelle...
- Refus du surnaturel et de toute transcendance, (et confusion au moins implicite entre les ordres naturel et surnaturel),
je ne peux m'empêcher de penser immédiatement à un "discours de réception en loge", au sein de la franc-maçonnerie spéculative "spiritualiste". C'est comme ça qu'on dit ? Vous portez un tablier et ganté, vous frappez de manière saccadée dans vos mains ?
Je répondrai très rapidement à vos interrogations par quelques citations des Saintes Ecritures :
"Vere tu es Deus absconditus Deus Israhel salvator", « Mais tu es un Dieu qui te caches, Dieu d’Israël, sauveur ! » (Es 45,15)
"Les pharisiens demandèrent à Jésus quand viendrait le royaume de Dieu. Il leur répondit: Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards" (St Luc 17-20).
"Sans la foi il est impossible d'être agréable à Dieu (St Paul, Hébreux, 11-6). Autrement dit : la foi seule ne suffit pas, mais elle est nécessaire !
Deux choses encore :
- Dieu a résolu de s'incarner quand les temps seraient accomplis, c'est-à-dire lorsque les circonstances, la complexité des sociétés humaines, le permettraient ;
- Il ne faut pas confondre le dogme de :
.l'Immaculée-Conception, qui concerne la conception de la Vierge dans le sein de sa mère à elle, sans le péché originel, c'est-à-dire sans avoir hérité de la tache qui nous incline au Mal et fait de nous des "ennemis de Dieu" ;
.et le dogme de la conception virginale de Jésus qui renvoie, en réalité, à l'identité de Jésus, vrai Dieu - vrai homme !
Car si Jésus n'est pas vrai Dieu - vrai homme, Il ne peut nous sauver, c'est-à-dire réparer l'offense faite à Dieu qu'est le péché.
En toute justice, le salaire du péché, c'est la mort, d'une part parce que le péché tend à détruire et d'autre part surtout, parce qu'il est une offense faite à Dieu.
Plus la dignité de la personne offensée est grande, plus le péché est grave. Dieu étant infini, l'offense faite à Dieu est infinie.
Or, cette offense faite à Dieu doit être réparée. Et elle doit être réparée par un homme, car c'est un homme qui a péché. Seulement, aucun homme n'est en mesure de représenter l'humanité pécheresse dans son ensemble et surtout aucun homme, fini par nature, ne peut réparer une offense infinie.
La solution ?
Dieu a résolu de s'incarner. Vrai homme, il peut réparer, vrai Dieu assumant la nature humaine, il peut payer au nom de toute l'humanité et surtout son sacrifice a une valeur infinie et est agréé par Dieu.
A nous, et donc dans la foi, par le baptême, les autres sacrements et les sacramentaux, nos actions méritoires, d'être associés au Christ, vrai Dieu, vrai homme !

