Le Forum Catholique

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 ( 992785 )Pauvreté et gratuité par Roger (2025-10-22 10:06:13) 

Excusez-moi si j’écris des sottises mais je me pose la question suivante.

Notre système français de santé repose (en gros) sur le principe de la gratuité des soins.

Et donc le financement des établissements de soins par les prélèvements obligatoires.

il me semble qu’au moyen âge ou même au XIXe siècle l’hôpital etait payant - sauf pour les pauvres qui bénéficiaient d’un regime charitable .

Quelle serait la formule la plus évangélique ? La plus juste? La plus efficace ?

Je sais bien que un CHU de 2025 ne ressemble pas aux hospices de Beaune. Je me pose simplement la question de savoir si la gratuité pour tous est vraiment une solution chrétienne.
images/icones/heho.gif  ( 992787 )Ce qui est gratuit coûte toujours beaucoup plus cher que ce qui est payant ! par jl dAndré (2025-10-22 13:01:01) 
[en réponse à 992785]

Cela peut paraître paradoxal, mais c'est l'évidence même : on a bien plus tendance à gaspiller ce qu'on a gratuitement que ce qu'on a dû payer de sa poche. Ou même sans aller jusqu'à le gaspiller, on n'y portera pas la même attention, on ne fera pas preuve d'autant de vigilance pour le préserver lorsque cela ne nous aura rien coûté.
Certes, le problème est complexe, car il ne faut pas, non plus, qu'un coût excessif en dissuade plus d'un de recourir à des soins pourtant indispensable.
Et on ne pourra pas revenir à l'ancien système (mais fortement aménagé pour tenir compte des progrès techniques) sans une longue (très longue) période transitoire tant le sens des solidarités familiales, locales et professionnelles s'est totalement perdu du fait justement de l'habitude de cette gratuité généralisée.
images/icones/fleche2.gif  ( 992788 )si vous voulez supprimer la gratuité par jejomau (2025-10-22 13:40:36) 
[en réponse à 992787]

Alors il faut supprimer les charges perçues sur votre salaire brut afin d'augmenter considérablement le salaire net.

Une prise de sang coûte environ 500 euros. A titre d'exemple
 ( 992789 )Ma question par Roger (2025-10-22 13:55:55) 
[en réponse à 992788]

Personnellement je ne propose rien de précis.
Je demande si des moralistes catholiques ont débattu de la légitimité morale et évangélique de ces deux systèmes
- gratuité universelle financée par des prélèvements obligatoires ;
- gratuité réservée aux pauvres et pour les autres liberté de financement (par mutuelles ou assurances privées par exemple).
images/icones/carnet.gif  ( 992791 )Il faut arrêter de parler de gratuité par Donapaleu (2025-10-22 14:04:11) 
[en réponse à 992789]

Mais plutôt se demander qui paye et qui finance celui qui paye. Et c'est toujours vous, ou moi !
images/icones/1b.gif  ( 992899 )Mais dans tous les cas par Ptitlu (2025-10-27 19:48:42) 
[en réponse à 992791]

C'est vous et moi. Même quand c'est soi disant libéral et payant, le capitalisme de connivence est payé par la dette, très souvent des subventions déguisées et des politiques publiques de rattrapage.

Gratuit ou payant, c'est un faux débat, comme d'autres. Il s'agit du "commun", et le vrai débat, c'est de le définir et de savoir qui doit rn profiter ou le porter ?
images/icones/heho.gif  ( 992903 )Mais si, c'est le vrai débat ! par jl dAndré (2025-10-28 09:33:12) 
[en réponse à 992899]

Bien sûr que le fait que ce soit gratuit ou payant ne change rien au fait que c'est toujours moi qui paye ! mais il y a une énorme différence qui est le fond du problème : c'est que quand c'est payant, je ne paye que ce que je veux et autant que je le veux, alors que quand c'est gratuit, d'autres décident pour moi de payer avec mon argent ce qu'ils estiment le mieux me convenir.
De plus celui qui doit gérer des milliers (voire des millions) de bénéficiaires ne peut faire preuve de la même rigueur dans l'économie des fonds mis à sa disposition que s'il n'en avait qu'un seul et que cet unique bénéficiaire était lui-même.
C'est une réflexion de simple bon sens.
images/icones/carnet.gif  ( 992801 )Préférons toujours la charité fraternelle à la "Fraternité" maçonnique ! par jl dAndré (2025-10-22 19:07:32) 
[en réponse à 992789]

