Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 994074 )Le sens d'une petite phrase de Léon XIV ? par Abbé Claude Barthe (2025-12-06 10:16:02) 

Dans sa catéchèse du 27 septembre, le pape Léon XIV a tenu ces propos : « Les petits ont de l’intuition. Ils ont un sensus fidei, qui est comme un “sixième sens” des personnes simples pour les choses de Dieu. Dieu est simple et se révèle aux simples. Voilà pourquoi il y a une infaillibilité de la foi du Peuple de Dieu, dont l’infaillibilité du Pape est l’expression [c’est nous qui soulignons] et le service. » Quelle portée donner à ces paroles ?
Res Novae
images/icones/iphone.jpg  ( 994077 )Je ne vois pas bien… par Signo (2025-12-06 11:01:18) 
[en réponse à 994074]

… en quoi l’expression utilisée par le pape serait « malheureuse ». Elle me paraît au contraire être un résumé de ce que dit le magistère sur le sujet du sensus fidei.

Il n’y a objectivement aucune raison d’interpréter ce passage dans un sens défavorable. D’autant plus qu’on pourrait le rapprocher avec une autre déclaration récente dans lequel le pape valorise les chrétiens de base qui ne seraient pas forcément en accord avec certains délires synodaux de leur hiérarchie:


« Je sais que de nombreux catholiques en Allemagne estiment que certains aspects du Chemin synodal tel qu’il a été célébré jusqu’à présent en Allemagne ne représentent ni leur propre espérance pour l’Eglise, ni leur propre manière de vivre l’Eglise. » Et il a demandé que « la voix des plus puissants ne réduise pas au silence ou n’étouffe pas celle de ceux qui, bien que très nombreux, n’ont pas la possibilité de s’exprimer et de faire entendre leur voix et leur participation à l’Eglise. »



D’une manière générale il faut se défaire de cette habitude typiquement traditionaliste (mais pas traditionnelle) consistant à jeter systématiquement le soupçon sur toute parole publique du pape et à systématiquement l’interpréter dans un sens défavorable, même lorsqu’il n’y a objectivement aucune raison de le faire.
D’ailleurs bien des propos de papes pré conciliaires contenaient également des ambiguïtés doctrinales (on pourrait en donner de multiples exemples).

Je suis le premier à dire qu’il faut rompre avec une certaine papolâtrie et que l’on peut dans certains cas s’opposer au pape, oui il y a une crise du magistère, c’est incontestable, mais cette « culture du soupçon » systématique, en plus d’affaiblir la position des catholiques traditionnels dans l’Eglise (on finit par ne plus écouter celui qui critique tout pour un oui ou pour un non), témoigne d’un manque de sens de l’Eglise et d’une tendance qui sur le temps long peut glisser vers un esprit schismatique.
images/icones/carnet.gif  ( 994078 )C'est ce que je dis : j'excuse Léon XIV, mais par Abbé Claude Barthe (2025-12-06 11:51:39) 
[en réponse à 994077]

Il est possible qu'il n'a pas relu le texte qu'on lui a préparé.
Il n'empêche qu'il aurait dû. Lamentabili condamne tout de même la proposition : "Dans la définition des vérités, l’Église enseignée et l’Église enseignante collaborent de telle façon qu’il ne reste à l’Église enseignante qu’à sanctionner les conceptions communes de l’Église enseignée". Ce n'est pas exactement la phrase de Léon XIV, mais ... Or c'est un terrain très délicat : à la base de la synodalité il y a la torsion de la signification du sensus fidei. C'est tout l'objet de l'article.
images/icones/pelerouin1.gif  ( 994080 )Oui en effet ! par Jean-Paul PARFU (2025-12-06 14:13:48) 
[en réponse à 994078]

"Sensus fidei" ou "Sensus fidelium" ne signifient pas : infaillibilité !

On peut toutefois rappeler que l'infaillibilité, c'est l'infaillibilité de l'Eglise, qu'il s'agisse du magistère extraordinaire ou du magistère ordinaire universel.

Et il y a de nombreux cas, où le peuple chrétien a rappelé à l'ordre son clergé !
images/icones/iphone.jpg  ( 994081 )Le pape n’a nul besoin d’être « excusé » par Signo (2025-12-06 14:20:53) 
[en réponse à 994078]

… puisque ses propos n’ont strictement rien de problématique.

