Le Forum Catholique

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images/icones/croix_byzantine.png  ( 992869 )Julilé des 25 ans par Ludwik (2025-10-26 14:35:39) 

de la présence des Servantes de Marie Immaculée (congrégation ukrainienne) à Karaganda,
et du 20ᵉ anniversaire de la construction de l’actuelle église de la Protection de la Mère de Dieu dans cette même ville,

la cérémonie s’est déroulée en présence de quatre évêques :
- Mgr Teodor Matsapula, évêque de Moukachevo ;
- Mgr Schneider, évêque auxiliaire d’Astana ;
- Mgr Joseph Werth (évéque de Novossibirsk);
- et l’évêque auxiliaire de Karaganda.

Hier, 25 octobre, a eu lieu une messe latine (hélas, catastrophique, et le mot est faible) célébrée par Mgr Werth, et concélébrée par les autres évéques...
Suivie de six conférences passionnantes, dont deux consacrées à Mgr Alexandre Chira, ancien recteur du séminaire de Moukachevo puis évêque du même diocèse, dont le procès de béatification est en cours.

Mgr Chira, évêque gréco-catholique, passa en réalité l’essentiel de sa vie au Kazakhstan, où il fut déporté (refus de passer à l'orthodoxie russe) après l’assassinat de Mgr Romzha.
Il y organisa toute la vie catholique en Asie centrale, fit construire la première église catholique (dédiée au rite latin, le rite byzantin étant alors interdit aux catholiques en URSS), etc.

La conférence du recteur du séminaire de Moukachevo fut une petite merveille de science historique et de profondeur spirituelle.
Les échanges privés avec Mgr Matsapula et Mgr Schneider furent particulièrement intéressants, notamment au sujet de l’acceptation du nouveau rite latin par Mgr Chira.
Evidemment, j'en profite pour saluer Mgr Hovera, organisateur exeptionnel qui porte sur ses épaules toute la catholicité byzantine d'asie centrale.

Aujourd’hui, liturgie pontificale byzantine présidée par Mgr Matsapula :
une célébration d’une beauté extraordinaire, avec une chorale exceptionnelle composée des religieuses et des nombreux enfants du père Yaroslav, curé à Pavlodar.


P.S.

J’ai pris plusieurs photos… mais je ne sais pas comment les joindre à mes messages.

J’ajoute deux impressions personnelles :
- immense incompréhension devant la liturgie catastrophique célébrée par Mgr Werth.
Lui, issu d’une famille nombreuse, riche en enfants et en vocations ;
ayant côtoyé de nombreux martyrs durant son enfance ;
homme véritablement pieux, connaissant bien la liturgie de saint Jean Chrysostome, etc.
Quand je pense que le latin lui a été enseigné par Mgr Chira lui-même… !

- Tous ces prêtres et ces évêques ont connu l’Église des catacombes.
Ils ont côtoyé, dans leur enfance, de nombreux martyrs et confesseurs de la foi :
un patrimoine de sainteté immense et si proche.
Cela confère aux exposés présentés une force difficilement retranscriptible.

- Le martyre des Européens déportés au Kazakhstan est peu connu en Europe, et pourtant absolument effroyable…
Les premiers Allemands déportés dans les années 1930 dans cette région furent simplement abandonnés en pleine steppe : il n’y avait alors aucune infrastructure (Karaganda n’a pas encore cent ans).
Les malheureux ont creusé des trous dans la terre pour survivre…
La mortalité fut effroyable parmi ces êtres réduits à l’état de bêtes.
Et pourtant, la vie religieuse s’est organisée très vite.
Dix ans plus tard, la déportation massive des Ukrainiens de l’Ouest lui fournira un clergé : ceux qui survivront parmi les plus de deux cents prêtres gréco-catholiques déportés.

- Par delà des mots et de l'habit modernisé des religieuses, la doctrine et la liturgie de ce clergé grécocatholique (présent au jubilé des religieuses je veux dire) est absolument traditionnelle, c'est à dire catholique, cela tranche douloureusement avec le clergé latin.
images/icones/carnet.gif  ( 992873 )Pour les photos par Meneau (2025-10-26 19:08:51) 
[en réponse à 992869]

Mode d'emploi ICI.

Cordialement
Meneau
images/icones/carnet.gif  ( 992881 )Tiédeur liturgique par Regnum Galliae (2025-10-27 09:11:24) 
[en réponse à 992869]

Deux raisons possibles à cette tiédeur liturgique
- pour lui, la liturgie latine est une affaire de latin, point. Peut-être n'aurait-il pas montré plus d'enthousiasme avec la liturgie latine traditionnelle. S'il a consenti à la synaxe que vous avez vue, il n'aurait peut-être pas accepté son équivalent en rite byzantin, sauf s'il est concerné par la seconde catégorie.
- comme de nombreux évêques de la frange traditionnelle latine au moment du concile Vatican II (les Siri, Ottaviani, etc.), Mgr Werth n'a peut-être fait qu'obéir à l'autorité sans se poser de question. Perinde ac cadaver, comme disent les Jésuites.