Rappel du commandement de la charité fraternelle : Tu aimeras ton prochain comme toi-même pour l'amour de Dieu.
La grande différence est sa finalité, l'amour de Dieu totalement absente dans la fraternité de la sinistre trilogie révolutionnaire "Liberté, Égalité, Fraternité", mais ce n'est pas la seule ! La charité nous commande d'aimer non indifféremment tous les hommes, mais notre prochain, c'est à dire celui qui est proche de nous et d'autant plus qu'il nous est plus proche. C'est tout le contraire de la "Fraternité" maçonnique qui demande d'aimer indifféremment tous et combat farouchement toutes les structures de proximité comme autant d'obstacle à leur fraternité universelle.
Préférons toujours ces structures de proximité à toutes les structures globalisantes impersonnelles et bureaucratiques qui sont la proie d'immenses gaspillages et de fraudes massives.
images/icones/info2.gif  ( 992820 )erreur historique à rectifier pour la Fraternité par Luc Perrin (2025-10-24 09:56:31) 
[en réponse à 992801]

Dans la devise issue de la Révolution française, la fraternité est bel et bien chrétienne, catholique. On oublie trop dans la lecture contre-révolutionnaire étroite que la Révolution n'est aucunement anti-religieuse au tout début : ni dans les cahiers de doléances, pour lesquels les curés jouent un rôle marquant tant pour leur Ordre que pour le Tiers État, ni dans la phase 1789-1790. Qui a oublié la Messe (latine traditionnelle bien sûr) de la fête de la Fédération, certes célébrée par l'évêque d'Autun qui abandonne son état épiscopal un semestre plus tard (Talleyrand) ?
La Constitution civile du clergé de 1790 conduit à la crise et au schisme et constitue le ferment d'une anti-religion fanatique qui démarre avec aussi la persécution des ordres et congrégations religieuses.

La chronologie révolutionnaire est certes ramassée, tout va très vite et le processus de radicalisation monte aux extrêmes en un temps court mais il y a quand même des phases distinctes.
Dans la phase la plus antireligieuse, on laisse tomber de facto la Fraternité et ce sont Liberté et Égalité qui dominent, piétinées l'une et l'autre plus elles sont invoquées.
La polarisation des débats politiques se fait d'ailleurs souvent autour du pôle "libéral" et du pôle "égalitaire/égalitariste" (socialiste, communiste par la suite). Le pôle de la Fraternité est le parent pauvre jusqu'à nos jours.

Enfin au cours du XIXe siècle, la notion qui est opposée par les laïques de toutes origines est la "solidarité", la charité fraternelle étant repoussée du fait de son ancrage chrétien.
Sans compter que le mot "fraternité" est bien inscrit dans la réalité ecclésiale et les traditionalistes devraient le savoir : Fraternité sacerdotale ... nous écrivons sur le F.C. ce F majuscule tant de fois.

Oui vous avez raison, la maçonnerie s'est approprié le mot de "fraternité" plus sous la forme de la "fraternelle" dans le nom de certaines loges. Mais pourquoi leur abandonner un si beau mot qui fait contraste par rapport aux deux autres de la devise et comporte, par lui-même, une dimension éthique qui fait si cruellement défaut aujourd'hui dans le libéralisme à visage totalitaire euro-atlantique ?

La Bible est assez claire sur ce point :
- le Deutéronome 18, 18 "Je leur susciterai du milieu de leurs frères un prophète comme toi, je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui commanderai." (version Segond)
- Matthieu 23, 8 "Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères." (version AELF)
 ( 992821 )1848? par Roger (2025-10-24 10:16:40) 
[en réponse à 992820]

Sauf erreur de ma part le mot Fraternité a été ajouté en 1848 dans le cadre d’une autre révolution. Je ne sais à qui nous le devons : Lamartine ?
images/icones/bravo.gif  ( 992823 )sur un site officiel de la République je lis par Luc Perrin (2025-10-24 10:52:44) 
[en réponse à 992821]

"Le rapprochement des trois notions « Liberté », « Égalité » et « Fraternité » n’apparaît qu’en décembre 1790, sous la plume de Robespierre. Dans son Discours sur l’organisation des gardes nationales, le député de l’Artois propose que les mots « Le Peuple Français » et « Liberté, Égalité, Fraternité » soient gravés sur les drapeaux et les uniformes des officiers.
La proposition n’est pas retenue, mais l’expression revient en 1793, sous la Terreur. « Unité, indivisibilité de la République, Liberté, Égalité, Fraternité ou la mort », telle est la formule radicale que Jean-Nicolas Pache, alors maire de Paris, ordonne d’inscrire sur les façades de l'Hôtel de Ville et des édifices publics en juin 1793."

