Le Forum Catholique

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 ( 992916 )Sacré Cœur : qui a vu le film ? par Roger (2025-10-29 10:55:37) 

Bonjour chers liseurs,

Qui a vu parmi vous le film Sacré Cœur?

Pour ma part j’y suis allé hier soir et je l ai trouvé bon techniquement et même très bon sur le plan religieux.

En particulier j’ai apprécié l’effort pour établir un lien entre le Christ crucifié, une sainte du XVIIe siècle et les souffrances (ainsi que la Foi et l’espérance) de nos contemporains.

Il y a aussi une discrète mise en valeur de certains éléments très traditionnels : adoration eucharistique, communion dans la bouche… et participation de l abbé Raffray.

Toutefois j’ai aussi noté la place de la communauté de l Emmanuel et de paray le Monial - ce qui n’est pas exactement traditionnel.

Qu’en pensez vous ?

images/icones/sacrecoeur.gif  ( 992920 )Oui d'accord avec vous par Jean-Paul PARFU (2025-10-29 15:10:10) 
[en réponse à 992916]

En outre, l'apparition du Christ à Ste Marguerite-Marie du 17 juin 1689 est passée sous silence.

Ce 17 juin 1689, Le Christ demande que le roi de France Louis XIV effectue la « consécration de la France à son Sacré-Cœur et sa représentation sur les étendards du royaume ». Cette demande restera alors lettre morte.

On peut noter que c'est le 17 juin 1789, soit exactement un siècle plus tard, que les députés du "Tiers état" aux "Etats généraux", après le serment du "jeu de paume", s'érigent en « Assemblée nationale » et que donc débute la Révolution !
images/icones/find.gif  ( 992921 )On peut aussi par Jean-Paul PARFU (2025-10-29 15:31:02) 
[en réponse à 992920]

En partie relier les demandes du Sacré-Coeur au ravage du Palatinat qui désigne la première série d’exactions commises dans le Palatinat, sous Louis XIV. Il fut le fait de Turenne, en 1674. Un second ravage, appelé sac du Palatinat, aura lieu à partir de 1689, sur ordre de Louvois.

Le Palatinat dont il s'agit est le Palatinat rhénan

Ci-dessous, les ruines du château de Heidelberg incendié par les troupes françaises. Il fut bombardé deux fois par les forces françaises du général de Mélac au cours de la guerre de la Ligue d'Augsbourg, en 1689 et 1693

images/icones/idee.gif  ( 992925 )D'accord par Le Cap (2025-10-29 17:48:03) 
[en réponse à 992921]

Avec votre analyse Roger. Une très (trop) grande place est accordée aux charismatiques, ce qui n'enlève pas les autres qualité de ce film. Ces délires sont un peu effrayants.
Quant aux remarques de JP Parfu, j'ai deux observations.
La première concerne la demande à adresser au roi Louis XIV. Lors d'un colloque sur le Sacré-Cœur, j'ai entendu des historiens plutôt spécialistes dire que selon les sources qu'ils avaient pu consulter, le roi n'aurait jamais eu connaissance de ce message. Le consensus semblait formé entre eux.
La seconde au sujet des affreux ravages du Palatinat. Rentrant de cette funeste campagne, un des deux grands hommes de guerre que vous citez (j'ai oublié lequel) vint rendre compte au roi de sa campagne. Le récit des massacres irrita tellement le roi qu'il s'emporta, saisit un pic-feu et allait en abattre un coup sur le crâne ou de Louvois ou de Turenne. Mme de Maintenon avait du s'interposer pour éviter la royale punition…
Pour en revenir au film, on peut juste regretter aussi qu'il ne soit pas fait mention de la demande de coudre sur les drapeaux tricolores un Sacré-Cœur par le généralissime Foch qui conduisit ainsi les troupes à la victoire dont nous fêterons le 107e anniversaire dans quelques jours. Si de nombreuses troupes avaient adopté cette pratique bien avant (je crois que ceci est évoqué dans le film), la demande émanant du généralissime est un fait majeur, plutôt éclipsé dans l'histoire, et oublié dans le film…
images/icones/4a.gif  ( 992927 )Les Dragons de Noailles par Jean-Paul PARFU (2025-10-29 18:10:38) 
[en réponse à 992925]

Chant de tradition dans l'Armée française.