( 994317 )
[réponse] par Guillaumeeeeeeee (2025-12-16 19:12:23)
[en réponse à 994315]
Bonjour Jean-Paul,
Merci pour votre réponse détaillée et pour les précisions théologiques que vous apportez. Je comprends mieux la cohérence interne de la position catholique que vous exposez, notamment sur l’incarnation, le péché et la rédemption.
Il me semble toutefois que nous ne nous situons pas exactement au même niveau de discussion. J’ai peut-être mal exprimé mon intention, et je souhaite la préciser.
Mon questionnement n’était pas d’abord de contester la cohérence du dogme chrétien une fois admis, mais de m’interroger sur ce qui, en amont, peut légitimement s’imposer à la conscience humaine sans renoncer au discernement rationnel et moral.
Il me semble que, dans les Évangiles, Jésus ne demande que très rarement une adhésion doctrinale explicite. Lors de ses rencontres — le bon Samaritain, le centurion romain, ou d’autres figures — ne salue-t-il pas d’abord la disposition du cœur, plus que l’orthodoxie religieuse ?
La parabole de Matthieu 25 me semble particulièrement éclairante. Au jugement final, Jésus ne dit pas :
« J’étais Dieu et vous avez cru en ma nature divine »,
« Vous avez cru à la résurrection »,
« Vous avez adhéré aux bons dogmes ».
Il dit :
« J’avais faim, et vous m’avez donné à manger.
J’étais étranger, et vous m’avez accueilli. »
Et ceux qui sont reconnus justes répondent :
« Seigneur, quand t’avons-nous vu ? »
Lorsque vous citez les Écritures pour affirmer la nécessité de la foi, je comprends bien la logique croyante qui est la vôtre. Mais la question que je me pose demeure la suivante : comment une personne qui cherche sincèrement le bien, la vérité et l’amour, mais qui n’arrive pas en conscience à adhérer au surnaturel, se situe-t-elle devant Dieu ?
Le message moral de Jésus — l’amour du prochain, la primauté du cœur, le pardon, le service — me paraît non seulement compatible avec cette recherche, mais profondément universel. C’est en ce sens que je m’interroge :
La foi doctrinale est-elle une condition absolue, ou bien la réponse libre de la conscience au bien et à l’amour peut-elle aussi avoir un sens devant Dieu ?
Je ne pose pas cette question pour relativiser la foi chrétienne, mais pour comprendre comment elle s’articule avec l’exigence d’honnêteté intellectuelle et avec ce que Jésus lui-même place au centre de son enseignement : le cœur, la miséricorde et l’amour.
Bien cordialement.

( 994318 )
On peut citer par Bibracte (2025-12-16 19:53:00)
[en réponse à 994317]
St Marc au chapitre 16 : "Puis il leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné."
Ou encore St Jean, tout le chapitre 14.
Toujours St Jean, 8:24 : "En effet, si vous ne croyez pas que moi, JE SUIS, vous mourrez dans vos péchés".
Si la foi doctrinale n'était pas une condition absolue, comme vous le suggérez, Jésus aurait-il parlé ainsi ?

( 994319 )
La difficulté de compréhension par Jean-Paul PARFU (2025-12-16 20:25:27)
[en réponse à 994317]
vient du fait que vous semblez vouloir être justifié, donc obtenir une sorte de reconnaissance et de paix (je ne parlerai pas de salut), mais en vous référant à des valeurs que vous qualifiez d'universelles parce qu'elles ne seraient pas seulement chrétiennes.
Le Christ que vous citez a pourtant aussi affirmé :
"Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit" (St Matthieu 28-19) ;
"Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné". (St Marc 16-16).
La Foi, l'espérance et la charité sont des vertus théologales car elles ont Dieu pour objet et sont surnaturelles, car elles s'obtiennent par la grâce.
Être charitable, du point de vue chrétien, c'est aimer Dieu comme Il s'aime et son prochain comme Dieu l'aime, par la grâce de Dieu !
Il ne s'agit donc pas là d'une simple bienveillance, dans laquelle vous semblez vouloir vous situer ou d'un acte purement naturel comme le fait de nourrir ses enfants et de ne pas leur donner des pierres à manger, mais d'actes méritoires parce qu'assumés par le Christ devant Son Père.
La question est donc de savoir dans quel ordre vous situez-vous, nous situons-nous ? Dans un ordre purement naturel, sachant que la nature humaine a été blessée par le péché originel et est seule incapable d'actes qui plaisent à Dieu, ou dans l'ordre surnaturel, l'ordre de la grâce, grâce sans laquelle nous ne pouvons accomplir d'actes méritoires, c'est-à-dire d'actes qui nous méritent le Ciel ? Pour faire court : nous ne pouvons plaire à Dieu et mériter le Ciel si Dieu ne nous a pas invités à le rejoindre et si nous n'avons pas répondu positivement à cette invitation.
En un mot : aspirez-vous au Ciel avec l'aide de Dieu ou aspirez-vous au Paradis sur la Terre purement humain ?