L’expression « la foi du Peuple de Dieu » signifie « la foi commune de l’Eglise ».

Dire que cette expression pourrait désigner « les conceptions communes de l’Eglise enseignée », c’est interpréter dans un sens défavorable les propos du pape et leur donner un sens qui n’est pas celui qui ressort spontanément de ce qu’il a dit. Les récentes déclarations sur le synode allemand pourrait même suggérer assez nettement l’interprétation contraire.

La notion (biblique!) de « Peuple de Dieu » désigne l’Eglise dans son ensemble, incluant donc la hiérarchie ecclésiastique, et pas seulement la base constituée des laïcs (c’est à dire l’Eglise enseignée). De même que dans l’Ancien Testament, le peuple d’Israel désigne non pas seulement la base, mais toute la hiérarchie royale et sacerdotale.

Que je sache, les dirigeants d’un peuple font partie du peuple. La notion de hiérarchie est incluse dans la notion de « peuple » et non pas distincte de celui-ci, car tout peuple est nécessairement hiérarchiquement constitué.

Le pontificat précédent a effectivement tenté d’instrumentaliser la notion de sensus fidei pour faire passer des innovations révolutionnaires. Mais il ne faut pas oublier que derrière le pontificat bergoglien il y avait cette très douteuse théologie du peuple, une marotte typiquement argentine et bergoglienne, propre à l’ancien pontificat.

Il est évident que Léon XIV n’est pas un copié-collé de François, qu’il n’est pas argentin et que ses références intellectuelles sont tout autres, comme il nous l’a déjà montré de manière assez claire il me semble. Ce qui ne signifie pas bien sûr qu’il va rompre avec son prédécesseur sur tous les sujets, loin de là. Mais raisonner comme si nous étions encore sous François, c’est passer volontairement à côté de la réalité actuelle.
images/icones/1n.gif  ( 994086 )[réponse] par jejomau (2025-12-06 15:31:59) 
[en réponse à 994081]

Quand vous dites:

L’expression « la foi du Peuple de Dieu » signifie « la foi commune de l’Eglise ».


C'est vous qui le dites.

Ça dépend comment un pape comprend l'expression "peuple de dieu". Pour François, c'était beaucoup plus large que celle que vous donnez
images/icones/iphone.jpg  ( 994087 )Ça tombe bien par Signo (2025-12-06 15:38:07) 
[en réponse à 994086]

Ici il s’agit de Léon XIV et non pas de François.

Comme je l’ai rappelé dans mon message précédent.
images/icones/1b.gif  ( 994088 ),oui, ça j'avais compris par jejomau (2025-12-06 15:41:01) 
[en réponse à 994087]

Je voulais plutôt attirer votre regard sur le fait que vous aviez précédemment dit qu'il fallait éviter d'être critiqué envers les propos des papes
images/icones/rose.gif  ( 994089 )"évident" ? pour l'ami Signo mais qui d'autre ? par Luc Perrin (2025-12-06 15:49:34) 
[en réponse à 994081]

pour le reste des membres du "peuple de Dieu" (hiérarchie incluse bien évidemment), c'est l'évidence ... contraire qui s'impose.

A moins qu'un changement purement cosmétique - de style - soit pour Signo un "changement" de fond ?

Sur quel sujet y-a-t-il une rupture manifeste ? Aucun.

La récente mise au point sur les 2 Notes du DDF et les deux Notes à venir TOUTES issues des instructions bergogliennes très officiellement, le premier texte magistériel signé Léon XIV et du à François, les nominations et confirmations, l'absence d'inflexion significative tant sur la liturgie que sur tout le reste démontrent amplement que pour le moment, sauf pour Signo qui doit voir des choses invisibles au commun des mortels, lire dans l'esprit du Saint-Père (?), c'est le pontificat de François continué avec un style différent, un autre visage, un soin plus net dans l'expression publique, plus de retenue et de dignité.