Le refrain est le suivant :

"Ils ont incendié Coblence,
Les fiers dragons de Noailles,
Et pillé le Palatinat,
Ils ont incendié Coblence".
images/icones/hein.gif  ( 992929 )Rôle du père Lachaise ? par Regnum Galliae (2025-10-29 18:28:42) 
[en réponse à 992925]

Ce serait le père Lachaise, confesseur du Roi, qui aurait envoyé cette demande au cimetière en partageant à son royal pénitent la conviction que tout cela n'était pas sérieux. Il faut dire que la dévotion pour le Sacré Cœur n'avait pas la même notoriété que de nos jours !
images/icones/iphone.jpg  ( 992924 )Un regret par Bruno d Epenoux (2025-10-29 17:38:30) 
[en réponse à 992916]

J’ai regretté que ne soit pas évoqué le Père de Foucauld dont la spiritualité est très liée au Sacre Coeur.
images/icones/carnet.gif  ( 992926 )Très partagé... par Reminescence (2025-10-29 17:49:33) 
[en réponse à 992916]

J’attendais avec impatience la naissance d’un fil de discussion à propos de ce film que j’ai eu l’occasion de voir il y a environ deux semaines.

Assurément, il serait un peu risqué de critiquer ce film puisqu’il est encensé par beaucoup de personnes et qu’il fait beaucoup parler de lui. Pourtant, je suis sorti sceptique de la salle de cinéma.

Oui, ce film fait parler de lui et il semble que c’est un réel succès (merci à ceux ayant voulu le censurer, qui ont ainsi permis une diffusion encore plus large du film !). On ne peut que se réjouir de ce que les Français puissent s’approcher de la religion via ce film, et pourquoi pas retrouver de l’intérêt dans cette dernière…

Seulement, c’est peut-être le seul point positif qui me vient à l’esprit, car j’ai trouvé ce film décevant.

Mon avis n’engage que moi et, encore une fois, je ne nie pas les mérites et peut-être même les grâces qui naîtront du visionnage de ce film… Mais je ne veux pas taire le reste, sous prétexte que ce film est un succès, qui plus est touchant le sujet de la religion.

Premièrement, j’ai trouvé très instable le fil conducteur du film : ça peut plaire ou non.
On passe d’un témoignage à l’autre, puis on retourne à l’époque de Marguerite-Marie Alacoque, etc. Pour ma part, j’ai trouvé cela dommage : trop de place me semble avoir été donnée aux témoignages, et si peu à sainte Marguerite-Marie…
J’aurais aimé avoir plus d’éléments biographiques : on ne sait pas grand-chose de sa personnalité, de sa mort, des autres sœurs, mais j’en parlerai un peu plus bas…

Deuxièmement, la manière dont sont présentés les témoignages : j’ai rapidement senti un « parti pris ». On y voit surtout les communautés nouvelles, « charismatiques », même si l’on notera avec joie les quelques interventions de l’abbé Raffray, prêtre de l’Institut du Bon Pasteur…
On y voit surtout ces communautés, et c’est ce dont je parlais à une amie en sortant du film : au final, quiconque voudra se rendre à Paray-le-Monial pour en savoir plus, ou fera des recherches, tombera sur ces communautés. J’ai peur que le lieu, ainsi que le Sacré-Cœur, ou du moins la représentation de ce dernier, deviennent l’apanage des communautés charismatiques…

J’ai trouvé ce film très tourné vers le « ressenti » et le « sentimentalisme » : peut-être un peu ironique puisque je parle de mon avis, qui est aussi basé sur du ressenti justement, mais j’ai trouvé que la musique et les témoignages arrachaient un peu les larmes…
Je conçois totalement que nous n’avons pas tous la même sensibilité ; ce point me semble donc très peu significatif de quoi que ce soit.

Un autre point qui me déçoit, c’est la représentation historique des événements, parfois absente ou presque, puisqu’on ne sait pas grand-chose non plus de sainte Marguerite-Marie Alacoque à la fin du film, qui me semble même parfois erronée : la scène du Crucifiement, sans les deux larrons aux côtés du Christ, sans foule, me semble malheureuse.
Un certain soin a cependant été adopté pour les scènes se déroulant à l’époque de sainte Marguerite, puisqu’il me semble qu’on y voit une messe célébrée comme elle devrait l’être, selon le rite tridentin.
Pour le reste, j’ai ressenti parfois un « trop » : trop d’émotions, de « kitsch » aussi peut-être, même si je n’aime pas trop ce terme.