( 994321 )
[réponse] par Guillaumeeeeeeee (2025-12-16 21:32:34)
[en réponse à 994319]
Pour ma part, j’avoue éprouver une réelle difficulté intérieure face à cet échange.
J’ai du mal à concevoir un Dieu parfaitement juste si une personne profondément bonne, charitable, animée d’un amour sincère pour les autres, mais n’ayant pas la foi au sens doctrinal, se trouvait condamnée, tandis qu’une personne croyante, dotée de la foi, mais manifestant moins de vertu, moins d’amour ou moins de justice dans sa vie, accéderait au salut.
Ce questionnement ne naît pas d’un désir de me « justifier » ou d’obtenir une reconnaissance personnelle, mais d’une interrogation sincère sur la cohérence entre la justice divine et ce que nous reconnaissons, même humainement, comme le bien et l’amour authentiques.
Lorsque je parle de valeurs que je qualifie d’universelles, ce n’est pas pour les opposer au christianisme, mais parce qu’il me semble que beaucoup de ces valeurs — l’amour du prochain, la miséricorde, la compassion, le service — sont précisément celles que Jésus lui-même met au cœur de son enseignement.
La question que je me pose est donc moins de savoir si ces vertus sont « naturelles » ou « surnaturelles », mais comment un Dieu d’amour et de justice considère concrètement une conscience droite qui cherche sincèrement le bien, même lorsqu’elle n’arrive pas, en vérité et en conscience, à adhérer pleinement à la foi doctrinale.
Et je suis assez désarçonné des réponses...

( 994324 )
Vous avez la réponse dans les paroles même du Seigneur par Tibère (2025-12-16 22:13:12)
[en réponse à 994321]
Qui nous dit très clairement que ce n'est pas celui qui dit "Seigneur, Seigneur" qui entrera au Paradis mais celui qui fait la volonté du Père.

( 994325 )
[réponse] par jejomau (2025-12-16 22:14:17)
[en réponse à 994321]
La question que je me pose est donc moins de savoir si ces vertus sont « naturelles » ou « surnaturelles »,
C'est là votre principale erreur depuis le début de tous ces échanges. Pour faire simple, les vertus naturelles sont celles avec lesquelles, vous essayez d'atteindre Dieu par vos propres forces. Les vertus surnaturelles sont ces vertus que vous ne pouvez pas avoir de vous-même mais que Dieu lui-même vous donnera par pur Grâce, dans un don parfaitement gratuit afin que, par ce contact, vous puissiez être sauvé.
Par conséquent, demander ces vertus est essentiel et infiniment plus important pour vous. Corrélativement à ces dons surnaturels c'est un contact que vous établissez avec votre Créateur vous permettant de répondre enfin aux questions que vous vous posez quand au sens profond de la vie ... et de la mort.

( 994330 )
Interrogations légitimes par Bibracte (2025-12-17 08:50:48)
[en réponse à 994321]
Qui appellent plusieurs niveaux de réponse :
- Il faut avoir l'humilité de reconnaître que nos intuitions morales sont nécessairement imparfaites et incomplètes, ce qui ressort de façon évidente de la variation de ces intuitions morales selon l'individu, la culture, l'époque, etc. Même les fameuses "valeurs universelles" sont en fait loin d'être universelles.
- La sagesse populaire nous apprend que "personne n'est parfait" (sous-entendu, bien sûr, sur terre et maintenant) ; même les personnes estimables autour de nous ont leur part d'ombre, aussi réduite et cachée soit-elle, de sorte que nous serions bien incapables de dire, par exemple sur la base de "valeurs universelles", qu'un tel mérite avec certitude le salut. Pour prendre un exemple extrême et facilement compréhensible, la personnalité préférée des Français pendant des années était l'abbé Pierre.
- Dans la suite du point précédent : puisque les hommes ne peuvent atteindre la perfection morale par leurs propres forces, ils ont besoin d'être sauvés. Toute notre question de la "foi doctrinale" se pose ici : l'homme, étant doté du libre arbitre, peut refuser le salut.
- Les catholiques professent que l'alternative entre salut et damnation dépend de l'état de l'âme au moment de la mort. Ce qui signifie qu'une personne "profondément bonne" selon vos critères peut parfaitement refuser pour un temps de croire sans pour autant être condamnée, tout simplement parce qu'elle n'a pas fini de progresser dans les vertus et qu'elle finira, à force de rechercher la vérité, par se convertir avant sa mort.
-Dieu étant infiniment juste par définition ne condamnera pas une personne profondément bonne et à la conscience droite simplement parce qu'elle n'aura pas été mise en mesure, pendant sa vie, de choisir de suivre le Christ.

