Le Forum Catholique

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images/icones/bravo.gif  ( 993287 )Pontmain : messe tradie chaque dimanche par Cristo (2025-11-12 14:10:38) 

c'est la Vie qui l'annonce en bas de ce pensum, en ayant la modestie, grâce lui soit rendue, de cacher sa joie :



À l’ombre du sanctuaire de Pontmain, la stratégique présence de la Fraternité Saint-Pie-X
Chaque année, 200 000 pèlerins se pressent à Pontmain (Mayenne), lieu d’apparition mariale en 1871. À l’ombre du sanctuaire, une autre présence s’affirme, plus discrète : celle des fidèles de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, attachés à la liturgie traditionnelle.
Par Clément Gousseau
Publié le 11/11/2025

C’est une petite chapelle, voisine de la « grange des apparitions », là où la Vierge Marie serait apparue à plusieurs enfants du village de Pontmain (Mayenne), en 1871 – une apparition reconnue par l’Église catholique dès 1872. À quelques centaines de mètres du sanctuaire, des prières en latin s’élèvent derrière une porte close. Dans cette ancienne boulangerie, la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX) célèbre chaque 17 du mois selon le rite tridentin. « On n’aurait pas pu rêver mieux », s’exclame l’abbé Pascal Gendron, qui y officie.

Fondée en 1970 par Marcel Lefebvre, la fraternité rassemble des prêtres attachés à la liturgie et à la doctrine catholique antérieures au concile Vatican II (1962-1965). En rupture avec Rome depuis la consécration non autorisée de quatre évêques en 1988, elle demeure aujourd’hui sans statut canonique régulier, bien que les excommunications aient été levées en 2009.

Sur les 676 prêtres qu’elle revendique, 200 seraient présents en France. Selon l’historien Frédéric Gugelot, spécialiste d’histoire religieuse, la communauté « traditionaliste », vit « en marge des structures officielles de l’Église catholique » et défend une vision critique des réformes dites modernistes.

« Un jet d’huile sur le feu »
La FSSPX, régulièrement critiquée pour la proximité supposée de certains de ses membres avec des milieux d’extrême droite, a « mis la main par hasard sur cette chapelle au détour d’un pèlerinage », affirme Pascal Gendron. Le lieu, pourtant, n’est pas anodin : il fut la maison d’Eugène et Joseph Barbedette, les deux enfants qui, les premiers, auraient vu la Vierge Marie apparaître dans la nuit du 17 janvier 1871. Ici, on l’appelle encore la « maison des voyants ».

Pour l’historien Yvon Tranvouez, spécialiste d’histoire religieuse, cette implantation constitue « un jet d’huile sur le feu » dans les relations avec le Vatican. Il rappelle que celles-ci sont « loin de prendre la voie de la réconciliation ». Et d’ajouter : « Pontmain, cela a un sens pour tout le monde, même si c’est plus simple de s’installer ici qu’à Lourdes. À défaut de contrôler la basilique, la FSSPX prend en main un lieu important. »

Car, loin des « bonnes relations » que la société affirme entretenir localement avec le sanctuaire, son installation ne relève pas du hasard, affirme Frédéric Gugelot. Elle traduit, selon lui, une volonté de « recharger le sacré » et s’inscrit dans une démarche plus large de « (re) christianisation de la France ».

De là à y voir un parallèle avec l’occupation de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris, en 1977, par des proches de la FSSPX ? « Le contexte est vraiment différent, répond Frédéric Gugelot. L’occupation parisienne était une conquête, dans un moment où le catholicisme n’était pas en crise. Aujourd’hui, c’est différent, avec une religion qui n’est plus pratiquée par la plupart des gens en France. La FSSPX cherche à investir des lieux en perte de vitesse avec Pontmain. Ce, même si le but final est le même : recharger la chrétienté. »

Propager la dévotion mariale

Midi. Dans une salle attenante à la chapelle, une vingtaine de fidèles dressent les tables pour le déjeuner. Sur les murs, des images de la Vierge côtoient des tracts invitant à choisir entre « le train céleste de la royauté sociale du Christ » et le « train d’enfer » du concile Vatican II. Nelly, fidèle locale, se félicite de la « forte mobilisation » du jour : une soixantaine de personnes ont assisté à la messe. « Des gens viennent des Côtes-d’Armor, de Rouen (Seine-Maritime) ou d’Angers (Maine-et-Loire) pour prier avec nous à Pontmain. »

Une présence « tolérée », dit-elle, par la population. « On ne s’invective pas avec le sanctuaire », assure-t-elle. À table pourtant, les critiques fusent. Le Vatican est accusé de « trahir la religion ». « La réconciliation ne se fera que dans la vérité », lance Pascal Gendron, ancien missionnaire au Mexique, avant d’évoquer la Milice de l’Immaculée, une « armée spirituelle » créée au XXe siècle par un franciscain, vouée à propager la dévotion mariale.