Finalement, ce film me semble être le reflet de son époque, reflet aussi d’une Église qui, pour certains encore, n’a que 63 ans : beaucoup de sentimentalisme, de mains levées, de joie apparente, mais on y exclut le diable, le mal, le péché, la douleur, le combat spirituel qui s’impose à tous et qui semble parfois si difficile, ainsi que le sujet de la mortification, pourtant primordial quand on lit la vie des saints, telle qu’elle est par exemple présentée dans le bréviaire…

J’ai lu récemment un article sur Aleteia, où l’arrière-arrière, etc., petite-nièce de sainte Marguerite-Marie Alacoque, romancière, affirme, parlant du comportement de son aïeule, qu’elle était « borderline » :

"La représentation de Marguerite-Marie vous paraît-elle fidèle à la réalité ?

Il n’y a rien qui ne soit juste, mais disons que ça m’a paru très édulcoré… C’était quand même une femme qui ne faisait pas dans la demi-mesure en matière de mortification ! Certaines apparitions relèvent même du registre baroque, avec des fantômes et compagnie ! Pour autant, je ne vois pas là une omission coupable des réalisateurs, car c’est moins lié au Sacré-Cœur en tant que tel qu’au mysticisme singulier de Marguerite-Marie.
Et c’est peut-être aussi bien comme ça, car ces pratiques d’auto-flagellation lui ont porté préjudice.
Quand mon éditrice m’a fait faire le tour des locaux de l’Emmanuel en me présentant comme une future biographe de la sainte, la réaction du plus grand nombre était : « Ouh là là ! » Le film gomme le côté borderline de Marguerite-Marie, et c’est tant mieux !
Je suis donc très contente que ce film réhabilite mon aïeule sans générer cette impression de “ouh là là” ! Finalement, c’est une manière de se concentrer sur l’essentiel, donc de lui être fidèle."

Finalement, on y exclut cet aspect de la mortification, très important dans la vie chrétienne, puis on en parle comme d’un trouble « borderline », qui relève donc de la psychiatrie, puisque c’est un trouble de la personnalité. Cela me semble être une incompréhension de la mortification, qui peut être réalisée par quelqu’un d’absolument sain d’esprit, et non dans une optique de « masochisme » !

Après tout, « […] ce qui est folie en Dieu est plus sage que les hommes, et ce qui est faiblesse en Dieu est plus fort que les hommes. » (1 Co 1, 25).

In fine, je me réjouis de voir ce film attirer les Français dans les salles de cinéma pour le visionner et peut-être les réconcilier, au moins partiellement, avec la religion, en créant — pourquoi pas ? — des questions et des impressions positives, et en faisant monter un fort esprit de cohésion, qui fait que la laïcité française doit voir rouge en ce moment…
Pourtant, je ne me reconnais pas entièrement dans ce film qui m’a très peu parlé, à part peut-être dans les scènes d’époque où l’on voit sainte Marguerite-Marie, et aussi dans les brèves images des soldats poilus qui ont vécu un véritable enfer sur terre…

Du reste, que chacun y trouve son compte !
images/icones/abbe5.gif  ( 992932 )En plus, le costume de Ste Marguerite-Marie par abbé F.H. (2025-10-29 20:02:38) 
[en réponse à 992926]

n'est absolument pas historique: les visitandines ont toujours eu un voile totalement noir, sans "doublure" blanche, avec ce liseret blanc affreux qu'on voit sur sa coiffe.

Rien qu'à cause de ça, je n'irai pas voir le film, ça m'énerve à chaque extrait que je vois.

images/icones/iphone.jpg  ( 993299 )Il n’y a pas que ça… par Nemo (2025-11-13 09:59:20) 
[en réponse à 992932]

L’ostensoir devant lequel Sainte Marguerite-Marie est en adoration est totalement 19e et ce genre de détail tue car on le voit beaucoup…
Ceux qui ont fait le film n’ont pas dû voir beaucoup de tableaux de cette époque.
Je partage l’avis de Reminescence. Propagande pénible de l’Emmanuel. Beaucoup de sentimentalisme qui n’émeut pas : je suis resté hors du film.
Côté biographique assez absent, j’espérais apprendre des choses.
J’y suis allé parce qu’il fallait y aller, parce que nos ennemis critiquaient.
Pour moi c’est un film inintéressant, je n’en ai rien retenu.
On est loin de Mel Gibson. Ne devait-il pas y avoir un deuxième volet sur la résurrection ?
images/icones/hein.gif  ( 992943 )Le sacré coeur et la France par olive (2025-10-30 16:21:22) 
[en réponse à 992916]

Bonjour à tous,
j'ai été voir ce film hier soir qui m'a plut avec toutes les limites évoquées plus haut dans ce fil. Si ce film favorise le retour à Dieu et au sacré c'est parfait.
Les regrets il y en a : chouans et vendéens ont confiés leurs âmes au Sacré Coeur...pas vu dans le film.
Un constat : ce film est une initiative particulière réussie ...et nos évêques sont loin derrière tout ce renouveau ( baptêmes, pèlerinages, conversions, films, etc...).