( 994331 )
Dieu est Juste ! par Athanasios D. (2025-12-17 09:15:04)
[en réponse à 994321]
Lorsque vous serez cité à son Tribunal, Il ne vous reprochera pas l'absence de certificat de baptême si vous n'êtes pas chrétien, mais si vous avez suivi votre conscience car elle oblige sous peine de péché - celle-ci fut-elle erronée et excusable, ce qui ne va pas nécessairement de pair.
Hors de l'Eglise fondée par Jésus-Christ, il n'y a point de salut. Tous les hommes sont tenus de chercher la vérité, surtout en ce qui concerne Dieu et son Église ; et, quand ils l’ont connue, de l’embrasser et de lui être fidèles (cf.
Dignitatis Humanae, 1). Mais l'Église s'étend nécessairement au-delà de ses limites visibles puisque le salut s'étend également (et uniquement) à ceux qui l'ignorent de bonne foi et qui ont suivi le bien que leur conscience leur indiquait de faire (et conséquemment le mal à éviter), restant sauve la loi naturelle gravée en eux.
Il faut en effet admettre de foi que, hors de l’Eglise Apostolique Romaine personne ne peut être sauvé, qu’elle est l’unique arche du salut, que celui qui n’y serait point entré périra par le déluge : cependant il faut aussi reconnaître d’autre part avec certitude que ceux qui sont à l’égard de la vraie Religion dans une ignorance invincible n’en portent point la faute aux yeux du Seigneur. Maintenant, à la vérité, qui ira, dans sa présomption, jusqu’à marquer les limites de cette ignorance, suivant le caractère et la diversité des peuples, des pays, des esprits et de tant d’autres choses ? (Pie IX, Singulari quadam)
L'ignorance invincible est celle dont le sujet n'est pas conscient et dont il ne peut sortir de lui-même. Cette ignorance non coupable cause l'involontaire et excuse le sujet de tout mal (pour autant qu'il ne soit pas atteint d'oisiveté dans sa quête de la vérité). Or saint Thomas d'Aquin dit que c'est la même chose d'excuser et de faire que la volonté soit bonne. Au Dernier Jour, Dieu imputera comme péché au musulman sincère le fait de ne pas avoir respecté les obligations de sa religion qui ne contreviennent pas à la loi naturelle (ce qui exclut évidemment le meurtre d' "infidèles" ou la consommation de mariage avec des fillettes prépubères, par exemple).
Ath

( 994336 )
fort bien dit Athanasios D. par Luc Perrin (2025-12-17 11:55:23)
[en réponse à 994331]
En outre l'Ancien Testament donne plusieurs exemples de "gentils", étrangers au peuple d'Israël, qui obtiennent des grâces et dont Dieu se sert pour éclairer Israël et même sauver un des grands prophètes, Jérémie.
L'épisode de la femme de Canaan qui vient solliciter le Christ pour sa fille et que les Disciples repoussent comme étrangère et que le Seigneur ignore dans un premier temps est quasiment l'embryon ou la métaphore de la juste compréhension de Nostra aetate. Elle reçoit bien la grâce demandée in fine car elle reconnaît le Christ comme venant d'En Haut et adopte une posture d'humilité : aucun indifférentisme dans cet épisode évangélique. La femme étrangère cherche la Vérité.
Il y a des miettes de vérité en dehors de l'Église mais sa plénitude - le repas donné à ses fils - est bien dans l'Église, ce que Vatican II redit - à l'insistance de la Minorité merci à ses membres et à Paul VI qui a suivi leurs requêtes - et que les hiérarques actuels "oublient" trop souvent.