Pour le moment, absolument rien s'apparentant à un véritable changement sur un seul domaine majeur. Désolé de devoir à nouveau vous contredire.
Nos désirs ne suffisent pas à être une réalité : la méthode Coué version Signo, pour le moment, ça ne marche pas.

ps. cela me rappelle les attentes absurdes de 2013-2015 où certains ici même et au-delà nous assuraient que si si François allait être un autre Benoît XVI ou Jean Paul II. En 2016, ces billevesées n'avaient plus cours mais j'ai peur qu'on nous repasse le même plat réchauffé. L'erreur récurrente tient au papalisme, comme si un pape fut-il le meilleur Pontife possible à un moment donné pouvait par magie changer un milliard deux cents millions de catholiques par la vertu de sa parole ... Revenons sur terre et rappelons nous qu'on ne met pas Dieu au défi de réaliser nos désirs mêmes les plus légitimes.
images/icones/iphone.jpg  ( 994090 )Réponse par Signo (2025-12-06 16:27:54) 
[en réponse à 994089]

1. Votre commentaire est hors sujet. Ici il ne s’agissait pas de généralités sur l’orientation du présent pontificat. Il s’agit d’une déclaration précise sur un sujet précis.

2. Bien sûr que Léon s’inscrit dans la continuité de François, et il a parfaitement raison de le faire. Il faut être stupide (je pèse mes mots), pour s’imaginer qu’un pape puisse se permettre de désavouer publiquement toute la politique de son prédécesseur et prendre dans les jours qui ont suivi son élection des décisions diamétralement contraires. Personne ne fait ça, aucun pape n’a jamais fait ça. Et d’ailleurs je pense que sur bien des sujets, Léon est réellement d’accord avec François. Il est hélas à l’image de ce qu’est devenu le catholicisme aujourd’hui, avec sa novlangue, ses marottes, ses tabous, son idéologie officielle. Et dans le contexte actuel il ne peut pas en être autrement. Il n’y a que dans les micros-milieux tradis (moins de 0,5% de la population catholique mondiale, pour rappel) que l’on s’imagine que le pape qu’il faut aujourd’hui à l’Eglise, c’est un nouveau Pie XII qui, le lendemain de son élection, publierai un nouveau syllabus et annulerait Vatican II et la réforme liturgique. Autant dire que Pie XIII, vous allez l’attendre longtemps… quand allez vous comprendre que le passé ne reviendra jamais et que les dégâts infligés à l’Eglise par la période post-conciliaire sont irréversibles ?

2. Très intéressant de voir votre négationnisme, consistant à faire totalement abstraction de pans entiers de la réalité.
L’homélie très christocentrique de la chapelle Sixtine? Ça n’existe pas.
Le soutien explicite et appuyé des cardinaux Sarah et Burke au nouveau pape? Ça n’existe pas.
La messe traditionnelle dans la basilique Saint Pierre? Ça n’existe pas.
Le message corrigeant doctrinalement les délires amazoniens? Ça n’existe pas.
Le refus de prier dans la mosquée bleue? Ça n’existe pas.
Les propos de recadrage vis à vis du synodalisme allemand? Ça n’existe pas.

Vous avez décrété, huit mois après le début d’un pontificat qui pourrait durer vingt ans voire plus, que Léon est un copié-collé légèrement adouci de François. Bon, très bien, si ça vous amuse de le penser, continuez… si ça vous amuse de faire abstraction de faits pourtant bien réels et tangibles pour ne retenir que ce qui va dans le sens de l’avis que vous vous êtes préalablement forgé, pas de problème…
Pour le reste, je pense être bien plus pessimiste que vous quand à l’avenir de l’Eglise, et sur ce point vous êtes très en retard. D’autant que mon pessimisme est bien plus solide: car il repose sur une analyse synthétique de la réalité, qui prend en compte l’ensemble des faits, et pas sur une analyse biaisée qui ne sélectionne que ce qui l’arrange pour tirer des conclusions prématurées.
images/icones/attention.gif  ( 994097 )Il faut être stupide par MJP (2025-12-06 19:18:35) 
[en réponse à 994090]

Il faut être stupide (je pèse mes mots), pour s’imaginer qu’un pape puisse se permettre de désavouer publiquement toute la politique de son prédécesseur et prendre dans les jours qui ont suivi son élection des décisions diamétralement contraires. Personne ne fait ça, aucun pape n’a jamais fait ça.



... pour ne pas voir que François a fait cela alors que son prédécesseur était encore de ce monde.
images/icones/iphone.jpg  ( 994099 )Pas vraiment par Signo (2025-12-06 20:34:29) 
[en réponse à 994097]

Longtemps après son élection, François nommait le cardinal Sarah à un des postes les plus importants de la Curie, maintenait Mgr Müller à la CDF, le créait cardinal, etc. Il l’a fait pour afficher une certaine continuité avec son prédécesseur, tout comme le pape actuel, tout simplement parce que c’est la règle dans l’institution pontificale.