Le point sur lequel je n'ai pas de certitudes : Est il vrai que le Sacré Coeur ne se soit manifesté qu'en France à des âmes choisies ?
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 992947 )Le Sacré-Coeur par Jean-Paul PARFU (2025-10-30 21:13:35) 
[en réponse à 992943]

s'est adressé notamment à des religieux/religieuses à d'autres endroits dans le monde. Car il ne faut pas faire de contresens. S'il s'est plus particulièrement manifesté en France, c'est aussi parce que la France en avait davantage besoin que d'autres pays, sachant qu'elle s'apprêtait à chuter gravement.
 ( 992950 )Le jansénisme ? par Roger (2025-10-31 07:45:36) 
[en réponse à 992947]

Ne peut on pas comprendre ces apparitions dans le contexte de la crise janséniste ? D’ailleurs on fait souvent un lien entre jansénisme, esprit philosophique, anticléricalisme et enfin aboutissement révolutionnaire ?

« Ce cœur a tant aimé le monde «  : le message de Notre Seigneur ne serait il pas d’abord un message d’amour pour les hommes qui est très éloigné de la fixation des jansénistes sur la grâce ?

D’ailleurs le mot Charitas figure parfois sur les représentations du Cœur sacré me semble t il ?
images/icones/1f.gif  ( 993004 )La "grâce" exigée par les jansénistes est précisément la charité ! par Marquandier (2025-11-02 23:04:27) 
[en réponse à 992950]

Je ne comprends pas bien votre opposition entre "message d’amour" et "grâce". Pour les "jansénistes", la grâce en question est bien la charité répandue dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous est donné ! La grâce dite sanctifiante.

Par exemple, dans les Provinciales, Blaise Pascal s’attaque, entre autres, à un moraliste qui prétendait qu’un chrétien (adulte) peut être sauvé sans avoir jamais aimé Dieu actuellement !

La nécessité de la charité, qui est inséparable de la grâce sanctifiante, pour le salut, est un point important, pour tout catholique, mais pour les amis Port-Royal à son époque, contre des théologiens très laxistes.

Ce n’est pas sans parallèle avec le devoir de réparation et d’amour du Sacré Cœur, présent dans le message de Paray le Monial.
images/icones/info3.gif  ( 992952 )c'est un film d'extrême-droite (La Croix) par Cristo (2025-10-31 12:07:38) 
[en réponse à 992916]

On ne peut soutenir un film décrié de façon aussi argumentée par un journal catholique :


Tribune
« Sacré Cœur » : « Ne participons pas, à travers ce film, à renforcer le lien entre extrême droite et catholicisme »

Un collectif
Modifié le 30 octobre 2025
Sorti au cinéma le 1er octobre, le docu-fiction Sacré-Cœur est à nouveau au cœur des polémiques. Des membres du Collectif catholique P.A.I.X (Pour un accueil inconditionnel dans l’église) dénoncent les soutiens liés au film, symboles pour eux de la banalisation croissante des idées d’extrême droite au sein de la communauté chrétienne.



En tant que catholiques, nous considérons qu’un documentaire traitant de l’amour inconditionnel du Christ devrait être un bien culturel protégé de toutes les idéologies de rejet, de haine et de discriminations qui fracturent et divisent actuellement notre société, mais aussi notre communauté catholique.

Malheureusement, le film Sacré-Cœur, notamment par ses soutiens, les personnalités qu’il met en avant et par les choix faits dans sa promotion médiatique, participe à la banalisation de ces idées. Il ne s’agit pas ici de faire la critique d’un film mais de montrer ce que ses soutiens disent de lui.

Le soutien financier du milliardaire Vincent Bolloré inscrit cette création dans un mouvement identitaire, cet identitarisme dont le journaliste Jean-Pierre Denis dit qu’il « est la maladie sénile d’un christianisme occidental déjà profondément sécularisé ».