La formule officielle vient du Préambule de la Constitution de la Seconde République en son article IV :
"- Elle a pour principe la Liberté, l'Egalité et la Fraternité. Elle a pour base la Famille, le Travail, la Propriété, l'Ordre public."

Je découvre au passage que le régime de Vichy avait puisé à une source très républicaine pour son triptyque.

En outre ledit Préambule s'ouvre ainsi :
"En présence de Dieu et au nom du Peuple français, l'Assemblée nationale proclame :"

Qui a fait la proposition, l'historique ne le dit pas mais Lamartine a pu jouer un rôle. A la différence de 1830, révolution anticléricale, celle de 1848 en Europe est plutôt empreinte de religiosité.

* Robespierre militait contre la peine de mort au début ... avant de justifier les pires horreurs de 1792-194.
images/icones/carnet.gif  ( 992828 )Non ! La Révolution fut révolutionnaire dès le début ! par jl dAndré (2025-10-24 15:30:21) 
[en réponse à 992820]

Qu'elle ait voulu au début se parer d'un vernis religieux n'y change rien !
Le pire de cette révolution fut la nuit du 4 août 1789, avec l'abolition des privilèges.
Je sais bien que la propagande monte en épingle un certain nombre de privilèges abusifs dont l'abrogation fut effectivement une bonne chose. Mais si l'on s'était contenté d'abroger ces seuls privilèges abusifs, cela n'aurait eu aucune conséquence néfaste et il n'y aurait eu qu'à s'en féliciter. Or sous le prétexte de ces privilèges abusifs on a aboli tous les privilèges, également ceux qui étaient parfaitement justifiés et même fondamentaux, vitaux pour notre pays.
Privilège vient de priva lex, loi privée. Qu'est-ce qu'une loi privée ? C'est ce qui régit toutes les structures intermédiaires entre les individus et l'État, lesquelles structures ont été par conséquent toutes abolies d'un trait de plume la nuit du 4 août.
Le décret d'Allarde, pris en application directe de la loi du 4 août, a abrogé toutes les corporations et comme les travailleurs se sont spontanément regroupés, la loi Le Chapelier est venue le leur interdire. Toute la misère ouvrière du XIX° siècle en a résulté.
Le droit de grève n'a été rétabli qu'en 1864, la liberté syndicale en 1884 et le droit d'association en 1901 (et encore dans une formulation qui en excluait de fait les congrégations religieuses). Tout cela avait été aboli le 4 août 1789.
Les provinces ont été supprimées, de même que tout ce qui était baillage ou sénéchaussée, et furent remplacées par des départements dirigés par un préfet nommé directement par le pouvoir. On n'a pu supprimer les communes, mais le maire en était désormais nommé par le pouvoir (ou par le préfet lui-même nommé).
On n'a pu supprimer la famille, mais on l'a fragilisé par l'institution du divorce.
Enfin les écoles et hôpitaux (qui sont bien sûr autant de privilèges) ont été saisis comme biens nationaux et revendus aux plus offrants qui se sont empressés de rentabiliser leur acquisition. L'instruction comme les soins sont devenus très chers et donc réservés aux plus riches. Il en est résulté un effondrement du niveau sanitaire et scolaire du pays dont on n'est sorti que par la nationalisation de l'ensemble.
Tout cela au nom de la fraternité.
images/icones/find.gif  ( 992860 )La Révolution est un bloc ! par Jean-Paul PARFU (2025-10-26 08:32:29) 
[en réponse à 992828]

jl d'André a parfaitement raison ! Son post est excellent !

C'est Clémenceau lui-même qui l'affirma devant l'Assemblée le 29 janvier 1891 : "La Révolution française est un « bloc », qu'il faut accepter ou rejeter dans son intégralité, car le combat révolutionnaire continue".

Le comte d'Artois (futur Charles X) ne s'y était d'ailleurs pas trompé qui avait quitté la France dès le 16 juillet 1789.