Je rappelle que pour l’intelligentsia progressiste et pour les grands médias, ces deux prélats sont considérés comme des ultra conservateurs quasi intégristes.

La réalité, comme je l’ai déjà démontré cent fois, est que l’influence ratzingérienne s’est fait sentir longtemps durant les premières années du pontificat de François. Les faits précis que j’ai mentionné le démontrent sans aucune contestation possible. Et pourtant Dieu sait si Bergoglio était désireux de rompre avec l’héritage wojtylo-ratzingérien. Je constate une fois de plus que certains ont la mémoire bien courte… ou sélective.

Concernant TC, il est probable que François s’attendait à une mort rapide de Benoît XVI après sa renonciation, ce qu’il attendait pour remettre en cause SP. Voyant que la vie du pape émérite se prolongeait de manière interminable, il a décidé de passer outre et de publier quand même le texte, du vivant de Ratzinger.

Or en huit mois, contrairement aux affirmations de Luc Perrin, tout en marquant une continuité (probablement sincère d’ailleurs) avec le pontificat précédent, Léon a déjà marqué nettement sa différence, sur la forme mais aussi sur le fond, comme le prouvent les exemples précis et concrets que j’ai donné dans le post précédent, la liste n’étant pas exhaustive (une différence assez nette a été observée par exemple sur le dossier ukrainien, et dans bien d’autres domaines).

Donc certes ce n’est pas Léon XIV qui va sauver l’Eglise ni la remettre sur les rails de la Tradition, et oui nous devons nous préparer à d’autres motifs de mécontentement. Pour l’instant le peu qu’on a vu ne justifie pas de verser dans des outrances totalement déconnectées du réel.
images/icones/nounours.gif  ( 994127 )dans le "bisounourisme" le plus total par jejomau (2025-12-08 10:14:09) 
[en réponse à 994099]

Vous écrivez :

Concernant TC, il est probable que François s’attendait à une mort rapide de Benoît XVI après sa renonciation, ce qu’il attendait pour remettre en cause SP


Pensez donc ! François, mis en place par la mafia de saint Gall, savait pertinemment que sa démission pour raisons de santé c'était du flan !

Benoit XVI, comme chacun sait, a été forcé de renoncer à sa charge
images/icones/rose.gif  ( 994133 )j'ai déjà répondu faits historiques à l'appui par Luc Perrin (2025-12-08 19:12:38) 
[en réponse à 994097]

à Signo mais il remet constamment le couvert et ressert la même "soupe à la mozette".

Ça doit l'amuser mais répéter continuellement les faits sur ce sujet qui vont à l'encontre de sa vision hallucinée de Léon-Benoît-Pie dans le devenir est lassant pour moi autant que pour le lecteur.

En effet il faut avoir la mémoire vraiment courte pour avoir oublié les dispositions radicales prises très très vite dans les heures de son élection par François : comme l'éloge du cardinal Kasper le lendemain, le coup de fil chaleureux à McCarrick le lendemain aussi ... la persécution des Franciscains de l'Immaculée quelques semaines après, la nomination d'un évêque corrompu en Argentine (siège d'Oran) etc.
La pluie de petites phrases assassines etc.

Les actes significatifs de Jean XXIII se multiplient en 1959 quelques mois après son élection même Signo sans mémoire devrait le savoir.
Paul VI pose des actes majeurs dans les toutes premières semaines du pontificat ...

Qui sait le Consistoire de janvier prochain apportera peut-être des évolutions mais pour le moment, le discours d'unité lancé par le Saint-Père à son élection n'a débouché sur rien de significatif.

Ah le nouvel archevêque de Cracovie désigné par Léon XIV est un bergoglien fanatique.
images/icones/iphone.jpg  ( 994138 )Ce petit jeu devient presque amusant par Signo (2025-12-08 23:38:28) 
[en réponse à 994133]

Tellement cela devient facile de vous répondre. Presque chacune de vos affirmations est un but tiré contre votre propre camp.

Vous me parlez de mozette mais moi à AUCUN moment je n’ai parlé de mozette. J’ai énoncé des faits réels sur lesquels vous n’avez pas dit un mot, et pour cause. Contra factum non datum est argumentum.