Le problème que pose la participation des deux milliardaires à la production de ce film, c’est qu’elle l’inscrit, que ce soit ou non la volonté des réalisateurs, dans le cadre de ce que Yann Raison du Cleuziou appelle « une politique des “racines” », à savoir un « national catholicisme » contre lequel le pape François lui-même mettait en garde les chrétiens : « Au sein de l’Église catholique, le pape François a formulé un avertissement très clair contre le risque d’instrumentalisation de la foi que la mention des “racines catholiques” comporte ».

Sacré Cœur et identité chrétienne

D’une part, nous constatons que le film bénéficie du soutien de nombreux médias très marqués à droite de Vincent Bolloré tels le JDD, CNews, C8, France Catholique, etc. D’autre part, nous constatons la présence du Fonds du bien commun de Pierre-Édouard Stérin, celui qui souhaite aider financièrement l’extrême droite à remporter les prochaines élections grâce à un projet nommé Périclès : Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes.

Voilà le Sacré-Cœur de Jésus mis au service d’une politique dont une des obsessions est bien la réaffirmation de l’identité chrétienne de la France. Le pape François avait raison d’être inquiet. Même la société de distribution, Saje Production, montre la volonté d’inscrire ce film dans une vision politique identitaire. Elle est détenue à 15 % par une structure protestante évangélique nommée Ze Watchers dont une dirigeante, Chantal Barry est une amie de longue date de Vincent Bolloré.

Promotion d’un catholicisme identitaire

On n’est donc pas surpris de la participation de l’abbé Matthieu Raffray qui, avec ses plus de 178 000 abonnés sur Instagram, est le prêtre traditionaliste le plus influent de France, bien aidé par Pierre-Édouard Stérin. Comment comprendre qu’un documentaire proposé par tant de prêtres et de diocèses mette en avant ce prêtre qui entretient des liens avec de nombreuses personnalités et des organisations d’extrême droite et pour lequel Éric Zemmour était le candidat le plus compatible avec la foi catholique en 2022.

L’abbé Raffray est un homme qui conspue régulièrement l’immigration et ce qu’il nomme le « gauchisme » ou « le lobby LGBT ». Comment ne pas voir, par le simple fait de sa présence, une volonté d’attirer des spectateurs vers un catholicisme identitaire ? Le Sacré-Cœur subit, là encore, un projet politique qui, s’il dépasse peut-être les créateurs du documentaire, n’échappe pas à un bon connaisseur des mouvances catholiques d’extrême droite.

D’ailleurs, les réalisateurs sont-ils si étrangers à ce projet idéologique contraire à l’enseignement du Christ ? Ils n’ont pas hésité à se rendre sur des médias proches de l’extrême droite comme CNews, Tocsin, Valeurs actuelles ou sur la chaîne YouTube d’Academia Christiana, afin de faire leur promotion, inscrivant un peu plus encore leur travail dans un milieu politiquement très marqué.

Banalisation des idées d’extrême droite

Comment ne pas se désoler, enfin, de voir la communauté de l’Emmanuel embarquée dans ce grand mélange des genres, entre foi catholique, cinéma et projet idéologique d’extrême droite ? Plusieurs membres et prêtres de l’Emmanuel sont présents au sein du documentaire et la communauté est partenaire officiel du film.

Comment s’étonner, avec de telles initiatives qu’une proportion croissante de catholiques vote pour des partis d’extrême droite ? Ce n’est pourtant pas une fatalité. C’est le résultat d’un long travail de fond d’acteurs et d’actrices, externes, mais aussi internes à l’Église, qui tentent par tous les moyens de banaliser ces idées au sein de notre communauté. Pour nous, « Sacré Cœur » et les acteurs qui l’entourent participent activement à cette propagande en faveur d’un catholicisme identitaire qui conduit aux pires choix politiques.

À nos frères et sœurs catholiques tentés d’aller voir ce film, et aux prêtres qui organisent des projections pour leurs paroissiens : ne participons pas à travers ce film, à renforcer le lien entre l’extrême droite et le catholicisme.