Et que penser de la "Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen" du 26 août 1789 et de la "Constitution civile du clergé" adoptée le 12 juillet 1790 ?
 ( 992884 )Influence maçonnique ? par Roger (2025-10-27 10:16:54) 
[en réponse à 992860]

Georges Clemenceau n’était il pas franc maçon ? Peut il être une référence légitime pour un catholique ?
images/icones/carnet.gif  ( 992895 )Mais justement ! par jl dAndré (2025-10-27 17:27:42) 
[en réponse à 992884]

Quand Clemenceau dit "La Révolution est un bloc dont on ne peut rien distraire", ce n'est pas pour rejeter 1789 au nom des excès de 1793, mais au contraire pour accepter ces excès au nom des principes de 1789. Et le fait qu'il soit franc-maçon ne fait que renforcer la pertinence de sa déclaration.
images/icones/bravo.gif  ( 992897 )Bravo et merci | par jl dAndré (2025-10-27 18:56:56) 
[en réponse à 992860]

Même si je ne partage pas votre engouement pour le comte d'Artois qui aurait peut être mieux fait de rester en France pour épauler son frère si isolé face à la révolution, je ne puis qu'approuver votre dénonciation de la "Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen" elle aussi de 1789 et ne peut donc pas être attribuée à une dérive dune Révolution soi-disant pure à l'origine.
Je renvoie à l'excellente étude de "La couronne de Marie" qui la dénonce :
La couronne de Marie N°137, 138, 139, 140, 141, 143, 144, 145
images/icones/nounours.gif  ( 992887 )vous dérivez bien loin du sujet qui était la fraternité par Luc Perrin (2025-10-27 11:34:14) 
[en réponse à 992828]

comme bien d'autres ici dans bien des fils.

Je déduis que vous êtes adepte de la lecture "contre-révolutionnaire étroite" que j'évoquais au début de mon post : c'est la thèse après coup d'Edmund Burke, rien à voir avec le Cardinal. Sachant que Burke était enthousiaste de la Révolution au départ ... dans laquelle il voyait initialement une anglicisation paisible de la France.

On peut en 2025 être partisan d'une monarchie absolue - avec quel Prétendant parmi les candidats ? - un peu tempérée par les corporations et "privilèges" accordés légalement à tel groupe, telle cité, telle province. Je suis peu versé dans l'étude des cercles post-maurrassiens ou légitimistes mais leur influence sur l'opinion et même la capacité d'avoir un seul élu me paraît relever de Disneyland.

Oh certes j'ai une conscience aiguë du fait que nos sociétés occidentales sont toujours des sociétés de "privilèges" à tous les niveaux et que la naissance y a toujours sa part. Cela doit vous réjouir mais votre passion inégalitaire est peu partagée à mon humble avis : l'idée qu'il y a des privilégiés fiscaux, des privilégiés au plan judiciaire, des fortunes considérables qui ne paient aucun impôt sur le revenu alors que le citoyen du Tiers État que je suis voit sa pension largement amputée comme au temps de la taille - le budget présenté par l'actuel gouvernement français est une parfaite illustration d'une société d'Ancien Régime pour prendre un ex. -, privilèges dans l'éducation à tous les niveaux, privilèges dans la santé, privilèges de l'accès aux charges publiques qui ne sont plus vénales qu'en apparence ... tout cela, cher M. d'André, vous gagnera peu de coeurs et moins encore de voix.

Ah est-on si différent en 2025, par delà le "vernis" égalitaire et républicain, de la société de la France d'Ancien Régime décadente du second XVIIIe ? Pas tant que cela du moins pour les élites qui semblent aussi dépravées, corrompues de nos jours qu'en 1760-1789. Les bureaux UE de Bruxelles au Berleymont sont-ils si différents des bureaux de Versailles au temps du Bien Aimé Louis XV et de Louis XVI ?