Vous me parlez de ma « vision hallucinée de Léon-Benoît-Pie », alors que j’ai dit exactement le contraire : que Léon est en continuité sincère avec François sur certains points. Dans une autre conversation j’avais dit que le nouveau pape n’était pas ratzingérien. On dirait que vous répondez à un interlocuteur imaginaire…

Vous oubliez que François était désireux de rompre avec ses prédécesseurs, alors que Léon, qui a un caractère bien différent, veut marquer la continuité. Mais malgré ce désir de rupture François a été obligé d’afficher une certaine continuité de façade en procédant aux nominations de Müller et Sarah. Il a attendu huit années (!) avant d’abroger SP… vous vous attendiez à quoi? A une abolition de TC le lendemain du conclave? Dans quel monde vivez-vous ? Pourquoi ne répondez vous jamais aux faits?

Vous m’avez beaucoup fait rire en me parlant de la nomination d’UN évêque corrompu par François en Argentine. Mais mon pauvre ami, la majorité des pires ordures qui peuplaient le haut clergé il y a encore dix ans ont été nommés soit par Jean-Paul II, soit par Benoît XVI. Vous avez déjà oublié qui a créé cardinal MacCarrick? Que dire alors du cardinal Spellman, considéré comme un des prélats les plus moralement corrompus de l’histoire de l’Eglise américaine, nommé archevêque de New York par… Pie XII, un mois après son élection ?

Vous me parlez d’un coup de fil de François à McCarrick, c’est bien, je pourrais aussi vous parler des entretiens entre les cardinaux Prévost et Burke durant les congrégations générales, puis du soutien enthousiaste des cardinaux Burke et Sarah envers le nouveau pape… sachant que je n’ai jamais dit que Léon était conservateur ou ratzingérien (j’ai même dit explicitement l’inverse). Je demande simplement qu’on ne le lynche pas huit mois après le conclave, alors qu’il n’a quasiment rien fait… mais c’est sans doute trop vous demander.
images/icones/carnet.gif  ( 994156 )Franciscains de l'Immaculée par Signo (2025-12-10 11:29:56) 
[en réponse à 994133]

Vous me parlez de « la persécution des Franciscains de l'Immaculée quelques semaines après » l’élection de François. Vous oubliez simplement de préciser que les procédures à l’encontre de cette communauté étaient déjà en cours depuis deux ans (2011) et avaient donc été initiées par… Benoit XVI. François n’a donc fait que poursuivre une politique déjà largement entamée sous le pontificat précédent, en la durcissant (notamment sur le plan liturgique), de manière inique certes.
Quoi qu’il en soit, même sur ce dossier il est faux de dire que la politique de François ait été immédiatement et diamétralement contraire à celle de son prédécesseur. Les mesures prises à l’encontre des Franciscains de l’Immaculée auraient-elles eu lieu dès 2013 si les procédures canoniques n’avaient pas été lancées deux ans auparavant, sous le pontificat précédent ? On est en droit d’en douter.

Face aux outrances, rappelons les faits et la chronologie :

2011 : Benoit XVI initie les premières mesures canoniques à l’encontre des Franciscains de l’Immaculée ;
Mars 2013 : élection de François ;
Février 2014 : Mgr Muller, préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, est créé cardinal par le pape François ;
Novembre 2014 : nomination du cardinal Sarah comme Préfet de la congrégation pour le culte divin ;
Mars 2015 : nomination du cardinal Sarah comme membre du Conseil pontifical pour les congrès eucharistiques internationaux ;
Juillet 2017 : Le cardinal Ferrer remplace le cardinal Muller a la tête de la CDF, qui a donc été conservé comme préfet de la CDF par François pendant près de quatre ans ;
Juin 2021 : Le cardinal Muller est nommé membre du Tribunal suprême de la Signature apostolique ;
Juillet 2021 : publication de Traditionis Custodes ; François a donc attendu huit années pour révoquer Summorum Pontificum.