J'en profite pour vous demander ce que vous pensez de ce prêtre catholique, devenu orthodoxe, déçu de la capacité de l'Eglise conciliaire à revenir à l'Eglise des premiers siècles, sans comprendre qu'une Eglise vivante évolue forcément de manière organique, comme le fait le corps humain en mûrissant. Parmi les extraits, on peut citer

"L’espoir d’une revivification des structures et des institutions de l’Eglise romaine par un retour à l’esprit et à la doctrine des Pères s’estompait. Avec le Concile, c’était un processus inverse qui, sur bien des points, se dessinait. Le Concile lui-même, d’ailleurs, n’en était que très indirectement responsable. Il agissait plutôt à la manière d’un révélateur. Jusque-là, une assez grande part des institutions anciennes, et surtout la liturgie traditionnelle de l’Occident, avaient pu subsister malgré diverses altérations, parce que le catholicisme, régi par un pouvoir central fort et universellement respecté, les avait maintenues par voie d’autorité. Mais, dans une très large mesure, les fidèles, et plus encore les clercs, en avaient perdu le sens profond. Avec le Concile, la pression de l’autorité s’affaiblit ; il était logique que ce dont le sens était perdu finisse par s’effondrer, et que l’on soit amené à reconstruire sur de nouvelles bases, conformes à ce qu’était devenu depuis plusieurs siècles, ou devenait maintenant, l’esprit du Catholicisme romain."



Si, de nos jours, les traditionalistes catholiques, paradoxalement, professent la primauté et l’infaillibilité du pape, tout en refusant le deuxième concile du Vatican et l’obéissance aux papes postérieurs à ce concile, c’est parce que la « tradition » à laquelle ils s’attachent est ce qui était enseigné et vécu dans l’Eglise catholique entre le XIème siècle et le milieu du XXème. Mais ils ne réalisent pas que cette pseudo-tradition inclut un certain nombre d’innovations latines médiévales qui marquaient une rupture avec la Tradition tenue par tous durant le premier millénaire, rupture certainement beaucoup plus grave que celle qu’ont provoquée, selon ces traditionalistes, les doctrines et les pratiques du concile et de l’après-concile Vatican II à l’égard de celles de l’Eglise latine telle qu’elle était avant ce concile.


Je suis bien évidemment en total désaccord avec son constat. On y retrouve la théorie orthodoxe selon laquelle le catholicisme se séparant de la seule Eglise du Christ se serait peu à peu éloigné de la Vérité et de l'orthodoxie de la foi, et que le magnifique Concile de Trente ne serait qu'une étape dans cette apostasie.

Pauvre archimandrite Placide...
images/icones/croix_byzantine.png  ( 992883 )Mgr Werth par Ludwik (2025-10-27 10:14:31) 
[en réponse à 992881]

Sur le premier point, je pense que nous nous sommes mal compris.
Mgr Werth est l’évêque actuel de Novossibirsk ; c’est un évêque de rite latin.
Il est également jésuite.

Ma remarque était avant tout rhétorique, car je ne parviens pas à comprendre qu’il célèbre aussi mal son propre rite, malgré tout ce qu’il a reçu.

Lors du jubilé des sœurs, il y avait trois évêques latins (Mgr Werth, Mgr Schneider et l’évêque auxiliaire de Karaganda) et un évêque gréco-catholique (le remarquable Mgr Matsapula) , en plus, bien sûr, de Mgr Hovera, administrateur apostolique des catholiques de rite byzantin pour l’Asie centrale.

Mgr Werth avait été invité parce qu’il a bien connu Mgr Alexandre Khira, dont la vie et l’œuvre faisaient l’objet de plusieurs conférences.
Il a d’ailleurs été un excellent orateur, et son exposé s’est révélé intéressant et émouvant.
C’est un Allemand ethnique, né à Karaganda de parents déportés.

Mgr Schneider était également présent pour des raisons évidentes : c’est un grand ami de l’Église ukrainienne, et il a prononcé une brève intervention sur le Bienheureux Père Oleksiy Zaritskyi, que sa mère a bien connu et qu’il vénère particulièrement.

L'auxilire de Karaganda était là par courtoisie.
images/icones/fleche3.gif  ( 992959 )Photos par Ludwik (2025-10-31 22:13:27) 
[en réponse à 992869]

Vous (re)trouverez sans peine Mgr Schneider, entre autres.

ici

et ici