Au sanctuaire, le recteur, Vincent Gruber, ne cache pas sa réserve : « Ce n’est pas tant leur manière de célébrer la messe que leur façon de voir le monde qui me dérange – leur rapport aux femmes, aux personnes LGBT +, à la société en général. » Dans la « maison des voyants », Patrick Bonnand, bras droit local de Pascal Gendron, s’agace de la « rhétorique qui fait des fidèles de la FSSPX des gens dangereux ».

« La fraternité mène des charges lourdes sur la société et la décadence de notre pays, précise toutefois l’historien Frédéric Gugelot. Ses cadres souhaitent reconstituer une société guidée par le christianisme, ce qui fait qu’ils ne trouvent des échos politiques que dans les réseaux extrémistes. »

Autour des tables, les conversations s’enflamment : Philippe de Villiers est salué comme « le seul homme politique à peu près bien », on évoque les « mille églises brûlées en France » – un chiffre sans fondement, qu’aucune statistique officielle ne permet de confirmer –, le mariage pour tous ou l’avortement, qualifiés de « conneries ». Des propos virulents, et des diatribes sur l’actualité, souvent diffamatoires, qui relèvent, selon Frédéric Gugelot, d’une rhétorique classique au sein de la fraternité.

« Ils sont anti-Hollande, car il représente le mariage pour tous, anti-Macron, à cause des débats sur la fin de vie. » Avant de quitter les lieux, à cause d’une réunion, Pascal Gendron, méfiant, multiplie les demandes « de ne pas retranscrire » tous ses propos. Une vingtaine de fidèles s’élancent ensuite dans les rues de Pontmain pour une déambulation d’une heure et demie afin « de prier pour la France, la mère patrie ».

« On ne veut pas être mêlés à ça »

« Notre-Dame, priez pour nous, pour l’Église et pour la France. » Sous le regard interloqué de quelques passants, le cortège s’arrête devant une statue de Jeanne d’Arc. « Ouvrons le chemin de croix, en souvenir du saint empire et du saint roi », lance Patrick Bonnand. Dans la commune, la plupart des habitants préfèrent ne pas s’exprimer sur la présence de la FSSPX. « On ne veut pas être mêlés à ça », glisse-t-on au restaurant Le Pontaminois, qui aurait autrefois accueilli des repas de la FSSPX, selon Pascal Gendron.

Interrogée, Marie-Antoinette Guesdon, maire de Pontmain, précise « n’avoir jamais eu ni contact ni problème » avec cette société, sans s’épancher davantage. Au sanctuaire, Vincent Gruber « garde un œil » sur eux. « Ils n’ont strictement pas le droit d’officier dans nos édifices religieux, même si je ne peux pas maîtriser totalement qui vient ici. Je traque les fausses moustaches », ajoute-t-il.

À la FSSPX, on s’amuse de cette vigilance, en veillant toutefois à retirer tout signe distinctif avant d’entrer dans la basilique. « On célébrera bientôt la messe tous les dimanches », glisse-t-on, en posant fièrement devant un calvaire à la croix rouge vif. De quoi ancrer un peu plus durablement la FSSPX à l’ombre du sanctuaire de Pontmain.


https://www.lavie.fr/christianisme/a-lombre-du-sanctuaire-de-pontmain-la-strategique-presence-de-la-fraternite-saint-pie-x-101857.php
images/icones/fleur.gif  ( 993288 )Deo Gratias par Mauwgan (2025-11-12 16:00:56) 
[en réponse à 993287]

Quelle bonne nouvelle! Merci de partager.
images/icones/1w.gif  ( 993293 )Quel article de merde.... par Justin Petipeu (2025-11-12 20:50:57) 
[en réponse à 993287]

Je croyais que la Vie s'était calmée et voyait ça d'un peu plus loin....mais tous les poncifs y sont. A fuera !
images/icones/iphone.jpg  ( 993294 )Quel torchon ce papelard par Capucin (2025-11-12 21:21:27) 
[en réponse à 993287]

La Vie qui sort des statistiques qui ont 6 ans…
Le recteur qui parlent des « personnes LGBT+ » en reprenant la novlangue des mouvements les plus progressistes…
Les méchants racistes du groupuscule dans cette petite pièce…

C’est exactement du même acabit que du Libé ou de la presse quotidienne régionale…

En tous cas ça m’a donné envie d’y aller ! Merci La Vie !
images/icones/info2.gif  ( 993302 )un bon article plutôt en dépit par Luc Perrin (2025-11-13 11:49:38) 
[en réponse à 993294]

- de l'évident parti pris outrageusement libéral de La Vie qui a renoncé depuis longtemps (1977) à être "catholique" en abandonnant l'adjectif. Certes c'est du Libération, Le Monde ou Le Figaro comme pour tout le reste.
Le canard est une filiale du Groupe Le Monde, le quotidien de la bien-pensance libérale euro-mondialiste extrême.

- ceci dit, La Vie apporte ici beaucoup d'informations.