Cet ensemble de faits montrent sans aucune contestation possible :
- Que malgré un caractère particulièrement autoritaire et affirmé, et un désir évident de rupture avec ses prédécesseurs, le pape François a durant des années maintenu ou promu à des postes de première importance (notamment préfets de dicastères, et non des moindres) des cardinaux conservateurs voire ultra conservateurs ratzingériens dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne partageaient pas les orientations de son pontificat ;
- Que le régime très favorable à la liturgie traditionnelle de Summorum Pontificum a été maintenu par le pape François pendant près de huit longues années avant d’être abrogé ;
- Que l’influence wojtylo-ratzingérienne s’est fait sentir dans les nominations et certains actes de gouvernement au moins durant les deux ou trois premières années du pontificat de François; durant ce laps de temps, la rupture avec ses prédécesseurs ne s’est manifestée que par un changement de style (effet mozette inversé, déclarations polémiques, etc) et quelques nominations de cardinaux progressistes. Au moment du synode sur la famille fin 2014, soit un an et demi après le conclave, l’administration nommée par Benoit XVI est pour l’essentiel toujours en place et a même été encore renforcée par de récentes nominations. Pourtant on connait la suite…

Par conséquent, les jugements à l’emporte-pièce sur le pape actuel alors qu’il est en place depuis huit petits mois relèvent purement et simplement du ridicule. La réalité est que pour l’instant on ne sait pas de quel bois sera fait ce pontificat. On a quelques indices (une recherche d’équilibre entre conservatisme et progressisme, probablement), mais rien de concret ni de décisif, dans un sens ni dans l’autre.

Je m’amuse parfois à imaginer ce qu’il adviendrait si demain un nouveau S. Pie X était élu sur le siège de Pierre. Pour vous et pour beaucoup sur ce forum, ce serait la catastrophe : de quoi allez-vous parler ? Il n’y aurait plus rien à critiquer. Mais je vous fais confiance : même dans ce cas de figure, vous trouverez encore quelque chose à redire…
images/icones/1b.gif  ( 994506 )Si un nouveau st Pie X était à Rome par Ptitlu (2025-12-23 19:16:11) 
[en réponse à 994156]

Ce ne serait probablement pas la fin des problemes, mais ça serait le premier endroit où le déclin de l'Occident serait contrebalancé.

Un problème de moins.

Cela dit Léon XIV pour l'instant est plutôt bien. Et il poursuit le combat contre les abus.
images/icones/fleche3.gif  ( 994130 )Sensus Fidei, immanence vitale et don d'intelligence par Regnum Galliae (2025-12-08 17:05:27) 
[en réponse à 994078]

- la synodalité promue par le pontificat précédent repose sur le principe que tout chrétien (même non catholique) obtient par le baptême un instinct de la foi et que ce dernier, s'il est largement partagé, est un signe d'infaillibilité. Voir l'étonnant document de la Commission théologique internationale :


lorsque le magistère définit une doctrine, il est opportun de consulter les fidèles au sens d’enquêter sur une question de fait, « parce que le corps des fidèles est l’un des témoins du fait de la tradition de la doctrine révélée, et parce que leur consensus dans la chrétienté est la voix de l’Église infaillible ».



Tout le document est à lire et s'oppose clairement à l'extrait de Lamentabili donné par M. l'abbé Barthe. Cette approche ressemble même furieusement à l'agnosticisme tel que défini et condamné par saint Pie X dans Pascendi


7. L'agnosticisme n'est que le côté négatif dans la doctrine des modernistes ; le côté positif est constitué par ce qu'on appelle l'immanence vitale. Ils passent de l'un à l'autre en la manière que voici. Naturelle ou surnaturelle, la religion, comme tout autre fait, demande une explication. Or, la théologie naturelle une fois répudiée, tout accès à la révélation fermé par le rejet des motifs de crédibilité, qui plus est, toute révélation extérieure entièrement abolie, il est clair que, cette explication, on ne doit pas la chercher hors de l'homme.

C'est dans l'homme même qu'elle se trouve, et, comme la religion est une forme de vie, dans la vie même de l'homme.

Voilà l'immanence religieuse.

Or, tout phénomène vital - et, on l'a dit, telle est la religion - a pour premier stimulant une nécessité, un besoin; pour première manifestation, ce mouvement du coeur appelé sentiment.

Il s'ensuit, puisque l'objet de la religion est Dieu, que la foi, principe et fondement de toute religion, réside dans un certain sentiment intime engendré lui-même par le besoin du divin. Ce besoin, d'ailleurs, ne se trahissant que dans de certaines rencontres déterminées et favorables, n'appartient pas de soi au domaine de la conscience: dans le principe, il gît au-dessous, et, selon un vocable emprunté de la philosophie moderne, dans la subconscience, où il faut ajouter que sa racine reste cachée, entièrement inaccessible à l'esprit.