Pour en revenir au sujet, la fraternité, je récuse deux de vos affirmations :
- "Qu'elle ait voulu au début se parer d'un vernis religieux n'y change rien !"
Si cela change tout pour un historien, cela s'appelle respecter la chronologie. Et j'en profite pour écarter de ce fait la fameuse citation de Clemenceau, un républicain radical, admirateur des jacobins et de Robespierre, avant de devenir un homme d'État rassis, assez conservateur, faisant fusiller les manifestants et en 1919 posant les bases du maintien du système concordataire en Alsace-Moselle : la vie de Clemenceau elle-même montre la fausseté de son affirmation. Clemenceau n'a pas plus été un "bloc" que la Révolution française ou la Révolution russe de février 1917 d'ailleurs avant la prise du pouvoir des Bolcheviks. C'est une vision idéologique a posteriori motivée par des raisons politiques ou intellectuelles au moment où on formule ce genre de simplification outrancière.
- "Tout cela au nom de la fraternité."
Que nenni ! Au nom de la liberté et de l'égalité oui mais pas de la "fraternité", parente pauvre de l'époque révolutionnaire, bien qu'elle soit utilisée par quelques uns. Comme la discussion l'a montrée et la rectification de Roger sur 1848, j'ai fourni les documents, était bienvenue.


ps. Ce bon Charles X, évoqué par Me Parfu, était un "honnête homme" mais un piètre politique, entouré d'idiots comme Jules de Polignac. Rappelons toutefois que le dernier des Bourbons ayant régné sur la France avait accepté la Charte constitutionnelle de son frère aîné Louis XVIII, qu'il avait prêté serment à plusieurs reprises en 1815 et lors de son sacre en 1825 et qu'avec les malheureuses Ordonnances de 1830, il n'a jamais voulu abolir cette Charte donc le système représentatif issu de la Révolution. Il n'a jamais été un souverain pré-moderne dans les faits et ce point est bien établi par les historiens de nos jours.
 ( 992900 )Merci Luc par Roger (2025-10-27 20:34:17) 
[en réponse à 992887]

Pour vos apports précis et si vous me le permettez extrêmement « professionnels ».
images/icones/1a.gif  ( 992904 )il n'y a pas de dérive par Regnum Galliae (2025-10-28 11:07:03) 
[en réponse à 992887]

Vous écrivez qu'en 1789, la notion de fraternité est une notion chrétienne. Je m'inscris moi aussi en faux devant cette idée. Dès la déclaration des droits de l'homme sans Dieu les notions de liberté et d'égalité ne sont plus chrétiennes. Pourquoi la fraternité, qui n'apparaît que plus tard si je comprends bien, le serait-elle resté ?
Par ailleurs, le professeur que vous êtes ne peut ignorer que la fête de la Fédération et sa messe (sacrilège ?) célébrée par Talleyrand ont eu lieu deux jours après la promulgation de la constitution civile du clergé. Tout cela n'est déjà plus très chrétien.
La révolution dite française est bien destructrice de l'ordre ancien dès le début. Et le début est ce fameux 17 juin 1789, jour où le Tiers Etat se proclame Assemblée nationale et met la volonté du peuple avant celle de Dieu et du Roi son lieutenant. Cent ans jour pour jour après la demande de Notre-Seigneur de consacrer la France à son Cœur sacré soit dit en passant. Mais je suppose que ce détail n'intéresse pas l'historien ?
images/icones/rose.gif  ( 992982 )vous avez le droit d'être contre-révolutionnaire bonaldien ou burkien par Luc Perrin (2025-11-02 12:55:36) 
[en réponse à 992904]

autant que vous le voulez cher Regnum Galliae, c'est votre opinion. Très peu partagée dans le monde en dehors de quelques vaillants chevaliers du F.C. Nous avons déjà amplement exploré ensemble ici même et à tant de reprises l'illusion qui vous est chère de l'avènement imminent ou à vue humaine au moins d'une chrétienté catholique universelle avec des états mono-confessionnels catholiques.
C'est votre "marotte" pourquoi pas, il en est d'autres plus exotiques encore.

De là à vouer au gémonies les notions bien connues de fraternité et de liberté, débattues par les théologiens pendant des siècles bien avant 1789, bien présentes dans la tradition ecclésiale, dans le droit canon et de mobiliser une consécration au Sacré Coeur demandée un siècle avant l'événement, il y a un océan que je ne franchis pas avec vous.

Curieux que vous parliez d'une messe "sacrilège" pour le 14 juillet 1790 : vous êtes le seul à en contester la validité, les ministres étaient validement ordonnés et en pleine communion avec le Saint-Siège à cette date, le rituel a été observé et il ne fait aucun doute qu'à ce moment, le célébrant et ses assistants aient bien eu l'intention d'offrir le saint sacrifice, aussi médiocres qu'ils aient été au plan des moeurs.