1. que le recteur du sanctuaire est wokiste : certains sur ce F.C. prétendaient que cette donnée n'existait pas. On voit que le néo-modernisme néo-libéralisme catholique bergoglien, cf. le pèlerinage LGBTQ+ xyz récent à Rome, s'est propagé dans toute l'Église, y compris là où on s'y attend le moins comme un sanctuaire marial.
Une belle illustration pratique de la séparation d'entre Église catholique pré-conciliaire et post-conciliaire jusqu'à 2013 et l'Église indéfinie dite "synodale" qui cherche à la supplanter comme le coucou qui se met dans le nid des autres volatiles.

2. que mes amis historiens, Y. Tranvouez et F. Gugelot, ont parfois comme moi des absences de mémoire. Cela me rassure, je ne suis pas le seul.

3. que la FSSPX poursuit ce qu'elle fait tranquillement depuis 30 ans au moins : l'achat de lieux chargés d'histoire chrétienne, anciens couvents, anciennes chapelles ici maison des voyants de Pontmain.
(j'avais écrit un article à ce sujet autrefois).

Concernant les trous de mémoire de mes deux collègues :

- "Pour l’historien Yvon Tranvouez, spécialiste d’histoire religieuse, cette implantation constitue « un jet d’huile sur le feu » dans les relations avec le Vatican."

S'il y a eu un "jet d'huile" - du kérosène plutôt - c'est bien d'abord par François et son Traditionis custodes de 2021. Le texte boute-feu qui a rallumé un incendie qui était quasiment éteint depuis 1988 et surtout S.P. (2007). Petit rappel à la chronologie.


- Car, loin des « bonnes relations » que la société affirme entretenir localement avec le sanctuaire, son installation ne relève pas du hasard, affirme Frédéric Gugelot. Elle traduit, selon lui, une volonté de « recharger le sacré » et s’inscrit dans une démarche plus large de « (re) christianisation de la France ».
De là à y voir un parallèle avec l’occupation de l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet à Paris, en 1977, par des proches de la FSSPX ? « Le contexte est vraiment différent, répond Frédéric Gugelot. L’occupation parisienne était une conquête, dans un moment où le catholicisme n’était pas en crise. Aujourd’hui, c’est différent, avec une religion qui n’est plus pratiquée par la plupart des gens en France. La FSSPX cherche à investir des lieux en perte de vitesse avec Pontmain. Ce, même si le but final est le même : recharger la chrétienté. »

L'analyse de F. Gugelot est excellente et j'y souscris, en positif, entièrement MAIS je sursaute jusqu'aux voûtes du sanctuaire de Pontmain en lisant qu'en 1977 "dans un moment où le catholicisme n’était pas en crise" !!! Maladresse de formulation et je comprends que l'ami Frédéric veut dire pas autant en crise que la désolation actuelle, fruit du désastreux "Renouveau" et du synodalisme synodalisant qui synodalise en rond entre catholiques néo-modernistes et néo-libéraux. Là oui : c'est affaire de degré dans le plongeon vers le néant. Mais 1977 la Crise on y est en plein.


images/icones/iphone.jpg  ( 993303 )Excellent résumé merci ! par Capucin (2025-11-13 12:57:04) 
[en réponse à 993302]

En effet, merci pour cette grille d’analyse. Bien d’accord avec vous.
images/icones/bravo.gif  ( 993305 )Excellent par Mauwgan (2025-11-13 16:40:41) 
[en réponse à 993302]

Souvent, il est plus enrichissant de lire ce que dit celui d'en face que ses collégionaires, on sait ce qu'ils pensent et cela confirme le tournant qui s'opère de nos jours. Je suis convaincue d'une renaissance catholique, on le sent à plein nez aux USA avec de nombreuses conversions de protestants. La nouvelle génération catholique traditionnelle (20 ans et plus) s'impose en prenant à bras le corps les médias sociaux comme planche évangélisatrice : règle de vie, pèlerinages, dévotions (vie pratique en résumé).


Pendant ce temps, le père James Martin participe à une confirmation d'un de deux mariages d'hommes et les évêques américains publient un document qui demande aux fidèles d'être accueillants et gentils avec les criminels étrangers. Mgr. Strickland a fait part du cas de P. James Martin, mais les spaghettis n'ont pas collé au plafond !

Le monde à l'envers ? Non, un grand canyon qui s'élargit au fil des jours. Les modernistes s'enlisent dans les sables mouvants pendant qu'une nouvelle armée de Gédéon se lève.


images/icones/fleche3.gif  ( 993340 )Ou plutôt la traduction par Ptitlu (2025-11-14 14:12:51) 
[en réponse à 993305]

Dans l'Eglise, du mouvement qui est en train de couper les États Unis d'Amérique sous nos yeux, en deux (voire plus) sous-ensembles qui ne sont plus d'accord sur rien et n'ont rien à se dire.

Bientôt on parlera des États désunis d'Amérique.