Signataires :
Benjamin Salesse, membre du Collectif catholique P.A.I.X
Manon Segur, membre du Collectif catholique P.A.I.X
Thomas Mandroux, membre du Collectif catholique P.A.I.X
Jean-Christophe Boucly, membre du Collectif catholique P.A.I.X
Lydia Withers, membre du Collectif catholique P.A.I.X
Jessica Petiot, membre du Collectif catholique P.A.I.X
Émilie Lledos, membre du Collectif catholique P.A.I.X
Marie-Hélène Duwattez, membre du Collectif catholique P.A.I.X
Laurence Jamin, membre du Collectif catholique P.A.I.X
Pascale Eymery, membre du Collectif catholique P.A.I.X
Ambre Guilloux, membre du Collectif catholique P.A.I.X
Blandine Parc, membre du Collectif catholique P.A.I.X



https://www.la-croix.com/a-vif/sacre-cour-ne-participons-pas-a-travers-ce-film-a-renforcer-le-lien-entre-extreme-droite-et-catholicisme-20251028
images/icones/carnet.gif  ( 992953 )et l'avis du Père IDE par Cristo (2025-10-31 12:12:40) 
[en réponse à 992952]

l'objectivité m'impose de mettre aussi en ligne cette autre tribune :

Tribune
« Le film Sacré-Cœur dépoussière, décloisonne et dépolitise une vérité centrale du christianisme »

Pascal Ide
Prêtre du diocèse de Paris, membre de la communauté de l’Emmanuel, docteur en philosophie et théologie
Publié le 29 octobre 2025

Docteur en philosophie et théologie, le père Pascal Ide livre son enthousiasme après avoir vu le film de docu-fiction Sacré-Cœur. Il se montre particulièrement touché par la proximité de Jésus dans le long-métrage et se réjouit des échanges nourris entre spectateurs après la projection.



Que j’étais heureux en sortant du cinéma hier soir ! Heureux de cette salle de 175 fauteuils, tous occupés par des spectateurs dont certains me disaient qu’ils avaient dû parfois essayer plusieurs cinémas avant d’en trouver un où il restait des places disponibles. Heureux de la qualité du silence, le silence d’attente avant, d’attention pendant, de méditation après.

Heureux de voir les spectateurs longuement demeurer sur le trottoir comme à une sortie de messe – j’ai d’ailleurs retrouvé des paroissiens, sauf que, si ceux-ci y parlent rarement de l’évangile et de l’homélie, ici, ils échangeaient sur leurs impressions (faudrait-il passer des extraits de film pendant la prédication ?)… Heureux d’entendre que chacun était rejoint par un ou des passages différents du long métrage, signe s’il en est de sa richesse et de sa variété.

Heureux, plus encore, de percevoir que les spectateurs étaient des expérimentateurs qui ne se contentaient pas de donner un avis extérieur, mais parlaient à la première personne et osaient confier que tel ou tel aspect du documentaire les avait rejoints : « Je n’avais jamais compris le lien si étroit entre l’Eucharistie et le Sacré-Cœur » ; « D’avoir vu tous les députés du San Salvador se consacrer au cœur du Christ, cela m’a reboosté dans mon espérance pour notre pays » ; « D’entendre les paroles de l’absolution, cela m’a rendu la confession plus proche » ; « Waouh ! Je l’ai vu deux fois ! Passer ainsi de Jésus qui a vécu il y a deux mille ans aux témoignages de Rodrigue à Bondy ou des détenus à vie dans ce quartier de haute sécurité, cela me le rend tellement actuel ! » ; etc.

Jésus si proche

Et je continue à être heureux quand je me souviens des multiples scènes qui se sont engrangées dans le « trésor de ma mémoire ». Si je devais sélectionner, parmi beaucoup d’images et de paroles, ce qui m’a le plus touché, c’est assurément la personne de Jésus, je veux dire son intense désir de rejoindre personnellement chacun au plus intime, de vivre un intense Cœur à cœur.

Quelle bonne idée d’avoir osé représenter la personne de Jésus (c’est toujours risqué !), avec un dépouillement qui atteste le souhait non pas de jouer au micropéplum, mais simplement d’en montrer toute la réalité, en chair et en sang. Et quelle heureuse trouvaille d’avoir rendu concrète et, osons-le dire, « sympathique » sœur Marguerite-Marie !

Plus d’une fois je fus ému de voir Jésus si proche, bavardant avec ses disciples, si donné dans le sacrifice de la Croix, si éloquent dans ses gestes comme le lavement des pieds. Et aujourd’hui pleinement présent et agissant, à travers les témoignages si judicieusement choisis, si intensément vécus et si légèrement racontés. Même les prêtres baignent dans une somptueuse lumière.

Actualiser le Sacré-Cœur

L’un des intérêts du film est d’actualiser le Sacré-Cœur en de multiples directions. La plus étonnante est peut-être celle proposée par le père Étienne Kern, qui met en résonance le thème ô combien actuel des abus dans l’Église avec celui apparemment très inactuel de la réparation. D’un mot, explique le recteur des sanctuaires de Paray qui a organisé tout récemment un imposant et important colloque intitulé Réparer l’irréparable, réparer n’est pas faire appel à quelque logique comptable incompatible avec l’Évangile, « c’est sur-aimer ».