Petit détail chronologique, la Constitution civile du clergé n'est aucunement en vigueur au 14 juillet 1790 : votée le 12 certes, elle est promulgué après hésitation par Louis XVI le ... 24 août 1790. La condamnation formelle et publique par Pie VI intervenant très tard, pour de multiples raisons diplomatiques et la menace pesant sur le Comtat venaissin, en mars et avril ... 1791.
Le qualificatif de "sacrilège" porté par Pie VI en avril 1791 à l'égard de l'ancien évêque d'Autun frappe les consécrations de 14 évêques constitutionnels qu'il a opérées. Nullement la messe du 14 juillet 1790.
Comme le fait dire Molière au faux médecin, "le poumon, le poumon vous dis-je", la chronologie, la chronologie vous dis-je. Elle évite de nous laisser aller à des relectures rétrospectives des événements qui ne sont pas vécus par les contemporains avec nos yeux ou avec la connaissance des faits postérieurs.

Ne lancez pas si légèrement du "sacrilège" là où il n'y en a pas : la Pachamama pour le coup était sacrilège comme les actes perpétrés à Saint-Pierre de Rome par des activistes et dans d'autres églises.
images/icones/carnet.gif  ( 992822 )réponse simple concernant la doctrine sociale de l'Église par Luc Perrin (2025-10-24 10:38:32) 
[en réponse à 992789]

Depuis Léon XIII, elle s'interdit d'entrer dans la minutie des éléments pratiques de mise en oeuvre. C'est l'autonomie des états, des nations, des groupes sociaux, des régions ou provinces, de la famille.

Vous avez sûrement en tête le principe de subsidiarité que l'Union européenne a fait semblant de lui emprunter pour l'ignorer et faire l'inverse exactement.

Pie XI le dit clairement dans Quadragesimo anno (1931) :

"Il est vrai sans doute, et l’histoire en fournit d’abondants témoignages, que, par suite de l’évolution des conditions sociales, bien des choses que l’on demandait jadis à des associations de moindre envergure ne peuvent plus désormais être accomplies que par de puissantes collectivités. Il n’en reste pas moins indiscutable qu’on ne saurait ni changer ni ébranler ce principe si grave de philosophie sociale : de même qu’on ne peut enlever aux particuliers, pour les transférer à la communauté, les attributions dont ils sont capables de s’acquitter de leur seule initiative et par leurs propres moyens, ainsi ce serait commettre une injustice, en même temps que troubler d’une manière très dommageable l’ordre social, que de retirer aux groupements d’ordre inférieur, pour les confier à une collectivité plus vaste et d’un rang plus élevé, les fonctions qu’ils sont en mesure de remplir eux-mêmes.
L’objet naturel de toute intervention en matière sociale est d’aider les membres du corps social, et non pas de les détruire ni de les absorber."

Mais le pape ajoute et c'est une donnée de la Tradition pour éclairer les textes récents de François et celui signé par Léon XIV relatifs à la pauvreté et à la justice sociale :

"Mais quand bien même chacun ici-bas aurait obtenu tout ce à quoi il a droit, un champ bien large resterait encore ouvert à la charité. La justice seule, même scrupuleusement pratiquée, peut bien faire disparaître les causes des conflits sociaux ; elle n’opère pas, par sa propre vertu, le rapprochement des volontés et l’union des cœurs. Or, toutes les institutions destinées à favoriser la paix et l’entraide parmi les hommes, si bien conçues qu’elles paraissent, reçoivent leur solidité surtout du lien spirituel qui unit les membres entre eux. Quand ce lien fait défaut, une fréquente expérience montre que les meilleures formules restent sans résultat. Une vraie collaboration de tous en vue du bien commun ne s’établira donc que lorsque tous auront l’intime conviction d’être les membres d’une grande famille et les enfants d’un même Père céleste, de ne former même dans le Christ qu’un seul corps dont ils sont réciproquement les membres [70] en sorte que si l’un souffre, tous souffrent avec lui [71]."