Veut-on savoir maintenant en quelle manière ce besoin du divin, si l'homme vient à l'éprouver, se tourne finalement en religion ?

Les modernistes répondent: "La science et l'histoire sont enfermées entre deux bornes: l'une extérieure, du monde visible; l'autre intérieure, de la conscience. Parvenues là, impossible à elles de passer outre: au-delà, c'est l'inconnaissable. Justement, en face de cet inconnaissable, de celui, disons-nous, qui est hors de l'homme, par delà la nature visible, comme de celui qui est en l'homme même, dans les profondeurs de la subconscience, sans nul jugement préalable (ce qui est du pur fidéisme), le besoin du divin suscite dans l'âme portée à la religion un sentiment particulier. Ce sentiment a ceci de propre qu'il enveloppe Dieu et comme objet et comme cause intime, et qu'il unit en quelque façon l'homme avec Dieu."

Telle est, pour les modernistes, la foi, et dans la foi ainsi entendue le commencement de toute religion.



- On trouvait déjà cette notion dans Lumen Gentium 12 :

"La collectivité des fidèles, ayant l’onction qui vient du Saint (cf. 1 Jn 2, 20.27), ne peut se tromper dans la foi ; ce don particulier qu’elle possède, elle le manifeste moyennant le sens surnaturel de foi qui est celui du peuple tout entier, lorsque, « des évêques jusqu’aux derniers des fidèles laïcs [22] », elle apporte aux vérités concernant la foi et les mœurs un consentement universel."



- D'où cette tendance à la démocratie dans l'Eglise : si par exemple la majorité des fidèles penche pour l'ordination des femmes, est-ce grâce à leur infaillible sensus fidei ?

- Cette démarche mène aussi à un œcuménisme assumé :

Doit-on penser que les chrétiens séparés participent et contribuent d’une certaine manière au sensus fidelium ? Ici, il faut sans aucun doute répondre par l’affirmative. L’Église catholique reconnaît que des « éléments nombreux de sanctification et de vérité » se trouvent en dehors de ses limites visibles, que « certains aspects du mystère chrétien ont parfois été mieux mis en lumière » dans d’autres communautés, et que le dialogue œcuménique l’aide à approfondir et à éclaircir la compréhension qu’elle-même a de l’Évangile.

CQFD.

- En réalité, mon sensus fidei à moi me suggère que l'adhésion des fidèles au magistère est une conséquence et non une cause de l'infaillibilité d'une doctrine. Ici, il me semble que l'on inverse les choses : Dieu a déposé sa Vérité dans le cœur des fidèles et le rôle des pasteurs est de révéler cette Vérité. Comme si la verticalité s'était inversée.

- La vérité présente dans le cœur de tout homme est une vérité d'ordre naturel puisque, comme l'a rappelé le Concile Vatican I, la connaissance d'un Dieu unique est accessible par la raison seule. De même, les Dix commandements ne sont pas surnaturels mais naturels.

- Je note que ce document passe sous silence les dons de Science et d'Intelligence que l'on reçoit à la Confirmation et dont on se demande à quoi ils peuvent bien servir.
images/icones/fleche2.gif  ( 994135 )Etonnant par AVV-VVK (2025-12-08 20:23:19) 
[en réponse à 994130]

que vous appeliez ce document "étonnant" vu sa précision avec laquelle il aborde la relation entre "magistère" et le "sensus fidei".
images/icones/carnet.gif  ( 994104 )[réponse] par Marco Antonio (2025-12-07 00:48:32) 
[en réponse à 994074]


La phrase de Léon XIV évoque l’infaillibilité du pape : mais n’est-elle pas aujourd’hui en pause, le « magistère authentique » ou « pastoral » non infaillible (Lumen Gentium, n. 25 §1) ayant concrètement remplacé le magistère ordinaire et universel infaillible ?



L’infaillibilité n’est pas en pause, cher Monsieur l'Abbé. Ce qui manque aujourd’hui c’est le sujet qui la possède.

Si le susdit remplacement pouvait avoir lieu, c’est avant tout l’indéfectibilité de l’Église qui serait perdue.

Supposons un instant par absurde, que ce remplacement ait eu lieu et que l’Église ait, de ce fait, enseigné des erreurs sur la foi et la morale par un « magistère authentique ou pastoral non infaillible ». Qu’adviendrait-il de l’indéfectibilité de l’Église ?

Bien cordialement