( 994342 )
Oui on pourrait également par Tibère (2025-12-17 14:41:17)
[en réponse à 994336]
citer l'épisode du centurion romain.

( 994344 )
Ou bien encore par Jean-Paul PARFU (2025-12-17 14:52:35)
[en réponse à 994342]
« Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël au temps du prophète Élisée, et aucun d'eux ne fut purifié, excepté Naaman le Syrien » (St Luc 4-27).
Et il y a la parabole du Bon Samaritain.

( 994422 )
[réponse] par Marco Antonio (2025-12-20 14:43:41)
[en réponse à 994321]
J’ai du mal à concevoir un Dieu parfaitement juste si une personne profondément bonne, charitable, animée d’un amour sincère pour les autres, mais n’ayant pas la foi au sens doctrinal, se trouvait condamnée, tandis qu’une personne croyante, dotée de la foi, mais manifestant moins de vertu, moins d’amour ou moins de justice dans sa vie, accéderait au salut.
- Il n'y a pas de raison qu'une personne profondément bonne, charitable, animée d'un amour sincère pour les autres n'adhère pas aux vérités de la foi (les enseignements d'un Dieu qui est vérité et amour), si elle est dans la condition d'avoir suffisamment connu ces vérités.
- Dans Matthieu 25, que vous avez cité ailleurs, l'Évangile enseigne précisément que la foi seule ne suffit pas au salut ; les œuvres sont nécessaires. Notez toutefois qu'avoir moins d'amour ou moins de justice ce n'est pas ne pas en avoir et que, au contraire, le fait de ne pas avoir la foi signifie ne pas en avoir du tout.
- La foi est la vertu par laquelle on croit comme vrai, par l'autorité de Dieu, ce que Dieu a révélé et que l'Eglise nous propose à croire.
- Partout l'Évangile nous rappelle de la nécessité de suivre Jésus, de nous attacher à sa doctrine, à sa Parole. Une seule fois aurait suffi, l'Évangile étant la Parole de Dieu. Mais il le fait constamment.
C'est l'Évangile qui nous dit avec amertume, à propos du Verbe de Dieu, que «
les siens ne l'ont pas reçu » et qui spéculairement, tout de suite, ajoute que «
quant à tous ceux qui l'ont reçu, Il leur a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, à ceux qui croient en son nom » (Jean 1, 11-12).
La question que je me pose est donc moins de savoir si ces vertus sont « naturelles » ou « surnaturelles », mais comment un Dieu d’amour et de justice considère concrètement une conscience droite qui cherche sincèrement le bien, même lorsqu’elle n’arrive pas, en vérité et en conscience, à adhérer pleinement à la foi doctrinale.
Avez-vous essayé, Monsieur, de retourner la question ? Pourquoi «
une conscience droite qui cherche sincèrement le bien » choisirait-elle de ne pas adhérer aux vérités de la foi [je suppose que vous parlez des vérités de la foi lorsque vous parlez d'adhésion à la foi doctrinale], en supposant qu'elle en ait une suffisante connaissance ?
Le bon Dieu sait ce qu'Il fait et Il le fait parfaitement ; c'est nous le problème. C'est nous qui pouvons déserter de notre fin.
Nous croyons chercher Dieu avant que Lui, mais c'est Lui qui nous cherche avant que nous. Nous devons Lui dire
oui.
La conscience, la volonté, est droite et bonne parce que, faite pour le bien, elle ne dévie pas de sa fin, qui est le Bien lui-même.

( 994320 )
en fait, si voulez avoir la foi c'est facile par jejomau (2025-12-16 20:53:05)
[en réponse à 994317]
Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi, et je demeure en lui.... celui qui me mange vivra par moi.(Jean 6,56)

( 994316 )
[réponse] par jejomau (2025-12-16 17:51:19)
[en réponse à 994292]
Il n'y a que Dieu qui donne la Foi, seul moyen de le rejoindre. Pour celà il vous faut la Lui demander