[où on retrouve le Fratelli tutti mais sous le Père céleste et dans le Christ annoncés explicitement et fortement]

nb. l'hôpital public en France n'est pas gratuit, pour l'avoir fréquenté hélas l'an passé plus que de raison, j'ai rempli un épais dossier d'admission avec Sécurité sociale, mutuelle, assurances privées suivant les cas. Vous avez le montant des cotisations. Jejomau a donné un exemple mais pour un scanner c'est de mémoire 1300/1500 €. Pie XI est limpide quant au recours aux "puissantes collectivités" quand les associations d'antan ne suffisent plus.
images/icones/carnet.gif  ( 992790 )Vous exagérez. par Donapaleu (2025-10-22 14:02:36) 
[en réponse à 992788]

Une prise de sang assez complète mais standard (il y a des dosages particuliers qui peuvent être très onéreux) tourne aux alentours de 70 €. Une prothèse de hanche, deuxième intervention la plus pratiquée en France, coût entre 8 et 10 1000 € à l'assurance-maladie.
images/icones/1a.gif  ( 992799 )certes par jejomau (2025-10-22 18:03:18) 
[en réponse à 992790]

Vous avez sans nul doute raison... en cet instant T. Mais il faut voir qu'une fois ce système engagé beaucoup de gens iront moins se faire soigner ou n'iront plus se faire soigner, ce qui induira mécaniquement une hausse des tarifs.
L'exemple que je vous donne est réel et concerne une analyse réalisée à l'hôpital français de Pnomh Penh il y a deux ans.
En fin de compte seuls ceux qui auront certains moyens se feront soigner
images/icones/fleche3.gif  ( 992792 )Quelques pistes de réflexion... par Père M. Mallet (2025-10-22 15:09:09) 
[en réponse à 992785]

1) - "13 Quelqu'un dit à Jésus, du milieu de la foule: Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage.
14 Jésus lui répondit: Homme, qui m'a établi pour être votre juge, ou pour faire vos partages?
15 Puis il leur dit: Gardez-vous avec soin de toute avarice..."

Jésus refuse d'arbitrer nos partages des biens matériels. Et donc l’Église aussi, qui est Jésus continué, n'a pas à donner de clef de répartition précises dans de telles matières, elle peut (et doit) donner des principes généraux que chacun, et surtout les gouvernants, devra appliquer avec prudence et sagesse.

2) - Une redistribution trop grande sombre dans l'utopie et l'inefficacité, à l'irresponsabilité, à l'incitation à la fraude et à la fainéantise, et aux divisions et conflits de la population - tandis qu'une absence trop grande de redistribution constituerait une inacceptable dureté de coeur à l'égard des pauvres (au sens large : handicapés, etc.).
Il faut donc trouver un équilibre, sans perdre de vue les risques d'un excès de redistribution, clairement cause du désastre actuel de notre pays.
Un excès de redistribution se paye par des prélèvements excessifs qui ruinent l'économie : fabriquer un produit devient non-rentable dans un pays où les prélèvements obligatoires sont trop élevés, la production baisse, le chômage augmente...

3) Il faut aussi tenir compte de l'existence de "Big Pharma" ce lobby des laboratoires, omniprésent dans la recherche médicale, qui sponsorise des universités de médecine.
Big Pharma cherche uniquement les profits.
Les remèdes peu coûteux ne l'intéressent pas.
Tel symptôme = tel comprimé.
Et peu importe qu'il existe un remède naturel qui ne coûte rien : il sera victime de l'omerta des revues médicales.

images/icones/carnet.gif  ( 992795 )Sur votre dernier point par Donapaleu (2025-10-22 15:53:30) 
[en réponse à 992792]

Il est certain que le laboratoire pharmaceutique ne s'intéresse qu'aux produits qu'il va vendre. Mais le chirurgien orthopédique n'est pas non plus intéressé par votre mal de tête ni le dentiste par votre cor au pied. Le médecin garde une certaine liberté de prescription (pas totale) et dans la gamme thérapeutique il n'y a pas que les petites pilules multicolores de Big Pharma.
Les revues médicales s'intéressent souvent aux maladies compliquées. Je suis O.R.L. et je n'ai jamais lu un article sur la façon d'enlever un bouchon de cérumen. Mais je ne dirais pas qu'il y a une omerta sur ce sujet dans les revues médicales. Par contre, certains vertiges peuvent se traiter par une manœuvre sans aucune prescription thérapeutique et les revues médicales ne rechignent pas à en parler.
Votre point de vue me semble un peu caricatural. Si je parle de théologie vous aurez sûrement la même impression.
 ( 992818 )Merci mon père par Roger (2025-10-24 09:05:26) 
[en réponse à 992792]

Pour cette analyse qui répond à ma question