Une autre voie est celle de la miséricorde. Nous savons combien la représentation janséniste de Dieu imprègne encore l’imaginaire, même chrétien. Dans son encyclique sur le Sacré-Cœur, en 1928, le pape Pie XI affirmait que « l’hérésie du jansénisme, perfide entre toutes, (est) l’ennemie de l’amour et la piété pour Dieu, en le présentant non pas comme un Père digne d’amour mais comme un juge à craindre pour sa sévérité implacable ». Centré sur la parole du Christ à Marguerite-Marie : « Voici ce Cœur qui a tant aimé les hommes », le message parodien rappelle ainsi à chacun combien l’amour du « Père riche en miséricorde » (Ep 2,4) est inconditionnel et non jugeant.

Pourtant, ce n’était pas gagné ! J’avais été quelque peu déçu du précédent documentaire des mêmes réalisateurs, Une seule chair, sur le beau sujet inspiré par la théologie du corps de saint Jean-Paul II (2023). Pourtant aussi, je demeure avec quelques frustrations (mais quel long métrage pourrait tout dire ou tenir tous les équilibres ?) et un regret : que le nom de celui qui est sans doute le plus grand théologien du Sacré-Cœur, de surcroît jésuite, n’ait pas été évoqué, je parle du père Édouard Glotin, à qui l’on doit ce monument qu’est La Bible du Cœur de Jésus. Mais demeure un film documentaire qui dépoussière, décloisonne et dépolitise cette vérité centrale et vitale du christianisme : Dieu s’est fait Cœur.


https://www.la-croix.com/a-vif/le-film-sacre-cour-depoussiere-decloisonne-et-depolitise-une-verite-centrale-du-christianisme-20251029
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 992956 )Et la réponse de Gabrielle Cluzel par Jean-Paul PARFU (2025-10-31 15:08:34) 
[en réponse à 992952]

Dans "Boulevard Voltaire" ici
images/icones/4a.gif  ( 992957 )Le collectif en question par Jean-Paul PARFU (2025-10-31 15:21:44) 
[en réponse à 992956]

Le collectif catholique P.A.I.X est l’acronyme de : "Pour un Accueil Inconditionnel dans l’Église" (le X est une croix catholique penchée pour représenter l’Église en crise). Il regroupe environ une centaine de personnes.

La Gauche utilise toujours les mêmes ficelles.

On se souvient du "Mouvement de la paix" qui était une organisation pacifiste française. Créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par des courants de la Résistance, notamment ceux d'inspiration communiste, "chrétienne" ou de libres-penseurs, elle était directement liée au Mouvement mondial des partisans de la paix.

Dès 1948 toutefois, elle passe sous le contrôle du Parti communiste : durant les années 1950 et 1960, le "Mouvement de la paix" est un mouvement de masse transnational dont la plus grande partie des participants est formée par des militants et des sympathisants communistes et dont les Partis communistes locaux détiennent les leviers de commande. Il bénéficie alors de la caution morale et de l'étiquette d'indépendance que lui ont apporté les personnalités non adhérentes au PC.
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 992964 )Apparitions de Paray le Monial par Jean-Paul PARFU (2025-11-01 13:24:37) 
[en réponse à 992916]

Ce qu'il faut comprendre.

Le message a, en quelque sorte, 2 parties. Nous sommes à une époque charnière où tout est encore possible : soit se reprendre, soit glisser, lentement mais sûrement, vers une apostasie plus ou moins silencieuse.

La 1ère partie concerne les personnes, "les âmes", y compris une lutte contre un certain Jansénisme d'un côté et les libertins de l'autre ;

La 2ème partie concerne plus spécialement la France, État dynastique catholique, dominant à l'époque, et géographiquement central en Europe occidentale. En outre et comme le rappelle le Sacré-Coeur, le roi Louis XIV Lui doit sa conception et sa naissance, eu égard aux prières qui ont été exaucées par Lui.

On peut aussi remarquer que le Sacré-Coeur apparaît dans un coin perdu en semblant demander une nouvelle dévotion. Or, la Haute Bourgogne fut le grand centre clunisien médiéval et la dévotion au Sacré-Coeur était ancienne et en plein renouveau, notamment grâce à St Jean-Eudes.

images/icones/pelerouin1.gif  ( 992966 )Ces apparitions et la dévotion au Sacré-Coeur par Jean-Paul PARFU (2025-11-01 15:29:52) 
[en réponse à 992964]

devaient être un remède à

 ( 992972 )Article du Monde par Roger (2025-11-01 20:55:28) 
[en réponse à 992916]

Quelques extraits du reportage du Monde


« On s’attendait à faire 20 000 entrées. J’y vois donc quelque chose de divin, une faveur de Dieu sur ce film. » un long-métrage à tout petit budget (environ 800 000 euros) qui n’aurait jamais dû déborder de la niche de fidèles à laquelle il était destiné, mais qui dépasse, depuis sa sortie le 1er octobre, les 250 000 entrées.

« Sacré-Cœur raconte une histoire méconnue et incroyable qui amène de l’espérance, qui fait grandir l’amour et la joie, résument Sabrina et Steven Gunnell, réalisateurs et producteurs du film. Ç’a de la gueule d’avoir ce film au milieu du bordel ambiant, des guerres, des tensions sociétales… Certains le critiquent, disent que c’est plat, kitsch, mal écrit. Mais Jésus lui-même ne fait pas l’unanimité. » Le couple poursuit à travers la France la promotion de son neuvième documentaire : « Les salles sont pleines, on est dépassés. ».

« La nouveauté, c’est qu’avec ce film tout l’éventail chrétien a été impacté. Et au-delà. Les gens ont besoin de retrouver ces racines », résume ce membre de la communauté catholique conservatrice de l’Emmanuel. Un diplôme d’HEC, une première carrière dans le secteur automobile : Hubert de Torcy n’a pas forcément une tête d’illuminé.

Une « providence » qui pourrait tout de même trouver une explication davantage en conformité avec les lois de la pesanteur. Deux jours avant sa sortie, Steven Gunnell assure, sur CNews, que MediaTransports, la régie publicitaire de la SNCF et de la RATP, a refusé d’assurer la campagne d’affichage de son film. Polémique.

, pour Hubert de Torcy. « Cette campagne d’affichage a réveillé les consciences », pour Sabrina Gunnell.


Sacré-Cœur a été financé par du mécénat et par une campagne de financement participatif (pour un total de 400 000 euros), mais c’est Canal+, propriété de Vincent Bolloré et financeur incontournable du cinéma français, qui permet de boucler le budget à hauteur de 350 000 euros. « Miraculeusement, Canal+ est arrivé dans le jeu, raconte Steven Gunnell. Ils sont venus sur le tournage et ils ont vu que c’était sérieux. On aurait aimé que ce soit Arte ou France Télévisions qui financent… On n’a pas eu le réflexe de les contacter. »

. « On ne demande que ça, de parler à tout le monde ! Sous prétexte que je suis invité sur CNews, on dit de moi que je suis un ami de Goebbels. Traitez-nous de nazis, pendant qu’on y est !, s’emporte Steven Gunnell. Ça me rend hystérique. J’ai passé ma vie à prêcher la miséricorde. »


Mercredi 22 octobre, nouvelle polémique. Benoît Payan, le maire (divers gauche) de Marseille, décide, au nom du principe de neutralité et du « respect de la loi de 1905 sur la laïcité », d’interdire la projection du film dans une salle municipale. « Seulement une heure avant la projection !, s’insurge Hubert de Torcy. C’est une histoire de talibans en culottes courtes. »


Pourquoi l’intervention de Stéphane Ravier, si marqué politiquement ? « L’idée de déposer un référé-liberté vient de lui, précise Sabrina Gunnell par SMS. Nous ne connaissons rien aux lois, et nous ne savions même pas qu’il était possible de faire appel de la décision du maire de Marseille. Nous avons simplement saisi une main tendue. Il se trouve que c’est lui qui l’a fait. Cela aurait pu être quelqu’un d’autre, cela aurait été pareil. »
images/icones/info3.gif  ( 993248 )c'est un film instrumentalisé par l'extrême-droite par Cristo (2025-11-10 23:10:04) 
[en réponse à 992916]

dixit ce mandarin en panique :

https://www.cath.ch/newsf/le-film-sacre-coeur-sinscrit-dans-une-offensive-de-la-droite-catholique/

qui pourtant nous enterrait plein de morgue il y a un an :

https://www.cath.ch/newsf/olivier-roy-le-christianisme-identitaire-est-dans-un-echec-total/